‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 57 sur 146 · I. Collection Colbert, t. VI, p · texte numérisé non relu

I. Collection Colbert, t. VI, p

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a J'attendrai I puisqu'il vous platt me tanllavorfser, la copie du traité et de Tordre qui ae sera gardé en .Ventrée de Nancy. Les lettres patentes en faveur des rebelles de la Champagne ont été vérifiées en la Cour; vous y trouverez la supplication très -humble faite à Sa Majesté pour en laisser rMéûUlion à ses baillis et sénéchaux, et nob à Tun de ses Mattrtt des Requêtes. J'attendrai ce qu'il lui aura plu de résoudre pour les envoyer sur les lieux; ce n'est pas que je m'ose promettre cette grâce et que je ne recognoisse qu'il y a eu assez de temps pour faire en sorte que le commissaire pàt exéouter se cominission , et qu'il n'y a plus lieu de la changer. Je satisfais toutefois à ce que je dois, puisque l'irrét ne m'a été déclaré que depuis deux jours pour rom l'envoyer *. »

LB GABDK DES SCBÂUX S^UISR A MOUi»

Siège de Nancy, — Négociations ayec le duc de Lomint.

(c Monsieur, je vous ai donné avis, il y a quelques joui*s, du traité fait par M. le cardinal de Lomioei ayant pouvoir de son frère. Vous avez sçu depuis, le changement de la part du duc, qui n*a voulu eaéonter l'accord qu'il avoit agréé , en sorte qu'apràa avoir donné ordre de remettre la ville de Nancy entre les mains du Roi, la veille de l'exécution il envova un autre conmiandement. Depuis ce temps, l'on est entré en quelques conférences avec le Cardinal , ptr l'entremise de M. Cfaanvalon, qui a servi fidèleaient

i . Collection Colbcrt , t. VI , p. M 9.

le Roi en cette action , je ne sçais quel effet elles au* ront, mais jusqu'ici Ton n'e^ère pas qu'elles ap» portent changement à la dernière résolution. L'on continue de travailler à la circonvallation , qui sera grande ^ et pour la garder il faudra grahd nombre de gens de guerre. Aussi le Roi compose son armée de soixante mille hommes de pied et six mille chevaux , et fait dessein d'en laisser trente devant Nancy^ Il a envoyé M . le maréchal de la Force , avec six mille hommes de pied et douze cents chevaux , pour suivre le duc de Lorraine et le combattre et se joindre avec les Suédois. L'on croit que le duc se retirera en Allemagne', quant au duc de Feria, Ton a eu nouvelles assurées qu'il n'est passé. Son armée est encore vers le Tlrol et se débande; toutes les eaux se sont débordées y qui l'ont beaucoup incommodé ; il y a eu six cents Allemands noyés. Constance est assiégée par le maréchal de Horn, qui attend aussi vers ce passage le duc de Feria. Son armée sera foible si elle ne joint Banier, ce que l'on empêchera. Les troupes du Roi et des Suédois sont douze mille hommes de pied et cinq mille chevaux. Le duc de MantoUe a mis la Princesse Infante hors Mantoue , après les protestations ' qu'elle fît en son conseil contre lui. Le Roi se porte iràen et M. le Cardinal semblablement ; c'est tout ce

i. La collection des Estampes de la Bibliothèque impériale possède de curieuses gravures du temps , représentant les opérations de l'armée du Roi devant la tille de Nancy, des yoes de ciette ville y enfin le séjour du Roi devant Nancy. (Portefeuilles Ae THistoire de France.)

9. Le dac passa Phiver à Mirecourt dans toute sorte de divertissements, dit l'historien de la Lorraine, D. Gtlmet^ malgré le cl^agrin dont il était ropgé (t. III, p. «48).

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que jVpuis vous mandera Du camp devant Mancy^ ce 16 septembre*.»

Iu£PONSB DE MOLÉ AU GARDE DES SCEAUX. Siège de Nancy.

« Monseigneur, le soin que vous voulez prendre m'oblige infiniment. L'avantage que la France recevoit par le prompt dépôt de Nancy étoit si grand j que Ton doutoit que celui qui s'en étoit toujours déclaré l'ennemi eût voulu y contribuer volontairement , et, n'ayant jamais gardé de foi pour nous, il étoit malaisé de prendre assurance en sa parole et en son seing. Il y aura un peu plus de temps à employer, mais aussi plus de gloire à acquérir. La prudence du mattre, qui a défailli en tout, aura encore manqué aux provisions nécessaires pour soutenir un tel siège. Mous nous promettons que l'événement sera tel que nous le pouvons souhaiter, puisque le ciel favorise les justes desseins du Roi. Ce moment est très-important, puisqu'il regarde le succès de beaucoup d'autres desseins à l'avenir*. Ce 19 septembre 1633. »

i . On peut également consulter, sur les affaires de Lorraine, une Lettre du Roi adressée au maréchal de Montbazon, datée de Nancy, le 17 septembre 1633, et qui a été imprimée à cette même époque. {Bibl. hist.y édit. Fontette, n« 21 787.) Le 19 septembre, le Roi publia un manifeste contenant les sujets de plaintes qu'il avait contre le duc de Lorraine.

