‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 4)Chapitre 34 sur 81 · Autre rédactioQ du même paragraphe · texte numérisé non relu

Autre rédactioQ du même paragraphe

€ Divers autres moyens furent aussi proposés pour le besoin de cet État, si glorieux sous la régence d'une si vertueuse Reine et des coDseiU de %es ministres si bien intentionnés, lesquels ayant été jugés être moin* à la charge du peuple et que Ton en pouvoit tirer grand secours, il fut résolu de les envoyer au Parlement pour les vérifier. »

n<0 APPENDICE AUX MÉMOIRES

par iceiix , ceux du Conseil d'en liaut qui étoient avertis, jugèrent que cette attente du Parlement ne produiroit aucun bien pour les affaires de l'État, qui demandent un secours prompt pour la subsistance de Tarmëe, oUîgèrent la Reine, ce jour même, par la délibération et résolution qui fut prise au Conseil d'en haut, où étoient la Reine, le duc d'Orléans, le prince de Condé, le cardinal Mazarin , le chancelier Séguier , le président de Railleul, ministre d'État, le sieur de Chayigiijr, aussi ministre, et le sieur d^Émery, surintendant des finances de France , les sieurs comte de Brienne , de la Yrillîère, du Plessis-Guénégaud et Le Tellier, secrétaire d'État, de mener le Roi, le lendemain, au Parlement, et aussitôt furent donnés les ordres nécessaires aux sieurs de Rhodes et Saintot , grand maître et maître des cérémonies, pour avertir Messieurs du Parlement que toutes choses fussent préparées pour leur réception. Et oomme l'ordre est qu'en pareilles occasions ils soient diargés d'une lettre de cachet, le sieur du Plesns^Guénégaud, secrétaire d'État , l'expédia sur-le-champ.

Les députés du Parlement vinrent au Palait-Cardiiial le 1 8 mars , sur les onze heures et demie , et furent reçus par le sieur Saintot, maître des cérémonies, qui les conduisit à la chambre de descente des ambassadeurs , oii ils reposèrent durant que le sieur Saintot eo alla donner avis à Leurs Majestés et au sieur du Plesais , secrétaire d'État, pour qu'il les vînt aussi quérir eo bas» ainsi qu'il est accoutumé.

Je ne puis assez exagérer la foule de courtisans dont tout ce palais fourmilloit , de telle sorte que Ton fut obligé de faire sortir du cabinet de la Reine plus de deux ou trois cents personnes de condition, pour que

Leurs Majestés, princes, ducs, pairs et maréchaux de France y pussent entrer, dans lequel cabinet Leurs Majestés Ie»reçurent, accompagnées d'une infinité de grands et de dames de a cour, dont toutes les salles, anticham* bres et chambres étoient remplies.

Le sieur Mole, Premier Président, porta la parole, en exprimant par un discours aussi éloquent que respectueux jet prudent, comme ils venoient témoigner à Leurs Majestés leur obéissance, et confirmer comme toutes les choses qu'ils faisoient n'étoient que sous l'autorité et le bon plaisir de Leurs Majestés , et qu'ils avoient apporté l'arrêté de la compagnie. La Reine témoigna la satisfaction qu'elle recevoit des services desdits présidents au mortier, et que le Parlement feroit bien de se porter dans l'obéissance qu'il devoit aux volontés du Roi, qui ne tendoient qu'au bien de l'État : et après ils se retirèrent dans l'ordre qu'ils étoient venus.

Et ensuite, fut tenu conseil d'en haut, où il fut donné arrêt contre les Maîtres des Requêtes , par lequel, sur la plainte de quantité de parties qui avoient leurs affaires au conseil et dont les Maîtres des Requêtes j

étoient chargés, n'en pouvoient avoir issue , attendu que lesdits Maîtres des Requêtes ne vouloient remettre leurs productions au greffe du Conseil ; par ledit arrêt d'en haut, il fut enjoint auxdits Maîtres des Requêtes de remettre dans les vingt-quatre heures après la signification à eux faite, toutes les pièces, procédures, productions et procès dont ils avoient été chargés, au greffe du Conseil, pour être lesdits procès distribués aux conseillers d'Etat , et par iceux rapportés au Conseil .

ïje 28 avril , M. le duc d'Orléans alla à la chambre des Comptes, et M. le priuce de Conti à la cour de

Aides,. pour y faire enregistrer les ëditsque le Pariement avoit refusés. Le premier président Nioolaî fit un dis* cours bien fort et bien vif, de même qae le.preniier président de la cour des Aides (Amelot), Les édits cependant furent enregistrés ^

Mais deux jours après, c'est-à-dire le jeudi 30» la chambre des Comptes s'assembla pour examiner de nouveau ces édits , comme le Parlement avoit fi^t. La Chambre étoit occupée à cette révision, lorsque dea députés de la cour des Aides vinrent lui proposer de 8*unir et lui dire qu'ils avoient déjà .parole du grand Conseil ; le véritable motif de ce dessein étoit le retranchement de quatre années de gages. La chambre des Comptes accepta la proposition.

