‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 18 sur 85 · LETTRES DE MOLE A. M. DUPUY · texte numérisé non relu

LETTRES DE MOLE A. M. DUPUY

Le Coadjuteur. — Le livre du roi d'Angleterre. — Le maréchal de l'Hôpital. — Mort du roi d'Angleterre. — Plaintes contre les Frondeurs. — Nouvelles d'Angleterre. — M. d'Emery et la surintendance de» finances. — Brigues à ce sujet.

« Le particulier de ce qui s'est passé à Strasbourg est dans la lettre de M. Chrestien. On attend Roussel demain, ou après-demain au plus tard, et de par l'affection que vous avez pour nous, je vous dois le compte de son retour.

« J'avois sçu la lettre de cachet pour M. le Procureur Général; il en a peut-être une pour le Parlement, qui satisfera, à la Saint-Martin, à ce que Ton désire, et ne doute point qu'il n'attende jusques en ce temps à faire réponse.

Son Éminence et d'une grande quantité de noblesse, alla prendre le divertissement de la chasse dans la plaine de Grenelle, d'où Sa Majesté revint sur les trois heures du soir.

« Le 12 décembre, le Roi s'alla divertir en son jardin des Plantes, au faubourg Saint-Marceau.

« Le 24 décembre, notre Archevêque a ordonné les prières de quarante heures, qui ont été ouvertes cette semaine par toutes les églises de Paris , pour implorer l'assistance divine à la première communion du Roi , que Sa Majesté doit faire demain à la messe de minuit.

a Les députés de Bordeaux s'apprêtent à s'en retourner, ayant témoigné être fort satisfaits de la déclaration que le Roi , par sa bonté , fit mardi dernier et envoya en même temps au duc d'Épernon et au maréchal du Plessis-Praslin , pour la pacification de cette ville-là. »

La Gazette publia un numéro extraordinaire pour raconter les cérémonies de la première communion du Roi.

« J'ai regret de ce procédé pour M. le Coadjuteur*. On dira que l'afTaire étoit assez importante pour en donner part à M. l'Archevêque devant que de prendre résolution, et que, par ce respect, il eût prévenu le courrier de la cour.

i< Lorsque vous aurez fait votre cour, vous nous en donnerez part, et vous vous souviendrez toujours de ceux qui sont au désert, etc. Ce jeudi matin. »

« Monsieur, la résolution de cet évéque de Cambrai étoit digne de son affection envers la monarchie , de laquelle ceux qui sont de même condition ne prennent pas tant de soins et n'ont pensée qu'à leur fortune particulière. Le ciel touchera enfin leurs cœurs !

« J'ai vu le livre du roi d'Angleterre^ imprimé à Rouen : cet ouvrage devoit être fait à Paris, et les pièces qui y ont été ajoutées méritent d'être lues ; il est malaioé de les lire sans larmes. Faut-il que la personne d'un Roi et de sa race soit exposée à cet orage! quels effets d'une facïion sous prétexte de religion ! Les hidépendants ont fait ce coup. Veuille le ciel que

i . Le Coadjuteur n'avait pas fait sa paix avec la Reine. La Gazette du 21 août annonçait que le jour où la Reine et le Roi furent entendre la messe à Kotre-Dame, le Coadjuteur était indisposé. — La lettre de Mole fait sans doute allusion à l'affaire Joly, pour laquelle Mazarin fit prier l'Archevêque de venir prendre sa place au Parlement, afin d'empêcher par là le Coadjuteur de sié- (jer, puisqu'il n'avait voix délibérative qu'en l'absence de l'Archevêque. — Voy. sur cette affaire Joly et le syndicat des rentiers , les Mémoires de M'^' de Motteville ^ t. III, p. 409, et ceux du Cardinal de Retz, p. 472.

2. Le livre du roi d'Angleterre, dont parle Mathieu Mole, doit être celui qui a pour titre : Eikôn Basdikè, et qui a été attribué au roi Charles \" . Il parut quelque temps après la mort de ce

semblables desseins, sous d'autres noms, ne puissent jamais réussir ! Un peu de courage nous délivrera de ces malheurs .

