Le eoMbat aaral imé par le ■■guis de Brrxr est aoBB
Trois considérations rendent cette victoire signalée^ La première est que , bien que cette flotte eût ëf ë di- ▼erses fois attaquée des An^^ois et des HoUandois , elle avoit toujours été victorieuse et jamais battue f à raison de quoi elle portoit le nom de Vierge. La seconde est lé prix des quatre vaisseaux perdus , estimés, avec leurs diarges , i près de deux millions d'or. La troisième, qu'interrompre et fidre différer le partement d'une telle flotte f c'est la mettre en grand hasard de se perdre en repartant à contre-temps.
Cette victoire eût été plus grande , si quelques-uns de ceux qui avoient commandement en cette armée, étonnés de la grandeur des vaisseaux qu'ils avoient à combattre, n'eussent plutôt agi selon la portée de ceux qu'ils cornmandoient, que selon la grandeur du courage qu'ils de<voient avoir en vous servant.
Je ne parle point de la révolte de Catalogne, parce qu'elle arriva sans que Votre Majesté y ait contribué aucune chose. Il est bien vrai que ces peuples recourants à votre protection , la guerre ouverte en laquelle vous étiez avec l'Espagne , vous obligea d'autant plus à leur promettre l'assistance qu'ils meadioient de vous, que c'étoit un moyen très-propre de réduire vos ennemis à une bonne paix : y ayant des affaires dont il est honorable de recevoir les avantages , bien qu'il ne le soit pas de les procurer , les plus judicieux esprits louent Votre Majesté d'avoir prêté l'oreille à des peuples irrités contre
ses ennemis V
détail dans le Mercure fran^is^ t. XXIII, p. 561 et suiT. Mais ce reoaeil contient de plus la Relation de l'expédition dirigée par l'archeréqoe de Bordeaux sur let mers dn LeYant.
i . La réTolte de la Catalogne ett longnement racontée dant le Met-' mtre fntmfoUf %. XXIII, p. 634.
CTcil* M wKÊm ssM i^^^imÀX mot cette auMie jUj»
k MMiig cr ^, 4ès k piwedcMe, rtoil al» pki saao d des |ikB ckirRoraBts.
pu etrf iviilàt
ks prares dr ses propres panais et de tons ses
pv les daacBTs de toot u pajs irrite
amaise €xmâaibt^ vou& fuies costnàit de
h pcrsosBe de lladane, pour li prixier de
tiroieBl de ce Bao^ats «pnt, ëtoieat sî
^*îl hhb ftÊ. haporrihie de ae ¥oqs té*
pas à kire, par la fi^ree, ce à qooi elle aepot ja*
pir laisoa. Quelques ocNradêratioas aMÎs a^ëtaat pis ea li pnksMKe des de saowr les El^ls da Duc, votre aevea, saas perdre oe BÎsérdble y priacipal aoteiir de toos les coaseUs ^ les aroîent aûs ca coaDprooûSy le saint poUic, attadKaux iatôâs putÎGalkrs de Totre sai^, ciaportèreat b halanrr et tous fit résoudre à ce que k Dêœssitê r^ qnëroâ autant de Totre sagesse coauae de votre coa«
n j a de œrtûoes occasions èsquelles on ne p^it ne mépriser pas les larmes des ficmmesy sans se rendre au» teur de leur perte; dks sont pour Tordinaùre si peu propres an gouremement des Etats, que n'y suivre pas leurs sentiments y c'est souvent bonté et justice tout ensemble. Vous aviez a déplaisir d^agir en cette occasion contre les sentiments de Madame, votre soeur ; mais ce
VOUS ëtoit un grand contentement d'agir avec Taveu de tout le monde et de faire une chose qui ne lui ëtoit pas seulement utile, mais du tout nécessaire , et vous devez à Dieu grande recognoissance de ce que non content qu'une telle action peut être justifiée par raison, il a voulu le faire par les bons événements dont elle a été suivie.
Traité arec le prince Thomas.— -Prise de Montcalve. — Vaisseaux espagnols capturés. — - Barcelone secourue. — Armée de Catalogne. — > Tarragone. -^ Galères espagnoles détruites.— Prise d'Aire.— Révolte du comte de Soissons. — Défection du duc de Lorraine. — Le duc de Bouillon.— Donchery.— Armée de CSiampagne et de Picardie.—- Lens et la Bassée. — ^Prise de Bapanme,-»de ÔÛTas,— de G>ni. —Attaque de Querasque,— de Rossena.— Reddition de Rerd.- Armée de Roussillon,— d'Allemagne.^— Le roi de Portugal secouru.— Mort du Cardinal-Infant.
