‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 8 sur 85 · RÉPOI^SES DE MOLE · texte numérisé non relu

RÉPOI^SES DE MOLE

« Monsieur, les nouvelles que l'on doit recevoir demain d'Angers, qui est le jour de l'ordinaire, nous assureront de ce qui s'y passe *. L'huissier de la Cour

sembler ce qu'il pourroit de troupes pour s'opposer à la marche de celles que conduit M. de Jerzé.

« Je demande pardon à Votre Altesse, avec toute sorte de soumission, de l'importunité qu'elle recevra par la longueur de cette lettre. Je crois qu'elle aura assez de bonté pour l'accorder à celui qui sera, etc. Au château de Saumur, ce jeudi 8 d'avril 1649. »>

1. La lettre suivante des maire et échevins fut en effet apportée d'Angers au Premier Président : « Monseigneur, le même esprit qui nous a portés d'assurer nos seigneurs de la Cour de nos obéissances à l'autorité de leurs arrêts , nous oblige maintenant de vous donner avis que nous avons été aussi prompts à déposer les armes, que nous nous sommes montrés prêts de les prendre pour seconder vos saintes intentions. Nous ne reçûmes, Monseigneur, les nouvelles de la paix que le 7 de ce mois , sur le midi. Le même jour , la déclaration du Roi fut publiée au siège présidial , et le lendemain l'on chanta le Te Deum , l'on fit les feux de joie, où M. le duc de la Trémouille, qui étoit ici de votre part, y assista , et ensuite congédia ses troupes et fit mettre bas les armes à nos concitoyens. Et comme il n'étoit venu en cette ville que pour tenir la main à l'exécution de votre arrêt, il nous laissa le jour suivant dans une tranquillité parfaite ; mais dans la volonté de ne manquer jamais, en toutes autres occasions, à l'honneur de vos commandements. Il est vrai. Monseigneur, qu'il nous a laissé dans cette crainte d'être plutôt opprimés que châtiés des troupes que l'on veut faire descendre , et toutefois, comme toutes les occasions qui procèdent de la justice n'ont pour objet que de rétablir toutes choses dans leur ordre, notre crainte sur ce fondement s'est convertie sur cette confiance qu'après cette paix, qui est un ouvrage de la justice du Roi et un effet de la prudence de la Cour, nous pourrions, en reprenant nos premières voies, rencontrer notre premier repos. Nous avons, pour ce sujet , député vers M. notre gouverneur, que la nature séparoit d'avec nous plutôt que son inclination , pour le prier de nous faire jouir de la paix , puisqu'il avoit plu à la bonté du Roi IV 2

part pour porter la déclaration , afin que l'on y obéisse comme on doit, et demain, sur la remontrance, je me promets qu'il y aura arrêt. S'il est nécessaire , je ferai voir la lettre de M. le maréchal de Brézé , qui écrit sur l'avis d'un marchand et ne dit point si la déclaration a été publiée au siège de Saumur. Vous verrez par le mémoire ci-enclos ce à quoi il importe de pourvoir. J'en attendrai votre réponse et essayerai de satisfaire à tout ce que je dois et vaincre le malheur qui semble me vouloir encore suivre en l'amitié que vous me témoignez ; vous voulez bien que j'ajoute ce mot. Je serai, etc. Ce dimanche matin.

MOLÉ AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.

Nouvelles d'Angers. — Retour de MM. de Noirmoutier, de Laigue et de M'"^ de Chevreuse.

« Monsieur, je viens de recevoir les lettres de M. de la Trémoille \ en créance du sieur de la Noue , dont

nous la donner. Nous espérons, Monseigneur, de sa générosité notre rétablissement dans ses bonnes grâces et le divertissement du dessein qui avoit été pris de nous envoyer des troupes ; mais si notre malheur étoit aussi public que nos misères, nous supplierions très-humblement votre intégrité de n'abandonner pas une province, laquelle, outre la considération de la justice de notre cause, s'est portée à vous servir parce qu'elle est l'apanage de la seconde personne de l'État, à la conservation duquel nous sacrifierons toujours nos vies, nos biens et nos familles, avec la même affection de laquelle nous vous offrons les obéissances de. Monseigneur, vos très-humbles et très-obéissants et très-obligés serviteurs. »

