‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France, publiés pour la Société de l'histoire de France, sous les auspices de m. le comte Molé, l'un de ses membres (volume 3)Chapitre 9 sur 52 · Voy. le tome I" des Mémoires de Uolé, p · texte numérisé non relu

Voy. le tome I" des Mémoires de Uolé, p

la France j en a donné des preuves suffisantes. L'on ne dira rien de la retraite que ledit Duc a donnée en ses États à Monsieur à diverses fois ; mais Ton ne peut fermer les yeux à Tentreprise que ledit Duc fît, en Tannée

1 630, pendant que Sa Majesté étoit au fort de ses affaires en Italie^ de se saisir des places de Vie et de Moyenvic, dans Tévêché de Metz, et de faire fortifier et garder la dernière ; les artifices et finesses dont ledit Duc usa en ce temps-là pour ôter la cognoissance de son dessein, se servant en tout du nom de l'Empereuri ayant plutôt augmenté contre lui Tindignation que méritoit une si téméraire entreprise, que mis en doute s'il en étoit Tauteur.

C'est la cause, qui auroit engagé le Roi , se servant très-à*propos du voyage que ledit Duc étoit allé faire en Allemagne, sur Tapproche du roi de Suède, de donner ordre au maréchal de la Force , sur la fin de Tannée

1631, de reprendre ladite ville de Vie et d'assiéger Moyen vie ^, Sa Majesté étant résolue, en même temips, de se porter en personne sur les lieux , pour favoriser par sa présence et rendre plus prompte cette expédition, en laquelle elle fut si bien et heureusement servie, qu'encore que ladite place de Moyenvic soit en assiette forte, étant presque toute environnée de marais, entourée de bastions et plus encore fortifiée des injures et rigueurs de l'hiver, toutefois elle capitula le 27* dudit mois de décembre, qui fut le jour même de l'entrée de Sa Majesté dans Metz.

Ce succès si prompt et si heureux, et l'arrivée de Sa

1 . Voy.y dans le tome II des Mémoint de Mole\ le récit de la prise de ces deux places fortes par rsrmée sous les ordres de Louis XIII , p. 138, itdp et à VjippêndUe la campa§;ne du Roi en Lorraine.

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Majesté sur la frontière ayant étonné le duc de Lorraine et fait recognoître le danger où ses fautes passées Tavoient mis, il eut recours à la bonté et à la grâce du Roi y qui eut agréable de le bien recevoir et le traiter comme un prince son voisin qui a eu l'honneur d'être nourri près de sa personne , Sa Majesté lui ayant accordé le traité fait à Vie le 6 janvier 1 632, par lequel, entre autres conditions, ledit Duc étoit obligé de mettre es mains de Sa Majesté la place de Marsal pour lui être rendue dans trois ans, durant lesquels ledit Duc devoit jouir du domaine et de tous les revenus , et se départir de toute ligue, association et pratique avec quelque prince que ce puisse être au préjudice des États de Sa Majesté, pays et terres de son obéissance, et ne permettre aucune levée de gens de guerre en ses États contre le service de Sa Majesté.

De ces trois conditions , la première fut accomplie en la remise effective de la place de Marsal es mains de Sa Majesté avant son départ du pays ; quant aux deux autres, de se départir de toute pratique et de ne permettre aucune levée dans les États dudit Duc, elles furent par lui fort mal observées. Car par lettre interceptée du comte de Yaudemont, père dudit Duc , l'on vérifia les pratiques et intelligences, plus étroites que devant, dudit Duc avec l'Empereur, les Espagnols et Monsieur, sollicitant les premiers d'assister Monsieur pour entreprendre sur ce royaume, et Monsieur de n'en perdre pas Tocca* sion ; et même passant plus outre, il auroit reçu Monsieur en ses États et permis de tailler en pièce'b une compagnie de carabins que le maréchal d'Effiat y faisoit passer pour aller en Allemagne.