« Vous sçavez notre gouverneur de Paris, M. de l'Hôpital : c'est un serviteur du Roi très-fidèle et un vieil ami de plus de quarante ans.

« Je cognois le désigné confesseur'. C'est un esprit très-modéré. Croyez que je serai, etc.

« Je viens de recevoir le livre des traités de l'innocence du feu roi d'Angleterre. Mais il est mort! »

« Monsieur, vous avez assez exprimé le remède à tous nos maux : que chacun n'ait pensée que de s'acquitter de sa charge et ne se mêler point de celle des autres! Ces contrôleurs d'État, qui ne regardent que leurs intérêts particuliers, sont cause de nos désmonarque et produisit une vive sensation en Europe; quarantesept éditions furent prompteinent épuisées, et il y en eut des traductions dans toutes les langues ; mais plus tard des doutes s'élevèrent sur le véritable auteur de cet écrit.

M. Guizot, dans une très-curieuse notice placée en tête du tome IX de sa collection des Mémoires relatifs à la Révolution d'Angleterre, discute et établit la part que le roi Charles prit réellement à la rédaction de VEikôn Basilikè.

1. On lit dans la Gazette : « Le 24 octobre, la Reine envoya l'évêque de Rodez, précepteur du Roi, dans la maison professe des Jésuites , leur faix'e sçavoir que Sa Majesté avoit retenu pour confesseur du Roi le révérend père Charles Paulin, jésuite, supérieur de la maison professe de Saint-Louis , dont la prudence piété et charité désintéressée s'est rendue publique , par la conduite publique qu'il a eue des affaires spirituelles de la maison ' des Pères de l'ordre de Sainte-Croix, comme sa doctrine et son éloquence ont été recognues pendant le long temps qu'il a régenté en cette ville ; ce choix s'étant fait avec la joie et l'approbation de toute la cour.

ordres, et quand celui que vous dites changera d'esprit, il continuera de vous honorer comme il faisoit auparavant ; il a tant d'autres affaires d'obligation , qu'il feroit mieux d'y satisfaire que de courir jour et nuit\

« Si vous avez des nouvelles d'Angleterre , vous m'obligerez •, cet exemple fait horreur , et doit-on craindre un mal qui commence et se conduit par les mêmes voies : il y a quelques pièces ajoutées dans le livre du feu Roi, imprimées à Rouen, qui méritent d'être vues. Au milieu de toutes les lumières de son esprit , il élève si haut cette religion anglicane , qu'il semble que ce soit la cause de son malheur. Je suis, etc.

« Je n'ai point appris la résolution touchant M. d'Emery : il faut que cette charge soit bien avantageuse, puisque tant de sortes de personnes la briguent publiquement. «

« Monsieur , on ne prendra pas conseil de la nécessité , mais on réglera sa dépense sur le peu qui reste , et où ces réformateurs nous ont réduits. On juge assez si on n'est point en pire état que quand on a commencé. Les auteurs de tous nos malheurs ne trouveront-ils autre sûreté pour eux que dans la suite d'un mouvement. Ce tragique mouvement d'Angleterre ne fait-il point horreur et h'arrétera-t-il point leurs mauvais desseins , puisqu'ils ont commencé de la même sorte ?

i. Allusion au coadjuteur de Paris (voy. ses Mémoires de l*année 4649).

« J'achève l'histoire de ce malheureux Roi contenue en son livre ! Il a prévu sa mort et la ruine de la monarchie , et n'y a pu donner remède !

« Monsieur , à la fin de votre lettre vous êtes merveilleusement stoique. En quel état seroit ce public que vous aimez tant? Que deviendront tous les établissements de la monarchie, où il faut s'oublier pour s'y donner tout ? Les brigues de la Surintendance sont honteuses; plaignons un peu ceux qui ont la conduite, puisque le bien et le mal plait également à ceux qui veulent troubler le calme , et que vous cognoissez bien, ne cherchant que des prétextes pour faire du bruit. Il est temps qu'ils changent d'esprit ou qu'ils rendent compte en public de leurs desseins.

