‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 14 sur 76 · ORDRES DE LA REIVB A CE SUJET · texte numérisé non relu

ORDRES DE LA REIVB A CE SUJET

Le samedi 1 0 décembre, W François Mole, pourvu de l'état et office de conseiller en la Cour de céans, mandé, lui a été donnée la loi Filium quem cod. familids.

Ce jour, la Cour, toutes les Chambres assemblées, présents les gens du Roi , le Premier Président a dit : (c Que hier , environ les onze heures du matin , il fut au Palais-Royal avec M. le président de Bellièvre, MM. Le Doyen et Viole, conseillers de la Grand'- Chambre, les députés des Enquêtes et Requêtes et les gens du Roi. Sitôt qu'ils furent arrivés , M. le mai^ chai de l'Hôpital , gouverneur de cette ville , les vint

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tTMiver ^ rnoolèrent en k diambre de la Reîi^^ mèie da Roi, étant en son lit , le Roi en un fiatuteuil; prodie de lui, H. le duc d'Orléans, H. le duc d'Anjoa , H. le Garde des Sceaux et autres.

m La Reine ayant lait signe , ils s'approchèrent ; eUe leur dit que l'état auquel elle étoit ne lui permettoit pas de beaucoup parler; que M. le Garde des Sceaux feroit entendre son intention. Et avant le Garde d(» Sceaux pris la parole^ il leur avoit dit : « Que le Roi et la Reine avoient scu les deux requêtes présentées et la lettre de MM. les Princes; que Tafiaire étoit trèsimportante pour y prendre résolution ; prioit la corn* pagnie de différer pour quelque temps, afin d'y pouriroir pour le bien de l'État. » Le Premier Président lui dit : « Qu'ils avoient un extrême regret de voir que, par l'indisposition de la Reine y notre fortune publique étoit ébranlée > et que l'on se promettoit qu'à la faveur du del elle en seroit bientôt délivrée , pour le salut de la France , et qu'il ne manqueroit de faire entendre sa "volonté à la compagnie; qu'elle se pouvoit assurer de sa fidélité et de ses respects particuliers pour sa vertu. 9 Et ayant fait humbles révérences s'étoient retires.

Les gens du Roi, M* Omer Talon, avocat dudit seigneur, portant la parole , ont dit : « Que Messieurs s'étant retirés , la Reine les ayant appelés, leur dit qu'elle avoit eu vingt-deux accès de fièvre; qu'elle n'avoit eu loisir de penser aux affaires , et qu'elle seroit bien aise de surseoir quelque temps. D leur sembloit donc qu'il seroit dur de la refuser , et qu'il dépendoit de la Cour d'y aviser par sa prudence. » Et, sur ce, les gens du Roi retirés , la matière mise en délibération ,

la Cour a arrêté de surseoir jusqu'à mercredi , auquel jour l'afBdre a été remise ^

Le 14 décembre, la Cour, toutes les Chambres assemblées , suivant l'arrêt du 1 0 de ce mois , lecture faite des requêtes présentées, l'une par W^ la princesse de Condé, et l'autre par M^ de Longue- Tille, lettres et conclusions des gens du Roi mentionnées ès-registres des 7 et 10 de ce mois, ayant commencé à délibérer, a arrêté et ordonné qu'il sera délibéré demain , toutes affaires cessantes , et Monsieur, duc d'Orléans , oncle du Roi , invité de s'y trouver. A cette fin ont été députés M"* Jean Doujat et Gaude Hénardeau , conseillers en ladite Cour.

Le jeudi 1 5 décembre , la Cour, toutes les Chambres assemblées , après avoir oui le récit fait par Bl'* Jean Doujat et Claude Ménardeau, conseillers en ladite Cour , de ce qui s'étoit passé en leur députation vers Monsieur, duc d'Orléans , le jour d'hier et ce matin , et que moodit sieur leur avoit dit ne se pouvoir trouver en rassemblée en ladite Cour, a été remise la délibération à samedi.

Le vendredi 16 décembre, la Cour, toutes les Chambres assemblées, après avoir ouï et examiné M* François Mole, pourvu de l'état et office de conseiller en ladite Cour, sur la loi ci-devant à lui donnée et sur autres livres de droit , théorique et pratique; lui

i . Pendant ces délibéradons du Parlement , les pamphlets se 'multiplièrent tellement , que la Cour fut obligée de rendre, le i 3 décembre, un nouvel arrêt portant défense de composer et paettre en lumière aucun libelle injurieux. — Voy. le Recueil de Mazarinades, publiées dans la collection de la Société, par M. C. Moreau.

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medré, la matière mise en dâibératioD , a arrêté et onloDné qu'il est suflBsaDt et capable, et que comme tal, il sera reçu auxdits état et office. Et à l'instant nmidé , a Sut le serment accoutumé , juré fidélité au Boi el y a été reçu.

T^AMMÉE DES FROUDBCBS COMMAHDiE PAB TDBEiniE^ BATniK

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