S MÉMOIRES
Longueville , les ducs de Bouillon ^ maréchal de Turenne et M. deMarsillac, ensemble tous ceux qui leur adhéroient , fa\orisoient et assistoient , ou leur adhéreroient; qui les recognoitroient pour leurs chefs ou leur obéiroient , et seroient entres ou entreroient en quelque ligue, association ou intelligence avec eux, directement ou indirectement, en quelque manière que ce soit, désobéissants, perturbateurs du repos public , rebelles , ennemis de TÉtat , et criminels de lèse-majesté au premier chef, et comme tels, veut et lui plaît qu'il soit procédé contre eux, selon la rigueur des lois et ordonnances, tant en leurs personnes qu'en leurs biens et postérité; et en conséquence de ce, les déclare déchus et privés de tous honneurs , titres , dignités, qualités, charges, offices et états , pensions, privilèges, facultés, prérogatives, prééminences et droits généralement quelconques, et aussi toutes les terres et seigneuries qu'ils tiennent de lui et de sa couronne réunies inséparablement et à toujours à son domaine, et toutes autres seigneuries , terres et biens, tant meubles qu'immeubles, possédés par eux en ce royaume et lieu de son obéissance, à lui acquis et conBsqués , pour être les fruits et revenus de tous lesdits biens mis en sa main et reçus par les receveurs de son domaine , et par eux employés ainsi qu'il sera par lui ordonné ; mande aussi ledit seigneur à tous ses lieutenants généraux en ses armées, gouverneurs, etc., courir sus à ladite duchesse de Longueville , duc de Bouillon , maréchal de Turenne, M. de Marsillac et leurs adhérents, et à tous baillis, etc., de se saisir de leurs personnes et les poursuivre selon la rigueur de ses ordonnances. Ces lettres furent lues ,
publiées et registrëes au greffe criminel d'icelle Cour pour être exécutées selon leur forme et teneur '.
LES PRISOimiEBS DE LA BASTILLE.
Le mardi 1 3 septembre , le Premier Président a dit : K Que le sujet de cette assemblée est pour sçavoir la résolution qui fut prise hier sur la proposition faite , fui sembloit avoir été reçue du commun vœu de toute la compagnie ; mais comme il eut hier Fhonneur de ▼oir M. le duc d'Orléans, il lui fit entendre les plaintes des exactions de celui qui commande à Lagny , dont on avoit parlé ce matin, et par même moyen il lui parla des prisonniers constitués par ses ordres dans la Bastille , auxquels on ne faisoit le procès , et qui ne pouvoient demeurer longtemps en cet état, suivant la déclaration du 22 octobre 1 648. Il lui plut de répondre qu'il avoit fait écrire à celui qui commande à Lagny de le venir trouver, qu'il lui feroit rendre compte de ses
!• Ces letu^ furent suivies, le 23 mai, d'une plainte portée au Parlement, par le Procureur Général , contre l'entreprise, mauvaise conduite, menées, cabales, ligues, etc., faites par les sieurs de Matta et Fontrailles, à la suite de laquelle il intervint des arrêts conformes. Mais, immédiatement , les Enquêtes se plaignirent de b vérification de la déclaration contre M"^de I^ongueville et autres, sans avoir assemblé les Chambres ; le Premier Président répondit qoll y seroit avisé. Le i*' juillet, la Cour fut mandée par le Roi au Palais-Royal et fut informée, parla Reine-régente, que le Roi avoit résolu de s'en aller à Bordeaux ; voyage qu'il étoit obligé d'entreprendre, pour fixer toutes choses en Guyenne, et qu'il se promettait qu'en son absence la compagnie s'emploierait à maintenir la paix en cette ville. Le Garde des Sceaux expliqua ensuite longuement les intentions de la Régente. Les affaires de Bordeaux contânièrent d'occuper les délibérations de la Cour ; les troubles de eelte province se rattachaient à la captivité des princes. Voy. notre des Mémoires de Pierre Lenet,
actions , pour après y pourvoir. Et pour les prisonniers, qu'il avoit donné ordre qu'ils fussent interrogés par le lieutenant criminel^ afin que quand leur procès seroit instruit, il les fît juger par le Parlement; et que , sur les dix heures du soir, le sieur Goulas, son secrétaire , lui apporta de sa part le mémoire de tous les prisonniers qui étoient détenus à la Bastille, et pour quelles causes ils avoient été arrêtés. » Duquel mémoire la teneur en suit :
Prisonniers de la Bastille. — Les sieurs AsemanI et Paris, n*ont pas voulu donner parole de ne point servir M. de Turenne ;
Saint*Martin , pour avoir été pris se voulant jeter dans Stenay, et ayant donné sa parole qu'il seroit en sa maison de Languedoc , sans passer par Paris , s'est trouvé dans ce palais les deux jours qu'il y a eu du bruit ;
Les sieurs Dalyes et Brivilliers , pour avoir eu correspondance avec M. de Bouillon.