Cette conduite obligea Sa Majesté de faire un second

voyage sur la frontière de Lorraine, au mois de juin de ladite année 1 632, et d'entrer en armes dans les villes et pays dudit Duc ; auquel Sa Majesté ayant pris quelques places du duché de Bar, ledit Duc ne voyant autre salut qu'en Sa Majesté, eut recours pour la seconde fois à sa grâce et à sa clémence, de sorte qu'après avoir reçu ses soumissions , elle trouva bon de lui rendre lesdites places prises, et fît retirer son armée de ses pays, à condition que le Duc remettroit en ses mains, comme en dépôt, les villes, châteaux et citadelles de Stenay et Jamets, pour lut être rendues dans quatre ans à compter du jour du traité qui en fut fait à Liverdun, le 26 du mois de juin ; et de plus, qu'il remettroit la ville , le château et le comté de Clermont à Sa Majesté , pour demeurer à elle et aux siens en pleine propriété et son» veraineté , moyennant le prix qui seroit payé par Sa Majesté audit Duc, à raison du denier cinquante du revenu de ladite terre, jusques auquel payement ledit Duc jouiroit dudit revenu ; et en cas que , lesdits quatre ans passés , Sa Majesté n'eût pas payé le prix dudit comté , ladite ville et château de Clermont seroient rendus au Duc au même état que Sa Majesté les auroit reçus, ainsi qu'il est dit plus particulièrement par ledit édit du mois de juin 1 632, qui contient encore que pour les différents mus et à mouvoir entre Sa Majesté et ledit Duc, pour raison des évêchés de Metz , Toul et Verdun et autres lieux, seront nommés commissaires de part et d'autre pour les régler et terminer à l'amiable.

Il a été promis au duc de Lorraine , tant par les or* dres donnés par le Roi au feu maréchal de Marillac^ que par lettre de Sa Majesté écrite au Duc, du 8 mars 4632, que en la conférence qui se doit tenir pour régler les

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différends , il n'y soit point traité des fiefs possédés par ledit Duc, mouvant nuement de FEmpire, non plus que des choses possédées par le duc de Lorraine avant ie temps auquel la ville de Metz a été soumise à la protection du Roi.

C'est ce qui a été convenu avec ledit Duc, dont Texé* cution a été faite à Tégard de la remise desdites places. Quant à l'évaluation du revenu du comté de Clermont et au payement d'icelui à raison du denier cinquante, ensemble ce qui touche le règlement desdits différends, ce sont choses qui restent à faire et qui méritent considé« ration. Mais surtout il importe de bien observer la con* duite dudit Duc, et de voir s'il satisfera en tout et pour tout à ce qu'il est obligé par ledit traité de Vie et de Liverdun, au défaut de quoi Sa Majesté seroit déchargée de lui rendre lesdites places , qui apportent , de ce côtélà, le même avantage à cet État que l'acquisition de Pignerol fait du côté d'Italie, attachant de telle sorte le duc de Lorraine aux volontés et au service de Sa Majesté, qu'il n'oseroit s'en départir.

EXSMPL1SS COMMS LES PAINCES éTEANGEBS NE POUVOIENT CONTRACTER MARIAGE SAKS 1^ PERMISSION DU SOUVERAIN.

( Voy. Mémoires, t. II , p. 243 «.)

Alfonse , II du nom , neuvième roi d'Oviedo , dit le Chaste, an du salut 791 , fut fort irrité du mariage dan*

1 . Nous complétonB la publication da travail de Mole sar la non-validité da mariage dn duc d'Orléans avec Marguerite de Lorraine. Ce ne fut que le premier acte des longues procédures qui eurent lieu à partir de Tannée 1634. Au mois de janvier 1635, le Roi disait au Parlement : € Je ne vous parlerai point des affaires de mou frère ni de son mariage; voilà

destin de sa sœur D. Ximena avec dom Sandias; lequel il fit venir en sa ville de Léon et en présence de plusieurs seigneurs le condamna comme traître à finir ses jours en perpétuelle prison, dans le château de Lune, lui ayant fait crever les yeux y et fit mettre sa sœur en un monastère. (En l'inventaire général d'£spagne.)

