‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 42 sur 85 · LETTRES DU CARDINAL MAZARIN A LE TELL 1ER · texte numérisé non relu

LETTRES DU CARDINAL MAZARIN A LE TELL 1ER

Il faut se procurer de l'argent par tous les moyeus possibles. — Cambrai secouru par les ennemis. — Discours de Son Altesse Royale au Prévôt de Paris, — M"'° de Chevreuse. — M. de Beaufort. — Cambrai doit-il être attaqué ? — Affection de la Reine pour Mazarin . — Tentative des Frondeurs. — Réponse que doit faire la Reine au Prévôt de Paris. — Désordres à Paris. — Regrets du Cardinal d'être éloigné de la Reine ; il ne croyait pas avoir le cœur si tendre. — M"* de Montbazon. — Les Frondeurs.

Je redépêche votre courrier à l'instant même que je recois votre lettre , pour vous dire qu'elle m'a mis en des inquiétudes extrêmes , voyant le peu d'avancement qu'il y a à trouver l'argent nécessaire pour le bon succès de l'entreprise où l'on est engagé. La Reine m'a commandé de vous écrire qu'elle approuvoit entièrement tout ce que vous jugerez à propos de faire avec M. le Chancelier et MM. les Directeurs, pour en avoir dans

cette conjoncture, qui est si pressante, ne désirant pas même que vous écriviez ici , pour avoir ses sentiments , mais que vous conduisiez dès de là toutes choses, afin de ne perdre pas un instant de temps utile.

Il seroit absolument nécessaire d'avoir présentement six cent mille livres, et quelques jours après quatre cent autres mille; je comprends dans la première partie les deux cent mille que l'on doit envoyer pour demain au soir. Vous pouvez croire que je serois très-aise de vous voir ici bientôt de retour; mais je vous conjure de voir auparavant, jusques au bout, ce qui se peut faire humainement; car, quand vous serez une fois parti , les lettres n'avanceront pas beaucoup. Quand je vous recommande de faire en cette occasion tous les efforts possibles, je sçais bien qu'il est superflu ; mais je le fais pour ma propre satisfaction. A Compiègne, 3 juillet 1649.

Enfin nous sommes malheureux, et quelque prudence que l'on apporte pour faire réussir les choses , on n'en peut venir à bout. Les ennemis ont jeté un secours dans Cambrai de deux mille hommes, qui sont entrés par le quartier des Allemands, au moment où le comte d'Hariîourt, par l'avis de tous les officiers, a jugé à propos de 5e pas continuer à fermer la circonvallation et de se I étirer de devant la place. Il me mande qu'il attendroit les ordres de ce qu'il y avoit à faire et qu'il étoit en état de tout entreprendre; mais comme les ennemis ont déjà leur armée ensemble, je ne vois pas bien quel nouveau projet on peut faire pour attaquer quelqu'une de leurs places, tant soit peu considérable. La Reine m'a commandé de vous en dépêcher, afin que vous donniez part de cet événement à Son Altesse Royale ; et si elle ue doit

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pas venir sitôt , la prier de donner des conseils dans ce rencontre.

L'affaire est assez extraordinaire pour nous toucher au dernier point. Il est constant qu'il n'y avoit que douze cents hommes dans la place ; il est vrai que, hors quatre cents, tout le reste étoit de nouveaux soldats qui ne valoient rien, et de l'autre il est assez étrange qu'après dix jours de travail à la circonvallation, les ennemis soient entrés sans combat et sans perdre un homme. Mais , surtout, il est inouï qu'ayant intercepté une lettre du gouverneur de Cambrai au comte de Fuensaldagna, qui spécifioit par le menu par quel endroit il falloit introduire le secours, et en ayant fait scavoir le contenu à M. le comte d'Harcourt, il leur soit réussi de le faire entrer par cet endroit même.

Il faut bien prendre garde de ne point parler là-dessus, en s"orte que les chefs de nos troupes puissent croire qu'on ait la moindre méfiance d'eux : il faudra même que l'on voie de quelle façon en parlera la Gazette.

