Henry VIII avait traité avec Charles-Quint le il février
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zague. Aussi estoit près de la personne dudici Empereur le duc d'Alve, lequel depuis nagueres «voit esté faiot grand maistre de la maison dudict seigneur, ayant recompensé le comte du Rcux du gouvernement de Flandres et d'Artois ; mesmes y estoient tous les princes et grands seigneurs, tant d'Allemagne que de ses Bat Païs. Après que son camp fut logé, il feit asseoir son artillerie, de laquelle il feit diligenler de tirer, pour faire batterie par tous endroicts, l'une le long de la courtine realle, qui tiroit entre le chasteau et le boullevert d'Orléans, l'autre batterie contre le chasteau, et l'autre au droit du boullevert de Vendosme et de la courtine qui regarde à Catillon. Puis considérant un petit tertre vers la forest de Mormault, qui regardoit le flanc du dedans de la grande courtine, y feit loger une longue coulevrine pour empescher les assiégez de remparer et de venir à leur deflense ; car il fault entendre que noz boulleverts et courtines n'estoient à demy haulcez, parquoy ceste pièce leur faisoit grand dommage, pour lequel éviter ils cherchèrent tous les moyens à eux possibles de la lever de là. £ofin, ayans ad visé de dessus le rempart que les lansquenets qui en avoient la garde estoient fort negligens et qu'ils ne se doutoieut de pouvoir estre assaillis que par un costé, à l'occasion que la rivière qui passoit au recoupement de la ville basse, laquelle estoit abandonnée, estoit entre la ville et eux, délibérèrent de les surprendre et endouer ladite pièce. Et, pour cest effect, meirent dehors le capitaine Ricarville avecques quarante chevaux, et Sainct Symon', avec trente hommes de pied, et
i. Jean Arnonl, sieur de Saint-Simon, fils de Nicolas
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douze pionniers avecqoes cordages pour faire passer la rivière ausdids gens de pied ; ceux qui fureut mis delM>r8 feireot si bon office qu'ils surprindrent lesdicts lanaqueoeU, de sorte qu'ils les meirent à vau de roupie, leur fatsaos abandonner leur garde. Ainsi se voyant la pièce demeurée et avoir moyen de l'amener, la lièrent aveoques les cordes dont ils avoient passé Peau et à force de t»ras la trainerent droict au bouUcvert d*Or« leans, par lequel ils estoient sortis. Les ennemis, ayans de cela cognoissance, donnèrent en toute furie pour la recouvrer, mais ne la peurent rataindre, qu'elle ne fust embourbée dedans la rivière, et fut si bien secourue des attiogez qu'elle fut mise en seureté dedans ledict boullevert d'Orléans ; et soudain (parce qu'elle estoit cbar> gée) fut tournée devers Pennemy et tirée sur luy, et aussi fut tué beaucoup de Bourguignons à coups d'arobouze de dessus le rempart, lesquels avoient donné jusques au fossé dudict boullevert pour recourre ladicle pièce.
Dom Ferrant de Gonzague, voyant noz gens faire ordinairement saillies sur son camp, ordonna redoubler les trenchées pour empescher que homme, fust à pied ou à cheval, peust sortir de la ville. Ce nonobstant peu de temps après, le sieur d'Essé, ayant cognoissance de dessus le rempart qu'il y avoit trois cens Anglois travaillans ausdictes trenchées du costé de leur garde, faillit avecques cent ou six vingts chevaux
Arnoul et de Philippe Quissarme. C'est lai et non Jean de Saint-Simon (P. Vindry, Dictionnaire de fétat-major français au XV!* tièele, p. 152) qui fut guidon i la compagnie du duc de Nevers. 11 se distingua an ■ voyage d'Austrasîe • et an siège de Metz, 1552-1553, et mourut le 2 août 1571.
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et la pluspart de la jeunesse de la cour demourée en ladicte ville; mais ne pensans trouver que lesdicts Anglois, 8*y trouvèrent huict ou neuf cens chevaux en embuscade, en une vallée au dessoubs pour les soustenir, lesquels firent une charge audit d'Essé telle qu'il demoura huict ou dix des siens, que morts que blessez, et luy eut le bras perse d'un coup de picque; aussi y eut il eu plus grand desordre sans cinq cens arobouziers sortans de la ville qui soustindrent Teffort de l'ennemy, à l'ayde desquels ledict seigneur d'Essé se retira, lousjours combattant, sans grande perte, hors mis celle de la première charge.