Dom Pedro YIII, roi de Portugal, étant en puissance de son père Alphonse, et Infant sous le nom de dom Pedro, épousa D. Inès de Castro, ores qu'elle fiit aucunement sa pareute, et ce dandestinement, pour la crainte de son père, l'an 1 354 ; et fiirent témoins des promises matrimoniales , D. Guillaume , évêque de Guardia , et Etienne Lovar, maître de garde-robe, auxquels il imposa le silence requis en telles affaires. Ce mariage clandestin ayant été ignoré longtemps par le père et l'ayant depuis sçu, prit une cruelle résolution de faire tuer D. Inès de Castro , ce qu'il fit par trois de ses satellites , lorsque le fils étoit allé à la chasse, en l'an 1355. Ce qui fut cause que l'infant D. Pedro se rebella contre son père, et entra en ses terres , en armes , et eût fait davantage si on n'y eût apporté la réconciliation.

En Tannée 1464, le comte de Warwic, fils du comte de Salisbery, conspira contre Edouard IV, roi d'An*

une lettre de lui signée Gaston et Goulas. Je la garderai bien dans ma pochette, » mais il nous a été impossible de savoir de quelle lettre le Roi voulait alors parler. En 1640, cette grande question paraît prendre nne toomure tout à fait défavorable à la princesse de Lorraine. Un pamphlet, attribné à la princesse de Phalsbourg, sa sceur, fut alors publié ; mais il y eut défense du Roi de le b're, de le montrer on de Yéooa^ ter lire (!*' février). Le 20 février, Marguerite de Lorraine porta plainte au pape contre l'abandon de son royal époux, auquel elle adreaait en même temps une longue lettre de reproche sur son ingratitude. Mais après la mort de Richelieu et de Louis XIII, ee mariage fut enfin reconnu et validé.

gleterre, avec beaucoup d'autres seigneurs, qui le chassèrent de son royaume, et se retira vers le duc de Bourgogne, son beau-frère. La source de ce mal venoit de la jalousie qu'avoit ce Comte, contre le sieur de Rivières, la fille duquel étoit mariée avec le Roi, et avoit, en conséquence, grand crédit à la cour. Le Comte pour fortifier son parti attira à lui Georges, duc de Clarence, Tun des frères du Roi , et lui bailla sa fille en mariage ; par ce moyen, il l'entretint en la rébellion contre son frère, lui donnant même espérance de le faire parvenir à la couronne, au lieu du Roi son frère; mais enfin, ce prince recognut le mauvais conseil du comte de Warwic, et par Tentremise de sa mère , de ses sœurs et de quelques évêques , il se réconcilia avec le Roi son frère , peu de temps après la bataille où le Roi demeura victorieux, et oit Je Comte fut tué sur la place.

L'histoire rapporte que : ce dès lors que le Roi eut sçu le mariage de son frère, il fit venir ses frères devers lui , et leur demanda (ce sont les propres termes de Thistorien du temps) , qui les mouvoit d'éloigner la cour et même sa personne, et qui leur avoit donné ce conseil ? Ils répondirent que nul, fors eux. — Si , leur demanda derechef, si nul d'eux n'avoit fiancé, ni eu nulles convenances à ses cousines les filles du comte de Warwic, son cousin. Ils dirent que non. — • £t lors le Roi, qui étoit averti de toute la vérité, les commença fort à blâmer, en leur remontrant que ce n'étoit point leur état d'eux allier sans son conseil. Et alors le duc de Clarence répondit au Roi , qu'il lui sembloit que quand il auroit ce fait, si ne seroit-ce pas mal, puisqu'il se mettoit en bon lieu. De laquelle réponse le Roi sentant à quoi elle tendoit, se courix>uça moult fort, si jura qu'il les puniroit de cet

outrage. Pourquoi il les fit entrer dans une diambre, et cominanda à quatre chevaliers qu'ils prissent garde sur eux, de quoi ils furent moult ébahis, quant en ce point se trouvèrent. » Voilà les propres termes de l'histarien^

Ce mariage fait de la sorte fut fort malheureux. Le comte de Warwic fut tué, comme nous l'avons dit. Le Roi , depuis 9 eut toujours pour suspect le duc de Clarence, son frère, comme s'étant intéressé avec son capital ennemi, et le fit noyer. Les enfants issus de ce mariage clandestin, fait contre le gré et au préjudice du Roi, seigneur souverain de son frère, n'eurent pas meilleure fortune, car les rois Henri YII et Henri YIII, de la maison de Richemont , les firent tous mourir, ou les bannirent du royaume, et nul d'eux n'a succédé à la couronne.