4 . Les documents tirés des papiers de Mole, et qu'on vient de lire, indiquent assez les difficultés qu'éprouvait l'exécution de la déclaration du Roi du 31 mars , et le rétablissement de la paix. Les plaintes se renouvelaient sans cesse de part et d'autre. L'ordre ne fut momentanément rétabli dans les provinces que

je VOUS envoie copie* (en retenant l'original), que j'ai fait écrire devant moi. C'est l'assurance qu'Angers a désarmé, en exécution de la déclaration; mais comme par celle reçue de M. îe maréchal de Brézé, qui ne vous avoit écrit que sur l'avis d'un marchand et dont je me défiois, comme je vous l'ai mandé, il avoit plu à la Reine prendre résolution de faire avancer les troupes commandées par M. de Jerzé, et qu'avançant toujours, on pourroit s'engager et ainsi rallumer un feu qui fume encore, j'ai cru être obligé de vous envoyer cet exprès, afin de les faire retarder au plus tôt. « Je ne doute point que vous n'ayez avis du retour de M. de Noirmoutier, d'hier au soir, en cette ville, et d'aujourd hui de celui de M™" de Chevreuse', dont M. le duc de Luynes me vient présentement d'assurer. Si tous ces esprits se disposent au bien, Dieu soit loué , sinon vous croyez bien qu'il faut veiller plus que jamais. Lundi, 12 avril, à 7 heures. » — Il y a eu

lorsqu'on apprit que la tranquillité régnait à Paris. Un grand nombre de lettres adressées à Mole le prouvent suffisamment ; mais les détails qu'elles contiennent ne nous ont pas paru assez intéressants pour être publiés. — La letti'e de M. de la Trémoille et celle de M. de la Noue, dont parle Mole dans sa lettre à Le Tellier, existent dans le tome III de Colbert, f" 282, 286.

i . Cette copie existe en effet dans les papiers de Le Tellier , t. II , avec cette note : « Dans la lettre de M. le Premier Président Mole, du lundi 12 avril 1649. »

2. L'arrivée de Mme de Cbevreuse à Paris et ses premières démarches sont i-acontées dans les Mémoires de M""" de Motteville, t. m, p. 271. M^'^ de Montpensier eut une entrevue avec M"* de Chevreuse à Montmartre. Voy. ses Mémoires, p. S5. — Une très-intéressante publication faite par IM. Cousin sous le titre de : La duchesse de Chevreusc , contient de curieux renseignements sur la conduite de cette femme célèbre, lorsqu'elle revint à Paris.

arrêt ce matin, comme il a été proposé; il importe de l'envoyer toujours, non à M. le maréchal de Brézé , mais aux officiers du Roi. — Le sieur de la Noue est parti de vendredi au soir d'Angers, a passé à Tours, qui a levé les gardes. Le maire d'Angers est en chemin pour Paris. ;)

MOLÉ AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.

M. de la Boulaye va être attaqué parles troupes du Roi. — Mole emprunte de l'argent pour licencier les troupes des Frondeurs qui volent publiquement. — La province du Maine se conforme à la déclaration.

« Monsieur, étant ici assemblés avec MM. nos cidevant généraux f^pour le licenciement de leurs troupes , ils ont assuré avoir avis que les troupes du Roi partoient pour s'en aller contre le sieur de la Boulaye , et qu'ils sçavoient que les régiments éloient en état de soutenir l'effort, et qu'ainsi c'étoit s'engager en la guerre*, dont il y auroit, peut-être, d'autre suite

1 . Cette lettre de Mole partit en même temps que la suivante de Le Tellier, relative à la même affaire : « Monsieur, une heure ou environ api'ès le départ du courrier que je vous envoyai hier, arriva ici un gentilhomme de la part de RI. le marquis de Jerzé , qui mande que M. le marquis de la Boulaye s'étant trouvé dans Montmirail, il le fit sommer de poser les armes , en conséquence delà déclaration, et qu'après plusieurs contestes ils arrêtèrent que M. de la Boulaye sortiroit, comme il fit, avec les officiers des troupes qui étoient avec lui; que les cavaliers et soldats seroient désarmés et mis dans le château de Montmirail jusques à ce que Sa Majesté en eût ordonné.