Continuez, s'il vous plaît, la même diligence pour l'argent, car il faut encore plus présentement songer aux moyens de faire subsister l'armée.

Je vous prie, à l'instant que vous recevrez cette lettre, d'aller voir Son Altesse Royale, afin qu'elle ne reçoive la nouvelle d'autre bouche que de la vôtre.

J'ai été très aise d'apprendre avec quelle fermeté, quelle affection et quelleadresse Son Altesse Royale a parlé à M. le Prévôt des marchands, échevins et aux autres qui l'ont visité, tant sur les vertus du Roi, que sur les libelles et désordres qui régnoient encore dans Paris; comme, néanmoins, il ne se peut rien ajouter, je ne doute pas que

cela ne produise de très-bons effets. J'en rendrai compte à Sa Majesté la Reine.

Pour M""^ de Chevreuse , vous pouvez assurer M. le Premier Président qu'il n'y aura point de faute à ce qu'il lui promettra. Il ne faut point ouvrir de capitulation sur le temps qu'elle demeurera à Dampierre*

Ce seroit un coup bien digne du zèle que mon dit sieur le Premier Président donne pour le bien de l'Etat, si dans une conjoncture si importante que celle-ci, il me donnoit quelque moyen d'avoir de l'argent.

Si M. de Beaufort n'attend à s'accommoder que la rupture ou la conclusion du mariage, il me semble qu'il ne doit plus être arrêté par ces conssidérations, puisque le mariage ne se fait pas.

Comme je songe incessamment au moyen d'avoir de l'argent, je vous mande tout ce qui me tombe dans la pensée. Rien n'étant opéré, c'est à vous à y faire ce que vous estimerez plus à propos. Je vous prie donc de voir, si par le moyen de M. le Premier Président ou de M. le président Le Coigneux, ou de M. d'Avaux, qui se pique sans doute de générosité en ce rencontre, nous ne pourrions point trouver de l'argent sur des pierreries. Elles ne sont point de la couronne et m'appartiennent en mon particulier. Je prendrai moi-même l'argent en mon propre et privé nom, et faute de payer elles seroient fort bien perdues. A Compiègne, ce 4 juillet 1649.

Je suis arrivé ici avant dix heures, et peu après le sieur Talon, venant de l'armée, qui m'a dit de la part de M. le comte d'Harcourt, qu'ayant fait opiner dans le conseil sur l'attaque de Cambrai, en vue qu'il n'y eut dedans que dix-Luit cents hommes, comme il venoit d'en

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avoir le rapport par un espion, et que Je gros de l'armée ennemie fut aux environs de Bouchain, comme il en avoit aussi avis, chacun avoit été d'opinion qu'on pouvoit faire l'entreprise, d'autant plus qu'il n'y avoit nulle apparence que les ennemis pussent croire qu'on fût pour prendre une pareille résolution.

Voilà qui est fort beau de prime abord : mais on y ajoute tant àe pourvu, que j'en suis fort embarrassé; et, à vous dire vrai, je répliquerai de nouveau à M. le comte d'Harcourt ce que nous pourrons faire, et il prendra après les résolutions qu'il estimera les meilleures, ne voulant point m'exposer à aucune contestation, ni qu'il y ait sujet de dire qu'on l'a embarqué à un grand dessein mal à propos.

Je crois qu'il seroit bon que vous écrivissiez un mot à Son Altesse Royale de l'état des choses, sans oublier que je ne ferai autre chose que de répliquer ce que nous pouvons contribuer à l'entreprise, laissant après cela à M. le comte d'Harcourt à prendre telle résolution qu'il avisera, avec le conseil des principaux officiers.

Après que vous aurez donné part à la Reine de tout le contenu en cette lettre, je vous prie d'y ajouter mes compliments, avec toute la soumission et la tendresse que doit le plus obligé de ses serviteurs. A Ham , le 22 juillet 1649.