Thomas Howart , duc de Nortfolk, un des grands seigneurs d'Angleterre, fut, en Tan 1573, condamné à mort pour crime de lèze-majesté, pour avoir, entre autres choses , pratiqué d'épouser clandestinement la reine d'Ecosse, au déçu de la reine d'Angleterre, contrevenant (porte le procès-verbal de son procès) à rordonnanœ de l'an 1427, du roi Henri YI, qui défend à tous Anglois d'épouser une princesse du sang royal , ou étrangère, sans en avertir le roi ou la reine d'Angleterre.

Arbele, la plus proche héritière du royaume d'Angle* terre, après le roi Jacques, fut mise en une étroite prison, sous le règne de la reine Elisabeth, pour s'être clandestinement mariée avec le fils du comte de Morthumberland de la maison de Percy. {Thuanus^ hisi., lib. 129, anno 1603.)

I . Jean, sieur de Forettel, cheralier du pay^ de Hainanlty aux Chroniques d'Angleterre.

Ferdioand» archiduc d'Autriche, cfpousa, sans le con* sentement de son père , Philippine Welser.

EXEMPLES DES PEINCE8 iTBANGE&S QUI OlfT GOITTEACTKI MAE I AGE SANS LA PEEMlSSIOir DE LEtTE EOI.

(Voj. 3fémoins, t. II, p. 250.)

Ensuite de ces exemples tirés de notre histoire de France/ il est à propos de remarquer que cet usage n^est point particulier k la France ; mais qu'en tous les royaumes, il s'observe avec plus de rigueur.

I^e pape Paul IV, un des bons papes qui aient été dans le siège , craignant quelque soulèvement dans son État, fit signifier, le 2 janvier 1556, un monitoire i Jeanne d'Aragon, femme d'Ascanio G>lonne, qu'elle n'eût à marier aucune de ses filles sans sa permission , et si elle le faisoit, ce qui est à noter, le mariage seroit nul, quoiqu'il fut consomme {Istor. del Concilio Tridentino^ p. 876, in-4*). Cette action du Pape doit être considérée comme d'un prince temporel et non pas comme du chef de l'Église.

Philippe II , roi d'Espagne , se mariant avec Marie, reine d'Angleterre , en l'année 1 554 , voulut qu'il fût mis dans le contrat : que la fille aînée qui naitroit de leur mariage succéderoit aux provinces des Pays-Bas, au cas qu'il n'y eût point de mâlo de ce mariage, à condi* tion, néanmoins, que cette fille se marieroit du consen« tement et par le conseil de son frère , fils aîné dudit Roi de son premier mariage , et le plus proche héritier du royaume d'Espagne; autrement, qu'elle seroit privée de la succession desdits Pays-Bas, et Qiarles, son frère.

y succëderoit et ses héritiers. {Ann. eccles. regn, Benrico FUI, Eduardû FI et Maria.)

Au contrat de transport^ fait le 6 mai 1 598 , des provinces des Pays-Bas, par le même roi d'Espagne à sa fille Tinfante Isabelle , en faveur du mariage d'elle avec Tarchiduc Albert, il est porté que les princes qui naîtront de leur mariage seront tenus de marier leurs enfants, soit fils ou filles, par l'avis et du consentement du roi d'Espagne et de ses successeurs rois*

L'exemple qui suit est d'autant plus remarquable, qu'il est de la maison de Lorraine et qu'il contient, outre cela, quelques points fort importants : Charles I", duc de Lorraine, épousa Marguerite de Bavière, dont il eut un fils et deux filles, sçavoir : Isabeau, qui épousa René d'Anjou, et la seconde, Catherine, fut marquise de Bade, à cause de son mari. Après la mort du duc Charles, Antoine , comte de Yaudémont , prétendoit, comme hëri* tier, que le duché de Lorraine lui appartenoit à l'exclusion d'Isabeau et de Catherine. Les vassaux des bailliages de Nancy, Vosges et Allemagne, assemblés, l'an 1425, résolurent que faute d'hoirs mâles, les filles succéderoient au duché de Lorraine, selon la coutume générale et ancienne du pays; qu'Isabeau, après la mort du duc son père, étoit la légitime duchesse de Lorraine, et, elle décédant sans hoirs , qu'ils recognoîtroient Catherine, si sœur, pour leur dame. Mais que si ladite Isabeau, son mari décédé, venoit à convoler en secondes noces sans la volonté de son père , sMl étoit vivant , ou , lui mort, sans le sçu et le consentement des Trois États dudit duché, ou de la plus grande partie d'iceux, en ce cas, ib déciaroient que ladite Catherine seroit leur légitime dame et duchesse et non ladite Isabeau , ni ses hoirs