1 641 • Vous commençâtes Tannée par un traité d'accommodement avec le prince Thomas^ qui ne témoigna pas plutôt être repentant de sa mauvaise conduite , que Votre Majesté fut disposée non*seulement à roublier, mais à le traiter comme s'il eût toujours été attaché aux intérêts de sa maison et aux vôtres. Il reçut votre argent et n'exécuta le traité qu'il avoit fait avec le sieur Mazarin en aucun point qu'en cet article. Si la grâce dont Votre Majesté usa en cette occasion ne produisit pas le fruit qu'on en devoit attendre , la légèreté de ce prince en fut la seule cause. Il eut assez de lumière pour cognoître ce qui étoil de son bien , mais non assez de fermeté pour le suivre y et son inconstance et son infidélité sont d'autant plus remarquables, qu'il prit les armes contre Votre Majesté, le même jour qu'il avoit promis de les prendre pour son service , et ce sans aucun prétexte de n'observer pas le traité qu'il avoit fait.
Nonobstant cet inconvénient, vos armes ne laissèrent pas, au milieu de l'hiver, de prendre Montcalve, quoique l'entreprise n'en eût été faite que sur l'assurance que ledit prince avoit donné de la favoriser.
Au mois de février, une partie des forces navales que Votre Majesté avoit dans la mer Méditerranée, prit cinq vaisseaux des ennemis , chargés de blé pour le Roussillon , deux galères d'Espagne et quelques barques destinées à même fin.
Vous permîtes au duc de Lorraine de venir à Paris , après qu'il vous en eut fait diverses instances. Vous lui pardonnez et lui rendez ses États^, sans en retenir autre chose que ce que vous estimâtes être du tout nécessaire pour l'empêcher de retourner, à l'avenir, à ses premières fautes. Vous secourez Barcelone contre deux armées du roi d'Espagne et (les) battez avec peu de gens.
Le sieur de la Mothe , qui commandoit vos armées en Catalogne', renferme douze mille hommes et deux mille chevaux dans Tarragone, avec huit mille combattants. Il les y fait périr '. Un premier secours qu'on leur envoie, avec quarante galères, est combattu par votre armée
1. On lit sur la marge du manuscrit : a Marquis de Las Vêlez, — le prince de Nocère. » Ces deux personnages ne figurent pas dans les Mémoires,
3. L*armée de Roussillon agissait de concert avec celle de Catalogne. Le prince de Condé commandait la première. Nous ayons déjà eu oc> casion de remarquer que Richelieu passait très-rapidement sur les hauts faits du prince de Condé. On ne trouve pas dxms ses Mémoires, comme dans la Gazette, la mention du progrès de l'armée du Roi commandée par M. le Prince (Gazette, p. 373), ni la prise de la ville d*£lne, par le même personnage (p. 397). Voy. encore sur ces deux faits d'armes un récit de la même Gazette, p. 011.
3. Le même journal contient (p. 417) le récit de quelques particula* rites de la défaite des Castillans devant Tarragone par l'armée du Roi , sous la charge du sieur de la Mothe-Uoudancourt.
858 APPEimiCE AUX MÉAIOIRES
navale , avec cet avantage que douze galères ennemies iiirent prises , ou brûlées , ou brisées à la cote ^
Si cette même armée , composée de dix-huit galères et de vingt vaisseaux de combat, et de plusieurs brûlotp , ne fut pas si heureuse au second secours de cette place^ que les ennemis entreprirent avec vingt-neuf galères et t)rente-cinq vidsseaux, la voix publique charge celui qui en avoit le commandement de ce mauvais succès, qui pourroit être attribué à l'inégalité du nombre des vaisseaux j si votre armée eût rendu le combat qu*on en devoit attendre, au lieu de chercher sa sûreté dans une trop prompte retraite , qui garantit bien vos vaisseaux , mids non la réputation de celui qui les commandoit.