« M. de Jerzé croit que ledit sieur de la Boulaye est allé -au Mans et autres lieux, pour disposer à mettre bas les armes. Cependant, nous envoyons un courrier audit sieur de Jerzé pour lui faire sçavoir qu'il donne la liberté aux cavaliers et soldats qui se 6ont trouvés dans 3Iontmirail ; que ceux qui voudront prendre parti dans les troupes du Roi y soient reçus , et pour les autres ,

et qu'il seroit bien plus nécessaire d'envoyer la déclaration du Roi vérifiée, et de les sommer, en vertu d'icelle, de poser les armes, afin que l'obéissance fût rendue aux ordres de Sa Majesté. Je les ai laissés dans la salle un instant pour en écrire; à quoi je satisfais, après leur avoir fait cognoitre qu'ils doivent avoir envoyé vers lui pour l'obliger à ne passer plus avant '. Je suis votre, etc. Ce samedi, 8 heures. »

« Jl faut que j'emprunte quarante mille livres, puisque nous n'avons nuls fonds pour le licenciement des troupes qui volent publiquement et que le Roi ne retirera les siennes qu'après cette action. On est délogé de l'Hôtel de Ville. Bonne exécution de la déclaration. ))

que leurs chevaux et armes leur étant rendus, ils se retirent chez eux, deux à deux, ou trois à trois au plus, sans commettre désordres, sous peine de punition.

a Tout ceci ne faisoit rien à l'égard d'Angers. On mande à M. de Jerzé de continuer son voyage. J'ai pensé vous devoir informer de ceci , afin que vous cognoissiez la raison qu'a Sa Majesté de lui donner cet ordre, encore que M. de la Boulaye ait fait mettre bas les armes à ce qu'il avoit de troupes dans Montmirail. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 14 avril 4649. »

4 . Voici la réponse du secrétaire d'État Le Tellier : « Monsieur, j'ai reçu votre lettre , avec copie de la créance du sieur de la Noue , envoyé de M. de la Trémoille. L'on a été très-aise d'apprendre que ceux d'Angers se soient remis dans l'obéissance , en exécution de la déclaration , et l'on envoie à M. de Jerzé les ordres nécessaires pour mettre en garnison les troupes étant sous sa charge. Vous devez être assurés que l'exécution s'en ensuivra avec toute sincérité. Je doute que les esprits des personnes nommées en votre lettre se portent au bien , ainsi je conviens qu'il faudra veiller plus que jamais. Au surplus, Monsieur, je me remets à ce que M. de Saintot vous dira touchant la trésorerie, et je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, 43 avril 1649. »

MOLE AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE ÏELLIER.

Affaire des provinces du Maine et d'Anjou.

{( Monsieur, il faut donner compte de l'exécution de la déclaration et que la puissance de la Reine soit recognue , comme elle doit. Le baron des Essarts, sénéchal du Maine, sort du logis , assurant que, dans le Mans, on a mis les armes bas, et enfin j'ai tiré les deux actes que je vous envoie, que vous me renverrez pour les faire voir demain à la compagnie. On se plaint que les chevaux et armes des gens de guerre de Montmirail n'ont point été rendus, et que les troupes du Roi commettent beaucoup de violences. Il me semble que l'obéissance qui se rend peut arrêter la marche des troupes du Roi, pour n'exciter pas de nombreux bruits dans les provinces, et que l'on ne donne pas sujet de se plaindre que l'on veut exercer justice trop rigoureuse contre les villes qui ont été pour la cause commune, et ainsi engager de nouveau à quelques mouvements.