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qu'elle auroit d'uD second mariage, fait sans le consentement de son père ou desdits Trois États. (Cet acte est au Tr^or des Chartes de Nancy, scellé de vingt-quatre sceaux.)

Par le contrat de mariage de Frédérie, électeur Palatin, avec Elisabeth, fille de Jacques, roi de la Grande- Bretagne, fait à Westminster, le 17 novembre 1612, il est porté : que les enfants qui viendront de ce mariage ne pourront être mariés sans le conseil et le consentement du Roi, leur aïeul , de ses héritiers et successeurs audit royaume de la Grande-Bretagne.

L'ordonnance des Etats du royaume de Suède, faite à Norcoping, Tan 1 604, est fort à ce propos. Voici ce qu'elle porte : a Nostri principes haereditarii, sub priva- (( tione jurisdictionis haereditariae, neque uUi matriroonio « sese permiscebunt, regni ordinibus insciis et non prius c< interrogatis : an regno hujusmodi connubium utile ? » Ferdinand , archiduc d'Autriche, épousa sans le consentement de son père Philippine Welser', des nobles familles de la ville d'Augsbourg, dont il eut deux enfiints, Charles, à qui Ton donna le marquisat de Burgaw pour son entretènement , et André, qui fut évéque de Constance et cardinal. Ces enfants furent, par décret public, déclarés incapables de parvenir à Tempire et de succé* der aux terres patrimoniales de la maison d'Autriche. (Thuanus Histor.j lib. CXII, an 1580.)

Ferdinand conçut un tel déplaisir de voir, lui vivant^ un tel décret contre ses enfants, qu'aussitôt après la mort de Philippine Welser, sa femme , il épousa en secondes noces la fille de Vincent, duc de Mantoue,

i , FiUe d*an sénateur d'Aagiboarg»

dont il n*eut que deux filles, qui n'empêchèrent pas «{oe rEmpereur et ses frères ne partageassent la successîoii de f erdinandy sans en faire aucune part i ses deux enfants du premier lit, Charles et André.

Henri YI, roi d'Angleterre, en Tannée 1427, fit une ordonnance par laquelle il fit défenses à tous ses sujets, de quelque qualité qu'ils fussent, de s'allier par mariage à une princesse du sang royal ou étrangère, sans aupa* rayant en donner ayisau Roi.

AKlir DU PAALBMSNT OB PARIS mSLATIP AUX GOMiDlSVS.

(Voy. Mémoires, t. II, p. 392.)

Du 24 avril 1 641 • Vu par la Cour les lettres patentes données à Saint*Germain en Laye, le 46 avril 1641, signées Louis, et sur le repli : par le Roi, de Loménie, et scellées sur double queue du grand sceau de cire janne, par lesquelles et pour les causes y contenues^ ledit mgneur fait très expresses inhibitions et défenses à tous comédiens ^ de représenter aucune action malhonnête, ni aucunes paroles lascives ou à double entente, qui puisse blesser Thonnêteté publique, à peine d'âtre déclarés infâmes , et procédé contre eux, par telle» voies que les juges aviseront^ selon la qualité de Faction ; et en cas que lesdits comédiens ne contreviennent, aîns règlent tellement les actions du théâtre qu'elles soient du tout exemptes d'impureté, veut et ordonne que leur exercice

i . Le nombre des comédiens s'était snrtoat multiplié en France depuis les mariages des rois avec lesMédicis. Pierre de Lestoile, dans son Jonnal du règne* de Henri III, nons rappelle les premiers arrêts qui (nrent rendus contre les comédiens italiens, en 1577, et les prlvil^es que leRci leur accorda. (Voy. notre édition de Lestoile, coUect. Michaud, p. 87 et 8S.) La troupe qui était venue en France éuit oeUe des Celasi,

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ne puisse être impute à blâme, ni préjudicier à leur réputation dans le commerce public, suivant et ainsi quMl est {Jus amplement porte par lesdites lettres; conclusions du Procureur Général du Roi, tout considéré, ladite Cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées au greffe d'icelle , pour être exécutées selon leur forme et teneur.