Vous prîtes Aire , place d'autant mieux fortifiée^ qu^il n'y a qu'une tête à garder*. Vous l'emportâtes en cinquante-quatre jours, nonobstant tous les efforts du Gardinal-Infant , qui n'abandonna jamais la circonvallation d'une lieue. Ce siège fut d'autant plus signalé, que vous le continuâtes, nonobstant la rébellion du comte de Soissons, la révolte des ducs de Guise et de Bouillon, et la perte d'une bataille', que ces rebelles, joints aux
i. Voy. poor plus de détaib dans la Gazette, p. 417, le c Récit de rarantage remporté sur les galères d'Espagne par Tarmée du Roi commandée par TarcheTéque de Bordeaux, b
2. Le récit de la reddition de la ville d'Aire en Tobéissance du Roi eit imprimée dans la Gazette (p. 473), avec la capitulation donnée aux gens de guerre, et quelijues particularités du siège. Voy. aussi p. 525, le journal de ce siège.
3. Une relation du temps raconte, ainsi qu'il suit, cette bataille (Ga* zette, p. 415) : c U est impossible -de donner agréablement une mauyaise nouTelle ; mais puisque nous faisons état de rapporter bistorîquement ce qui arrive , en disant le bien , il n*est pas permis de se taire du mal. Samedi dernier, 6 juillet, les troupes assemblées à Sedan et celles que commandoit Lamboi , pour les rois de Hongrie et de Castille, entreprirent de passer la Meuse. Pour cet effet, dressèrent promptement deux
DE MATHIEU MOLtt. à59
armëes de TEmpereur, gagnèrent si absolument, plus par la mauvaise conduite des vôtres que par leur valeur, qu'encore que le nombre de leurs morts excédât celui des vôtres , toute votre infanterie fut presque dissipée ou prise.
La défection du duc de Lorraine , qui étoit obligé de grossir votre armée de ses troupes, ne fut pas une des moindres causes de cet accident , auquel cependant Dieu fit bien paroître que c'est lui qui conduit vos armes et votre fortune , puisque dans la perte de cette bataille il vous rendit vainqueur, par la mort du comte de Soissons', qui n'étoit pas seulement chef de cette révolte, mais qui Teût été apparemment de beaucoup d'autres, et qui étoit seul capable de se rendre auteur de tels désordres.
Votre Majesté, dont tous les intérêts de son État sont toujours présents à son esprit, n'eut pas plutôt cognoissance de cette disgrâce , qu'elle résolut de porter sa personne au lieu où elle étoit arrivée , pour y apporter remède. Elle n'y fut pas plutôt, que les armes de l'Empereur se retirèrent , sans qu'il leur restât autres gages de
ponts aux côtés de Sedan et firent tant de diligence, qu'ils furent passés en moins de trob heures. Aussitôt que le maréchal de Chfttillon , dont le quartier n*étoit qu*à une lieue de U, en eut ayis, il s'avança pour s'y opposer; mais une grande pluie l'ayant empêché de partir dès le matin de son quartier, il trouva les ennemis déjà tous passés. Il fit mettre promptement son armée en bataille. Le maréchal de Châtilion avait avec lui neuf mille hommes de pied et trois mille chevaux ; les ennemis n'en avaient que huit mille et deux mille cinq cents chevaux.... Cependant Dieu a permis que l'armée que commandoit le maréchal de ChàtiUon ait été mise en déroute. Le comte de Soissons, qui étoit général de l'armée ennemie, voulant remédier à la confusion où ils étoient et leur faire reprendre leur ordre, fut en cette mêlée tué d'un coup de pistolet dans la tête. B Voy. lesépitaphes de ce prince imprimées dans la Ga^^te, p. i9i. 1 . Le cardinal de Retz, dans ses Mdmoirts, raconte aussi cet événement inattendu, édition citée, p. 30 , et la conspiration du comte de Soissons, p. 26 et suiv.
S60 APPENDICE AUX MÉMOULES
l'avantage qu'ils aroienl eu en votre absence , que la ville dje Donchery , qu'ils ne gardèrent que trois jours devant votre année y bien qu'ik y eussent laissé qmnze cents honunes en garnison. Cette place ne fut pas plutôt re* prise y que le duc de Bouillon se mettant à la raison , Sedan , qui avoit été Tasile des mécontents , parut un lieu d'obéissance au grand contentement des habitants, qui, pendant la défection de leur seigneur ^ rendirent de perpétuels témoignages de leur zèle envers la France.
lie duc de Lorraine fut le seul qui ne revint pas à son devoir, quoiqu'il y fut étroitement obligé. La crainte que lui causoit son infidélité et les. pressantes sollicitations des ennemis, lui faisant oublier sa parole, sa foi , sa réputation et ses intérêts , le portèrent en Flandre , pour s'unir à vos ennemis, qui en reçurent plus de préjudice que d'avantage } les inégalités et le malheur de ce prince étant tels, que ne pouvant souffrir qu'on lui fasse du bien , il n'en peut procurer à personne.
