Collection Golbert^ x. QGXIII, p
DE MATHIEU MOLE. (i6Sl.) ii5
que le temps pourroit faire naitre quelque nouvelle occasion, laquelle on pourroit-prendre pour maintenir l'autorité royale et remettre les choses en niéilleur ordre ; mais le commandement est si précis, qu'il n'y a lieu qu'à l'obéissance. Le greffier faisant difficulté de me délivrer l'arrêté, je suis entré ce matin à la Grand'Chambre, afin de sçavoir si ce refus étoit fait par ordre public ou particulier, et en ayant été remis à dix heures et puis à demain, je n'ai pas touIu manquer d'écrire la vérité du procédé. On a proposé d'écrire à Sa Majesté, au nom de la compagnie, afin qu'elle pût être ébrtaine de ses intentions'^ qui pourroient être prises autrement qu'elles ne sont , et pour lui rendre les assurances de sa fidélité et l'éclairer des causes de ce qui s'est passé. Si Sa Majesté , étant éloignée, pouvoit n'avoir pas encore été informée des arrêts donnés ]a semaine passée, et qu'il lui plût de recevoir ce nouveau débat pour témoignage des désirs extrêmes qu'elle a de rentrer en grâce avec son prince, duquel elle n'a reçu depuis peu que des marques de son courroux , ce seroit donner sujet à un chacun d'éviter les occasions d'y tomber à Pavenir. El encore que ce soit un foible effet , il en produiroit d'autres à la suite desquels Sa Majesté seroit contente. Je me tiendrai bien heureux d'y pouvoir contribuer quelque chose, vous assurant que je vous obéirai toujaors comme \ etc.
ir Du 18 décembre 1631 . »
« Monseigneur, j'ajouterai seulement à celle que j'eus l'honneur de vous écrire hier, que ce matin les
i . GoUeolkm Colbert, t. CCXHI, p. 189.
ii6 MÉMOIRES
Chambres ont été assemblées sur la proposition que ^ je fis hier touchant Tarrét sur les lettres patentes, et qu'il m'a été dit pour réponse , les Chambres étant encore assemblée!, par M. le Premier Président, que sbn Parlement n'a point fait d'arrêt par écrit et que l'assemblée des Chambres sur ce sujet, et les autres ensuite, ont ét.é faites suivant l'ordre accoutumé, et qu'il avoit été arrêté d'écrire au Roi pour lui rendre compte — particulier de ce qui s' é toit passé et lui donner les as- — .surances de sa fidélité. Le courrier me presse tellement que je ne peux que vous assurer que je serai — toutçma vie', etc. Ce 19 décembre 1631. »
J'écrivis, ce même jour, à M. de la Ville-aux^ Clercs, en ces termes : « Monsieur, je ne doute point* que vous n'ayez été surpris d'avoir sçu par d'autres comme les lettres patentes «voient été présentées, puisque je vous avois donné avis de la première résolution de ne s'en aider point. Mais , maintenant , je m'assure que vous approuverez le conseil, puisque par l'événement les volontés du Roi n'ont point été suivies. 11 plait au Roi, par ses lettres du 15, me commander deux choses : l'une, de lui envoyer l'ar* rét sur la présentation des lettres : mais, étant entré en la Grand'Chambre , sur le refus du greffier de le délivrer, et ne m'ayant point été rendu de réponse, ains.que demain on en parleroit en la compagnie , j*ai cru être obligé toujours d'écrire , afin que la demeure ne me soit imputée. L'autre, si les Chambres ont été assemblées pour délibérer sur lesdites lettres, et depuis par l'ordre de la Grand'Chambre, ou si les
J. Collection Colberl, l. CCXIU, p. 190.
Enquêtes y ont été prendre leurs places : il est yrm qu elles ont été appelées pour s'assembler en la Grand'Chambre, en la manière accoutumée; mais à cause des affaires qui ont été traitéts à la ^ suite Tune de l'autre y on n'a pu en user autrement. 11 ne lùe reste que les \œux de voir blteitôt cette compagqie plus utile au service de Sa Majesté, et que, rentrant en confiance avec son Roi , elle fasse obéir «n chacun à son exemple, et que l'on ne voie plus que Sa Majesté prenne plutôt la protection de nouveaux commissairea que de ses anciens et fidel.es officiers et serviteurs. Vous ne commandera à personne qui vous c^^éisse {dos fidèlement ^ Je suis, » etc.
LB PUDOBa misiDXNT A UOhi,
« Ce n'est pas peu, que quand îon prend de la peine qu'elle puisse réussir. Si l'on sçavoit, en cour, celle que vous vous donnez ici pour le service du Roi, aussi bien que Ton sçait lui donner autre interprétation, vous en seriez plus content, et Sa Majesté mieux servie. Je ne serois pas content, si je ne vous répétois par écrit ce que je ne vous ai pu dire de vive voix , que le résultat de notre assemblée n'est autre que ce qui suit : sçavoir est que, $ur le sujet de votre lettre, vous pouvez répondre <fae la cour de Parlement n'a point fait d'arrêté par écrit, et que l'assemblée des Chambres, sur ce sujet et autres en ces jours-là, ont été faites à Taccoutumé; et de plus, que le Parlement vous tvoit tlit qu'il écriroit à Sa Majesté. il part un courrier dedans une heure , que dépêche