‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 15 sur 76 · PAR LES TROUPES DD ROI · texte numérisé non relu

PAR LES TROUPES DD ROI

Le lundi 19 décembre, la Cour lîit informée que IL de Rhodes, grand maitre des cérémonies, apportoit la lettre du Roi dont suit la teneur : « Nos amés et féaux, aussitôt quenous avons reçu laconfirmation de la ngnalée victoire remportée par notre armée, commandée par notre très-cher et très-amé cousin le maréchal dn Plessis - Praslin , sur celle que commandoit le vkomte de Turenne, composée tant des troupes d*Espagne et Lorraine, que des rebelles de notre royaume, laqudle, par Fassistince qu'il a plu à Dieu de Doos donner, a été entièrement défaite, en sorte que toute leur in&nterie est demeurée sur la place, et presque toute la cavalerie taillée en pièces , à la ré* serve de quelques escadrons, qui se sont sauvés à la faite, leur arlillene, bagages, drapeaux, étendards et timbales pris, avec les principaux officiers qui cooi» maodoîent lesdites troupes. ?ious avons bien voulu vous en faire part , dans Tassurance que nous avons de la joie que tous nos bons sujets en recevront, et comme nous rec(^;no!ssons tenir cet heureux sucoês de la main de Dieu et de sa prolectictt particulière pour notre coorooDe , nous ne .pouvons eo rendre tôt les grâces que nous en devons à sa divine

9Î IfÉMOIBES DE MATHIEU MOLE. (1650.)

majesté, et pour le témoigner, nous avons résolu de faire chanter le 7!? Deum en Téglise de Notre-Dame, mardi prochain , 20* de ce mois , à neuf heures du matin , etc. Donné à Paris, le 18* jour de décembre 4650 '. »

i . Malgré cet échec énorme pour le parti des prinoes, la haine contre le cardinal Mazarin était si grande , que le 30 janvier ! 6M le Premier Président fiit mandé chez la Reine , qoi lui dit, par la bouche du Chancelier : « Qu'elle accorderoit incessamment la liberté des princes, après que M"* de Longueville et le maréchal de Turenne anroient posé les armes et se seroient rendus à leur devoir, et que 9 pour témoignage de sa bonne volonté, elle enverroit au premier jour des lettres d'abolition, afin que par tous moyens elle puisse assurer la paix du royaume. •— Le 1*' février, la Reine manda de nouveau Mathieu Mole, c pour lui renouveler Tassurance que les princes seroient bientôt mis en liberté. » Us sortirent, en eflet, de prison le 13 février 1651. Leur mise en liberté avait été retardée par les intrigues du cardinal de Retz contre Mazarin. Le Coadjuteur s'était emparé de l'esprit du duc d'Orléans, et il s'opposait au retour des princes parce que la Reine espérait, en les mettant en liberté, pouvoir conserver son premier ministre (voy. à ce sujet la séance du Parlement dn 4 février de relevée) ; mais l'opposition universelle rendit ce prt>jet impossible. Mazarin dut céder momentanément à l'orage soulevé par les Frondeurs anciens et nouveaux, et sortir du royaume. (Voy. les Lettres de ce ministre, écrites pendant son exil, et publiées par M. Ravenel , coUect. de la Société.)

FIN DES M^MOIBES.

Page 1