‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 20 sur 76 · Fille d*ua téuateur d*Aagsboarg · texte numérisé non relu

Fille d*ua téuateur d*Aagsboarg

no APPRNDICE AUX MÉMOIRES

dont il n'eut que deux filles, qui n'empêchèrent pas que TEmpereur et ses frères ne partageassent la succession de Ferdinand, sans en faire aucune part à ses deux enfants du premier lit, Charles et André.

Henri YIi roi d'Angleterre, en l'année 1427, fit une ordonnance par laquelle il fit défenses à tous ses sujets, de quelque qualité qu'ils fussent, de s'allier par mariage à une princesse du sang royal ou étrangère, sans auparavant en donner avis au Roi.

▲B&ir DU PARLSMENT DE PARIS RELATIF AUX COJUiDIBVS.

(Voy. Mémoires, t. Il, p. 292.)

Du 24 avril 1 641 . Vu par la Cour les lettres patentes données à Saint-Germain en Laye, le 16 avril 1641, signées Louis, et sur le repli : par le Roi, de I^oménie, et scellées sur double queue du grand sceau de cire jaune, par lesquelles et pour les causes y contenues, ledit seigneur fait très expresses inhibitions et défenses à tous comédiens ^ de représenter aucune action malhonnête , ni aucunes paroles lascives ou à double entente, qui puisse blesser l'honnêteté publique, à peine d'être déclarés infâmes , et procédé contre eux, par telles voies que les juges aviseront, selon la qualité de l'action ; et en cas que lesdits comédiens ne contreviennent , aîns règlent tellement les actions du théâtre qu'elles soient du tout exemptes d'impureté, veut et ordonne que leur exercice

1 . Le nombre des comédiens 8*était surtout multiplié en France depuis les mariages des rois avec les Médicis. Pierre de Lestoile, dans son Journal du règne de Henri III , nous rappelle les premiers arrêts qui furent rendus contre les comédiens italiens, en 1577, et les privilèges que le Roi leur accorda. (Voy. notre édition de Lestoile, collect. Michaud, p. 87 et 88.) La troupe qui était venue eu France était celle des CelosL

ne puisse être imputé à blâme, ni prëjudicier à leur réputation dans le commerce public, suivant et ainsi quHI est plus amplement porté par lesdites lettres; côliclusionsdu Procureur Général du Roi, tout considéré, ladite Cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées au greffe d'icelle , pour être exécutées selon leut fonne et teneur.

MÙfOIRKS DE BICHELIEU POUB LES ANNEES 1639, ) 640 ET 1641 ^

(Voy. la Notice sur les manuscrits de Mole, p. Lxxn, et les Mémoires,

t. II, p. 44i, 446, 451.)

Les armées françaises en Picardie et en Champagne.— Siège de Thion- ▼ille. — Feaquières est battn. — Sa mort. — Mouzon attaqué par Piccolomini, — Il est battu. — PHses de Hesdin , — d'Ivoy . — Victoires remportées par la Meilleraye. -—Mauvaise conduite de la duchesse de Savoie, sœur du Roi. — - Prises de Turin, — de Nice. -^ La Duchesse se rend à Grenoble. — Le jésuite Monot. — Extravagances de la du* chesse. — Le comte dUarconrt entre en Italie à la tète d'une armée. —Mort du duc de Weimar et du cardinal de la Valette. — Révolte du duc de la Valette. — Les Espagnols prennent Salces.— Combat de Quiers et succès du comte d^Harcourt. — Victoire navale des Hollandais sur les Espagnols.

1639. Bien que Tannée 1 639 ait été mêlée de roses et d^épines, la postérité jugera ^ je m'assure , que les unes et les autres ont également contribué à votre gloire.

Vous aviez destiné trois armées pour être employées es frontières de vos ennemis, proche de la Picardie et de la Champagne y en dessein que deux agiroient Tune après

1. Nous avons soigneusement coUationné notre édition de ce texte sur le manuscrit original (coll. Colbert , t. II, p. 270 et suiv.). Il ofXHfa donc quelques variantes avec celui qui a été donné par le P. Griffet et par MM . Biichaud et Poujoulat , à la suite des Mémoires de Richelieu , comme étant un fragment du Testament politique àa Cardinal.

t3t APPENDICE AUX MÉMOIRES

l'autre j et que la troisième soutiendroit toujours celle des deux qui seroit en action.

Feuquières, qui en commandoit une% avoit ordre d'attaquer Thionville, mais il Ta^oit aussi de considérer, premièrement, quelle seroit la marche de Piccolomini. Son instruction portoit qu'il s'opposât à son passage en Flandre, s'il s'approcboit de lui, et au cas qu'il s'en éloignât, qu'il attaquât la place, après qu'il seroit passe'.

L'ardeur de ce gentilhomme plein de courage et d'ambition lui fit précipiter l'attaque de cette place, à dessein d'attirer à lui Piccolomini, et d'aller au-devant pour le combattre, avec d'autant plus d'avantage qu*ilcroyoit le pouvoir surprendre. Mais son malheur l'empêcha d'exécuter ce qu'il avoit fort bien projeté.

