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leils semblables à ceux qa'il avoit écoutes par le passe, nous fûmes bien aise d'avoir lieu de lui donner , cooune nous fîmes en diverses occasions, tous les effets qu^il pouvoit attendre de notre bonté. La croyance cpie nous livions de la bonne disposition de son esprit nous avoit ftit désirer qu'il fît avec nous, en cette dernière campagne, le voyage de Roussillon ; mais quelque parole qu'il nous en eût donnée, il différa de l'exécuter, en proposant des excuses qui nous fiiisoient bien juger qu'il avoit quelque mauvais dessein , et lorsque nous étions en peine de le découvrir. Dieu nous fît la grâce de nous donner cpgttoissance do cette détestable conjuration, qui aVoit formé un parti puissant dans notre État et fait un traité avec l'Espagne. Il est vrai que nous fûmes grandement surpris de voir que notre dit frère le duc d'Orléans, de qui nous devions espérer toute sorte d'assistance pour soul;enir la prospérité de nos armées ^ eût entrepris de forti* fier nos ennemis, de se mettre à la tête de leurs forces pour entrer dans notre État , pendant que nous étions occupé en un grand siëge , au siège de cette place si importante et qui a été conduit si heureusement, que Perpignan a été réduit en notre obéissance. Nous fumes lors touché de voir que nos bienfaits sans nombre , ni l'amour de la pairie, ni la gloire d'une couronne aux intérêts de laquelle il a tant de part, par sa naissance, ne l'avoient pu retenir en son devoir, et quil aimoit mieux', en violant tous ces saints respects, suivre une injuste passion, et relever la grandeur de nos ennemis sur les ruines de la nôtre. Néanmoins, le ressentiment que nous devions avoir de tant d'offenses ne nous a pas empêché, aussitôt que notre dit frère eut recognu et confessé sa faute et promis d'éloigner, k l'avenir, «eûtes
sortes de mauvais esprits d'auprès de lui, et nomméroent tous ceux que nous dësignerions, de faire ce qui nous a ëté possible pour le retirer du danger auquel il s'étoit précipité; nous nous sommes contenté de faire punir deux des principaux auteurs du crime^ et avons consenti, encore cette fois, d'oublier sa mauvaise conduite. Mais comme la nature npus a donné ces bons mouvements et que nous les avons pris pour raisons de lui faire un si avantageux traitement , aussi nous avons estimé que cette grâce si favorable devoit être réglée par la considération du bien de notre couronne et de l'intérêt de nos enfants.
Ces motifs^ nous ont fait juger qu^il étoit à propos de' retrancher à notre dit frère, les moyens qui le pourroient porter, à l'avenir, à troubler le repos de notre État, en supprimant ses compagnies de gens d'armes et de chevau-légers et le privant, présentement, du gouvernement d'Auvergne, dont nous l'avions gratifié, et, pour l'avenir, de toute sorte d'administration en cet État, et nommément de la régence pendant la minorité de nos enfants, en cas que Dieu nous appelle à lui, avant qu'ils soient en âge de majorité; ce que nous avons d'autant plus de raison de faire , qu'il est impossible de ne craindre pas une continuation de mauvaises intentions, en une personne qui , au milieu de nos prospérités et au plus fort de notre puissance , dans un temps où tous nos sujets conspirent avec un même esprit à seconder nos justes desseins , a sollicité le roi d'Espagne de lui fournir des forces et de l'argent pour nous faire la guerre , avec cette considération que Ton n'entendroit point à un traité de paix qu'en remettant, entre les mains de nos ennem?s, toutes les places que nous avons conquises sur
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eux ou achetées des princes nos idliés* Et, en effet, si le dangereux état auquel une grande maladie nous avoit rédiûty pendant cette campagne, ne Ta point touché, et, cpi*au contraire^ nous ayons eu cognoissance , par la déposition des complices de sa conspiration , qu'il s'assurait du côté d'Espagne, avec ce dessein , que s'il venoit fiiute de nous, il se trouvât, outre le parti qu'il pourroit avoir en notre État, appuyé d[un traité qu'il auroit fait avec les étrangers, il faudrait que nous fussions insensibles au bien de notre rayaume, qui nous est plus dier que notre propre vie, pour n'appréhender et ne prévoir pas que si notre dit frère avoit un jour la puissance de la régence dans la foiblesse et le bas âge d'un rai^ il se pourroit porter à exciter des traubles et des divisions , qui causeroient plus de ruine à notre État que nous ne lui avons acquis de grandeur par tous nos travaux. A ces causes , sçavoir faisons, que, de notre propre mouvement, grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons oublié, remis et pardonné à notre dit frère le duc d'Orléans , la faute par lui commise d'avoir formé un parti dans noire État et fait un traité avec le roi d'Espagne, et lui permettons de jouir de ses pensions et de ses apanages , auxquels il pourra demeurer librement sans pouvoir venir à notre cour , si premièrement il n'en a obtenu de nous la permission en bonne et due forme , et néanmoins nous avons déclaré et déclarons de notre même puissance et autorité royale, que nous avons supprimé et supprimons ses compagnies de gens d'armes et de chevau-légers , l'avons privé et le privons de son gouvernement d'Auvergne, et ordonné et ordonnons qu'il ne pourra jamais, à l'avenir, avoir aucune admin»' tralion en ce royaume , ni en être régent pendant la mî-
noritë de nos enfants, et l'en avons dès à présent dëclarë et déclarons incapable, pour les considérations et raisons que dessus. Si donnons en mandement, etc.
