RÉCIT DU CARDINAL MAZARIN
A Dijon, le 13 avril 1650.
Son Altesse Royale aura déjà su, par une lettre qu'écrivit de Lyonne à M. Le Tellier, qu'on avoit espérance d'entrer dans Bellegarde en peu de jours, sans répandre une goutte de sang; à présent, elle apprendra que tout est entièrement conclu, ce qu'on doit en grande partie au voyage que le Roi a fait à l'armée. Je m'en vas vous en faire le détail, afin que Son Altesse Royale en soit informée.
Sitôt que la contrevallation fut achevée (ce qui fut fait par les soins de M. de Vendôme, avec tant de diligence, qu'on n'y mit que deux jours malgré la pluie et le mauvais temps), le comte de Tavanes demanda à voir un nommé Bossuet, et comme je prévis que dans cette conjoncture un voyage du Roi à l'armée (qui se pouvoit faire en toute sûreté) produiroit sans doute un grand effet, réchaufferoit l'ardeur de nos troupes, et jetteroit la consternation dans ceux de Bellegardej je le proposai à la Reine, qui y consentit volontiers, afin de pratiquer tous les moyens qui pouvoient donner lieu d'avoir promptement la place, sans aucune effusion de sang.
Sa Majesté partit donc et alla coucher à Saint-Jean de Losne; Bossuet, à qui on avoit permis de voir le comte de Tavanes, retourna avec les propositions de la part dudit comte, si extravagantes, qu'on fut obligé de les rejeter bien loin ; mais, sur les instances qu'il lit d'y retourner, s'assurant qu'il porteroit enfin les assiégés à se mettre à la raison, on lui en donna de nouveau la permission.
Le jour suivant, le Roi descendit en bateau sur la Saône jusques au château d'Épagny, oii M. le duc de Vendôme traita toute la cuur avec une grande magnificence; Bossuet y revint avec une modification très-médiocre aux premières propositions, ayant rapporté que Tavanes, Saint-Micaud, Passage et les principaux officiers commandant dans la place, après lui avoir dit qu'ils étoient cent quatre-vingts officiers résolus de périr sur la brèche et de s'y entasser les uns sur les autres, mais de vendre chèrement leur vie, et toutes les autres rodomontades que Son Altesse Royale sçait qu'on fait en pareilles rencontres, demandèrent trois semaines de temps pour attendre si M. de Turenue les viendroit secourir, s'oi>hjY 25
géant, ce temps expiré, de remettre la place au Roi, à condition de se pouvoir tous retirer en corps, et d'aller joindre en toute sûreté M. de Turenne, protestant, pour conclusion, qu'ils deraeureroient fermes dans cette proposition et qu'ils périroient tous plutôt que de s'en relâcher en rien.
Ma réponse fut que ces Messieurs se moquoient, et que peut-être ils avoient résolu de faire, par leur opiniâtreté, que non-seulement le Roi eût l'avantage de prendre Bellegarde, mais de les châtier et les faire servir d'exemple à tout le reste du royaume, ce qui leur étoit inévitable, et qu'ils méritoient aussi d'autant plus qu'ils sçavoient bien qu'ils ne servoient en rien à M. le Prince et qu'ils ne pouvoient être secourus, et par conséquent qu'ils faisoient cognoître n'avoir autre but dans leur rébellion que de donner moyen aux Espagnols de prendre quelque avantage sur nous pendant que les armes du Roi seroient engagées à l'entreprise de Bellegarde.
Je lui déclarai, pour dernier mot, qu'il ne falloit pas que les assiégés espérassent jamais de pouvoir se retirer ni en corps ni autrement, pour aller joindre M. de Turenne; que ce que je pouvois faire c'étoit de m'eraployer auprès de la Reine, afin de leur faire accorder une abolition de tout le passé; qu'il falloit qu'au même instant qu'ils sortiroient, toutes les troupes fussent licenciées et que chacun ou prît emploi dans les troupes du Roi, ou se retirât chez soi. Qu'au reste, pour ce secours imaginaire qu'ils attendoient, je ferois que Sa Majesté condescendroit à leur accorder huit jours de temps.
Bossuet part avec ce dernier ordre; cependant le Roi alla à l'armée, et comme il s'avançoit, ceux de Bellegarde ' envoyèrent dire que, par le respect qu'ils portoient à Sa
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Majesté, ils ne tireroient point de toute la journée, ce qui commença de faire voir que je ne m'étois pas trompé dans l'effet que devoit produire la présence du Roi. On ne peut bien exprimer avec quelle joie, quels applaudissements et quelles acclamations Sa Majesté fut reçue par nos troupes. Tout retentissoit de continuels cris de « Vive le Roi ! » et on ne voyoit que chapeaux en l'air de tous les soldats et toutes les autres marques de réjouissance dont ils pouvolent s'aviser. Cela causa un grand abattement dans Bellegarde, mais y attendrit tellement le cœur des soldats et ralluma en sorte leur affection naturelle envers la personne du Roi, que tout ce qui étoit sur les remparts, malgré les officiers, firent d'abord la même salve que faisoit l'armée, et ne crièrent pas moins « Vive le Roi 1 » ni avec moins de joie et d'empressement.
