‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 4)Chapitre 35 sur 81 · c Le Cardinal est re^>onsable · texte numérisé non relu

c Le Cardinal est re^>onsable

autre lettre de 60 000 florins payable à Amsterdam k M. de la Thuillerie, 14400 livres; pour autre lettre de 8000 pistoles, payable en Allemagne à M. Milet, 8800 livres; payé à M. de Boissy, pour récompense du gouvernement de Pontdormy , 45 000 livres ; à M. le maréchal de Schomberg, pour récompense du gouvernement du Pont*Saint-Esprit , 1 00 000 livres ; à M. le duc de Parme, pension, 100 000 livres; à M*' le dinal Barberin, pension, 36000 livres; pensions crêtes , 6000 livres ; à M. le prévôt de FIsl^', 6000 livres; à M. de Nouveau, 7000 livres; à M. de Trévilk, 30 000 livres ; pension de M. le baron de Sirost, 20000 livres; à M. le président d'Hiriande, 12000 livres ;« à M. Solar, lieutenant de M. de Trëville, 10000 livres; à M'* Tarchevéque d'Arles , pour récompense de la charge de capitaine aux gardes de M. de Grignan, son frère, 54 000 livres; au courrier Orlandi, 5000 livres; à M. d'Estrade, 5000 livres; k M. de Lillebonne, 5000 livres ; à M. de l'Isle la Sourdière, 6000 livres; à M. le marquis de Bentiv<^li| 6000 livres; pour l'armée d'Italie, 45 000 livres. Tai fait ma promesse à M. le commandant de Chastellux de 30 000 livres , pour récompense de sa galère, k compte de laquelle je lui ai payé 1 0 000 livres. Promesse k M. le chevalier de Valette de 20 000 livres.

Lettre du cardinal Bichi. — Afibiret de ProTenoe.

(c Sire , je commencerai cette dépèche par de très* humbles supplications que je fais à Votre Majesté de ne pardonner, si je n'ai pu mieux réussir en reiëcution de ce qu'elle a daigné me commander pour raccommodement de ses affaires de Provence, -l'assunuiit que, ai j*y ai

manque de capacité, je n'y ai pas omis, à tout le moins, un zèle et une passion très-grande de la bien et fidèlement servir.

« M. le comte d'Âlais , M. l'archevêque d*Arles et M. de Sève , du conseil et assistance desquels je me suis toujours prévalu, suivant Tordre de Votre Majesté, ont trouvé bon que , sans une plus longue attente , qui ne pouvoit qu'apporter de plus grands désordres (ainsi cpi'elle apprendra par le gentilhomme porteur de cette dépêche), nous accordassions et fissions signer les articles de paix^^ dont je garde l'original pour n'en hasarder pas la perte.

tt J'estime que Votre Majesté ne se trouveroit pas tant mal servie en cda, si nous eussions pu obtenir, en même temps, la liberté de M. le comte d'Alais; mais je la supplie très-humblement de croire que nous n'avons rien omis pour cela, et c'est pour cette même raison que, voyant de ne pouvoir obtenir cette liberté que par un traité autorisé par Votre Majesté, et considérant le danger où est cette province, particulièrement durant la détention du gouverneur, nous avons été contraints, après plusieurs contestations , d'en venir où nous en sommes venus, sans y perdre plus de temps. Ces gens-ci sont si pleins de méfiance pour ce qui regarde M. le comte d'Alais que, nonobstant toutes les assurances que je leur ai offertes, même de me rendre leur otage, ils n'ont jamais voulu se dessaisir (comme ils disent) de si bon gage, pour obtenir de Votre Majesté ce qu'ils demandent. Nous ne laissons pas, néanmoins, d'y travailler toujours, mais avec fort peu d'espérance.

1 . Cet articles copiés par le Cardinal se trooTent parmi les papiers de Mole, colkct. Colbert, t. II, p. 54.

« Pour oe qui est deadits articles, horg peloi de la sation de la chambre des Requêtes^ et celui du Uoepcii^ ment du régiment de M. le comte d^Alais, les entres ue contiennent rien qui n'ait ëtë d^à accordé par Votre Majesté, ou qui ne soit conforme aux règlemeots et usages, et nous les avons accordés pour éconduire Messieurs (qui visoient à y mettre quelque chqae qui gardât le public) sur d'autres deuiandesqu'ik fiûaoientf m grandes que je n'ai pas même osé les mander à Yotie Majesté.