Donné à Saint-Germain le l*' de décembre Tan de grâce 1 642 , et de notre règne le 33*.
xm.
Dlh>ICACE A MOLI^ DE CHAMPULTBEUX , PÀE LE P^RE L^ON , D^UNE ^rnON DE SON 0UVBA6E DES COUEONNES DES SaINTS.
(Voy. Mémoires^ t. III, p. 49.)
L'offre que je vous fais de cette Couronne des Saints^ est un effet de la justice que vous rendez, avec tant d'intégrité et de réputation , dans le plus auguste Parlement qui soit en France. C'est la restitution d'un bien qui n'est plus à moi depuis longtemps. C'est une partie de la succession qui vous est due, comme au très-digne héritier du grand MoIé , ce vigilant procureur général , ce premier président incorruptible, ce garde des sceaux béni de Dieu et des hommes, en un mot, cet incomparable.
L'établissement de notre Observance des Carmes de Rennes dans Paris est, entre plusieurs autres, l'ouvrage du zèle et des stfins, de l'affection et des bienfaits de ce grand homme. Comme ce rencontre me fut une particulière obligation, afin de n'être pas tout à fait ingrat, j'empruntai, il y a plus de vingt ans, le cœur et la langue des saints dont je redresse ici les panégyriques. J'en formai lors une couronne, laquelle, n'osant mettre sur la têle de ces hommes consommés en gloire, je me contentai, suivant l'ancienne cérémonie, de la poser aux pieds des saints, et la mettre entre les mains de Monsei-
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gneur votre père, parce que notre siècle n'avoit rien qui fj^râmitât pkia parfaitement l!image de leurs vertus. Ce nom si précieux rehaussant le mérite de ma matière /qui vaut beaucoup en elle-même , acquit tant de faveur publique à mon travidly que les diverses impressions qui ont été faites , ont été autant d'hommages réitérés du respect sincère et de la religieuse vénération que j^avois pour cette personne si achevée i que j'ai eu raison de rappeler le niiracle de notre âge.
Maintenant, Monseigneur, que la presse m'a encore obligé de remanier cet ouvrage , mais , certes , avec bien plus de loisir et d'étude que je n'avois jamais fait, je continue aussi les justes sentiments que j'ai eus pour le père dans un fils qui n'est pas plus l'héritier de son nom , de sa fortune et de sa réputation , que de son esprit , de son courage et de sa vertu. Encore que le titre de ce livre semble en conserver toute la matière , néanmoins presque toutes les pièces qui le composent étant d'un autre tissu , l'on peut toujours le faire passer pour le même ouvrage , qui a tout à la fois ses beautés toutes nouvelles. J'y ai fait, à peu près, ce que vous avez fait dans votre belle maison deChamplâtreux. Ce n'est qu'une ancienne nouveauté, ou une antiquité renouvelée. Mais après tout, sous quelque titre que'paroissent, pour la première fois, ces semions panégyriques , toujours ils vous appartiennent en toutes sortes de manières. "Et ce gage de nos respects et de recognoissance envers un père dont la mémoire est en bénédiction, nous fait espérer, Monseigneur, que vous ne serez pas moins héritier de Taffection particulière qu'il a eue pour notre Observance.
C'est lui qui en a été le père , qui l'a établie dans la maison miraculeuse du Saint-Sacrement; qui, avec Ma-
dame votre mère , son époase très-vertueuse , Ta avancée par ses libéralités , secourue puissamment en tous ses besoins et publiquement honorée de sa protection. Ainsi ce ne sont pas seulement nos petites productions, mais c'est nous-même qui nous faisons gloire de vous appartenir à titre de succession paternelle et maternelle. Et c'est en cette qualité que, priant Dieu qu'il vous comble de ses plus chères bénédictions , je réitère ici la profession publique d'être toute ma vie , avec votre permission j Monseigneur, votre, etc.
Fr. Ijéon j Religieux carme de l'observance de Rennes.