Dès lors, la négociation générale fut ouverte et les soins que je pris pour l'empêcher purent bien faire qu'il n'y eût pas six mille négociateurs tout à la fois, mais pour quatre mille, tout au moins, je réponds à Son Altesse Royale qu'ils y furent; elle sçait la déniangeaison que les François ont en semblables rencontres.
Cela rebuta plus ceux du dedans qu'il n'avoit avancé le traité; cependant, comme il y avoit de grandes eaux et de mauvais chemins à passer pour aller au quartier du marquis d'Uxelles, où je voulois voir les troupes, le Roi s'en retourna, et j'allai audit quartier, où je vis entre autres le régiment de Son Altesse Royale, qui est certainement le plus beau corps et le plus fort que j'aie jamais vu.
Je dis en partant à M. de Vendôme que l'intention de Sa Majesté étoit que, dès qu'il seroit parti de Saint- Jean de Losne pour retourner à Dijon , ce qui devoit cire le
lendemain à dix heures du matin, on n'écoutât plus aucune proposition d'accommodement et qu'il fît défense , sous peine de la vie , d'avoir aucun pourparler ni entretien avec les assiégés : et parce qu'on sçavoit que beaucoup de leui'b cavaliers et de leurs soldats ne servoient dans cette occasion qu'à contre-cœur, et que cette répugnance devoit être encore bien augmentée depuis que le Roi avoit paru en personne, on laissa à M. de Vendôme plusieurs imprimés d'une ordonnance qu'on avoit préparée pour jeter dans la place , afin d'essayer de détacher ceux-ci des autres et mettre les officiers dans une perpétuelle défiance du service de tous leurs soldats. On met dans ce paquet une copie de ladite ordonnance, afin que Son Altesse Royale la voie.
L'effet que j'avois vu de la présence du Roi me fit bien juger que nous aurions bientôt quelque nouvelle négociation , et je ne m'abusai pas en cela ; car, à mon réveil, je sçus que dès le soir d'auparavant, comme l'on étoit sur le point d'ouvrir la tranchée , Passage parla à Viantais et demanda de pouvoir entretenir Navailles , prenant pour prétexte de faire des excuses sur quelques coups de canon qu'on m'avoit tirés lorsque j'allai au quartier du marquis d'Uxelles, nonobstant la parole qu'ils avoient envoyé donner, disant que ç'avoit été par des canonniers ivres , contre l'ordre exprès de leurs officiers. Après cela, il lui dit si on ne trouveroit point moyen de s'accommoder; sur quoi ils eurent divers propos. On négocia toute la nuit , principalement sur la prétention où ils demeuroient toujours fermes et fort opiniâtres de pouvoir aller joindre M. deTurenne, après les trois semaines qu'ils demandoient pour attendre le secouio. Enfin^ après beaucoup d'allées et de venues et
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pourparlers, M. de Vendôme leur accorda dix jours pour attendre ce prétendu secours, après quoi ils remettroient la place , et sur l'instant même toutes les troupes qui sont dedans seroient licenciées et se retireroient chacun chez soi, si ce n'est ceux qui voudroient servir dans l'armée de Sa Majesté.
Ils convinrent de donner pour otage le comte de Coligny et un capitaine du régiment de M. le Prince, et on leur donne M. de la Rallière. A quoi M. de Vendôme apporta longtemps grande résistance , comme certainement on ne devoit pas le faire ; mais il y fut enfin porté par tous les autres officiers qui lui représentèrent qu'on avoit toujours accoutumé d'en user ainsi , pour une sûreté réciproque de ce dont on convenoit, et que les assiégés la donnoient plus grande et en nombre et en la considération des personnes.
Je sçus tout ceci à mon réveil , et n'y ayant plus de moyen d'empêcher qu'on ne se fût engagé, ce que je pus faire, ce fut, après en avoir consulté avec MM. les maréchaux de France qui avoient accompagné le Roi , d'ajuster les choses en sorte qu'il parût que les assiégés venoient en suppliants, demandant pardon au Roi de leur faute, laquelle Sa Majesté leur accordoit à condition de remettre la place le 21 du mois courant , et de licencier le môme jour toutes les troupes. Ainsi il n'est point parlé des otages ni même du prétendu secours qu'ils attendent.
