‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 70 sur 146 · Voy. le P. Anselme, t. m, p · texte numérisé non relu

Voy. le P. Anselme, t. m, p

aux discours qui avoient été faits , reprit particulièrement les fautes de Taccusé contre le Roi et ses sujets. La principale qu'il remarqua fut qu'il s'étoit allié par sa fille y ce sont les propres termes de rhistorien, avec Henri, roi d'Angleterre, et avoit traité et souffert traiter le mariage d'icelui Roi avec elle , et en ce faisant fait plusieurs promesses très -préjudiciables au Roi et à son État, « ce que lui ne aultre de ses princes ne devoit ou pouvoit faire^ par les édits royaux de très-longtemps mis sus , sans le consentement du Roi et de son grand conseil. i> L'avocat du Roi conclut [|u'il avoit été justement procédé contre le comte dl* Armagnac; que le Roi devoit être assisté, en ce fait, par tous ses vassaux; qu'il éloit obligé de faire justice, ^n ce cas , pour ce qui touche la majesté royale ; ]ue la confiscation de tous les biens de Taccusé étant tu royaume de France et la punition corporelle s'en ievoient ensuivre.

Ceux qui traitoient pour le Comte changèrent de xiDseil, car ils demandèrent miséricorde, ^t plusieurs iprands seigneurs et amis du Comte se jetèrent aux pieds du Roi pour avoir sa grâce. Le Roi s'émut de i^tte soumission , ordonna mainlevée de quelques biens, moyennant que le Comte baillât assurance d'entretenir ce qui seroit ordonné par le Roi et le conseil , touchant la question dont ci-dessus est fait mention.

Charles de Bourbon , connétable de France , ayant Dommis tous les plus hauts crimes de lèse-majesté qu*il pouvoit commettre , l'empereur Charles V ne le crut pas du tout attaché à lui et à son parti, qu'en lui faisant proposer, par le seigneur de Beaurain, un ma-

riage avantageux, qni fut celui de Madame Élëonor', sœur dudit Empereur , et à défaut d'elle son autre sœur Catherine , avec trois cent mille écus et autres grands avantages. Ce qui le précipita du tout dans la rébellion , où il finit ses jours.

Par le procès criminel fait au maréchal de Biron , Ton voit qu'un des principaux chefs d'accusation contre lui, fut d'avoir écouté les propositions qui lui furent faites , de la part du duc de Savoie , de lui donner en mariage une de ses filles : dont il fit tout ce qu'il put pour s'excuser devant ses juges et en tous les actes de son procès , sçachant bien la qualité du crime et combien il étoit grand contre l'État \

Et quand toutes ces considérations publiques oesieroient^ que Monsieur n'eût aucune obligation à TÉlat, qu'il ne dût rien au Roi j soit à sa personne comme Roi ou comme son père, ce prétendu mariage ne pourroit toujours subsister par l'autorité des Pères, et par les ordres civils qui servent de règle en la conduite des particuliers '.

i . Ce mariage n'eut pas lieu : Charles-Quint , après la bataille de Pavie , proposa à François P' d'épouser la princesse Éléonore» et de marier Marguerite, fille d^Éléonore, avec le Dauphin de France. (Voyez les Instructions de Charles-Qofait à son ambassadeur, dans le volume que nous avons publié sous le titre de Captivité de François P^, (Collection des documents inéditiw)

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