‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 117 sur 146 · Collection Colbert, t. CXXXIX, p · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. CXXXIX, p

LEViB DU SliCE DE LEUCATE. TE DBUM.

L^l^ du Roi à Mole.

« Notre amë et féal , écrivant à notre cour de Parlement sur le sujet de la levée du siège de notre ville de Leucate^, afni que la compagnie assiste au TeDeum que nous avons ordonné d'en être chanté en Téglise cathédrale de Paris, demain après midi, nous vous mandons et ordonnons que vous ayez à leur rendre notre

i . La lettre du Roi au Parlement, qui rend compte très-sommairement des résultats du beau fait d*armes de Leucate, nous a |>ani curieuse à publier, même après les récits détaillés du Mercurt français (t. XXÏ, p. 413), et de la Gazette de Renaudot (p. 673). Nous en avons trouvé le texte dans les registres du Parlement : « Nos amés et féaux, la puissante armée que les Espagnols i voient mise sur pied, pour attaquer notre province de Languedoc, a3nDt été dissipée par la toute-puissance de celui qui cognoît la justice des desseins des rois , les forces que nous avions faites assembler en ladite province, sous la charge de notre très-cher et bien amé cousin le duc d'Haï win, pair de France, gouverneur, et notre lieutenant général en icelle pour s'y opposer, ayant, la nuit du 21 da mois passé et le jour suivant , forcé les ennemis dans leurs retranchements, et, par le gain d'une sanglante bataille, défait entièrement leur armée, en laquelle ils ont perdu trois mille cinq cents hommes tués sur la place et plus de cinq cents noyés, cinq cents prisonniers et soixante-dix pièces de canon de fonte verte, dont quarante-cinq nous sont demeurés , le reste ayant été jeté dans le Uc de Salces ; quatre mortiers pris, toutes leurs munitions de guerroi avec douze de leurs drapeaux et quatre cornettes de cavalerie entiers, sans compter ce qui s'en trouve par pièces entre les mains des soldats, tout leur équipage et bagage, sans qu'après cette défaite il se soit trouvé manquer, en toutes nos troupes, plus de quatre cens hommes ; et en môme temps la place de Leucate, qu'ils tenoient assiégée, ayant été délivrée par notre cousin, après que le sieur de Rarry, gouverneur d'icelle,eutsoutenu trentejours de siège, souffert dix-sept mille coups de canon et grand nombre de bombes, faisant une courageuse défense et même se préparant à une plus

DE MÀTHIED MOLE. (1637.) 3U

dépêche et à faire les dUigences néoessaires pour Texé* 3utioD de ce qui est en cela de lÉolIxe Tdlobté. Si D*y âites faute , car tel est notre plai^'. Donné à SaintllaUr des Fossés y le 7* jour d'octobre- 1637. »

Cette lettre apportée à la chambre des Vacations, il ut arrêté que Ton obéiroit, et que le Roi y devant ^Ire, on se trouveroit à Notre-Dame avec la robe rouge A que Ton avertiroit par les maisons , afin que ceux |ui étoient en la ville s*y trouvassent.

ongoe et à mourir pour notre service, plut6t que de se rendre LUX ennemis : nous avons bien voulu vous donner part de ces beiJH eax succès , et recognoissant que nous le devons à l'assistance tardculière qu'il a plu à Dieu nous départir, nous avons résolu le faire chanter un Te Deuntj etc. Donné à Saint-Maur des Fossés, e 7 octobre 1637. »

L.e Roi conféra la dignité de maréchal de France au duc d'Haïfin et lui annonça cette faveur par la lettre suivante, qui accomagnait le bâton de maréchal : « Mon cousin^ vous avez sçu vous ervir si à propos de votre épée, que je vous envoie un bâto^^ ant pour marque du contentement que j'en ai , qu'afin qu'une .atre fois vous ayez à choisir les armes dont vous voudres voos ervir, si mes ennemis se présentent en lieu où vous puissiez de louveau leur faire cognoître ce que vous valez. Je n'accordai amais grâce de meilleur cœur que je fais celle-ci, pour perpétuer va votre personne le nom du maréchal de Schomberg, qui m'ayant »té fort agréable en celle du père , ne me le sera pas moins en :el1e du ûls. »

i . « Cette lettre fut apportée au Parlement le 8 octobre. Le 9, Messieurs en robes et chaperons d*écarlate, les présidents revêtus de leur manteau et mortier, le duc de Montbazon , gouverneur de la ville, marchant entre le premier et le second président, sont allés ouir le Te Deum, Il s'éleva une difficulté à l'occasion de l'entrée du maître des cérémonies dans la salle des séances, pour sçavoir s'il devoit parler assis et couvert. U fut recognu qu'il devoit commencer à parler debout et découvert, et que quand M. le Premier Président lui diroit : Soyez assis et couvert , il pourroit continuer son discours. » (Registres du Parlement. )

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Le Icnaddoiain , ou s'âssetnbla en t« salle de SmnN Louis. M« le Pfetnier PrësidenI y étoit) MM. de heU lièvre , Poder, de Mesmes, Le fiaiileul ^ Sëguîer, présidentSy avec leurs manteauX| et assez bon nombre de ces Messieurs*

Oo partit et alla-t-on par le grand degré et ar* riva-t-on à Notre-Dame que le Roi y étoit , la Reine et le reste de la cour, et le Te Deum bien avancé. On ne laissa d'aller au chœur prendre les places à main droite aux hautes chaires, M. le Premier Président étant vers la chaire de M. Tarchevéque et les autres de suite.

