RÉPONSE DB MOLÉ
Même sujet.
« Moiiseigneury les vôtres du 19 me viennent d*étre fendues, et aussitôt j^ai cru être obligé de vous.renàre ikiille actions de grâces des soins que vous voulez prendre. Je me suis toujours persuadé que le duc de Lorraine essayeroit de sortir encore par traité : car il n^a ni courage pour soutenir une guerre, ni conduite pour prévoir toutes les nécessités, et il sçait ses défauts, que nous découvrons aussi fort aisément ; il n'aurait point donné la peine à M. le Cardinal de s*aboucher avec lui sans eiïet, et puisqu'il se trouve aux Charmes', il sera tellement charmé de la force de son esprit , qu^il cédera à ce que Ton désirera. Nous sommes telment assurés de sa conduite , que Ton se promet un événement favorable. Sa Majesté sera dans Nancy et Feria battu.
i . Collection Colbert, t. VI, p. 220 et 221 .
2. Le roi Louis XIII a écrit de sa main une relation de l'entrevue des cardinaux de Lorraine et de Richelieu à Charmes. Ce eurieux document appartient à la Bibliothèque impériale, collection Béthune, n* 9334, voyez VjéppeHéice à ces Mémoires,
« Celui qui doit servir six aus^ fait semblant de ne sçavoir rien du traité, quoique Ton lui ait dit qu'il faut qu'il ait passé procuration.
a Si vous ne voulez plus que les galériens soient conduits ou vous êtes, faites-moi cet honneur que je le puisse apprendre ; en ce cas , on leiu* fera prendre le chemin de Provence. Continuez-moi, s'il vous plait, l'honneur de vos bonnes grâces, et croyez que je serai toute ma vie, etc. Du 21 septembre 1633. »
LETTRE DE MOLE A M. DUPUY
Livres nouveaux. — AfiTaires de Lorraine.
« Monsieur, vous remercierez de ma part, s'il vous plaît , l'auteur du livre que je ne nomme pas , puisqu'il a voulu celer son nom. On le saura toujours, et il méritoit de le dire. C'est le secret de rhÎ3toire du temps peucognu, c'est le démêlé de l'intrigue de cour des dernières années. Il eu sçavoit une partie» mais on lui a aussi donné de bons mémoires. Je Fachèverai demain.
« Par lettres que je viens de recevoir, du 15, d'où vous sçavez, j'apprends que la négociation continue; mais j'attends plutôt un dénoûment favorable par quelque autre rencontre que par la volonté de celui qui n'a jamais eu de foi ni de volonté pour la France. Et entre autres nouvelles, que le duc de Mantoue a mis la Princesse Infante hors la ville et son État, après qu'elle a protesté publiquement contre lui, M. Priandy*
i. M. de Bellièvre ( voy. p. 186).— Cette lettre fait partie de la collectioii Golbert, t. VI, p. 222.
2. Ce personnage avait été chargé de plusieurs missions en Italie. (Voy. Bibliothèque historique^ n« 30 540.) Peut-être fut-il
DE MATHIEU MOLE. (1633.) i89
feroit bien une bonne relation sur ce procédé. Je souhaite votre santé parfaite et le bien de vous voir, puisque je serai toute ma vie^ etc. Ce 19 sept. 1633. « M. de Thou se souviendra de moi j s'il lui plaît , en son voyage j et croira que je ne changerai jamais la volonté de le servir, et M. votre frère trouvera ici une très-affectionnée réception \ »
LETTRE DE MOLli AU CABDIfTAL DIS RICHELIEU.
Mole commonicpie à Richelieu un discours sur les affaires générales de la chrétienté.
c Monseigneur, j'ai pris la liberté de vous envoyer ce Discours' plein de vérité et digne d'être exposé au jour, si le moment de nos affaires publiques ne Tempéche : et encore que les paiticuliers n'en doivent prendre autre cognoissànce que celle qu'il plait à leur souverain, il leur est permis, néanmoins, de faire jugement de ce qui paroit aux yeux d'un chacun, qui condamne les actions des étrangers et tourne à l'avantage de leur prince naturel. Il importe de (aire recognoitre que ce qui leur arrive de sinistre n'est pas un cas fortuit, mais un effet de la conduite du ciel, et de leur faire remarquer les événements passés, pour condamner leur injuste dessein. Celui d'Espagne est assez déclaré : ce qui regarde toutes les autres couronnes, qui se devroient joindre ensemble pour en arrêter le cours. C'est le but de V auteur incognu de ce liure*^
rauteor da livre sur les aflaires générales de la chrétienté, dont le rédacteur voulut rester inconnu, et dont il va encore être question dans la lettre suivante de Mathieu Mole.