Le lendemain 1^ mai, les députés de ces trois compa* gnies s'assemblèrent , et pour éviter la dispute de i»éséance entre le grand Conseil et la chambre des Comp-

1 . Il existe dans les papiers de Lancelot une relation partieolièn de cette entrée des princes d'Orléans et de Conti à la chamhte dat Goaptas et cour des Aides. Mais elle s^étend surtout sur le cérémonial qui f«t ordonné, d'après les usages anciens, et sur un incident de préséance cnti» les pei'sonnages qui accompagnèrent les deux prinoea. Tonlelbia, k pièce important de ce récit est sans contredit les lettres patentes dont il fut donné lecture par le doyen des Comptes» En Toici nn eitnût : f Louis, etc., à notre très-cher et très-amé oncle le duc d'Oriftini, salut. Les grandes et excessÎTes dépenses que nous «Tons à supporter, à cause de la guerre , nous obligeant de nous servir daa moytMi extraordinaires pour y satisfaire , et ne s'en étant point trowé dn phi prompts ni moins onéreux à nos sujets que ceux qui dépendent dt 1 exécution d*aucuns édits et déclarations arrêtés en notre conseil» sTons jugé à propos de vous commettre le soin de les fiiire registrer, rentière confiance que nous avons de votre affection envers notre sonne et les intérêts de cet État. A ces causes, etc. (On trouve camileli mention de trente édits bursaux.) Donné à Taris ^ le 97* jour d^avrifde Tan de grâce 1648.

< La commission achevée de lirf, le sieur Nicolaï, premier préndear,

tes , la conférence se tint dans la troisième chambre de la cour des Aides. Il y fut résolu que l'on engageroit le Parlement de se rendre à ces séances.

La députation des trois compagnies au Parlement se fit le lundi 4 mai ; ils demandèrent que Ton nommât des députés; deux conseillers furent envoyés à la salle Saint- Louis pour conférer ensemble. Ce fut là que les trois compagnies représentèrent que Tunion étoit nécessaire ; que quoique le Parlement eût été excepté pour le retranchement des quatre années de gages , il lui en arriveroit un de ces jours autant qu^aux autres, etc. Il ne fut pas difficile de lui insinuer ces craintes. L'on convint qu'on ne parleroit point du véritable motif, c'est-à-dire du retranchement des gages, mais que l'on prétexteroit tout du bien public et du soulagement des peuples. Cela

prit la parole, et durant l'espace de cinq quarts d'heure , harangua trèaâoquemment, représentant les intérêts du peuple oppressé et accahlé de misère, par les continuelles impositions qu'il payoit aussi ; exhortant tous •et confrères au respect qu'ils dévoient, par obligation, au Roi et à son autorité, et à Tobéissance qu'ib lui dey oient ; conjurant Son Altesse Royale d'intercéder et d'obtenir de la bonté de la Reine , un soulagement pour le peuple et de les faire jouir d'une paix après laquelle il languissoit depuis tant d'années qu'il étoit oppressé au sujet de la guerre. Ayant achevé son discours, qui fut admiré de toute l'assemblée, le sieur de Fromont donna les ODS après les autres tous les édlts au sieur Rourson, qui en fit la lecture ; après laquelle le sieur Dreux, avocat général, brièvement parla et conclut, pour le Procureur Général, à ce que les édits seroient vus et examinés par la compagnie pour être passés , en cas qu'en leur conscience ils fussent jugés équitables, et qu'il s'opposoit ce pendant à l'exécution d'ieenx. Le sieur d'Ormesson se leva, et faisant la révérence à Son Altesse Royale, de laquelle il prit commandement de prononcer, s'étant assis et couvert , dit : c Lic Roi a ordonne et ordonne que sur le repli il sera mu : lu et publié et registre , ce consentant et requérant le Procureur Géoéral, et copie coUationnée envoyée dans Tétendue et ressort de lad itp chambre.

« A l'instant même, le duc d'Orléans se leva , et ayant fait civilité à U «'orapagnie , se nrtira au même ordre qu'il étoit entré. »

donna, dit le Premier Président dans un manuscrit cjoe j'ai (c'est le texte des Mémoires ^ U m, p. 21 6), à beaucoup occasion de laisser un peu les intérêts paiticulîars et tourner Tesprit au public.

Le 6 mai y les Enquêtes forent mandées, Ton délibén sur la proposition. Quelques efforts que fît la coor, quelque soin que Ton prît de jeter de la jalousie entre les compagnies, Tunion fot résolue; ce furent les Enquêta qui l'emportèrent.

Le 1 2 mai , les députés des compagnies aroient été mandés , le cardinal Mazarin leur dit que la Rrine ne vouloit point de ces arrêts d'union; il prononça oe mot en son patois ougnon; il ajouta que le Roi étoit le maître , et que s'il ne vouloit pas qu'on portât des grands à son collet, il n'en faudroit point porter. Les députés, de retour vers leurs compagnies, plaisantèrent sur son arrêt à* ougnon et sur ses glands; et malgré les défenses qne leur fit la Reine le matin même , l'arrêt fut rendu le 13 mai.