ce Quant à la chambre des Requêtes , y40tre Msjssrt sçaura qu'on a soutenu ici , qu'outre qu*dle STOÎt di^ été cassée pi^ Tédit de la création da semeiitrey elle Té* toit aussi par celui que Votre Majesté fit Térifier au pw^ lement de Paris , au mois d'août dernier , attendu que rétablissement de ladite Chambre fut fait en vwla d^up édit qui n'a point été vérifié , et pour lequel il y a lei^ jours eu contestation ; et par ainsi , ces MèsiieurSp paétendant d'en avoir la révocation pure et simple, ont cm faire beaucoup de nous accorder le payement de cinq cent mille livres, suivant lesdits articles, somme qui ert véritablement moindre que celle qu'ils nous avoient fiât espérer ; mais ayant pris goût à la libéralité de Yolie Majesté, qui leur a accordé la cassation du aanestre fmt et simple, ils avoient cru d'en pouvoir espérer aplMt en cette rencontre, vu même qu'ils sup|K>seiit, cmms j'ai dit, cette cassation déjà faite. Us ajoutent aussi <fa*ib se relâchent de l'édit des experts-jurés qui leur aunit valu trois cent mille livres (ce qui sera un aq^eait pour Votre Majesté pour une autrefois), ne croyant pas qu'il y eût sûreté pour eux de proposer nuûntenant cet édit, qui eût pu aucunement choquer le peuple qui les a flfmtiAi

a Pour €€ qui est du lioenoîenent du régiment de M. le oMnIe d'Alais (quoique lui-même y donnât les mains), je l'ai contesté de tout mon possible, et j'ai proposé à ces Messieurs dvrers expédients, pour les guérir par d'autres remèdes de leurs appréhensions; mais c'a été inutilement, s'étant toujours ienus fermes en cette demande, les uns par la crainte que ce régiment ne fut un instrument par le moyen duquel mon dit sieur le Comte pût tirer vengeance de ceux qui n'ont pas été de son parti en ce rencontre , les autres par dépit de n'avoir eu emploi dans ledit régiment, dont les compagnies étoient comme des canonicats, et le reste pour témoigner au peuple qu'ils avoient eu soin de son soulagement : car quoiqu'ils promettent d'entretenir un autre régiment, qui peut-être sera plus utile au service de Votre Majesté, et qui aura presque autant et peut-être plus de soldats que l'autre n'en avoit pour l'ordinaire , néanmoins de pouvoir dire que celui-ci ne sera que de quinze compagnies , au lieu que l'autre étoit de trente , ils en font grand cas.

a On avoit proposé qu'au lieu de le licencier, on l'envoyât servir hors de la province, sans qu'il en fut plus entretenu; mais, quoique cet expédient fût goûté de plusieurs, toutefois la pluralité a été, au contraire, sur la crainte que, demeurant sur pied^ M. le comte d'Alais, après sa liberté, ne le fît revenir ici : et mon dit sieur le Comte même ne goûtoit pas tant cet expédient, considérant que, cessant la subsistance susdite, le régiment se fût dissipé, et que, d'ailleurs, les officiers d'icelui étant presque tous Provençeaux et def bonnes maisons de Provence, il leur importoit beaucoup de les avoir près de lui pour l'assister à reprendre autorité sur la province.

comme eu efTet , il en aura besoin pour quelque temps.

a Ce licenciement doit être le prix de la liberté de mon dit sieur le Comte, et, partant, plaisant à Votre Majesté de l'accorder, il lui plaira aussi donner ordre de faire venir l'autre régiment au plus tôt, et si elle trou* voit bon d'envoyer à l'avance le mestre de camp, avec quelques officiers , je crois qu'ils en pourroient ramassa quelque chose des débris dudit régiment, aussi bien que du licenciement que feront ces Messieurs d^Aiz des compagnies qu'ils ont mises sur pied.

ff Pour guérir davantage l'appréhension qu*ili ont de la vengeance de mon dit sieur le Comte , ils m*ont prié d'obtenir de Votre Majesté des lettres, par lesqueUes elle m'ordonnât que, quoi qu'elle fasse, M. le comte d'Alaîs, suivant sa promesse, oubliera tout le passé ; néaa» moins, si le contraire arrivoit, je me rendisse prit de lui pour y mettre le holà de sa part, et que Votre Majesté envoyât aussi un ordre semblable à M. le comte de Garces , pour faire le même en mon absence ; ce que je leur ai fait espérer du consentement convenu de M. le comte d'Alais , tenant pour tout assuré qu'il ne sera pas besoin de mettre tel ordre en pratique. Cependant, je suis, etc.*. D'Aix, le 25 février 1649. »

La cour des Comptes députe à la conférence de Ruel.

Monsieur, j'ai appris la résolution de toutes les compagnies d'accepter la proposition de Messieurs du Parfe» ment pour députer chacune de leur corps^ afin d*entnr dans la conférence conjointement : cette propotitiM pourra être désagréable à la cour, conune ressentant

Page 1