Les personnes qui avoient dessein de proposer à la Reine d'agréer que M. de Beaufort eût la liberté de lui venir faire la révérence pendant mon absence, cognoissent fort mal Sa Majesté, ne sçavent pas combien je me puis promettre de sa bonté et de la fermeté de sa bienveillance, sans que j'aie aucun besoin d'être présent pour en recevoir

toute sorte d'effets, et qu'elle n'a nulle nécessité de recevoir conseil sur de pareilles demandes. Je voudrois, pour ma satisf?.ction, que ces personnes-là eussent exécuté leur pensée avant qu'aucun autre l'eût découvert; je suis certain que l'ouverture a été rejetée avec les termes d'indignation qu'elle méritoit; et que Sa Majesté a bien vu d'abord d'elle-même , que le dessein de M. de Beaufort seroit d'éterniser sa demeure dans Paris, disant qu'il avoit rendu ses devoirs à Sa Majesté, et qu'il devolt être dans la même condition que tous les autres. Cependant, je suis fort obligé à M, l'abbé de la Rivière des sentiments qu'il vous a témoignés quand vous lui avez parlé sur ce rencontre.

J'ai été bien aise de voir l'arrêt du Parlement, que vous m'avez envoyé. Il est certain qu'on ne pouvoit pas désirer davantage de lui, sur l'accident qui est arrivé de l'évasion de Morlot.

La députation de la ville sera aussi fort bonne, et il faut prendre soin que la Gazette en publie les circonstances, afin de faire voir à tout le royaume et aux étrangers combien le Roi est souhaité à Paris , et qu'il n'y a rien que les bons bourgeois ne fassent, quand on voudra, pour obtenir ce bien.

La réponse, à mon sens, qu'on pourra leur faire, c'est que Sa Majesté leur dise en substance :

« Qu'elle a grand désir de leur donner cette satisfaction, et qu'elle l'auroit déjà fait, quoique chacun voie assez combien l'approche du Roi de la frontière peut apporter d'utilité à toutes les affaires, soit de la guerre, soit de la paix même, pour l'avancement de laquelle on n'oublie rien de possible; mais qu'à la vérité personne ne se trouve assez hardi pour conseiller ce retour, tant

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qu'on verra la licence et le désordre régner si impunément dans Paris. Que Sa Majesté est bien assurée que les bons bourgeois, bien loind'y avoir part, sont au désespoir de ce qui se passe et n'oublient rien de ce qui dépend d'eux pour y remédier ; mais qu'il sera impossible vraisemblablement qu'ils en viennent à bout , tant qu'il y aura dans la ville des personnes qui fomenteront ce mal par les artifices qu'elles emploient continuellement pour l'accroître. Ajoutant : que Sa Majesté est si certaine de l'affection qu'ils ont pour le Roi, qu'ils ne voudroient pas euxmêmes conseiller de le ramener, tant que ce désordre et cette licence dureront avec tant de débordement, étant impossible que Leurs Majestés y puissent pour cela demeurer avec aucune satisfaction, ni même avec sûreté. »

Ainsi, sans leur expliquer davantage la chose, ni leur demander positivement qu'ils chassent personne, je voudrois leur faire cognoître adroitement qu'ils ont en main un moyen bien facile et indubitable d'obliger Leurs Majestés à revenir sans délai, rejetant la cause de l'absence sur les désordres, et faisant voir qu'ils ne peuvent cesser, tant que ceux qui les fomenteront seront présents.

Je ne puis assez m'étonner que M. de Retz sollicite pour Fontrailles et pour Matta, cela ne s'accorde pas avec les protestations que fit à la Reine le Coadjuteur, sans le conseil duquel il est certain que M. de Retz ne le feroit pas.