Le mercredi 1 0 juin, un homme fot trouvé auprès de la maison du président de Mesmes et accusé d'écrire les noms de ceux qui y alloient; il fot mené au ChAtelet , mais il en sortit, le vendredi matin, en vertu d*une lettre de cachet. Le 11 juin, M. de Guénégaud vint au Palais, avant l'assemblée des Chambres, et remit aux gens da Roi l'arrêt du Conseil, rendu la veille 10 juin (jour da la Fête-Dieu), qui cassoit l'arrêt d'union, ordonnant qu'il seroit ôté des registres et celui du Conseil mis en sa place. Lorsque les Chambres se forent assemblées, on Inl l'arrêt ; les gens du Roi mandés dirent qu'ils ne pouvoient donner des conclusions qu'ils n'eussent parlé à la Reine. Le lendemain, ils apportèrent la réponse de la

Reine, qui continuoit toujours à ne pas vouloir d'union, les eiLhortoit à Tobéissance et à se contenter de remon-* trances , autrement qu'elle seroit obligée de se porter à des extréiqiiés. Il n'y eut rien de délibéré ce jour-là.

Mais le lundi 15, il y eut un nouvel arrêt , portant confirmation de celui d'union; cet avis, ouvert par M. Boucherat, passa à quatre-vingt-dix-sept voix contre soixante-six, qui étoient pour des remontrances. Le même jour, après midi, on rendit au Conseil un autre arr£t, qui cassoit celui du Parlement etordonnoit que celui du 1 3 mai et celui du 1 5 juin seroient otés des registres, etc. ^ défendant au Parlement de s'assembler, etc. M. de Guénégaud alla au Parlement pour faire exécuter cet arrêt du Conseil, les clercs et les marchands du palais s'ameutèrent et fermèrent les portes de la salle; il fidlut que M. de Guénégaiid se retirât.

Le lendemain 16, lettre de cachet portant ordre au Parlement de venir au Palais-Royal , en corps de Cour, à neuf heures du matin, et y porter l'arrêté de la veille. Ils y allèrent au nombre de quatre-vingt-quinze, et furent suivis d'une multitude de populace. Reçus par un secrétaire d'État et le Grand Maître des cérémonies, après les avoir fait attendre, ils montèrent. Le Chancelier parla fortement ; on leur demanda s'ils avoient apporté la feuille de leur arrêt , ils répondirent que non ; on leur lut celui du Conseil, on leur ordonna de rapporter le leur le lendemain, et on leur défendit de s'assembler dans la salle de Saint-Louis. Ces défenses ne servirent qu'à les presser de commencer leurs assemblées des compagnies; dès deux heures après midi, les députes des compagnies se rendirent dans la chambre de Saint- Louis; cette conférence se passa en compliments. Le

même jour après midi, le Parlement s'assembla; il ne résolut rien, les gens du Roi ne s'étant pas trouves au palais.

Le mercredi 17, on délibéra sur les défen^ de s*assembler ; les conclusions des gens du Roi furent que la Reine seroit suppliée de révoquer les arrêts de cassation, eif ce pendant, ceux d'union' exécutés. L'avocat général Talon avoit fait, néanmoins , un discours tendant à exhorter à Tobéissance et à ne pas vouloir opposer autorité contre autorité; il n'y eut rien de décidé. Le jeudi ëtoit Fête-Dieu, le vendredi le Landy, ainsi on ne se rassembla que le samedi ; mais, le Premier Président ayant dit que Ton parloit d'accommodement, on renvoya la délibération au lundi 22. Cet accommodement venoit^de la part de Monsieur (Gaston).

Le mercredi, 26 août, Te Deum pour la bataille de Lens ; enlèvement de MM. Broussel (mené à Saint-Ger* main) , de Blancmesriil (mené à Yincennes) , par M. de Comminges, lieutenant des gardes de laReine, etc. Barricades au premier bruit qui s'en répandit. Les gardes françoiscs et suisses repoussés jusques vers le Louvre et le Palais-Royal. Le Coadjuteur vint haranguer la populace, et lui promit qu'il alloit demander la liberté des prisonniers; il vint au Palais- Royal , mais il n*y obtint rien. Il sortit avec M. de laMeilleraie, qui se mit à la fête des chevau-légers. Le Coadjuteur , si Ton en croit ses Mémoires, fut blessé; M. de la Meilleraie et ses troupes obligés de se retirer. La nuit se passa, néanmoins, tranquillement.

T^ lendemain jeudi 27, (grâce aux soins du Coacyiitrur), le tumulte recommença. Le Chancelier, qui alloit au Parlement, fut insulté; un lieutenant du Grand Pré^

vôt tué à ses cotés ; lui, contraint de s'enfuir dans Thôtel de Luynes, d'où il n'auroit point échappé à la fureur de la populace, si elle ne s'étoit point amusée à piller la maison, et si M. de la Meilleraie ne fut venu le retirer. Toute la ville prit les armes. Cependant le Parlement 'assemblé délibéra d^aller en corps de G)ur demander Télargissement des prisonniers ; que, quelque réponse qu'ils eussenty ils demeureroient assemblés; prit un arrêté contre M. de Comminges et autres, portant défenses à Tavenir d'exécuter de semblables ordres, etc. Ils partirent au nombre de cent soixante , dit-on ; arrivés au Palais- Royal et admis à l'audience, le Premier Président fit un discours ferme et éloquent (à sa façon) pour la liberté de MM. Broussel et autres. La Reine n'en parut pas plus touchée. Elle répondit que l'émotion n'étoit pas si grande qu'ils la lui vouloient représenter; qu'au surplus , ils lui en répondoient , eux , leurs femmes et leurs enfants ; aussitôt elle se leva et entra dans son cabinet. Le Parlement se retira et étoit presque descendu, lorsque le Premier Président proposa de retourner faire des efforts pour la fléchir. Il y eut des allées et des venues de la salle au cabinet. Enfin il fut promis par la Reine qu'elle rendroit les exilés, si le Parlement cessoit ses assemblées jusques après la Saint-Martin. Il fut répondu qu'on ne pouvoit accepter cette condition qu'après en avoir délibéré. On leur donna une salle pour cette délibération ; mais y étant entrés, ils convinrent d'aller déli- , bérer au palais. Ils se mirent en marche pour cela; arrivés à la Croix du Trahoir, la populace, qui leur avoit demande, dès la première barricade, s'ils ramenoient M. Broussel, fut plus insolente; les menaça s'ils ne retour- Doient au Palais-Royal , dit qu'ils vouloient avoir Brous*