« Si l'affaire de Bordeaux n'étoit conduite par les conseils qui sont a Paris, j'espérerois que l'on pourroit y mettre fin. H est nécessaire, néanmoins, de la terminer, pour oter tout sujet à ces contrôleurs d'Etat, qui ne cherchent que leur intérêt, tout dût-il périr. Je suis , etc. »

« Monsieur , je me console en votre billet en attendant que je reçoive l'honneur désiré , et me promet-on que ce sera bientôt. Si vous me voulez faire part de cet acte notable pour les libertés, vous m'obligerez. Je ferai achever de transcrire quelques actes du livre que vous m'avez prêté et le renverrai demain.

« En ces moments publics, espérons que le bon ange de la France dissipera ces nuages , qui ne laissent pas de s'augmenter de jour en jour. Malheureux

François ! qui sont ennemis de leur repos et qui conspirent à leur ruine. Je suis, etc. ^ n

Le duc d'Orléans au Parlement. — Ses paroles. — Réponse de Mole. — Les émeutes et les rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris.

Le lundi 13 décembre', les huissiers de la Cour

1. Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettres lxxxix, xviii, xiv, XVII, XVI et V.

2. Les rentes sur l'Hôtel de Ville n'avaient pas été payées pendant les troubles de 1649. La paix rétablie, les rentiers s'assemblèrent pour faire entendre leurs plaintes à ce sujet. Ce fut donc la première affaire importante dont le Parlement eut à s'occuper dès l'ouverture de ses séances. Le 13 novembre, le Prévôt des marchands et les échevins présentèrent requête à la Cour, sur laquelle il y eut arrêt portant que « pour pourvoir à la sûreté publique et au payement des rentes constituées tant sur le sel , tailles , aides , cinq grosses fermes , recettes générales et provinciales, es quelles tant de particuliers sont intéressés , et pour arrêter le cours des séditions et voies de fait si contraire et préjudiciable à l'autorité du Roi, la Cour ordonne l'exécution de ses précédents arrêts sur ce sujet, renouvelle la défense de faire assemblées illicites et ports d'armes , à peine d'être déclaré perturbateur du repos public et d'être pi'océdé contre eux si rigoureusement, qu'ils serviroient d'exemples à la postérité. » — Mais les rentiers s'assemblèrent de nouveau, nommèrent des syndics chargés de s'occuper de leurs intérêts , et l'un d'eux , Joly, conseiller au Châtelet de Paris , soutenu par le Prévôt de Paris , présenta une nouvelle requête le 3 décembre. — L'agitation était déjà très-grande lorsque les Frondeurs , pour relever leur parti qui avait été abattu par le traité de paix , s'imaginèrent, au dire du cardinal de Retz {Mémoires, p. 173), de faire simuler une entreprise d'assassinat sur le syndic Joly. Quatre hommes de cheval, vêtus de rouge , furent apostés, et un d'entre eux, disent les registres de la Cour, fit feu à brûle-pourpoint sur le syndic, tout en lui disant de mauvaises paroles.

« Le 1 3 décembre, il y eut arrêt de la Cour ordonnant d'informer pour avoir révélation de ce qui s'est passé , et faire exacte recherche et perquisition des assassins , et Joly et son collègue Charton furent placés sous la sauvegarde de la Cour.

« A l'occasion du jugement de cette affaire au Parlement , les

ayant averti la compagnie que M. le duc d'Orléans , M. le Prince et M. le prince de Conti étoient à la Sainte-Chapelle et venoient au Parlement , il fut député plusieurs présidents et conseillers pour aller les recevoir, et toutes les Chambres assemblées, les gens du Roi mandés, ledit seigneur duc prenant la parole , dit : (( Qu'il avoit été bien surpris ayant sçu ce qui s'étoit passé en cette ville de Paris , le dernier jour * , lui en étant absent; qu'il venoit en la Cour pour l'exhorter à y mettre ordre et empêcher telles actions qui vont à troubler la tranquillité publique et empêchent la paix ; qu'il croit que chacun de la compagnie a le même dessein pour rétablir l'autorité royale blessée, et celle du Parlement et des magistrats ; que lui y est bien résolu et MM. les princes ses cousins j que le Roi et la Reine ont de très-bonnes intentions de demeurer à Paris , et se louent des bonnes actions du peuple. ))

Frondeurs voulurent récuser le Premier Président, dont ils redoutaient la sévérité. Malgré la douleur qu'éprouva Mathieu Mole de ce procédé immérité, il n'en témoigne pas moins une grande modération, au dire du cardinal de Retz [Mémoires, p. 181). — Voy. aussi V Introduction, de M. le comte Mole , p. xliii à xlv.

