VOYAGE DU ROI EN NORMANDIE
Le lundi 31 janvier, le Premier Président a dit à la Cour : « Que, samedi dernier, suivant l'ordre reçu de la part du Roi, il fut au Palais-Royal, environ les quatre heures de relevée, avec MM. les autres députés de la Cour. Entrés, il plut à la Reine leur dire : « Que le service du Roi l'obligeoit de faire un voyage en Normandie*, pour peu de temps ; que M. le duc d'Or-
biter aucun livre, libelle diffamatoire et autres , tendant à exciter sédition.
I. Voy. kV Appendice les lettres de Mazarin, relatives à ce voyage du Roi, et pour les troubles de la Guyenne, le rapport de Moran, maître des requêtes de Phôtel du Roi , chargé dUnformer sur le sujet des troubles de cette province.
Au mois de février 1650, la Coui enregistra des lettres patentes
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léans demeureroit en cette ville; que les soins qu'il prendroh étant secondés des bonnes intentions du Pariement, tout se maintiendroit en repos ; ce qu elle se promettoit de TafTection de la Cour. » Le Premier Président lui dit : w Qu'il feroit entendre à la Cour rhonneur de ses commandements ; que ce sera toujours avec un extrême regret d'apprendre Téloignement du Roi et de la Reine de la ville capitale du royaume 9 puisqu'elle avoit mis son souverain bien eo sa présence ; que l'on cédera néanmoins à la nécessité des affaires et préférera l'avantage du général au particulier ; que l'on se promet que la présence du Roi et de la Reine dissipera les nuages, et calmera tous ks orages qui se pourroient exciter ; que c'étoient les voeux du Parlement, qui contribuera au repos public
du Roi, du f du même mois^ ordonnant au duc de Bouillon, aux maréchaux de Brézé et de Turenne et au prince de Marsillac, qui s'étaient retirés en Guyenne pour y exciter des mouvements populaires, après l'arrestation des princes , de revenir près du Roi dans quinze jours et qu'il oublieroit tout le passé , et qu'à faute d'obéir, il les déclare rebelles et perturbateurs du repos public, etc.
Le 7 mars, le Premier Président appela l'attention de la Cour sur le sujet des Induites. L'affaire fut remise à l'examen du conseiller Lèpre vost. Il fut ensuite donne lecture d'une lettre du Roi annonçant son voyage en Bourgogne. (Voy, à V Appendice les lettres de Mazarin relatives à ce voyage.)
Le 2i mars , le Parlement reçut une lettre du Roi en date du 4 Boars , par laquelle il annonçait qu'il avait retiré les sceaux au dumcelier Séguier, pour les remettre au marquis de Châteauneuf.
L'affaire des rentes de l'Hôtel de Ville est encore de temps à aatre l'objet des délibérations du Parlement; mais depuis que les Frondeurs ne se servirent plus de ce prétexte pour exciter le peuple, cette question perdit de son importance politique. Le duc d'Orléans l'avait également piise sous sa protection et paraissait s'en occuper dans le Conseil.
tout çe qu'il doit et témoignera, par toutes ses action^ sa fidélité , et que le ciel comble Leurs Majestés d'au-* tant de bonheur qu'ils en méritent et que Ton leur* en peut souhaiter. » Ensuite, ils avoient fait humbles révérences et s'étoient retirés. »
REQUETE DE LA PRINCESSE DOUAIBIÈRE DE COm)i. — -PRlî* SmENT DE LA CHA3IBRE DES COMPTES PRISONITIER.
Le mercredi 27 avril, le Premier Président a dit à la Cour : « Qu'il y avoit deux aiïaires d'importance, sur lesquelles il étoit nécessaire de délibérer : Tune tonchant deux requêtes présentées par M°^^ la princesse douairière de Condé et par les parents du sieur Perrault , président en la Chambre des Comptes , détenu prisonnier au château de Vincennes, dont un de Messieurs s'étoit chargé ; l'autre , sur ce que le sieur de Fromon'iy secrétaire des commandements de M. le duc d'Orléans, est venu, de la part du duc, lui dire que Ton diHeràt la mercuriale , jusques au retour du Roi en cette ville, qui devoit être lundi prochain, sur les bruits qui couroient de ce qui s'y devoit passer, qui pourroit donner atteinte à la tranquillité publique. Sur quoi, la Cour ayant délibéré, a arrêté : que M** Pierre Fayen et Claude Ménardeau, conseillers du Roi en la Cour, iroient présentement vers le duc d'Orléans lui donner avis desdites requêtes ; lui faire entendre que, suivant son désir et sa volonté, on a différé de délibérer sur icelles, jusques au retour du Roi; et que la Cour a trouvé juste d'ordonner, ce pendant, que la princesse douairière de Condé ^ ait la liberté de
i. Cette princesse raourcit à la fin de Tannée 4650. Les régis-
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demeurer en sûreté^, en tel lieu qu'il plaira audit seigneur Roi lui désigner, dans Tenclos de la ville et faubourgs de Paris, jusques à ce qu'autrement en ait été ordonné, et de tenir la mercuriale à l'ordinaire sans parler desdites requêtes.
Le mardi 3 mai, le Premier Président a proposera la Cour d'aUer saluer le Roi et la Reine-régente en France à leur retour de Bellegarde*; et ont été mandés les gens du Roi , pour scavoir Theure dudit seigneur Roi et de ladite dame Reine.
D1ÊCLARATI0N COlfTRE LA DUCm^SSE DE LONGUEVILLE.
Le lundi 1 6 mai , la Cour enregistra la déclaration du Roi , donnée à Paris le 9 mai présent mois , par laquelle ledit seigneur, de l'avis de la Reine-régente , sa mère, de son très-cher et très-amé oncle le duc d'Orléans, et autres princes, ducs, pairs, et autres officiers de sa couronne, grands et notables personnages de son Conseil , avoit déclaré la duchesse de
très du Parlement du 22 décembre renferment une lettre du Roi à la Cour y pour lui faire rendre tous les honneurs dus à son rang. Le R^i rappelle rafîection qu'il portait à cette personne et Testime 4{a'il faisait de ses vertus.
i • Le duc d'Orléans répondit qu'il ne pouvait désigner d'autre lieu de sûreté que celui prescrit par le Roi , qui était la ville de Bourges ou Montron (Saint- Amand-Montrond) ; mais la Cour accorda à la princesse douairière l'autorisation de demeurer dans telle maison qu'il lui plairait choisir dans l'enclos du Palais. Le 21 avril , le duc d'Orléans vint au Parlement faire connaître les nouveaux ordres du Roi relatifs à cette princesse, et lui réitérer l'invitation de quitter Chantilly et d'aller à Bourges. Le 6 mai, il y eut de nouvelles instances faites au Parlement en faveur de la princesse de Coudé.
2. Voy. à VJppendice les lettres du cardinal Mazarin , relatives à ce voyage à Bellegarde.