‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 147 sur 200 · Picquigoj, c«nt. de Vur. d'Amiens (Somme · texte numérisé non relu

Picquigoj, c«nt. de Vur. d'Amiens (Somme

S14 MAIIOIIUES DI MARTIN OU BELLAY. (Oci. IM5

que Dieu luy sauva la vie, ooo pas les medicainents des hommes, et qu'il le préserva, afin que par cy après le Roy en tirast plus grand service.

Il se feit plusieurs autres faicts d*armes, qui seroient malaisez de mettre icy par escrit, et entre autres uo, auquel François de Touteville*, seigneur de Menainville, frère du seigneur de Villebon, fut tué à coups de lance et de picque. Autre jour, Jean de la Vieuville, seigneur de Fretoy', jeune homme de Picardie, promettant beaucoup de soy, tomba en pareil danger que ledict de Touteville ; et fault entendre que l'avantage cstoit grand pour l'Ânglois, d'autant que du costé où se dressoient les escarmouches (qui estoit devers le chasteau tirant à la tour d'Ordre, et dudict cbasteau dévalant à la tour Sainct Françoys) le roy d'Angleterre l'année précédente y avoit assis son camp pour assiéger la ville, à cause de quoy y avoit de grandes tranchées et plusieurs fossez où estoient logez les lansquenets, et noz gens les cuidaus suivre quand ib les avoient repoussez tomboient dedans lesdictes tranchées.

Description et sac de la terre d'Oye. — Es roesmes jours, considérant le Roy qu'à l'occasion de Tbyver qui approchoit son entreprinse de Guines estoit faillie, et qu'il estoit adverty que l'Anglois avoit envoyé en Allemagne faire levée de dix mille lansquenets et quatre mille chevaux haults Allemans, pour (passans par le pals de l'Empereur) se venir joindre aveoques son

1. l^rftiiçois d'Rfttuuteville, sieur de VUleboo, dit ViUebon le Jcanc. Voir Catalogue de» Acte», l. VIII, n"^ 3(^48, ^)669.

2. Jeta de la Vieuville, tleur de Frétoy, flls de Pranç<^ de U Vienne (?)

Oet IM5) Dixitm LtVlB. SIS

année en la terre d*Oye, et avecques ce renfort lever le aiege de devant Boulongne, délibéra de pourveoir audict pMSege a oe que soubs ombre d*iceluy ils ne feiaaeol deaoeote au pals de Tierache et es environs d*Aubenton, Verveins et Guise. Et afin qu'il peust mettre ordre à toute sa frontière, et que ce pendant qu'il voudroit assaillir autruy on n'entrast en ses pais. il s*aGbemina pour tirer à la Fere sur Oixe, duquel lieu il pouvoit ordonner des affaires selon qu'ils s'oSriroient; mais ce ne fut que premièrement il n'eust mandé au mareschal du Biez qu'il eust à assaillir la terre d'Oye et la ruiner, et tout brusier, à ce que ladide armée que le roy d'Angleterre faisoit venir d'Allemagne ne trouvast de quoy se refreschir et mesnaes pour lever à Tennemy la commodité d'icelle terre, d'autant que la ville de Calais, celle de Guines et le chasteau de Hames', que le roy d'Angleterre a en terre ferme, n'ont refreschissement que de cedict lieu ; et s'il faict descente deçà, n'a autre endroit où se puisse loger son armée, attendant l'un l'autre, car une grande armée de mer oe peult passer tout en un passage, et il fault lieu pour refreschir ceux qui descendent les premiers attendans le reste. L'assiette de la terre d'Oye est marescageuse et fertile en herbages, laquelle peult avoir quatre lieues de long et trois de large, ayant d'un oosté la mer, et est à l'un des bouts devers la mer la ville de Calais et à l'autre bout la ville de GraveUnes', qui est des pais de Flandres. Devers la

1. HameS'Boocres, cant. de Gaines, arr. de Boalogne (Pasde-Calais).

Page 1