Il n'y a point de doute que si on eût pu se servir de cette occasion pour faire un châtiment exemplaire de CCS rebelles, cela eût produit un très -grand avantage pour le service du Roi , par les raisons qui sont assez aisées à juger; et il est certain aussi que dans l'état où étoient les choses et avec les préparatifs qu'on avoit
faits, la place ne pouvoit plus manquer d'être prise, sans qu'il y eût rien à craindre , ni des sollicitations de M""^ de Longueville pour avoir une armée des Espagnols, ni des assurances qu'envoyoit tous les jours M. de Turenne aux assiégés qu'il viendroit les secourir.
Mais les raisons qu'il y avoit pour en user comme on a fait et qui ont obligé Leurs Majestés à y acquiescer, semblent beaucoup plus fortes, et on s'assure que Son Altesse Royale les trouvera tout à fait concluantes. Premièrement, il est constant qu'avec toute la chaleur que les soldats témoignoient au dire des cognoisseurs, nous ne pouvions nous rendre maîtres de la place que dans trois semaines, supposé que les assiégés eussent fait une médiocre défense , parce que le peu de cavalerie que nous avions et le bon nombre qu'il y en avoit dans la place, nous auroient empêchés de pouvoir faire plus d'une attaque. En second lieu, quand ils auroient été pressés, tous les officiers et toute la cavalerie pouvoient toujours sortir par le pont du côté de deçà la rivière , parce que nous n'avions pas assez de troupes pour les enfermer par une contrevallation, et la garder comme on l'avoit fait de l'autre coté.
Il fût arrivé, en outre, un dégoût général dans notre armée , oîi il étoit déjà public que les assiégés offroient de se rendre aux conditions ci-dessus , si les officiers et les soldats eussent vu que l'on faisoit bon marché de leur vie pour en tirer quelque plus grand avantage.
Il fût aussi arrivé infailliblement que dans ce siège on eût affoibli extrêmement l'armée, soit par ceux qui y auroient été tués ou blessés , soit par la maladie et la désertion, outre que l'on auroit toujours été contraint , après ce que l'armée auroit souffert , de lui donner un
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rafraîchissement de quinze jours ou trois semaines, ce qui auroit empêché de pouvoir faire état d'aucune de ces troupes-ci que dans le mois de juin , pendant que la Flandre, les frontières de Champagne, l'Italie et la Catalogne en peuvent avoir un besoin aussi pressant que "chacun sçait, au lieu que l'on travaille dès à présent pour faire marcher toutes les troupes, dès l'instant que la place sera rendue, et cela même avec grande espérance que les corps qui sont destinés pour les frontières de Picardie et de Champagne pourront s'y rendre assez à temps pour, avec les autres qui y sont déjà , empêcher que les Espagnols n'y puissent rien entreprendre avec succès. Cependant il est aisé à voir qu'en faisant autrement, les ennemis eussent pu venir à bout, avec facilité, pendant le temps ci-dessus , de ce qu'ils auroient voulu tenter, qui eût possible été d'assez d'importance pour mettre nos affaires et au dedans et au dehors le royaume en très-méchant état.
On peut espérer même que venant à sçavoir la reddition de Bellegarde qui, dès à présent, deviendra publique, s'ils avoient formé quelque dessein dans la pensée de l'achever pendant que les armes du Roi seroient engagées de deçà, ils pourront maintenant le changer et feront plus de considération de s'y embarquer, comme, en effet, par les avis que j'ai de Flandre, la plus forte batterie dont se servoitM"^ de Longueville et le maréchal de Turenne auprès de l'Archiduc, c'étoit de profiter utilement du temps que le Roi seroit au siège de Bellegarde, parce que tant qu'il dureroit rien ne lui pourroit résister.
Nous étions d'ailleurs obligés de faire très-grande dépense tant pour les travaux, que Son Altesse Royale sçait aller bien vite quand on approche de la contrescarpe, ainsi
que pour le payement du pain, de l'avoine, du fourrage et de la subsistance aux troupes ; et, en effet, il falloit avoir continuellement l'argent comptant à la main, dont, à dire vrai, nous sommes entièrement à bout et sans grande espérance d'en pouvoir trouver, parce qu'encore qu'il y ait de deçà quelques fonds, comme le recouvrement n'en est pas bien présent, personne ne le veut avancer. Ce qui nous mettoit encore plus en peine, c'étoit la provision pour le fourrage; tout le quartier d'en haut de la Saône n'en ayant plus et étant fort difficile d'en faire remonter du côté de Châlon , parce que la rivière demeure toujours grosse.
Enfin, il y a beaucoup d'autres petites raisons que l'on ne dit pas, et il eût été même superflu de déduire celleci que Son Altesse Royale aurait bien jugée, si on n'eût voulu l'informer de tout le détail. En un mot, nous avons Bellegarde et non-seulement nous n'affoiblissons pas notre armée, mais nous la renforçons de près de huit cents hommes de ceux qui étoient dans la place, qui traitent déjà. Nous gagnons cinq ou six semaines de temps pour nous opposer aux desseins des ennemis ; nous conservons divers préparatifs que nous avions faits pour ce siège, dont nous pourrons nous servir utilement ailleurs, et nous nous en retournons à Paris.