seL Cinq présidents et quarante ou cinquante oonseillers, intimides de cette insulte, s'échappèrent ; le reste, ayant à la tête l'intrépide Premier Président , retourna sur ses pas. Le Premier Président représenta le danger qu^il j avoit à refuser ; la Reine resta ferme. Enfin les soUicîtatious des princes et princesses, le consentement du cai'dinal Mazarin, la firent changer. Elle permit au Parlement de voir ce qu'il y avoit à faire ; il passa dans la grande galerie et s'y rangea en séance ordinaire. M« le duc d'Orléans, M. le Chancelier, les ducs d*£lbeuf et de Retz y prirent leurs places. Il y fut discuté si Ton y délibéreroit ; cinquante furent d'avis qu'on ne pouvoit délibérer qu'au palais, le reste opina à le faire en ce lieu, attendu la nécessité urgente ; on discuta aussi si, suivant la condition qu'on avoit imposée à la liberté des prisonniers, l'on sursoiroit les assemblées jusques après la Saint*Blartin. Il fut rendu arrêt, daté de la galerie du Palais-Rojal, portant que la Reine seroit très-humblenrent remerdëe de ce rappel qui sera présentement exécuté , et tontes lettres expédiées à cet effet , et outre a été arrêté , in mente curiasj qu'il seroit sursis aux délibérations JUH ques après la Saint-Martin, à la réserve du tarif et rentM de THotel de Ville, et sans préjudice de l'exécution des choses jugées. Cet arrêjfcé fait, on remonta au cabinet de la Reine, pour lui en rendre compte. Elle ordonna qn*i» préparât des carrosses pour aller requérir MM. Bround et Blancmesnil. Le Parlement attendit qu'ils fussent prêts et que les lettres fussent expédiées. Lor)qu*dlet le furent , les sieurs Boucherat, neveu de Brousse!, et Gé* nier, parent de Blancmesnil, se mirent chacun dans un carrosso, à la tête du Parlement ; le tout défila en montrant , à chaque barricade , les lettres. Ces barricades

continuèrent toute la nuit et ne firent levées que le lendemain, Yers dix heures, lorsque M. Broussel fot revenu, n vint prendre sëance , suivi d'une multitude infinie de peuple. Le Premier Président le complimenta. La compagnie, «qtii avoit attendu, son arrivée, rendit alors un arrêt portant que les barricades seroient rompues, etc. Elles le furent en moins d'une demi-heure et la tranquillité remise.

Le samedi 29 août , le Parlement nomma des commissaires pour faire Tinformation ordonnée contre Catelan et autres traitants. On demanda à M. Broussel où en étoit le tarif.

Le vendredi 4 septembre, arrêt contre Catelan et Tabouret, et pour la recherche de leurs effets recelés. On a travaillé ensuite à l'article des rentes ; il a été ar* rété que les deniers destinés à leur payement seroient portés directement à THôtel de Ville, sans passer par les mains des payeurs, etc.

Le samedi 5 septembre, on a voulu mettre sur le bureau l'affaire du tarif; mais M. Broussel a dit que son procès-verbal ne seroit fait de huit jours , et a pro* posé qu'on parlât de la chambre de Justice. Les délibérations ont été portées sur une autre matière, sçavoir si le Parlement se prorogeroit lui-même, ou demanderoit des lettres pour ce. M. Broussel a été du premier avis. Le président Viole a lu l'extrait de plus de vingt exemples servant a prouver que le Parlement a continué ses séances en vacations sans des lettres du Roi. Cependant l'avis de demander des lettres pour la prorogation a prévalu. Il a été aussi arrêté que rétablissement d'une chambre de Justice n'auroit lieu qu'après que l'édit en auroit été vérifiéf .

par iceiix , ceux du Conseil d^en haut qui étoient avertis, jugèrent que cette attente du Parlement ne produiroit aucun bien pour les affaires de l'État, qui demandent un secours prompt pour la subsistance de Tarmëe, oblî* gèrent la Reine, ce jour même, par la dëlibëration et résolution qui fut prise au Conseil d'en haut, où étoient la Heine, le duc d'Orléans, le prince de Condé, le cardinal Mazarin , le chancelier Séguier , le président de Bailleul, ministre d'État, le sieur de Chayigiijr, aussi ministre, et le sieur d'Émery, surintendant des finances de France , les sieurs comte de Brienne , de la Yrillière, du Plessis-Gucnégaud et Le Tellier, secrétaire d'État, de mener le Roi, le lendemain, au Pftrlement, et aussitôt furent donnés les ordres nécessaires aux sieun de Rhodes et Saintot , grand maître et maître des cérémonies, pour avertir Messieurs du Parlement que tooles choses fussent préparées pour leur réception. Et comme l'ordre est qu'en pareilles occasions ils soient duurgés d'une lettre de cachet , le sieur du Plesns^Guénégaod, secrétaire d'État, l'expédia sur-le-champ.