^^ J'attendrai votre réponse pour la faire sçavoir '. Je suis, etc. Ce mardi, midi. »

1. Le secrétaire d'État Le Tellier répondit à Mole : a Monsieur, j'ai reçu votre lettre de ce jourd'hui, avec les articles de la ville el du présidial du Mans, que je vous renvoie, qui confirment suffisamment le dire de M. le baron des Essarts. Cette nouvelle et celle d'Angers, apportée par le député de M. de la Tréraoille, obligent la Reine à désirer, plus que personne, que les troupes soient promptement retirées dans les garnisons qui leur sont destinées, suivant les ordres envoyés à M. de Jerzé. La licence des gens de guerre n'est pas facile à corriger, à cause qu'ils ne sont pas payés, et vous sçavez ce qui l'empêche. On fait néanmoins tout ce qui se peut pour les contenir dans l'ordre et la discipline. Jugez-le, Monsieur, par l'intérêt qu'a le Roi d'empêcher la ruine

« Monsieur, vous m'avez écrit que l'on avoit envoyé ordre du Roi à M. de Jerzé pour faire rendre les chevaux et les armes aux cavaliers qui étoient retenus dans le château de Montmirail ; et comme il y a beaucoup de ces cavaliers de retour en cette ville, qui assurent que l'on ne leur a pas voulu rendre ni chevaux ni armes et qu'ils sont du régiment de M. de Beaufort , qui pourroit dire être pirement traité que les autres, j'ai cru vous en devoir donner avis, afin qu'il vous plaise renouveler les ordres pour M. de Jerzé, que cet officier du régiment, qui vous rendra la présente , portera sur les lieux , et s'il se pouvoit faire que les troupes du Roi, commandées par M. de Jerzé, fussent mises en garnison en d'autres villes que celles de l'Anjou, et particulièrement que celle de Verneuil-au-Perche, sachant assez qui en jouit, ce seroit un moyen d'assurer les esprits de cette province, afin de leur ôter le prétexte que , par ressentiment de leur action passée, on se porte à donner ces ordres^ Vous assurant que je suis, etc. Ce mercredi (14 avril). »

du peuple , qui est le soutien de ses affaires. Votre , etc. A Saint- Germain en Laye, le 13 avril 1649. »

1. Voici la réponse de Le Tellier : « Monsieur, j'ai reçu par M. le baron des Essarts la lettre qu'il vous a plu m'écrire d'hier. J'ai aussitôt expédié l'ordre du Roi, qu'a désiré l'officier du régiment de Beaufort, pour la restitution des chevaux et armes retenues à Montmirail. L'armée de M, d'Erlac, occupant présentement beaucoup de quartiers où l'on avoit accoutumé de loger les troupes des armées de Flandre, il n'y a pas moyen de mettre ailleurs celle que nous laissons dans l'Anjou et le Maine, vu qu'à cause de l'approche de la campagne on ne peut davantage les éloigner de la frontière, mais l'on a donné tel ordre pour les faire vivre en bonne police et discipline, que les lieux de garnison

LE PARLEMENT DEMANDE A LA REINE DE REVENIR HABITER PARIS. RÉPONSE DE LA REINE.

Le mercredi 14 avril, le Premier Président a dit à la Cour qu'à cause de l'interruption des affaires il n'avoit été fait ouverture de l'audience suivant les anciennes formes, et ainsi il n'avoit été tenu mercuriales ordinaires , pour faire récit de ce qui s'étoit passé à Saint-Germain en Laye. Il fut arrêté que l'on feroit la mercuriale et ensuite le récit de ce qui s'étoit passé à Saint-Germain. Et à l'instant, le Premier Président a dit : « Qu'il partit le 6 de ce mois avec les députés de la Cour , arrivèrent sur les midi et trouvèrent au château le Roi et la Reine-régente, auxquels il fit les remercîments de la Cour et les supplia d'honorer la ville de Paris de leur présence et de mettre en considération les intérêts particuliers de tous les généraux.

La Reine répondit : « Qu'elle étoit bien contente que tous les mouvements eussent pris fin, et qu'elle l'assuroit de l'affection de la compagnie , qu'elle recognoitroit en toutes occasions ; quant aux intérêts des particuliers, qu'elle avoit déclaré sa volonté et qu'elle n'y changeroit rien. Pour le retour du Roi et le sien à Paiis, qu'aussitôt que les affaires le pourroient permettre, qu'elle viendroit à Paris et qu'elle en avoit

n'auront, je m'assure, aucun juste sujet de s'en plaindre. L'on n'en a point mis à Verneuil-au-Perche.

