‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 148 sur 200 · Gravelines, i Temboacbure de l'Aa, arr. de Dunkerque · texte numérisé non relu

Gravelines, i Temboacbure de l'Aa, arr. de Dunkerque

(Nord).

316 irÉMOniES DE MARTIN DU BELLAY. fOet. I||S

terre ferme et le long du bord du marais est située la ville de Guines et le cfaasteau de Hames; et au bout tirant en Artois est la ville d'Ardres qui est au Roy ; et plus avant estoit le chasteau de Toumehan assis au palis de Flandres, plusieurs fois ruiné par noetre année.

Le roareschal du Biez, qui estoit encores campé à Mont Lambert, ayant reccu le commandement du Roy, se meit au chemin pour, selon te vouloir dudict seigneur, entrer en la terre d*Oye. Le seigneur de Brissac avoit la chaîne de conduire Tavantgarde avecques sa compagnie de gens d'armes et les chevaux légers dont il estoit gênerai, la compagnie de monsieur le Connestable, conduicte par le seigneur de la Guiche, et cinquante hommes d'armes sous la charge du seigneur de Heilly, la compagnie du seigneur de Boisy, celle du seigneur d'Ecars, celle du seigneur de la Roche du Maine, et autres, et le seigneur de Tais, gênerai des gens de pied françois, et grande jeunesse qui estoit venue de la cour en espérance de combattre (comme j'ay dit cy devant), entre autres monsieur François de Bourbon, seigneur d'Anguien, le duc d'Aumalle, le duc de Nevers, le comte de Laval, qui fut ce voyage blessé en un bras d'une arcbouzade, et plusieurs autres que je ne nommeray pour éviter prolixité. Or pour la seurelé de la terre d'Oye, que j'ay desja dit estre marescageuse, les Anglois ont fait du costé de la terre ferme de grands fossez qui sont ordinairement pleins d*eau, avec(}ues remparts, et par intervalles ont faict des bastions, qu'ils ap|>ellent Uocuz ou forts, pour flan(|uer lesdicts remparts ; dedans lesdicts forts ils ont garnison ordinaire, parquoy estoit

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malaisé d'entrer dans le pais, car esUoI Taltrtne autdicts forts, tout le pais vient en annea à la defieoee d'iceux remparta, et d'avantage en temps de guerre ils ont autre garnison ordinaire en un gros bourg nommé Marc'*, qui est au milieu du pays.

DefmeU de deux mille Anglais par monsieur de Briaêoe, -> Estant partie nostre armée, feit telle diligence que Pavantgarde arriva au principal de leurs forts, lequel fut assailly si brus<|uement par noz vieilles bandes françoises qu'en peu de temps il fut forcé et ce qui se trouva dedans mis au fil de Tespée. On avoit fait provision de ponts pour passer Fartillerie et gendarmerie sur les canaulx qui sont en ladicte terre d'Oye, toutesfois ils demourerent à Ârdres, je ne sçay si ce fut la faulte ou négligence du chef; mais le frère du seigneur de Mailly de Picardie qui avoit la charge de Tartillerie feit tel devoir que, faisant abattre le bord du fossé, il passa ladicte artillerie, chose qu'on pcnsoit impossible; aussi la gendarmerie, voulant monslrer l'affection qu'elle avoit de faire service au Roy, passa outre; les uns menans leurs chevaux par la bride se mettoient en Peau jus(|ues à la ceinture aveccfues leurs harnois, autres passèrent à cheval, dont quelques uns tombèrent dedans et meirent de l'eau dedans leurs boites par le colet; bref tout passa. Estans passez, le seigneur de Brissac marcha pour ti^'er le chemin de Marc, mais n'ayant encores fait demie lieue, ses coureurs rencontrèrent environ deux mille Anglois, qui venoittii au secours de ceux du fort que noz gens avoîeni forcé (mais n'estoient advertis de qui leur estoit advenu), lesquels furent chargez si vivement de

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