Les députés du Parlement vinrent au Palais-Cardinal le 1 8 mars , sur les onze heures et demie , et furent reçus par le sieur Saintot, maître des cérémonies, qui les conduisit à la chambre de descente des ambassadeurs » où ils reposèrent durant que le sieur Saintot en alk donner avis à Leurs Majestés et au sieur du Plesns , secrétaire d'État, pour qu'il les vînt aussi quérir en bas» ainsi qu'il est accoutumé.

Je ne puis assez exagérer la foule de courtisans dont tout ce palais fourmilloit, de telle sorte que Ton lot obligé de faire sortir du Ccibinet de la Reine plus de deux ou trois cents personnes de condition, pour que

DE MATHIEU MOLE. 31 i

Leurs Majestés, princes, ducs, pairs et maréchaux de France y pussent entrer, dans lequel cabinet Leurs Majestés lesTreçurent, accompagnées d'une infinité de grands et de dames de a cour, dont toutes les salles, antidiam* bres et chambres étoient remplies.

Le sieur Mole, Premier Président, porta la parole, en exprimant par un discours aussi éloquent que respectueux jet prudent, comme ils venoient témoigner à Leurs Majestés leur obéissance, et confirmer comme toutes les choses qu'ils faisoient n'étoient que sous l'autorité et le bon plaisir de Leurs Majestés , et qu'ils avoient apporté l'arrêté de la compagnie. La Reine témoigna la satisfaction qu'elle recevoit des services desdits présidents au mortier, et que le Paiement feroit bien de se porter dans l'obéissance qu'il devoit aux volontés du Roi, qui ne tendoient qu'au bien de l'État : et après ils se retirèrent dans l'ordre qu'ils étoient venus.

Et ensuite, fut tenu conseil d'en haut, où il fut donné arrêt contre les Maîtres des Requêtes , par lequel, sur la plainte de quantité de parties qui avoient leurs affaires au conseil et dont les Maîtres des Requêtes j

étoient chargés, n'en pouvoient avoir issue, attendu que lesdits Maîtres des Requêtes ne vouloient remettre leurs productions au greffe du G>nseil; par ledit arrêt d'en haut, il (ut enjoint auxdits Maîtres des Requêtes de remettre dans les vingt-quatre heures après la signifiiation à eux faite, toutes les pièces, procédures, productions et procès dont ils avoient été chargés, au greffe du Conseil, pour être lesdits procès distribués aux conseillers d'État , et par iceux rapportés au Conseil.

ïje 28 avril , M. le duc d'Orléans alla à la chambre des Comptes, et M. le prince de C«onti à la cour de

au tarif. On ôta quarante aouB «imt chaque boiif «I ciaq sur chaque mouton.

lue samedi 3 octobre, autre confiâpenoe foi <e fmu en disputes. La cour trouva . mauvais l'arrêl JUmàmatL h diminution des quarante sous par hasù£. Elle mt vonlnt point non plus qu'il j eût rien d'écrit loiiduuit Tiater* rogat des prisonniers dans les yingt-qwitre heana« d que Ton se contentât de la panole que la Reine en dos* noit. Ce fut dans cette conférence que le Pfemier PkrfBdent parla vivement au Chancelier et qu'il hii dit : a Ha vie est sans tache et sans reproche ; je suis toat pnÉI de porter ma tête à la Reine et partout ailleurs , pov lé» pondre de mes actions ; vous n'oaeries le fidfie. » Celait à Toocasion des droits du sceau cpie s'éleva ce dUfffraBii.

Le dimanche 4 octobre^ nouvelle conférence. Laa dé* pûtes ne partirent qu'après avoir diné, ayant éSBidti qu'ils ne soufTriroient plus d'être traités mooL AApmê de la cour, comme ils Tavoient été à toutes les antraa mmS^ rences. La sûreté fut accordée aux Goura aeaverainei|4t pour les autres personnes, déclaré qu'on les ini trois jours après leur détention ; un quart de In taille mis ; la suppression des droits du sceau ëtaUia 1 631 , sans vérification , et pour le tout , anêlé foe 1* en donnera une déclaration que le ParlenMt driMen

Le lundi 5 octobre y rapport fait en Parienent^ le Premier Président , des deux derniàrea sur quoi a été délibéré et arrêté 'que les députés

t . Les registres du Parlement contenant cet rapports d las ante i9dus pendant les trotihles des annéet 1648 à iiSS, «tt 4lé ordre de Louis XIV, en l'année 1668. Voy. tar œ anjct publiée par M. E. Lamé Fleury, ingénienr des minet, ioas It dat : Un dernier épisode de la Fronde en 1668. Paris, m-8*,.naOQt» IflHi il V Appendice à notre édition de Rets, in-li, t* II, p.

DE MATHIEU MOLA. 3t3

teroient les articles qui restoient à examiner des propositions de la chambre de Saint-Louis.

Les Ty 8, 9 et 10 octobre, employés à cet examen, et des arrêtés donnés en conséquence.

Le 14 d'octobre, nouveau tumulte des marchands, qui remplirent la grand'salle et insultèrent des présidents (entre autres le Premier Président et le président de Nesmood). L'après-dînée , il y eut arrêt portant diminution de cinquante -huit sous d'entrée sur chaque muid de vin.