MZMOnZS DS AICHELIEU POUE LBS ANlliES 1639, 1640 ET 1641 ^

(Voy. la Notkê sur les manuscrits de MoU^ p. lexii, et le» Mémoires, t. II, p. 441, 446,451.)

Les «rmées françaises en Picardie et en Qiampagne.-^Si^ge de Thion- Tille. — Fenqnières est battu. — Sa mort. — Moozon atUqaé par Pic* colomini. — Il est battu. — Prises de Hesdin , — d*Iyoy. — Victoires remportées par la Meilleraye. — -Mairraise conduite de la duchesse de Savoie, sœur du Roi. — Prises de Turin,— de Nice. — La Duchesse se rend à Grenoble. — Le jésuite Monot. — Extravagances de la duchesse.—Le comte d'Harcourt entre en Italie à la tête d'une armée. — Mort du doc de Weîmar et du cardinal de la Valette. —Il^ ▼olte du duc de la Valette. — Les Espagnols prennent Salces.— 0)mbat de Quiers et succès du comte d^Harcourt. — Victoire navale des Hollandais sur les Espagnols.

1639. Bien que Tannée 1 639 ait été mêlée de roses et d^épines, la postérité jugera, je m'assure, que les unes et les autres ont également contribué à votre gloire.

Vous aviez destiné trois armées pour être employées es frontières de vos ennemis, proche de la Picardie et de la Champagne, en dessein que deux agiroient Tune après

I. Noos ayons soigneusement collationné notre édition de ce texte sur le manuscrit original (coll. Colbert , t. II, p. 970 et sut.). 11 offrira donc quelques Tariantes avec celui qui a été donné par le P. GrifTet et par MM. Michaud et Poujoulat , il la suite des Mémoires de Rieheiieu , comme étant un fragment du Testament politique du Cardinal.

l'autre , et que la troisième soutiendrbit toujours celle des deux qui seroit en action.

Feuquièresy qui en commandoit une% avoit ordre d'attaquer Thionville, mais il Ta^oit aussi déconsidérer, premièrement, quelle seroit la marche de Piccolomini. Son instruction portoit qu'il s'opposât à son passage en Flandre, s'il s'approchoit de lui, et au cas qu'il s*en éloignât, qu'il attaquât la place, après qu'il seroit

L'ardeur de ce gentilhomme plein de courage et d'ambition lui fit précipiter l'attaque de cette place, à dessein d'attirer à lui Piccolomini , et d'aller au-devant pour le combattre, avec d'autant plus d'avantage qu'il croyoit le pouvoir surprendre. Mais son malheur Tempécha d'exécuter ce qu'il avoit fort bien projeté.

Au lieu de prévenir son ennemi , il en fut tellement surpris , que ne pouvant avoir lieu de s'en défendre avec toutes ses forces, il fut contraint de combattre en divers quartiers avec grand désavantage', ce qu'il fît cependant avec tant de fermeté, que sans une lâcheté du tout inoiûe de sa cavalerie, il eût apparemment évité son malheur*.

i . L'année commandée par Feaqaières n'était pat trèt-nombrense. Le Mtrcurê fran^it (t. XXIII, p. 233) donne le nom dea régiments dont elle se composait.

S. Les joumanz du temps (la Gtizette et le Mercure) ne laissent pas supposer que le Roi eût permis il Fentjaières de £ûre d'autres projeu que de s'emparer de ThionTille.