Sçachant aussi TEmpereur que le Roy se preparoit en toute diligence pour venir secourir les assiégez, feist tant diligenter sa batterie qu'en peu de temps il feit brèche plus que raisonnable pour assaillir, laquelle fut trois sepmaines ouverte, hors mis quelque peu de rempart que noz gens pouvoient faire la nuict, car le jour il estoit malaisé, d'autant qu'ils estoient descouverts de tous costez, et fcit apporter grand nombre de fascines pour emplir les fossez, mais outre ce les assiégez avoient une telle pénurie de vivres qu'un chacun soldat n'avoit que demy pain de munition par jour, quant au brevage, l'eau toute pure ; aussi, pour plus les tourmenter en la basse ville que nous avions abandonnée, avoit un portail dedans lequel les Impériaux mirent des gens et dessus des pièces d*artillerie dont on comroandoit à la brèche. Les sieurs d'Essé et de la Lande considerans le grand dommage qu'ils en recevoient, meames que gens mal nourris et ordinairement en travail, oomme estoient iceux aasiegez, tombent bientost soubs le faix , conclurent de leur oster ledit por-
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tail; el ayans attitré toute leur artillerie audit lieu, au cas que le camp y vinst eu trouppe, tirent sortir trois fftif homoiet à uo poinct du jour, lesquels combatirent si obstinément qu'ils emportèrent ledit portail d*ai8MJlt, devant que ceux du camp le peussent secourir; oela leur donna du repos, car oncques puis les ennemis n'osèrent entreprendre d'y retourner. Or, oognoissoit bien l'Empereur qui estoit au Quesnoy que la brèche estoit suffisante pour assaillir, mais aussi n'ignoroil il les gens de bien qui estoient dedans et que malaisément les pourroit il emporter d'assault sans perdre beaucoup des siens. A oeste occasion, résolut de l'avoir par famine, au moyen de la nécessité de vivres qui y estoit, et le travail que jour et nuict il convenoit porter aux assiégez, dont, à ce qu'il pensoit, enfin seroient mattez, tant qu'ils n'auroient moyen de lever les armes ; se persuadant aussi que le Roy n'arriveroit d'heure pour les venir secourir, que premier il n'eust moyen d'achever l'executioa qu'il avoit délibérée.
Environ le dixhuictiesme jour du mois d'octobre, les assiégez, considerans la nécessité de vivres, la débilité de la place et i'insuportable travail que nécessairement ils portoient jour et nuict, depescherent le capitaine Yville, Normant, lequel avoit cinq cens hommes dedans ladite place, et cognoissoit les adresses du pais, pour trouver moyen de sortir et advertir le Roy de leur dite nécessité, vers lequel environ le ▼iogtiesme dudit mois il arriva à la Fere sur Oyze, où il faisoit de tous ooslez assembler son camp, ayant mesmes, comme j'ay dit, mandé au prince de Melphe se venir joindre avecques luy. Yville arrivé déclara
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en gênerai et par le menu Testât des assiégez, et que si de brief ils n'estoient secourus, la faim les chasseroit dehors, mais que la force ne les en pourrait lever tandis qu'il y aurait un homme en vie. Le Hoy, ayant entendu la nécessité des assiégez et aussi leur bonne volonté, délibéra hazarder sa personne, plustost que de laisser perdre tant de gens de bien. Et commanda audit Yville de trouver le moyen de rentrer, ce qu'il feit, et de les asseurer qu'il n'y auroit faulte qu'il les secourrait dedans briefs jours. Pour haster l'exécution de ceste pramesse, soudain ledit Sieur feit assembler son camp, en l'abbaye de Homblieres^ une lieue au dessus de Sainct Quentin, sur la rivière, et luy s'en alla à Sainct Quentin, afin qu'un chacun le sui vist, duquel lieu y ayant seulement séjourné un jour, délogea pour aller camper à Premonl', grc» village hors les bois de Bohain, tirant dudit Uohain à Cambray. Et, le jour ensuivant, logea au village de Sainct Souplex^, au dessus de Sainct Martin à la rivière \ d'où aisément on oyoit la furieuse batterie que faisoit diligenter l'Empereur sentant le Roy approcher, laquelle estoit de quarante cinq grasses pièces d'artillerie. Parquoy la nuict venue, le Roy, pour faire entendre aux assiégez que leur secours estoit prochain, feit tirer une volée de toute son
1. Homblières, abbaye de Bënëdictins à 7 kilomètres au nord-ouest de Saint-Quentin (Aisne).