11 y en a encore trois ou quatre qui y sont pour avoir fait des levées à Paris, ou pour s'être trouvés à la menée du palais, des noms desquels on ne se souvient pas ; ont été interrogés par le lieutenant criminel qui en instruit le procès :
M"* et M"' de Bouillon , pour les raisons que chacun sait^; M. de Carnavalet, pour les avoir laissés échapper;
1. Cette liste des prisonniers ne mentionne pas le président Perrault, qui était enfermé à Vincennes, comme nous l'avons vu ci-dessus. Une députation fut envoyée au duc d^ Orléans, par arrêt de la Cour du 20 septembre , pour lui remontrer qu'on disait que Perrault était malade et n'avait liberté d'être visité par
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Il seroil à désirer que le marquis de Persaui Bussy- Rabutin , Bordel et du Fay , qui ont été soupçonnés, 7 fussent aussi, et qui, pour avoir été avertis, sont allés en l'armée des ennemis , où ils font beaucoup de mal.
M. TÂYocat général présentera ce mémoire de la part de Son Altesse Royale à la Cour, aux fins de conclure que tout est dans Tordre , et qu'ainsi il sembloit que la compagnie dût être satisfaite , et que Von pouvoit proposer de mettre le mémoire entre les mains du Procureur Général, qui enverroit quérir le lieutenant criminel , et s'il trouvoit quelque chose où le public pût avoir intérêt , il viendroit en donner avis à la compagnie. La matière mise en délibération , la Cour a arrêté : que le mémoire concernant lesdits prisonniers sera mis entre les mains dudit Procureur Général, pour s'enquérir et instruire sur ce sujet et sur ce qu'il requerra y être délibéré.
LE PABLIMENT DE TOULOUSE. — l'eITVOYÉ DE L'ARCEm>UC.
Le jeudi i 5 septembre , en la chambre des vacations , le Premier Président a fait la lecture de la lettre qu'il avoit dressée pour envoyer au parlement de Toulouse, de laquelle la teneur en suit : « Messieurs, comme ce qui se passe en Guyenne regarde le repos de toute la France , et que le mouvement qui s'y est excité peut allumer un tel feu qu'il seroit très-diiBcUe
son médecin^ et qu'on lui avait fait boucher une fenêtre, de telle sorte qa'3 était traité très-rigoureusement. Le duc d'Orléans répondit « que ce qui avoit été rapporté à la Cour n'étoit véritable, et qu'au contraire les médecins avoient toujours eu la liberté de viflter et de panser ledit Perrault. »
de l'éteindre, aussi prévenant vos sentiments , la compagnie a jusques à présent contribué, pour arrêter le cours d'un tel mal , ce qui a été de son pouvoir , comme vous verrez par les extraits des registres ci* enclos. Vous pouvez donc croire qu'en ce qui touchera le service du Roi^ le soulagement de ses peuples et l'exécution des déclarations ^ elle continuera d'employer tous ses soins et porter tous ses vœux avec vous, afin de satisfaire à son devoir et à son obligation de maintenir l'autorité du Roi et l'exécution de sa volonté, confirmée par tant d'actes publics. Vous assurant que nous serons toujours, etc. »
