La S«rre, «fflaent de l'Aisne, rive gauche
NoT. iM3i mxiÈifi Livmi. m
et au seigneur de Sansac qu'ils le vinaaent trouver à Vervin, desquels ne s'y trouva que ledit Saosac avec sa compagnie et celle du seigneur de Langey. Le couâB de Sainct Pol, ledit sieur amiral et autres ayans visité le logis du Cateau Cambrezis, le Roy marcha audit Cambrczis et y logea son armée.
Deux jours après, lesdits comte et amiral, advertis que les forces de TEmpereur estoient deslogées de delà Teau et retirées deçà, et aussi qu'il avoit quelque peu discontinué la batterie (|u'il faisoit si furieuse, sentant le Roy et son armée logez si près de luy, allèrent passer à Catillon pour retirer de Landrecy les soldats, lesquels y avoyent tant souffert, et la refreschir de soldats nouveaux. Aussi aisément y eust passé toute l'armée, mais j'ay entendu depuis qu'on avoit si mal pourveu pour les vivres et envitaillement qu'on o'avoit un seul charroy ny mesmement vivres que bien estroittement pour nourrir le camp, qui fut cause que l'opinion plus apparente d'aller loger audit Catillon ne fut suivie. En somme, mesdits sieurs de Sainct Pol et d'Ânnebault y entrèrent sans danger de l'ennemy, et en tirèrent les sieurs d'Essé, de la Lande et le capitaine la Chapelle Bainsoin, avec leurs soldats, et y laissèrent pour lieutenant du Roy le sieur de Vervin\ ayant chaîne de mille hommes du Boullonnois de la légion de Picardie, et le capitaine Rochebaron', frère du sieur de Lignon, du Boullonnois, avec autres
1. Jac<ittes de Coucy, sieur de Venons, lieutenant à la compagnie du sieur du Biez.
2. Pierre de Rocbebaron et son frère Jacques de Rochebaron, sieurs de Lignon, fils de Jean de Rocbebaron et de Michelle de Monchy-MontcaTrel.
IV tt
178 MÉMOIRES DE MAimf OU BELLAY. [NOT. 1543
cinq cens hommes. Le sieur d'Ëssé et autres estans arrivez au camp, le Roy, pour rémunération de leurs agréables services, les honora : il feit le sieur d*Essé gentilhomme de sa chambre ; les sieurs de la Lande et de la Chappelle les feit ses maistres d'hostel ordinaires ; à tous les soldats qui avoient forfaict leur donna grâce et les anoblit leurs vies durans; et quant aux jeunes hommes qui y estoient entrez pour leur plaisir et honneur acquérir, les décora selon leur qualité.
Durant ce temps, les deux armées n'estoient sans grosses escarmouches d'un camp à l'autre. Or, entre oeluy de TEmpereur et le nostre y avoit une grande vallée, au fons de laquelle passe un ruisseau, lequel, venant du Cateau Cambrezis, va tomber à Happre*, gros village et prieuré, my chemin de Cambray à Valentiennes ; et combien qu'il soit petit, si est il mal gayable, pour estre hault de bords. Environ le vingtbuictiesme jour dudit mois d'octobre, l'Empereur estant venu du Quesnoy en son camp, accompagné des regimens du duc Maurice et de Martin Van Rossen, feit présenter au hault de la montagne de son crnté bon nombre de chevaux légers mcslez d'arcbuziers, derrière lesquels estoient en un vallon deux ou trois gros bataillons de lansquenets et de gendarmerie pour les soustenir, qui n'estoient apperoeuz. L'alarme se donne en nostre camp; soudain, le sieur de Brissac, lequel estoit gênerai des chevaux légers, passa ledit ruisseau et d'arrivée repoussa les Impériaux bien
i. Hatpret, »ur la Selle, affluent de l'Escaut, rire droite, tant, de Boncbain, art. de Valencienoes (Nord).
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avant, noait ajaol oognoissance desdits gros bataillons de gens de cheval et de lansquenets qui marcboicnt pour soustenir leurs gens, fut contraint de tenir bride; de quoy il advertit le Roy, lequel estant sur la montagne, de son costé considérant que si ceste escarmouche estoit continuée, le pourroit amener à la bataille à son desavantage (car il n'estoit raisonnable de passer le ruisseau et aller combattre son ennemy à pied en montant), envoya monsieur l'Amiral d'Annebault pour la faire retirer, sur laquelle retraitte nous perdismes quelques gens par trop s'avanturer, entre autres le sieur d'Andouins^ y fut frappé d'une arquebuzade, dont il mourut. Cependant, le Roy estoit en bataille, monseigneur de Vendosme d'autre part, avec un esquadron, monseigneur de Guise d'autre et un chacun au lieu où il de voit combattre, mais l'Empereur ne fut conseillé de passer sur nous, ains se retira en son logis.