Au lieu de prévenir son ennemi , il en fut tellement surpris , que ne pouvant avoir lieu de s'en défendre avec toutes ses forces, il fut contraint de combattre en divers quartiers avec grand désavantage*, ce qu'il fit cependant avec tant de fermeté, que sans une lâcheté du tout inouïe de sa cavalerie, il eût apparemment évité son malheur*.

1. L*arinée commandée par Feuquièret n*était pas très-nombreuse. Le Mercure fran^ois (t. XXIII, p. 233) donne le nom des régiments dont elle se composait.

2. Les journaux du temps (la Gazette et le Mercure) ne laissent pas supposer que le Roi eût permis k Feuquières de faire d'autres projets que de s*emparer de Thionville.

3. Voy. dans le Mercure français ^ p. 236, les motifs qui obligèrent Feuquières à liyrer bataille.

4. Feuquières, en chargeant Tennemi à la tête de ses gens d'armes, fut blessé de deux coups de mousquet. Pendant qu'on pansait ses blessures , les eunemis arrivèrent, le prirent avec l'enseigne de se» gardes et son chirurgien, et l'emportèrent à Thionyille, où il mourut de ses blessures peu de jours après.

DE MATHIICU MOLE. 233

Ainsi , dès l'entrée de la campagne, vous perdîtes une bataille , mais outre que cette victoire fut plutôt donnée aux ennemis qu'acquise par leur valeur et leur mérite, la fermeté avec laquelle vous empêchâtes que les suites d'un si funeste accident ne fussent ruineuses à votre État, vous est plus avantageuse que la perte du combat ne vous fut préjudiciable.

Piccolomini, enflé de sa victoire, attaqua Mouzon*^ ville frontière, si négligée jusques alors, qu'à peine la mettoiton au nombre des places qui pouvoient faire une médiocre défense; cependant non-seulement ne put-il la prendre, mais il y perdit la fleur de son armée. Pour l'estimer trop foible , il la trouva trop forte pour lui ; et voulant emporter d'emblée et par assaut ce qu'il devoit attaquer par tranchées, deux mille hommes de* meurèrent sur la place, et ce nombre de ses meilleurs soldats , imprudemment exposés à la boucherie , découragèrent les autres , en sorte que cette considération et la crainte de recevoir un pareil échec à celui que le pauvre Feuquières avoit reçu , le contraignirent de lever son siège à la vue du maréchal de Châtillon , qui venoit à lui avec la troisième de vos armées destinées à secourir les autres.

Vous prîtes Hesdin , surnommé le fort *, parce qu'il l'est en effet, place d'autant plus importante à Votre Majesté qu'elle en couvre beaucoup de votre frontière, et garantit la moitié de la Picardie de courses et de

1. Piccolomini attaqua cette yille le 17 juin et s*empara immédiatement des dehors, malgré les elTorts de M. de Refuge, qui lui en avait TÎTemcnt disputé la possetsion. Yoy. dans la Gazette, p. 345, le récit de la levée du siège mis devant Mouzon, par Piccolomini.

2. La prise de Hesdin pnr Tarmée du Roi avec les articles de la reddition de cette place, furent imprimés dans la Gazette Renaudot,p. 369.

ravages. Vous la prîtes à la vue du Cardiiial*Infaiit et de Piocolomini, qui , après avoir expérimenté la bonne et la mauvaise fortune y la bonne au gain d'une bataille et la mauvaise au siège qu'il entreprit ensuite de cet avantage, arriva à temps pour voir si elle lui seroit favorable ou contraire en cette nouvelle occasion.

De la Picardie, vous passâtes en la Champagne, oU trouvant une armée fraîche qui attendoit Teffet de celle qui avoit attaqué Hesdin, vous prîtes Ivoy, place plus incommode à la Champagne pour sa situation que pour sa force. Cette ville ne fut pas plutôt en vos mains qu'elle fut rasée par votre ordre', afin d'apprendre aux Espagnols à satisfaire à leurs traités , celui de Cateau- Carobrésis les obligeant à la démolition de cette place.

Hesdin étant pris* et la ville d'Ivoy rasée, vous vous avanç&tes à Grenoble pour arrêter le cours précipité de la mauvaise fortune de Madame, votre sœur*, en modérant celui de son imprudence.

Pendant que vous fîtes ce voyage, le maréchal de la Meilleraye battit deux fois les ennemis , avec tel avantage, qu'en Tune il enleva le quartier de leurs Croates, où plus de quatre cents des leurs demeurèrent sur la place, et en l'autre , bien qu'il n'eût pas la moitié de $es troupes , si l'un de ses principaux régiments eût fait son devoir, outre qu'il demeura maître du champ, qu'il tua plus de mille hommes sur la place et eut trois canons des ennemis ) il eût défait toute leur armée.

f . Voy. dans le Mercure /rançou, p. 260, les articles de la reddition d'Ivoy, et le récit du rasement de cette ville, p. 201.

2. Le siège de Hesdin est raconté très au long dans le Mercure françois, p. 188.

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