î. Collection Colbert, t. VI, p. 214.

3. L*original de cette lettre se trouve dans la collection Saini- Germain, n« 709, t. II, pièce 40, et la minute dans le volume de Colbert ( papiers de Mole ), t. VI , p. 2 J 6 ( Ribl. imp.), avec celle note : « Pour réponse à celle du 15. » Dans ce même volume de Saint-Germain, la pièce 42 est une lettre de Dupuy au Garde des

DE BiATHIEU MOLE. (1633.) i^

LE GARDE DES SCEAUX SÉGUIER A MOLE. Affaires de Lorraine et d'Allemagne. — Siège et négociations.

ce Monsieur, la vôtre du 13 me fut rendue hierJ J'ai été surpris lorsque j'ai vu que l'on publioit une lettre écrite au parlement de Metz, vous assurant que Ton avoit résolu les lettres aux cours souveraines et com* missioDs en cas d'exécution de paix ; et si le parle- Qent de Paris n'a été aveili de l'entrée du Roi dans a Ldorraine, ce n'est manque de l'avoir proposé. J'esime que le traité de paix se faisant, l'on avoit cru |u'il étoit plus à propos de différer à écrire, mais i. Bouthilier, parent du premier président de Metz , Lura. pris ce soin pour ces compagnies , et M. de la ^ille-aux-Gercs Ta remis. J'en parlerai aujourd'hui , ft à la première occasion je vous ferai sçavoir comiiexit cela s'est passé. Cependant , je vous dirai que A. leCIardinal part ce matin pour aller trouver le duc le Lorraine, qui se doit rendre aux Charmes^, à six ieues du camp du Roi, où ils doivent conférer sur le raité. L'on estime que la conférence produira quel- |iie bon effet; nous en sçaurons mardi ce qui en doit succéder.

«c Quant au mariage de Monsieur, l'on ne le consulte pas', vous assurant que nous ne faisons aucun

Sceaux, relative à un Mémoire sur le fait des hommages de Lorraine , et que Dupuy devait adresser à ce ministre.

i . Le 30 septembre , on présenta au Parlemfsnt des lettres de E^uis XIII datées du 27| et qui contenaient les détails de cette entrevue de Charmes.

5. D'après D. Calmet {Histoire de Lorraine y t. m, p. 250), il r«ii longuement question à Charmes du mariage de Monsieur entre Hichelieu et le cardinal de Lorraine : le ministre français ne laissa

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doute en la nullité par les maximes de l'État; mai^ l'on se fortifie d'exemples et de raisons. Les affaires d'Allemagne s'avancent toujours; le duc de Féria n'esH point passé et ne peut être ici, à la sortie de la Valte — Une j au plus tôt qu'au 20 de ce mois , et trouvera 1^ maréchal de Horn en tête, qui tient Constance asaiégie et rinvestit fort ; cela incommodera lé passage du duc de Feria, étant obligé de prendre soû chemin par ou aux environs de ces villes. Il n'y à aucune nouvelle de deçà que ce que je vous ai mandé, ce qui me fait finir, vous assurant , etc. Du camp devant Naiiey, ce 18 septembre.

(T M. de Bellièvre aura la survivance de aa duurj^ pour M. son fils, mais à la charge de service de six aùs; l'on le marie à Mile de Bulllon assurément. %

« Monsieur, depuis ma dernière^ je me suis enquis si l'on avoit écrit au parlement de Metz ; Ton m'a aiiuré que l'on n'avoit jusques ici envoyé aucune lettre aux compagnies souveraines, et vous puis assurer que l'on m'a fait voir la lettre que l'on projette d'envoyer^ qui n'est encore achevée. Peut-être des libraires ont sup* posé cette lettre^; enfin le parlement de Paria aéra averti en même temps que les autres compagniet; j'ai bien voulu vous donner avis de ce qui s'étoit passé sur ce sujet, vous assurant que j'aurai un soin particulier qu'en cette ocicasion et en toute autre le Parie*

pfts ignorer rintention du Roi de le faire déclarer nul par le Firlement, sous prétexte de rapt et de séductiob.

1 . Ces lettres supposées dont parle le Garde des Sceaux aont itupriméet dans le Jliercnre frœiçoisy t. TOX, p. 140, avec la description d«i quÉHiers de Tarmée du Roi devant Nancv.

ment ne reçoive Aucune diminution. Il n'y a aucune nouvelle de deçà; nous atlendons le retour de M. le Cardinal, qui sera au plus lard demain. Le Roi a eu avis que les cantons des Suisses ont refusé le passage att duc de Feria, et qu*ils se mettent en armes. Tout se porte bien de deçà. Le Roi a une santé par&ite et entière) Dieu merci. Je suis^, etc.

n Du camp devant Nancy, ce 19 septembre. i>

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