Ensuite , le Premier Président a dit, en la chambre des vacations : a Que s'étant trouvé lundi , mardi , et le jour d'hier au palais d'Orléans , avec M. le président de Mesmes , par l'ordre de Monsieur , duc d'Orléans, lors de la réception de don Gabriel de Tolède , envoyé par M. TÂrchiduc, et du congé qu'il a pris de mondit sieur duc d'Orléans , il étoit juste de dire à la compagnie le sujet de son voyage et la résolution prise. M. l'Archiduc ayant écrit , ci-devant , par un trompette, à Monsieur, duc d'Orléans, sur la paix nécessaire entre les deux couronnes , et par ses lettres ayant témoigné sa passion pour achever un ouvrage si important. Monsieur, duc d'Orléans, lui fit réponse et y envoya le sieur de Verderonne pour lui faire cognoitre qu'il étoit temps de mettre fin à cette guerre , qui avoit trop longtemps duré pour le bien de la chrétienté , et que de sa part il lui donnoit assurance d'employer tous moyens pour la faire cesser. Que cet honneur rendu à M. l'Archiduc» l'avoit obligé de lui envoyer don Gabriel de Tolède, pour lui rendre
adîoiis de grâces ^ et pour témoigner de plus en plus qu'il préféreroit les effets aux paroles , et que , par la lettre qu'il lui présentoit, il le conjuroit que l'affaire fïît tenninëe entre eux deux , et que Monsieur , duc d'Orléans , pouvoit venir en toute sûreté entre Elhetel et Rheims, et que dans le 1 8 du courant ils pourroient se trouver ensemble.
u Le reste se passa en civilités; mais comme il avoit entrepris de disposer des lieux , des jours et des personnes, on trouva nécessaire d'envoyer visiter don Gabriel de Tolède par H. d'Avau, en présence de M. le Nonce et du résident de Venise , médiateurs de la paix ci-devant convenue, afin d apprendre en leur présence s'il avoit quelque charge particulière ou quelque cognoissance du pouvoir et des moyens que M. l'Ârchiduc devoit tenir , et lui faire cognoitre que le lieu choisi , qui étoit au milieu de Tarmée ennemie , ne pouvoit permettre que l'on s'y exposât et que le jour étoit si proche, qu'il n'y avoit pas moyen d'y satisfaire , et que Monsieur , duc d'Orléans , étoit prêt de s'acheminer en quelqu'autre lieu , quand les af- Ëûres auroient été premièrement examinées par persomies choisies de part et d'autre. M. d'Avau a rapporté ce qui s'étoit passé en la conférence , et qu'il a déclaré n'avoir autre charge que celle qu'il avoit exposée; que si l'on désiroit sçavoir ce qu'il avoit pu cognoitre des desseins de M. l'Archiduc , qu'il étoit obligé d'assurer qu'il étoit porté à conclure une paix honorable entre les deux couronnes, et que l'état des af&ires de l'une et de l'autre sembloit le désirer ; qu'il étoit obligé d'avouer que l'on pouvoit choisir un autre lieu et de convenir de quelques personnes.
8d MÉMOIRES
Après ce rapport, avoit été résolu d^envoyer vers M. l'Archiduc, M. d^Avau , qui avoit été ci-devant plénipotentiaire à Munster, et de prier M. le Nonce et le résident de Venise de prendre la peine d'y aller, afin qu'en leur présence Ton put arrêter tous les ordres nécessaires pour commencer le traité de cette paix si désirée d'un chacun et si nécessaire à tous.
(c Et hier , sur les cinq heures après diner , il vint prendre congé de Monsieur, duc d'Orléans, qui lui dit sa résolution et lui témoigna beaucoup de civilités, dont il fut très-content et satisfait. De sorte qu'il ne reste plus que les vœux que ce premier travail succède, et qu'enfin l'on puisse jouir d'un calme public et d'un repos général pour l'avantage de la chrétienté.» U fut arrêté que de ce que dessus seroit fait registre.