Le sieur deRougy est arrivé ce matin de l'armée; celle des ennemis est toujours campée entre Çouchain et Cambrai, se couvrant de la rivière d'Escaut, et ayant un retranchement entre ladite rivière et le ruisseau d'Arlcux, Ils ont six régiments dans un fort à la tête d'un pont, qui n'est qu'à portée du canon de Cambrai. Ainsi l'atta-

3f)2 APPENDICE AUX MÉMOIRES

que de cette place se trouve présenieinent impossible, n'y ayant rien de si public parmi les ennemis mêmes, que l'on avoit dessein de la faire réassiéger. Ainsi, il y a plus de dix jours que les moindres personnes suivant la cour ne s'entretiennent d'autre chose à Compiègne. Je n'ai point pris encore de résolution pour ce que l'on pourra faire à l'armée ; je vous tiendrai incessamment avisé de tout, afin que vous en rendiez compte à Sa Majesté et à Son Altesse Royale. Il sera même à propos que M. le Prince, arrivant à Paris, trouve quelque chose de ceci, et que vous lui mandiez que je vous en ai prié. A Saint-Quentin, 23 juillet 1649.

Je vous envoie l'extrait d'une lettre écrite de Paris, dont j'ai trouvé les particularités très-considérables. Il n'y a rien de plus étrange que de voir M. de Beaufort et les autres, protéger d'un côté ceux qui ont outragé les valets de pied du Roi et de l'autre ceux qui attaquent la Reine : la chose vient si avant qu'elle ne peut plus se dissimuler, et il faut sans doute songer aux remèdes. Je crois qu'il sera bon que vous fassiez sçavoir la plus grande partie du contenu audit extrait à M. le Premier Président et aux autres gens que vous jugerez à propos pouvoir servir le Roi, en cette occasion, quand elles en auront cognoissance , comme au lieutenant criminel ; et il faut aussi examiner au lieu où vous êtes ce qu'il seroit bon de faire en ce rencontre; comme il seroit à propos d'en écrire au corps de ville ou au Parlement de se déclarer, ou bien en parler aux députés de la ville, quand ils viendront saluer Sa Majesté sur le même sujet.

La proposition de donner à M. de Beaufort la survivance de l'amirauté et ce qu'on a parlé de donner en

échange à M. de Mercœur, est fort belle et je m'assure que la Reine l'aura fort goûtée. A Saint-Quentin, 25 juillet 1649.

J'ai reçu votre lettre d'hier, qui ne m'oblige à aucune réponse.

Je vous prie de faire mes très-humbles soumissions au Roi , à la Reine et à Monsieur. Je vous avoue que je n'aurois jamais cru avoir le cœur si tendre et que je souffre déjà beaucoup de mon éloignement de la cour.

M. le maréchal de Schomberg vient d'arriver, qui me fait horreur en me comptant les particularités de ce qui se fait journellement à Paris, où il n'est plus question du Cardinal, mais du Roi et de la Reine, et cependant ces sacrés noms ne sont pas capables de les retenir.

On me confirme que M. le maréchal do laMothe a eu grande part à l'évasion de Morlot, et néanmoins on m'a dit que M. le Premier Président est persuadé que ledit maréchal a de parfaitement bonnes intentions pour le service du Roi. J'espère que l'on pourra donner ordre à tout ceci avec grande facilité, et je vous enverrai mes pensées à mon retour. A Saint-Quentin , le 26 juillet

Je vous dirai, en toute confiance, que M. de Vendôme vient de me faire voir une lettre que lui écrit M"'" de Montbazon, qui contient beaucoup de choses assez particulières. Je crois bien que son dessein a été qu'il me la montrât, où qu'elle a jugé qu'il ne manqueroit pas de le faire; mais toujours elle mérite beaucoup de réflexion. Elle assure, premièrement, qu'il y a la dernière intelligence et union entre M. le prince de Conti, M. de Longuevilîe , M. de Beaufort , M"*^ et M"^ de Longueville ; IV 23

que M*"^ la Princesse est la plus grande ennemie qu'ait le Cardinal ; que tout cela ensemble souhaite le mariage de M. de Beaufort et de M^^^ de Longueville ; que M. de Beaufort avoit plus d'inclination pour M"^ de Chevreuse ; mais qu'elle dame de Montbazon ne seroit pas de son avis , et qu'encore que cette dernière soit plus belle, l'autre doit être préférée, ayant plus de biens et plus présents. Elle ajoute que si M. le Cardinal vouloit un peu s'aider et les aider, il y auroit bien moyen de retirer M. de Beaufort de ses engagements.