1 . Le Roi dit dans sa lettre au Parlement : « Les mauvais desseins des factieux ont paru dans les faux bruits que l'on a semés de temps en temps, et dont l'on s'est servi pour séduire et débaucher le peuple ; mais surtout les mauvaises intentions des factieux se sont montrées clairement en ce qai s'est passé samedi dernier , lorsqu'en suite de l'action attentée contre Joly, ils se sont déclarés ouvertement, sont allés dans le palais, dans les places publiques et dans les rues exciter un chacun de prendre les armes et les marchands de fermer leurs boutiques, et par des propos les plus séditieux que l'on puisse tenir , n'ont rien omis pour faire assem bler en armes le peuple, »

Le Premier Président lui a répondu : « Que la compagnie tient à grand honneur qu'il ait pris la peine d'y venir, et d'y voir avec lui M. le Prince et M. le prince de Conti : aussi peut-il être assuré qu'il ne sera jamais plus honoré que par le Parlement; qu'il veut bien que l'on lui dise que l'on n'a jamais douté de l'intention de la Reine, en l'exécution de la déclaration qui a dû mettre fin à tous les désordres passés , et pourroit donner les assurances d'un calme public ; mais que les paroles qu'il donne confirmeront toutes les espérances, dissiperont tous les nuages et feront cesser toutes sortes de défiances; qu'on se peut donc promettre qu'un chacun , à l'avenir, s'acquittera de son devoir en se contentant de sa condition, rendra toutes soumissions à son souverain , afin que, les divisions cessant , les ennemis de l'État perdent l'attente des avantages qu'ils avoient espérés de nos troubles , et se rendent aux justes conditions de la paix si désirée d'un chacun et si nécessaire à tous. Quant à ce qui s'est passé depuis peu, le Parlement, sous l'autorité du Roi , y apportera tous les soins possibles pour faire sentir aux coupables les peines dues à leurs crimes, n

Lesdits gens du Roi, M^ Omer Talon, avocat dudit seigneur, portant la parole, ont dit à la Cour : « Que le jour d'hier , sur les cinq heures du soir, ils reçurent ordre, ses collègues et lui, par l'huissier du cabinet de la Reine, de se trouver au Palais-Royal; où étant allés, à l'instant furent introduits dans la galerie de la Reine par le ministère du sieur Saintot, maître des cérémonies. Le Roi et la Reine étoient assis , M. le duc d'Orléans, M. le Prince, M. le prince de Conti et le reste du conseil. La Reine leur fît l'honneur de

leur dire que M. le Chancelier leur expliqueroit sa volonté , ce qu'il fit à l'instant par un discours assez long, duquel ils rapporteroient seulement le sommaire : « Que le Roi est retourné en cette ville de Paris, il y a quatre mois ou environ, comme dans le centre de son royaume, pour conserver la tranquillité publique de l'État et faire cognoitre dedans et dehors la bonne volonté qu'il a pour ses peuples'; que depuis ce temps il a été informé de divers desseins que plusieurs particuliers ont eus de troubler cette tranquillité publique % dont il ne s'est pas voulu émouvoir, laissant à la conduite et direction de cette compagnie et des juges ordinaires le soin de la ville de Paris; que depuis quinze jours et plus, il a reçu différents avis que quelques personnes se vantent que , dans ce mois , il arriveroit du désordre, et plus grand qu'il n'avoit été par le passé; que la Cour sçavoit ce qui arriva samedi dernier , sur le sujet de l'assassinat attenté en la personne du sieur Joly , qui est un crime énorme dont le Roi veut que la recherche et la punition soient exactement et sévèrement faites ' ; et outre les procédures ordinaires de la justice, si pour la recherche des accusés et des complices, il est besoin de forces plus

1. La lettre du Roi au Parlement, en date du -12 décembre, porte : « Nous avons si bien recognu la sincère et cordiale affection de tout le peuple de notre bonne ville de Paris vers notre personne et pour le repos de notre État , dans le désir extrême qu'il nous a témoigné de notre retour en notredite ville et par toutes les démonstrations possibles de joie et de satisfaction publiques, qui ont été faites alors que nous y sommes arrivés. »

2. Le Coadjuteur dépeint dans ses Mémoires, p. 182, en termes énergiques l'état des esprits à Paris , et l'animation des partis qui étaient tous les jours en présence.