On remarqua bien que le Parlement étoit venu trop tard, ayant attendu l'un de MM. les Présidents, vu même que Messieurs des Comptes étoient déjà en leur place, n'ayant pas attendu le Parlement comme de coutume , d'autant que l'heure de deux heures avoit été donnée par le Roi, et on ne partit qu'à trois heures sonnées ; de sorte que l'on ne 8*est plaint de cette entreprise ^

LE iPABLEBOERT ASSISTE AU SERVICE FUlviSBE PODB U DUC DE SAVOIE.

Le lundi 25 octobre, le lieutenant des cérémonies* est venu en la chambre des Vacations^ avec lettres du

i. Collection Colbert, t. CXXXIX, p. 220, 221.

2. Le maître des cérémonies, revêtu de longue robe de denfl, traînante, avec un bonnet carré, ayant son épée au cdié et en main son bâton couvert de noir, était accompagné de trois hcraaii d'armes vêtus de deuil, leur cotte d'nrmes par-dems, el des crieurs. Après avoir remis une lettre du Roi au Parlement , dont il était porteur et dont un conseiller donna lecture, le mskre des cérémonies et les hérauts se retirèrent, et tes vingt<-trM <

DE MATHIEq m>li. (i637.) agi

loi portant créance , çt le çn a ^té fait pour prier la ompagnie d'assister aux vigiles et service die feu M« le Luc de Savoie, Et le mercredi , nous nous sommes rouvés en la salle de Saint-Louis et sommes partis en lorps , MM. le Premier Président, présidents de BeU ièvre et de Nearaond , quinze ou vingt de Messieqrs, !t M. Tavocat du Roi Bignon et moi , et sommes 9ix^ ^é^ à quatre heures à Notre-Dame, parée en deuil, a nef avec un lé de drap et une ceinture de velours out du long y et le chœur avec deux chapelles arden? es, représentation , avec le poêle de tulle d'or et tout ornement qui suit. Nous nous sommes mis du c6lé ;auche, tenant toutes les chaires et M. 1^ Premier Préident étant à la première du côté de Tautel, A. la roite, il y avoit trois ou quatre chaires vide^ pour le euil, et après, Messieurs de la chambre des Comptes. [. révéque de Boulogne, Bouthilier, coadjuteur de archevêque de Tours, avec mitre , s'est mis pour ofcier en la chaire de M. Tarchevéque de Paris et le hantre de l'église est venu prendre ordre de lui pour ommencer vêpres des morts ; et icelles finies , il §'est 3iiré et toutes les compagnies, sans que les chapelles

ant contre la cheminée, ont sonné et l'un d'eux, un peu aY^^ç^, ^ it par deux fois : « Nobles et dévotes personnes, priez Piei]( pour Ime de très-excellent et très-puissant prince Victor-Amédée , %r la grâce de Dieu, duc de Savoie, Chablais,Ast et de QénevoiSj rince et vicaire perpétuel du saint Empire romain, niarquis de Saice$, comte de Genevois, de Nice, Romans et Ast, b^ron ^e Yaulx ; de Faucigny, seigneur de Verceil, du marquisat de Splce et jElville, naguère décédé; pour Tàme duquel le Roi fait C s service et prières en l'église de Paris, auquel liev, VU rochain, après midi, seront dit vêpres et vigiles des , et K

udi suivant, à dix heures du niatiPi cél^é fpn ries Dieu qu'il en ait l'âme, i* . ,

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que l'on dit ardentes, où il y avoit nombre de derges, aient été allumées.

Le jeudi 29, nous nous sommes encore trouvés en la salle de Saint-Louis, d'où nous nous sommes acheminés à Notre-Dame et avons pris les mêmes places à main gauche, et de l'autre côté, les deuils y étoient représentés par MM. de Nemours, et après étoient trois chaires vides, et puis Messieurs des Comptes; M. Tévéque de Boulogne, officiant encore, et M. deliogendes a fait Toraison funèbre, qui a été très-belle et accom» plie en toutes ses parties, et a pris pour thème le verset 46 de Y Ecclésiastique^ ch. xxxviii, In moriuum produc lacrimas , et foc luctum secundum meritum ejus. Et la chapelle a été allumée, et le service fini sur les trois heures , et après chacun s'est séparé '•

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