Le 15 octobre, on repassa Tarrêt du jour précédent. Il fut aussi délibéré que la Reine seroit suppliée de remettre jusques à deux millions sur ces entrées. Les|[ens du Roi allèrent ce jour même à Saint-Germain et (tinrent cette remise, à la charge que toutes assemblées cesseroient; ce fut M. Bignon, avocat général, qui Toblint.

Le vendredi 16 octobre, le Parlement fut occupé à repartir ces deux millions fle remise sur toutes les marchandises.

Le lundi 19, le Parlement travailla au projet de la d^laration, de même que les 20 et 21 •

Le jeudi 22, les députés de la compagnie allèrent porter cette déclaration à Saint-Germain; la Reine la reçut. H y eut quelquea difficultés, mais si petites qu'on ne changea rien au projet , et qu'il fut donné à sceller dans le même état qu'il fut présenté. Le Premier Président avoit eu soin de passer légèrement sur la loi qui étoit demandée pour les prisonniers ; l'article 15, où il en est parlé , ne porte autre chose, sinon que les sujets ne seront traités criminellement que selon les ordonnances et non par commissaires, et qu'aurun officier de

3t4 APPENDICE AUX IfÉMOIRES

Cours souveraines ne pourra être inquiété par lettres de cachet, etc.

Les assemblées du Parlement continuant , M. le doc d'Orléans, avec d'autres duc» et pairs, y vinrent, le 16 décembre. M. le duc d'Orléans dit que la Reine trouvoit mauvais que la compagnie s'assemblAt , qu*elie permettoit qu'ils le fissent par députés, et que ces'd^pii» tés examinassent chaque article de la dédaration. Il s'éleva un grand bruit. Il y eut des voix qui allàmt J!» ques à demander ce qu'étoient jdevenus quatorae <m quime millions reçus, depuis que le maréchal de la Meilknie avoit las finances, puisqu'on ne pay oit personnel et^K la table du Roi avoit manqué un jour ; que, d'aiHeurSi les troupes s'approchoient de Paris et commettoint beaucoup de désordres. ,On voulut aller anz c^nkms; M. le Prince les interrompit, parla fort haut contre la hardiesse de ces assemblées , et fit un signe de en forme de menace, à M. Quatresous, conseiller; lui-ci éleva la voix et dit* que M. le Prinoe de le menacer, et en demanda justice. Tonte la pagnie murmura; quelqu'un dit, pour excnser M. le Prince, que c'étoit son geste ordinaire. QuatresMH eut l'insolence de répondre que, si c'étoit son gestei il devoit s'en corriger, comme d'un fort vilain geste. L*ai* semblée se leva et ne conclut rien.

Le lendemain 17, les mêmes princes revinrent en Parlement et y parlèrent avec plus de douoear» Il y fat arrêté que des députés vérifieroient, chei M» le doc d'Orléans, la déclaration, article pararticle, cotoréiert les contraventions, pour le tout rapporté au Pàrkmerti être ordonné ce que de raison. Le Procureur GénénJ fut aussi chargé d'informer des désordres des geas de

guerre, etc., et fut dit que la Reine seroit suppliée de ne pas permettre que les passages par où venoient les provisions à Paris fussent occupés par des gens de guerrei etc.

Le lundii 21 décembre^ la cour des Aides fut mandée au Palais:-Royal , et le Chancelier , en présence de la Reine, etc., leur dit que la Reine Youloit qu'ils ôtassent de leur arrêt d'enregistrement ces termes : à peine de confiscation de corps et de biens , parce qu'on ne pou- ▼oit pas se dispenser de mettre les tailles en traité , attendu que la recette en étoit longue et qu'on étoit pressé d'argent. Le Premier Président (Amelot) fit un discours assez ferme. Cependant cette compagnie donna arrêt portant permission de faire des prêts et avances sur les tailles pour six mois.

Le Parlement, ayant sçu cet arrêt et qu'il y avoit une déclaration à la chambre des Comptes, qui permettoit ces avances sur les tailles, non-seulement pour six mois, mais pour autant de temps qu'il plairoit à la Reine, s'assembla , le mardi 29 et le mercredi 30 décembre , et ce jour envoya prier la chambre des Comptes de lui envoyer quelqu'un de leur compagnie.

Le jeudi , 31 , le président Aubery et quatre maitns des Comptes vinrent au Parlement; mais ils ne purent satisfaire à ce qu'on leur demandoit.

DiCLAEATlOS CONTES LB PÀELHailT.

(Voy. Mtmoiru, t. lU, p. 287.)

L'article de la sûreté a été accordé, comme il a été lu devant la Reine , à condition que le Parlement ne de-

mandera plus rien de nouveau ; qu'il teminera taoibeÈ choses, même Taffaire du tarif, et tontes «atm délibénh tions , dans la fin de la présente semaine; sinoD, et n cas que le Parlement continuât son assemblée^ ou faim après l'ajustement fait, ainsi quUl aura ëtëprajcriy les recommençât sous quelque prétexte que œ toit, M^ k duc d'Orléans, MM. les princes de G>Bdé| de GoBti, M. le cardinal Mazarin , M. le duc de LoMguafiBe» M. le Chancelier et M. le maréohal de la HcHhftwe ont conseillé à la Reine de se porter à toute mXgéh mité contre ledit Parlement , et ont promis de s*y m/h ployer de tout leur^ pouvoir pour la nuumtentkm di l'autorité du Roi et l'exécution de ce que sera résah pour cet effet. Fait au conseil du Roi, tenu à Saint-Gep^ main en Laye, le 4 octobre 1648.

