‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 20 sur 85 · VOYAGE DU ROI EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

VOYAGE DU ROI EN NORMANDIE

Le lundi 31 janvier, le Premier Président a dit à la Cour : ce Que, samedi dernier, suivant l'ordre reçu de la part du Roi, il fut au Palais-Royal, environ les quatre heures de relevée, avec MM. les autres députés de la Cour, Entrés, il plut à la Reine leur dire : « Que le service du Roi l'obligeoit de faire un voyage en Normandie*, pour peu de temps ; que M. le duc d'Or-

biter aucun livre, libelle diffamatoire et autres, tendant à exciter sédition.

1. Voy. ai V Appendice les lettres de Mazarin, relatives à 'ce voyage du Roi, et pour les troubles de la Guyenne, le rapport de Moran, maître des requêtes de l'hôtel du Roi , char^'é d'informer sur le sujet des troubles de cette province.

Au mois de février 16uO, la Coui" enregistra des lettres patentes

léans demeureroit en cette ville; que les soins qu'il prendroit étant secondés des bonnes intentions du Parlement, tout se maintiendroit en repos ; ce qu'elle se promettoit de l'affection de la Cour, w Le Premier Président lui dit : « Qu'il feroit entendre à la Cour l'honneur de ses commandements ; que ce sera toujours avec un extrême ree^rel d'apprendre l'éloignement du Roi et de la Reine de la ville capitale du rovaume, puisqu'elle avoit mis son souverain bien en sa présence ; que l'on cédera néanmoins à la nécessité des affaires et préférera l'avantage du général au particulier ; que l'on se promet que la présence du Roi et de la Reine dissipera les nuages, et calmera tous les orages qui se pourroient exciter ; que c'étoient les vœux du Parlement, qui contribuera au repos public

du Roi, du 1" du même mois, ordonnant au duc de Bouillon, aux maréchaux de Brézé et de Turenne et au prince de Marsillac, qui s'étaient retirés en Guyenne pour y exciter des mouvements populaires, après l'arrestation des princes, de revenir près du Roi dans quinze jours et qu'il oublieroit tout le passé, et qu'à faute d'obéir, il les déclare rebelles et perturbateurs du repos public, etc.

Le 7 mars, le Premier Président appela l'attention de la Cour sur le sujet d»es Induites. L'affaire fut remise à l'examen du conseiller Leprevost. Il fut ensuite donné lecture d'une lettre du Roi annonçant son voyage en Bourgogne. (Voy. à V Appendice les lettres de Mazarin relatives à ce voyage.)

Le 21 mars , le Parlement reçut une lettre du Roi en date du 4 mars, par laquelle il annonçait qu'il avait retiré les sceaux au chancelier Séguier, pour les remettre au marquis de Châteauneuf.

L'affaire des rentes de l'Hôtel de Ville est encore de temps à autre l'objet des délibérations du Parlement; mais depuis que les Fi'ondeurs ne se servirent plus de ce prétexte pour exciter le peuple, cette question perdit de son importance politique. Le duc d'Orléans l'avait également prise sous sa protection et paraissait s'en occuper dans le Conseil.

80 RIÉMOIRES

tout ce qu'il doit et témoignera, par toutes ses actions, sa fidélité , et que le ciel comble Leurs Majestés d'autant de bonheur qu'ils en méritent et que l'on leur en peut souhaiter. » Ensuite, ils avoient fait humbles révérences et s'étoient retirés. »

REQUÊTE DE LA PRINCESSE DOUAIRIÈRE DE CONDÉ. PRÉ- SIDENT DE LA. CHAMRRE DES COMPTES PRISONNIER.

Le mercredi 27 avril, le Premier Président a dit à la Cour : « Qu'il y a\oit deux affaires d'importance, sur lesquelles il étoit nécessaire de délibérer : l'une touchant deux requêtes présentées par M"^^ la princesse douairière de Condé et par les parents du sieur Perrault, président en la Chambre des Comptes, détenu prisonnier au château de Yincennes, dont un de Messieurs s'étoit chargé ; l'autre , sur ce que le sieur de Fromont, secrétaire des commandements de M. le duc d'Orléans, est venu, de la part du duc, lui dire que l'on différât la mercuriale , jusques au retour du Roi en celte ville, qui devoit être lundi prochain, sur les bruits qui couroient de ce qui s'y devoit passer, qui pourroit donner atteinte à la tranquillité publique. Sur quoi , la Cour ayant délibéré , a arrêté : que M*' Pierre Fayen et Claude Ménardeau, conseillers du Roi en la Cour, iroient présentement vers le duc d'Orléans lui donner avis desdites requêtes ; lui faire entendre que, suivant son désir et sa volonté, on a différé de délibérer sur icelles, jusques au retour du Roi; et que la Cour a trouvé juste d'ordonner, ce pendant, que la princesse douairière de Condé ' ait la liberté de

1. Cette princesse mourut à la lin de l'année i6S0. Les régis-

DE MATfflEU MOLE. (4650.) 81

demeurer en sûreté*, en tel lieu qu'il plaira audit seigneur Roi lui désigner, dans l'enclos de la ville et faubourgs de Paris, jusques à ce qu'autrement en ait été ordonné, et de tenir la mercuriale à l'ordinaire sans parler desdites requêtes.

Le mardi 3 mai, le Premier Président a proposé à la Cour d'aller saluer le Roi et la Reine-régente en France à leur retour de Bellegarde^; et ont été mandés les gens du Roi, pour sçavoir l'heure dudit seigneur Roi et de ladite dame Reine.

Page 1