3. Voj. dans le Mercure franfo'u ^ p. 236, les motifs qui oblî^èreot Fenquières à livrer bataiOe.

À. Feuquières, en chargeant l'ennemi à la tête de ses gens d^armes, fut blessé de deux coups de mousquet. Pendant qu*on pansait ses blessures , les ennemis arriyèrent, le prirent aTec l'enseigne de ses gardes et son chirurgien, et l'emportèrent à Thionyille, où il mourut de ses blessures peo de jours après.

Ainsi , dès l'entrée de la campagne, vous perdîtes une bataille, mais outre que cette victoire fut plutôt donnée aux ennemis qu'acquise par leur valeur et leur mérite, la fermeté avec laquelle vous empêchâtes que les suites d'un si funeste accident ne fussent ruineuses à votre État, vous est plus avantageuse que la perte du combat ne vous fut préjudiciable*

Piccolomini, enflé de sa victoire, attaqua Mouzon * , ville frontière, si négligée jusques alors, qu'à peine la mettoiton au nombre des places qui pouvoient faire une médiocre défense; cependant non-seulement ne put-il la prendre, mais il y perdit la fleur de son armée. Pour l'estimer trop foible , il la trouva trop forte pour lui ; et voulant emporter d'emblée et par assaut ce qu'il devoit attaquer par tranchées, deux mille hommes de* meurèrent sur la place, et ce nombre de ses meilleurs soldats, impinidemment exposés à la boucherie , décou* ragèrent les autres, en sorte que cette considération et la crainte de recevoir un pareil échec à celui que le pauvre Feuquières avoit reçu , le contraignirent de lever son siège à la vue du maréchal de Châtillon, qui venoit à lui avec la troisième de vos armées destinées à secourir les autres.

Vous prîtes Hesdin , surnommé le fort \ parce qu'il l'est en effet, place d'autant plus importante à Votre Majesté qu'elle en couvre beaucoup de votre frontière, et garantit la moitié de la Picardie de courses et de

I. Piccoloniîiii attaqua cette TÎlle le 17 juin et s'empara immédiatement des dehors, malgré les efforts de M. de Refuge, qui lui en aTait ▼xTement disputé la possession. Voj. dans la Gazette, p. 34$, le récit de la levée du ûége mis devant Mouzon, par Piccolomini.

S. La prise de Hesdin par l'armée du Roi avec les articles de la reddition de cette place, furent imprimés dans la Gazette Renaudot,p. 369.

ravages. Vous la prîtes à la vue du Cardinal-Infant et de Piccolomini, qui y après avoir expérimenté la bonne et la mauvaise fortune , la bonne au gain d'une bataille et la mauvaise au siège qu'il entreprit ensuite de cet avantage, arriva à temps pour voir si elle lui seroit fiivorable ou contraire en cette nouvelle occasion.

De la Picardie, vous passâtes en la Champagne, oii trouvant une armée fraîcbe qui attendoit Teffet de Celle qui avoit attaqué Hesdin, vous prîtes Ivoy, place plus incommode à la Champagne pour sa situation que pour sa force. Cette ville ne fut pas plutôt en vos mabs qu'elle fut rasée par votre ordre ^, afin d'apprendre aux Espagnols à satisfaire à leurs traités , celui de Cateaa- Cambrésis les obligeant à la démolition de cette place.

Hesdin étant pris* et la ville d'Ivoy rasée, vous vous avançâtes à Grenoble pour arrêter le cours précipité de la mauvaise fortune de Madame, votre sœur', en modérant celui de son imprudence.

Pendant que vous fîtes ce voyage , le maréchal de la Meilleraye battit deux fois les ennemis , avec tel avantage, qu'en l'une il enleva le quartier de leurs Croates, où plus de quatre cents des leurs demeurèrent sur la place, et en l'autre ^ bien qu'il n'eût pas la moitié de ses troupes, si l'un de ses principaux régiments eût fait son devoir, outre qu'il demeura maître du champ, qu'il tua plus de mille hommes sur la place et eut trois canons des ennemis , il eût défait toute leur armée.

1. Voy. dam le Mercure /rançois, p. 260, les articles de la reddition d^Iyoy, et le récit da rasement de cette Tiile, p. 201.

2. Le siège de Hesdin est raconté très au long dans le Mercure framfoiSf p. IBS.

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