Gaston, Louis de BouRwm , Aemand m BomiMff , le cardinal MAZARm , Heuri D^OaLiàirSy Siciini, LA Meilleraib^

LX GRlIf D-CERF DU PALAIS. — iCLAimCIttliaEinS DOHVtfS

PAR A. TAILLAIimn.

(Voy. Mémoires, t. H, p. 318, et t. m, p. 45.)

« Monsieur, je viens de trouver un renseignement téH^ au Grand-Cerf dont il est question dans le second volmb des Mémoires de Mole. Voici ce que je lis au chapitre des Chanceliers, dans un manuscrit intitulé : ÉtabUssemmU du Parlement de Paris ^ dont la BiUiochèque inq[idrisls possède une copie (ms. de Moitemart, n^ 79)^ etdoal je possède aussi une copie.

1 . D*aprèf roriginal, BU>Uodi. royale, ootttou U Wltar, t. VBL

DE MATHIEU MOLE. 3f 7

If Lors de renragistrement de leurs provi8ions(desChaiicdiers), et dans ce cas aussi bien que dans tous les autres où ils entrent (au Parlement), on envoie des huissiers dans la galerie pour marcher devant eux, et deux anciens conseillers pour les recevoir entre le parquet des huis^ siers et l'arcade du Grand-Cerf, dans la grande salle du palais, depuis 1 584. »

L'arcade du Grand-Cerf était ainsi nommée , parce qu'on y voyait un grand cerf en bronze. Ce grand cerf fut détruit par le feu, lors de l'incendie du 7 mars 1 61 8 ; mais il parait que l'arcade où il était placé continua d'être désignée de la même manière, après la reconstruction de la grande salle par Jacques Debrosse , en 1 622 .

Agréez, etc. Â. Taillaicdier.

DOCUMENTS COMPLillKlfTÂIBES BKLATIFS AUX ÛviniMEJUTS DE l'an 5ÉE i 649 , RAFPBLis DANS LES MÉMOIBES.

(Voy. Mémoires, t. III, p. 329, 343, 363, 364, 380, 386, 472, 474,

t. IV, p. 38,57,64.)

Lettres de Saintot à Le Tellier. — Affaires de Normandie.

« Monseigneur, tout se passe ici à souhait pour le service du Roi , et Ton n'auroit pu s'imaginer combien la présence du Roi apporte de calme en cette province et d'utilité au bien de ses affaires. Vous avez sçu ce qui s'est fait au Vieux-Palais, Tordre que j'eus d'y mener les Suisses et d'en faire sortir la garnison du marquis de Beuvroo, et d'en destituer la Fontaine-le-Pin de la lieutenance et de major. J'ai ordre de faire comprendre de moi-même au sieur marquis de Beuvron, qu'il y va

de son intérêt et qu'il y auroit maufaiae grâce pour de rester plus longtemps logé dans le YieuipPâlaiSy dé» pendant, pour entrer et sortir, des ofBcien suisses*

« L'on fit prêter hier serment entre les mains duBoi, après la destitution de ceux qui y ayoient été mis par le duc de Longueville. Je ne sçais si la destinée que la do» chesse de Longueville a prise lui sera plus fortunée que Tobëissance qu'elle eût pu apporter aux ordres dn^ Roi d'aller à Try ou à Coulommiers. Le sieur de Mallevelle, enseigne des gardes, est parti ce matin pour Caen, avec soixante soldats. Nous espérons notre retour pour Paris en bref , et je crois que M. de Matignon , que nous attendons aujourd'hui, achèvera les affiuns. A Rouen, ce 1 0 février 1 649. »

«Monseigneur, hier M. de Matignon arriva ici , et bien qu'il soit d'humeur très-froide, j'espère qu'eUe s*échaufTera dans l'obéissance qu'il doit aux volontés du Roi. L'on a envoyé M. d'Husenat au Havre à M* de Richelieu; nous en attendons le retour demain, afin.di sçavoir ses dernières intentions. J'ai eu l'honneur de voos mander comme les deux cents Suisses sont entrés dans le château et le paulet de Dieppe ; et le peuple de cetla ville est si animé contre ce qui est et porte le nom di Longueville , qu'hier au soir le carrosse des filles di M'^'de Longueville, sortant de Dieppe, pensa itre dé» chiré par le peuple et jeté à la rivière.