La joie de toute cette province est inexplicable; le Roi revint hier au soir, la Reine fut à sa rencontre et toute la ville sortit avec des témoignages de réjouissance qui ne se peuvent bien exprimer. Sans flatterie, le Roi s'est conduit merveilleusement bien en tout ce voyage; les gens de guerre en sont demeurés extraordinairement satisfaits; si on lui eût voulu permettre, il n'y eût eu endroit oîi il ne fût allé. Le transport des soldats a été tel, que s'il
l'eût commandé, je crois qu'ils fussent allés manger les portes de Bellegarde avec les dents.
La Reine m'a commandé de me réjouir de sa part avec Son Altesse Royale de ce succès, et de lui dire que ce qui accroît notablement sa satisfaction en ce rencontre, c'est l'espérance de la revoir bientôt. Leurs Majestés partiront à point nommé, le jour d'après que ceux de Bellegarde seront sortis, et font état de prendre le chemin de Champagne.
L'envie que l'on a de partir au plus tôt fait même chercher les moyens d'accourcir le temps de la reddition de la place ; et quoiqu'il n'y ait pas grande espérance que les principaux officiers y veuillent donner les mains, on ne laisse pas d'y travailler, profitant d'un avis qu'on a eu aujourd'hui que les cavaliers et les soldats sont fort las d'être enfermés, et ne sont pas fort maniables depuis qu'ils ont vu le Roi.
MM. Servien et Le Tellier pourront faire un mé-^ moire à Renaudot de ce qu'ils jugeront à propos qu'il publie, où il y a beau champ de s'étendre sur les louanges du Roi, sur la résolution qu'il a témoignée et sur le plaisir qu'il prend de travailler lui-même à ce qui peut regarder son service et le bien de ses affaires. Et quand il mettra qu'il a fallu enfin que la Reine cédât aux instantes prières que le Roi lui faisoit pour lui permettre d'aller à l'armée, il dira encore une vérité.
Du 21 avril 16'd0.
Sa Majesté est du même avis de Son Altesse Royale, qu'il ne faut pas différer davantage la publication de la déclaration contre MM. de Bouillon, de Turenne et de Marsillac, et ajoute qu'il ne faut rien épargner pour châtier promplement et exemplairement M. de la
Rochefoucauld, et que si sa personne se retire, on trouvera toujours ses maisons à raser , afin qu'il s'en souvienne et que cela serve à contenir dans leur devoir ceux qui pourroient avoir de méchantes intentions. Il me semble qu'il sera bon de prendre occasion de faire de grandes plaintes du procédé de M. de la Rochefoucauld à M"^ de Liancourt, à M. son mari et à M. de Schomberg. Nous avons quelques avis que les Espagnols, ou se sont déjà engagés ou sont sur le point de le faire, envers M'"^ de Longueville et M. de Turenne, de ne point consentir à la paix qu'ils ne moyennassent la liberté des princes, à condition que ceux-ci ne pourroient jamais s'accommoder sans leur consentement. C'est pourquoi cette seule raison suffiroit pour empêcher mon abouchement avec Pignoranda, dont je crois qu'il se faut bien garder, et si lui ou quelque ministre comme le Nonce en font instance, dans l'occasion de son passage en France, il faut tout rejeter sur cette nouveauté si préjudiciable à toute la chrétienté; dire qu'il seroit superflu de traiter à présent que l'on sçait que les Espagnols ont promis de ne point faire de paix qu'à condition de la liberté des princes ; ce qui paroît si étrange et si déraisonnable, qu'on a peine à croire que les ordres en soient venus d'Espagne, ou que la chose y soit approuvée et le traité ratifié, n'étant pas à présumer que Sa Majesté Catholique soit si contraire à la paix, qu'elle s'oblige à n'y jamais donner les mains qu'à la charge de contraindre le Roi de se conformera sa volonté touchant ses sujets, outre qu'il est tout à fait ridicule que l'on puisse écrire que jamais le Roi pût donner la liberté à un prisonnier prince du sang à l'instance des Espagnols, et laisser dans le royaume une personne de sa condition ayant cette obligation aux ennemis.
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La Reinea grand'peine, retournant à Paris, de sçavoir que Matta et Fontrailles y soient encore, et m'a chargé de vous écrire , si la chose n'étoit pas encore faite , d'en parler à Son Altesse Royale de sa part, et lui dire qu'elle souhaite qu'on les éloigne sans plus de délai, et que s'ils n'obéissent pas on les fasse mettre dans la Bastille.