3. En ordonnant de poursuivre très-sévèrement les assassins de

grandes, le Roi y contribuera volontiers pour faire de'couvrir et châtier les coupables. Mais le Roi prétend que cette action n'a rien de commun avec l'émotion publique que l'on a tenté ouvertement de faire dans le palais, dans les rues et dans les places publiques de cette ville de Paris; que ce n'est pas la voie avec laquelle on doit chercher la punition d'un assassinat, que d'émouvoir tout le peuple et lui faire prendre les armes; qu'autrefois des officiers du Parlement ayant reçu injure en leurs personnes, la punition publique en a été faite sans émotion populaire ; qu'encore que cet attentat n'ait produit aucun effet, et que les bourgeois aient témoigné leur affection au service du Roi, et à leur conservation particulière, laquelle ne peut subsister que dans la tranquillité commune ; néanmoins le Roi désire que la Cour fasse réflexion sur ce qui se passa samedi dernier , dont Messieurs purent être témoins aussi bien qu'ils en étoient les juges et pour témoigner à toute la France la sincérité des actions de Sa Majesté , et que la vérité d'un procédé de cette qualité soit éclaircie, elle leur avoit commandé de demander la permission d'en informer, comme ils faisoient, pour avoir preuve de ce qui a été fait, le jour et la nuit de samedi dernier, contre ceux qui ont ému le peuple à sédition , fait des assemblées illicites, et qui ont contribué à ce mauvais dessein, circonstances et dépendances ^ ;) Les gens du

Joly , le Roi ne se servait pas moins d'expressions qui pouvaient faire connaître à la Cour son opinion sur cette affaire. La lettre au Parlement porte : a de procéder à la recherche de Yassassinat prétendu de Joly. »

i. Les gens du Roi étaient aussi porteurs d'une lettre du Roi au Parlement, et dont nous avons reproduit les principaux passages.

Roi retirés, il fut procédé à la Visitation de la plainte, et des informations furent faites suivant les arrêts du dernier jour, et l'affaire mise en délibération , la Cour donna arrêt conforme à la requête*.

i. Le lendemain , 14 décembre , le duc d'Orléans vint encore au Parlement, au sujet de la même affaire des rentes, mais un arrêt rendu le 29 décembre régularisa enfin les assemblées qui devaient être faites pour veiller au payement des semestres. Ces assemblées se composèrent de députés du Parlement, de la Chambre des Comptes, Cour des Aides, de conseillers de ville et de quatre notables bourgeois de chaque quartier.' Ainsi se termina cette année d649, qui fut si agitée. De nouvelles combinaisons politiques se tramèrent bientôt après. Ce fut le héros de Rocroy et de Lens qui en fut la victime.

Arrestation des princes. ■ — Voyage du Roi en Normandie. — Requête de la princesse douairière de Coudé au Parlement. — La cour prend sous sa protection la princesse de Condé. — Détention d'un président de la Chambre des Comptes. — Retour du Roi à Paris après le siège de Bellegarde. — Déclaration du Roi contre la duchesse de Longueville, le maréchal de Turenne et leurs adhérents. —Les prisonniers de la Bastille. — Délibération du Parlement à ce sujet. — Lettre de la Cour au parlement de Toulouse. — L'envoyé de l'Archiduc vient proposer la paix. — Requête des princes prisonniers au Parlement. - Ordre de la Reine de surseoir toute délibération.— M"' de Longueville et la princesse de Condé. — François Mole, conseiller au Parlement. — L'armée des Frondturs commandée par Turenne est battue par celle du Roi.— Nouvelles instances pour la mise en liberté des princes.

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