« Ce matin, l'on m'a envoyé trouver le sieur de Mm tenay, conseiller en ce Parlement, parent du due de Longueville, et lequel avoit hier refusé les defr de k tour et porte cochère dont il avoit été chargé par le duc de Longueville , sur un ordre qui lui avotfc été porté

du Roi, signé de M. de Brienne; mais il me lésa remises dans Tespérance que je lui ai donnée d'être remboursé des frais qu'il a faits pour fortifier cette porte, qui lui est très-importante ici à cause du pays de Caux. M. de la Marguerie a été pour faire vérifier au Parlement la commission pour commander en cette province , ce qui a été exécuté , non pas sans peine. Le président Bigot, ayant fait sa cabale pour Tempêcher, a voulu que , si cela passoit, ce fût à condition qu'elle ne pourroit préjudicier à la survivance du comte de Dunois, que le duc de Longueville avoit obtenue du Roi; mais cela s'est passé purement et simplement, sans aucune modification. L'on y a passé aussi les trois cent mille livres pour le payement des garnisons , et cette après-dinée l'on s'assemble , chez le Premier Président , pour conclure Taffaire des rentes, conformément aux volontés du Roi.

ir Je ne puis assez vous exagérer combien la présence du Roi rétablit ici toutes choses , et l'exemple que cela produira pour les autres provinces. M*^ le Cardinal m'a dit que M. de Lyonne vous écrivoit par la sienne quelque chose touchant la Rallière. C'est qlTil a eu avis que MM. de Beaufort, le duc de Retz, le Coadjuteur et Laigue , dînant chez Rousset ^ trésorier des parties casuelles, résolurent de maltraiter la Rallière , et Laigue doit venir ici se charger de l'exécution, avant qu'il sorte de cette province. Je crois que son intention est qu'il en soit dit un mot à Son Altesse Royale, afin qu'elle témoigne que l'on a cet avis. Ce n'est pas que l'on ait aucune crainte de ce côté-là ; mais afin que, s'il arrive quelque chose , l'on sache que c'est en se défendant. Je suis, etc. Rouen, ce 12 février. »

Compte de l'argent reçu et payé par le basqiûer Cantarini par ordre

de Mazarin.

L'an 1 649y le 1 2 janvier, sur les neuf à dix heures du matin , nous , Jean Laisnë , Antoine Loisei et Claude Le Clerc, conseillers en la cour de Parlement, coomiiaaaires en celle partie et de TordonnancedUcelley iknu scmmei transportés, avec l'huissier en ladite Cour, au logia de Thomas Cantarini^ banquier, demeurant rue et paroian Saint-Christophle , auquel parlant , l'aurions sommé dt nous représenter tous et chacUns les Uyrea, registres» journaux et mémoires concernant son négoce, et ^ëeia* lement ceux concernant les affaires du cardimd Macarin, et qu'il eût à déclarer les sommes qu'il pouvoit aifuîr appartenant audit Cardinal. Et avons recognn que pour les années 1 643 à 1 648 , la recette du compte du Bei à présent régnant montoit à la somme' de 26 692 889 linm 3 deniers.

Sur le compte du sieur cardinal Mazarin, depuis 4641 jusqu'à 1648, la recette s'est trouvé montée k 7808648 livres 7 sols 3 deniers.

De 1 644 à 1 647, pour le compte de Charles Longuet, sieur de Machau, la recette s'est montée k 4267 164 livres 1 6 sols 4 deniers. Plus^ sous la date du 24 avril 1 645 , autre recette montant à la somme de 464 790 livres 9 sois 8 deniers , faisant partie de la somme de 798112 livres 1 sol 2 deniers, pour diverses partits reçues de diverses personnes et en divers temps.

Après examen du débet et crédit du oompte dudit sieur Mazarin, il a été trouvé ledit Contarini étreredeva» ble audit sieur Cardinal de 442802 Uvres 45 sols 8 de*

niers , sauf à déduire 3404 livres 1 3 sols , dont ledit Cardinal est débiteur en un tompte à part.

En son compte courant, 1 61 550 livres ; en un compte tenu sous le nom de M. Tabbé Mondin *, 1 36 470 livres ; pour un compte de frais à ses bardes*, environ 1 0 000 livres'; pour la compagnie du Nord, 30000 livres^; pour M. le cardinal Antoine Barberin , 40000 livres; reste de 45 539 livres, payées au sieur Bouchet, trésorier de la marine, 16 500 livres; reste de 137 000 livres environ, payé audit par le sieur Cenami de Lyon, sur les ordres de Son Éminence, 101 4o0 livres; h M^' le cardinal de Sainte-Cécile pour 6000 écus monnoie de Rome , et reste d'une année de ses gages et pensions, environ 26000 livres; payé à M. deLopes, 20 000 livres; à M. le commandeur Chastellux, à compte d'un ordre de 30 000 livres, 1 0 000 livres ; reste de 25 000 pistoles payées à Gênes à M. Baltbazar, ci 32 000 livres; pour une lettre de 80 000 florins pour la reine d'Angleterre , payable à Amsterdam , 1 00 000 livres ; pour une lettre de 1 5 000 rixdalers , payables à M. le vicomte de Brégy, àDantzig, 48 000 livres; reste d'une

i . Éclaircissements snr Tétat des diyerses parties qui sont dues à moi Cantarini par Mf le cardinal Mazarin : a En on compte teno sons le nom de M. Tabbé Mondin. t — Ledit sieur abbé donnoit les ordres pour ce compte, par le commandement de Son Éminence, et pour cela a été tenu en son nom.

3. c Les bardes et pierreries achetées en Portugal ont été délivrées à MS' le Cardinal, les pierreries dans des paquets cachetés lorsqu'ils sont arriyés, et les bardes ont été apportées de la douane en son b6tel. De plus, pour un compte de frais de voitures et autres à ses bardée, comme •e Toit fol. 90, 158 et 207. jd — Les autres dépenses sout justifiées simplement par des ordres écrits ou verbaux de Mazarin.

Page 1