L'occupation que Votre Majesté eut en Champagne, et les grandes instances que la Flandre fit au Cardinal- Lifant de se prévaloir de cette ocsasion, le firent résoudre d'empêcher le ravitaillement d'Aire et s'opposer à la retraite de l'armée qui avoit fait cette conquête, espérant par ces deux efTets, ou par l'un des deux, ravoir bientôt la ville qu'il avoit perdue; mais votre absence et tous leurs efforts ne purent empêcher que le maréchal de la Meilleraie ne laissât pour quati*e mois de vivres dans la place et se retirât glorieusement, après leur avoir présenté la bataille, qu'ils évitèrent, avec raison, parce que s'ils l'eussent perdue, la perte de leur pays , auquel vos armes étoient déjà victorieuses , étoit inévitable.
La nouvelle de leur dessein ne vous empêcha pas d^envoyer six mille hommes en Lorraine , pour reprendre par force ce que vous aviez rendu volontairement au Duc j et cette entreprise succéda si heureusement , qu^en six semaines vous reconquîtes tout ce que vous aviez restitue , à la réserve de la Motte , trop détachée du corps de la Lorraine pour importer au cours présent de vos affaires.
Celles de Champagne ne furent pas plutôt terminées j que Votre Majesté reprit la route de Picardie. Elle apprit en chemin que le maréchal de la Meilleraie n'ayant pu ruiner la plus grande part de la circonvallation d'Aire, parce qu'il n'eût pu employer le temps nécessaire à un si grand travail, sans consommer les vivres qu'il devoit laisser dans la place, les ennemis l'avoient assiégée de nouveau. Elle eût tâché de les forcer dans leurs retranchements, si la facilité qu'il y a d'ajouter à ce qui est déjà fait , et le soin qu'ils prirent d'augmenter diligemment les travaux qu'ils trouvèrent, n'eussent fait juger cette entreprise téméraire par ceux qui la poùvoient exécuter. Leur avis étant de penser à de puissantes diversions. Votre Majesté le résolut et ne leur en eut pas plutôt donné le commandement , qu'étant fortifié d'une partie des troupes que vous aviez ramenées de Champagne, ils prirent Lens, la Bassée et ruinèrent le meilleur de leur pays. Ils se fussent ensuite rendus maîtres de Lille, ville populeuse et opulente, si le temps qui leur fut nécessaire pour mettre ces deux places en état de n'être pas emportées d'emblée , n'en eût donné assez au Cardinal-Infant d'y jeter des troupes si considérables, que la raison leur fit juger qu'il leur seroit plus avantageux de porter vos armes en autres lieux.
Pour cet efTet, retournant sur leurs pas , ils attaquèrent Bapaurae , place plus importante pour ôtec Tentrée de la France que pour en donner aux Pays-Bas , place qui tenoit en jalousie presque toute la frontière, place, enfin, qui, jusques alors, avoit ëtë tenue comme imprena-. ble à cause du manquement d*eau. Elle fut si vivement pressée, que bien que la forUfication en fût parfaite, qu^elle eût sept bastions , une bonne contr 'escarpe , six demi-lunes et une palissade dans son fossé , elle fut emportée en huit jours , quoique les assiégés ne voulussent jamais se rendre qu'après qu'une mine eut fait sauter un de leurs bastions.
Vos armes ne fîii'ent pas seulement heureuses en Flandre , puisque celles que commandoit le comte d'Harcourt en Italie prirent le fort de Chivas, opiniâtrement défendu par les Espagnols et par les Allemands, réduisirent toutes les Lanques, le mont Cenis et les vallées voisines à l'obéissance de M"'* la duchesse de Savoie et du Duc son fils, prirent Coni, place très -importante pour sa situation et sa force , et la prirent avec d'autant plus de gloire que la résistance en fut très-grande. Les divers efforts que fît le prince Thomas, par différentes diversions, pour empêcher le bon succès de ce siège, le rendent d'autant plus signalé , qu'ils furent vains.