Le sieur de Langey, lequel ce temps pendant estoit à Vervin pour exécuter ce qui luy estoit ordonné, feit telle diligence que, le vingt-neufiesme jour dudit mois d'octobre, il eust assemblé douze cens moutons, neuf vingts bestes à corne, comme beufs et vaches grasses, et six cens sacs de farine, avecques autant de bestes à somme pour le port desdits sacs, et ledit jour vint coucher à la Capelle, auquel lieu se trouva tout ledit eqnippage, spécialement le sieur de Sansac, lequel venoil du mont Sainct Jean en Luxembourg, où le Roy Tavoit laissé. Mais des compagnies du prince de
1. Probablement JeAnaot d'Andoniim (ou d'Andouin), capitaine et gooTerneor de Bayonne.
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Melphe, ny du comte de Brienoe n'estoient nouvelles; si est oe que lesdiU sieurs de Langey et de Sausse regardèrent, que s*ils faisoient séjour, attendans lesdittes compagnies et Tennemy en estoit adverty, il ne seroit en leur puissance par après d'achever ceste ditte entreprise; à ceste occasion advertircnt le Roy que le lendemain ils esloient délibérez de se mettre en chemin, afin qu'à cedict jour il mist ordre de faire dresser l'escarmouche au camp impérial, pour Tempescher d'avoir la (x>gnoissance de leur faicl. Le lendemain, qui estoit jour de Toussaincts, s'acheminèrent, suivant leur desseing, avecques environ deux cens hommes de pied qu'ils prindrent audit lieu de la Capelle seulement, pour conduire l'envitaillement jusques hors des bois, car ils n'estoient délibérez de les passer outre, de peur que les cuidans sauver (si l'ennemy survenoit) eux mesmes fussent defaicts. Et pour faire plus grande diligence, feirent monter chasque paisan sur son sac de farine que portoit sa beste, tellement que la fortune leur fut si dextre qu'ils arrivèrent hors des bois, près de Prisse, sans rencontre, où ils laissèrent lesdits gens de pied, reservez trente ou quarante pour la conduite dudit bestial. Mais estans en la plaine, descouvrirent à leur main gauche mille ou douze cens chevaux des ennemis, qui a voient passé l'eau à Catillon, à raison dequoy ils entrèrent en dispute, s'ils dévoient poursuivre leur entreprise ou l'interrompre ; toutesfois le sieur de Langey. qui avoit promis au Roy de l'exécuter (sinon qu'il fust ou mort ou prins), résolut de passer outre; mesmes le sieur de Sansac, encores qu'il n'eust parlé au Roy pour oest effect, ayant seulement entendu dudit sieur de Langey le service que ce seroit au Roy,
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fit pareille resolution. Parquoy ils advisercnt de prendre le chemin à main droite pour eslongner Tennemy et pour interposer entre luy et eux un petit ruisseau qui passe au Longfavery, concluans qu'ayans mis les vivres en sauveté, ils meltroient peine de se retirer ou au moins de bien vendre leur peau. Et par ce qu'il n'estoit besoin de long séjour, soudain conclurent de parachever leur chemin, faisans marcher les palsans sur leurs chevaux en bataille, et leur bailla ledit sieur de Langey le capitaine Marville, son lieutenant, avecques dix chevaux, afin qu'il leur fist faire bonne mine et marcher comme gens de guerre. Les ennemis qui de loing les descouvroient (à ce que depuis ils m'ont dit), les voyans sur leurs bestes et farines, jugèrent qu'ils estoient gens de guerre ; à cause dequoy ils Undrent bride, esperans nous avoir au retour, ce qui n'advint, car ayans rendu noz vivres en seureté, fismes remonter chaque païsan sur sa beste, pour faire diligence, et nous retirasmes le chemin de Cartigny, contraire à oeluy auquel nous attendoient les ennemis : de sorte que sans rien perdre revinsmes seurement à la Capelle. Et au partir de devant Landrecy pour nostre retraicte, le sieur de Sansac et un gentilhomme de la bande du sieur de Langey, avecques un bon guide que ledit sieur de Langey leur bailla, entreprindrent d'aller advertir le Roy de leurditte exécution, lesquels passans par les maraiz qui sont à la queue du vivier d'Oisy, sans danger arrivèrent au Gâteau vers ledit sieur, et ledit sieur de Langey, passant près de Roque Roy* pour éviter la rencontre,