Assurément il y a de l'artifice là dedans à me faire dire la chose : je crois pourtant que la plupart des choses pourroient être véritables. La même lettre porte encore : que M. de la Mothe n'étoit pas parti de Paris, et qu'il étoit dans la dernière liaison avec tous ceux de ce parti, unis ensemble si étroitement qu'il ne se peut pas davantage. D'autres avis que j'ai de Paris, par une personne bien informée, portent que M. le prince de Conti étoit continuellement avec M. de Beaufort, et le menoit souvent dans son carrosse avec Matta et Fontrailles. Mais surtout, je suis averti de bon lieu que le lieutenant criminel a touché cinq cents pistoles pour favoriser Malta et Fontrailles dans les dépositions des témoins qu'il entend ; qu'il a promis de faire les procédures en sorte qu'elles ne leur nuisent point ou fort peu. J'ai peine à y ajouter foi, mais je suis obligé de vous le mander, parce que l'avis vient de très-bonne part.

Je croirois important que M. le Prince fût le plus tôt qu'il se pourroit à Compiègne, afin qu'on lui pût parler à fond de tout ce que dessus, ou du peu d'état qu'il doit faire de pouvoir conduire les siennes comme il voudroit; je le tiens d'autant plus nécessaire, qu'il s'imagine peut-

être d'en pouvoir disposer entièrement : cependant, parce que vous sçavez et par avis que je reçois et par la conduite qu'ils tiennent, il me semble qu'il est bien éloigné de cela.

Je ne sçais si on ne pourroit point se servir du prétexte de la députation de la ville pour le convier à venir plus tôt, ou que la Reine lui fît sçavoir qu'elle désire de le voir incontinent, pour lui communiquer diverses choses et prendre ses avis sur ce qui se passe à Paris, à l'égard du Roi et au sien.

Après avoir donné part de tout ceci à la Reine, il faudra tenir bien secret que je vous en ai écrit, vous en servant seulement en discours, selon les circonstances, autant que vous le jugerez à propos.

J'ai oublié, ce matin, de dire à du Plessis de voir Mademoiselle de ma part, pour lui faire mes compliments sur l'accident qui lui est arrivé; je vous prie de suppléer à cela , et de dire à du Plessis qu'il le fasse.

J'ai vu dans la lettre d'hier les sentiments de Son Altesse Royale sur la réponse que la Reine pourra faire aux députés de la ville de Paris. J'aurois cru qu'on pouvoit s'avancer un peu davantage, d'autant plus que, comme vous avez vu dans l'imprimé de la relation de ce qui s'est passé à l'Hôtel de ville , ils ne parlent que de la lie du peuple et je pensois qu'il étoit bien de les détromper et leur faire cognoître que tout cela n'arriveroit point s'il n'y avoit des instigateurs de plus grande condition, qui fomentoient et excitoient ces sortes d'accidents et en recherchoieut continuellement toutes les occasions possibles. Néanmoins, je me remets entièrement a ce qui sera jugé à propos de cela.

356 APPExNDIGE AUX MEMOIRES

Je faisois état de partir, demain matin , pour l'armée, mais les six -vingt mille livres n'étant pas arrivées, et cela pouvant produire un mauvais effet, pour diverses choses où cette somme-là même est nécessaire , j'ai résolu de remettre mon départ à après-demain , espérant de pouvoir recevoir cet argent dans ce temps-là, par le moyen de la diligence que je vous prie d'apporter à son transport. 27 juillet 1 649.

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