La perte de seize cents hommes tués à l'attaque qu'il fît à Querasque, entre lesquels il se trouva grand nombre d'officiers, n'augmente pas peu le fruit de cette entreprise. La tentative qu'il fit ensuite pouf surprendre Chivas, dont il fut repoussé avec perte, est un nouveau relief.
Celle que les Espagnols fîrent à Rossignan, où ils furent aussi bien reçus que le prince Thomas à ces deux places , n'en relève pas peu l'éclat. S'ils prennent
DR MATOIEU MOLE. 263
Moncalve, le rasement qu'ils font ensuite de cette place fait bien voir que leur conquête n'est pas grande.
La reddition des places de Démon et de Revel, qui assurent toutes les vallëes contiguës à la France , reddition qu'on peut dire, avec vérité, être une suite de la prise de Coni qui les couvroit, couronne la gloire de vos armes en Italie, et fait voir le grand gain que Madame, votre sœur, a fait en perdant les mauvais conseils dont elle s'étoit servie par le passé.
Ceux qui commandoient vos armes dans le Roussillon, y prenant diverses petites places pour empêcher le ravitaillement de Perpignan , n'oublièrent rien de ce qu'ils purent pour mettre cette place en état de tomber entre vos mains.
Si l'Allemagne , qui depuis vingt ans est le plus célèbre théâtre de la guerre , ne fournit pas à l'avantage de vos armes et de celles de vos confédérés, cette année^ tant de matières aux historiens que les précédentes , elle n'a pas laissé de leur donner lieu de laisser à la postérité le gain de deux combats notables y d'autant plus considérables, qu'ils arrivèrent aux temps que vos ennemis faisoient état d'envoyer une partie de leurs forces en France, et que votre armée et celle des Suédois, qui les gagnèrent, étoient destituées de leurs généraux, du duc de Longueville par la maladie qui Tobligea de rechercher sa santé dans son air natal , et de Banier * qui seul avoit commandé les armes de la couronne de Suède depuis la bataille de Nortlinguen , par sa mort.
Ce qui devoit, en cette occasion, vous porter beaucoup de préjudice, ne vous fut pas peu avantageux, rien
1. Le général Banier mourut, dit la Gazette, p. 340, des fatigues causées par les grands travaux qu'il a?ait soufferts en sa dernière retraite du haut Palatinat.
n'ayant tant porté les ennemU à venir aux mains en ces occasions, que la créance qu'ils avoient de ne le pouToir fiiire avec désavantage , à cause de celui qu*avoient les années qu^ils avoient en tête pour être destituées de cheft.
Le roi de Portugal rétabli dans Théritage de ses pères, par le zèle. de ses sujets, ayant supplié Votre Majesté de le secourir d'une armée navale , quoique les principales de vos forces fussent occupées en la mer Méditerranée , vous ne laissâtes pas d'y en envoyer une autre, composée de trente voiles, laquelle eût fait un grand progrès, si ceux qui avoient donné parole au prince de suivre son exemple, lorsqu'il le verroit en état de lés maintenir par la mer, eussent été aussi religieux à exécuter leurs paroles , que lassés des rigueurs du gou-* vemement d'Espagne. Si le changement de leur esprit priva cette armée d'une partie de la 'gloire qu'elle pou^ voit acquérir, il n'empêcha pas que le roi de Portugal n'en reçût un grand avantage, en ce qu'elle arriva précisément au temps auquel il avoit besoin de forces pour autoriser le châtiment exemplaire que la conspiration faite contre lui , par des principaux de son royaume , Tobligeoit à faire de ces auteurs.
Bien que ce soit chose assez cognue que Tavantage de l'Espagne vient de ce que les conseils n'y changent pas comme les princes et les ministres qui en ont la direction, il n'y a personne, je m'assure, qui ne recognoisse que la mort du Cardinal-Infant, arrivée à la fin de cette année , ou par le déplaisir de voir le mauvais état des affaires du Roi, son frère, ou par les continuels travaux qu'il a soufferts pour tâcher à les rétablir en Flandre , n'ait été permise ou ordonnée de Dieu pour humilier et afToîblir l'Espagne, en la privant d'un prince, dont la
présence n'ëtoit pas peu utile à maintenir en son obéisr sance les peuples qu'il avoit en gouvernement ^
FONDATION D^UNE ▲CÀDiMIE POUR LES GETHlLSHOinnS PAUTBEâ,