‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 81 sur 146 · LETTBE DU CHANCELIER SÉGUIER A MOL · texte numérisé non relu

LETTBE DU CHANCELIER SÉGUIER A MOL

Le Roi est mécontent des modifications apportées à Pédil des <

tions. — Difficultés politiques dans lesquelles la Fnnee est engagée.

Nécessités de TÉut.

<K Monsieur y sitôt que j'ai été arrive on m*a demandées des nouvelles de la délibération du Parlement sur le i— s sujet de l'édit des consignations et quelle conclusion .^ vous aviez prise. Et lorsque Ton a sçu les modifications que vous y avez apportées , je vous puis qu'elles n'ont pas été bien reçues, jugeant que, dac la nécessité des affaires, vous pouviez remettre quelque chose de la règle que l'on pourra tenir en une saison plus heureuse.

« A présent, les affaires du Roi Sont en tel état, ( sans une grande dépense pour les soutenir, et si le moyens nous manquoient, au point où les armes dui^c^^ Roi sont engagées, l'on pourroit recevoir un notable préjudice. Jusques ici le progrès en a été heureux, eti lies avis que Ton a sont véritables, l'armée espagnole, . commandée par le prince Thomas^, a été défaite. L'on

I. On lit dans la Gazette de Renaudot, sous la nibriqne de Ghanibéry,lei7août1634(p.l59) : «GejourdniaîyS.A.deSaviNe est arrÎTée en poste , lui septième , y compris D. FéBs, son frère naturel, qu'il a établi gouverneur deçà les monts an liea do prince Thomas ; et dit-on qu'il recherche soigneusement oenz qui ont négocié sa retraite en la Franche-Comté, où il est, dont le président Costa, Génois, qui l'a accompagné, est cm le principal an* tenr. > — Le i9 avril, le prince Thomas ayant passé à Génère, à Reims et à Namur, vint coucher à Tréveure, et arrÎTa le 10 à Bruxelles. U fut fait immédiatement lieutenant du Cardinal-Infimi (p. 167). — Le duc de Savoie écrivit immédiatement an roi de France pour lui dire qu'il était étranger à cette décerminalion de son frère. {Mémoires <le Richelieu^ p. 109.)

ne sçait encore les particularités du combat : Ton attend la nouvelle avec impatience. Je vous prie , s'il y a lieu de changer vos conclusions, de vouloir vous relâcher à consentir la vérification. J'ai beaucoup de raisons de le désirer et vous sçavez combien je m'intéresse à tout ce qui vous regarde, ai vous ne pouvez y apporter remède, Ton désire que vous envoyiez de deçà les conclusions que vous avez prises. Le Roi ne sera pas longtemps eu ce lieu : l'on parle qu'il pourra toamer vers Paris ; cela est incertain.

ir Je vous prie prendre soin des vagabonds ^ et que le conducteur des galériens parte au plus tôt : l'on af-

I • La police des pauvres et des vagabonds était toujours une des préoccupations de Mathieu Mole , surtout depuis que les anciennes maladreries avaient été affectées spécialement à recevoir les militaires infirmes ou estropiés. Une nouvelle espèce de vagabonds à surveiller, et en grand nombre, c'étaient les vendeurs et preneurs de tabac. (Gazette, p. 55.) Mais on avait reconnu déjà, Tannée précédente i 634 , que les maisons de refuge étaient insuffisantes. Le Roi fut alors prié de fonder une commanderie avec le revenu nécessaire pour Pentretien de ces militaires. L'emplacement de Tancien château de Bicétre fut affecté à ce service, dès le mois d'août 1634. (Mémoires de Richelieu^ t. VIII, p. 207.) M. de Saint-Germain fut mis à la tète de cette entreprise, et l'édit du mois de décembre \ 633 , relatif à cette commanderie de Saint-Louis, fut publié le 26 août 1634 seulement. Les estropiés à la guerre, pour le service de Sa Majesté, devaient y être entretenus et nourris , et comme il fut décidé que chaque abbaye payerait cent livres, ainsi que tout prieuré dont le revenu excédait denz mille livres , ce seivice spécial des estropiés à la guerre fut placé dans les attributions du Grand- Aumônier de France, qui était le cardinal-archevêque de Lyon. Le 27 septembre 1634, les estropiés vinrent en procession de Bicêtre en la maison du Grand-Aumônier. Cette cérémonie fut l'objet d'un long récit imprimé dans la Gazette de Renaudot (p. 423;, qui attribue tout rhonneur de cette fondation au cardinal duc de Richelieu.

fectionne fort ces polices ^ Je suis, etc. A Cbàteaii- Thierry, ce 26 mai 1635. »

LETTRES DE MOLE A M. DUPUY

Victoire remportée sur les Espagnols à Ayein. — NoaTollci diTcnct.

« Monsieur , ce serait ud merveilleux succès pour le commencement de nos armes, que là nouyelle de la défaite des troupes du prince Thomas \ Mais les lettres de la cour, que j'ai reçues, en laissent quelque doute', et le lieu remarqué par votre billet l'augmeole: car ayant eu avis de la prise de la ville de Marche-en- Famine^, qui est plus avancée vers Namur, et ne s*en parlant point , il semble qu'il soit nécessaire que ce soit en quelque autre lieu qu'entre Kocheforl et Saint-

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