« Je crois bien que vous sçavez que Son Altesse Royale doit allei", ce jourd'hui, coucher à Paris; néanmoins, j'ai cru vous en devoir donner avis, estimant que vous jugerez à propos de la voir. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, le 15 avril 1649. »

un extrême désir. » Le Premier Président lui dit : « Qu'elle sçavoit bien avec quel respect ils recevoient l'honneur de ses commandements, mais qu'elle lui permettroit de lui dire qu'ayant charge de la compagnie d'insister pour les intérêts de quelques particuliers, et ayant reçu leurs mémoires, ils la supplient de commander à quelqu'un de les revoir, et que le tout étoit remis à sa volonté; » ce qu'elle accorda, et se retirèrent. Ils furent à la capitainerie, où le dîner étoit préparé par ordre de la Reine et les soins de M. le Prince; se peut dire que tous les officiers du Roi qui servirent n'oublièrent rien de l'honneur dû à la compagnie , et ne se peut rien ajouter au traitement. L'aumônier du Roi dit le Benedicite et les grâces. Et la Reine ayant sçu que beaucoup de Messieurs n'avoient sçu voir le Roi, à cause delà presse qui y étoit, fit sçavoir qu'il étoit dans la chapelle, que l'on eût à s'y trouver, et que l'on entendroit bonne musique; où beaucoup de Messieurs furent , qui y reçurent tous les accueils possibles. Et, en attendant , M, Le Tellier vint de la part du Roi sçavoir quels mémoires nous avions, et il les prit et assura que l'intention delà Reine étoit d'y faire favorable réponse, et qu'il la feroit sçavoir sous peu ; ce qu'il a fait, et ce que le Premier Président fit sçavoir à ceux qui y avoient intérêt. »

Le vendredi 16 avril, la Cour, sur ce que le Premier Président a dit que M. le duc d'Orléans et M. le Prince étoient arrivés en cette ville, d'hier au soir, et que les soins qu'ils avoient pris pour la paix étoient extraordinaires ; que ce moment étoit important au repos public, et que ne pouvant autrement recognoître ce qui leur étoit dû que par le respect particulier, il

laissoit au jugement de la compagnie d'arrêter de l'aller trouver par députés : ladite Cour arrêta que deux présidents et deux conseillers de la Grand'Chambre et un conseiller de chacune des autres Chambres seroient députés pour aller saluer M. le duc d'Orléans et M. le Prince.

MOLE AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.

Le duc d'Orléans à Paris. — M"' de Chevreuse. — I-e maréchal de la Motlie. — Leduc de Bouillon. — Mme de Chevreuse obéira aux ordres de la Reine. — M. de Vitry. — Les marchands de salines. — Siège d'Ypres par l'Archiduc. — Réponses de M. Le Tellier.

« Monsieur, j'ai reçu la lettre, hier, sur le tard, et par bonheur j'ai prévenu ce qui est à la fin de la vôtre, ayant rendu mes devoirs à Son Altesse Royale aussitôt que j'ai sçu son arrivée.

« Au retour, j'ai trouvé M™® de Chevreuse qui m'attendoit, qui me dit une partie de son histoireeL la cause de son retour'. Elle prétend que c'est en exécution de la déclaration, qu'elle s'est aidée des quatre jours y exprimés. Ce seroit peu que cela, si elle ne me donnoit l'assurance d'une conduite telle à l'avenir que la Reine en sera contente. L'état de ses affaires, le long temps d'absence , les considérations de sa famille peuvent la porter i! cette nouvelle résolution ; et comme je n'ai pas cognoissance de ce qui s'est passé ci-devant, je n'ai pu que la conjurer de ne don-

1. La duchesse de Chevreuse se mit, en même temps, en rapport avec le coadjuteur de Paris, et de très-intimes relations s'établirent bientôt entre Retz et M"^ de Chevreuse. Voy., sur la colère de M""^ de Guéménée , à roccasion de ces premières visites du Coadjuteur à l'hôtel de Chevreuse, les Mémoires de Retz ^ édition citée, p. 4 79.

ner plus de parole qu'elle ne voulût garder, et que je De manquerois pas d'en donner avis. Pour le moins, il me restera la satisfaction d'avoir essayé d'aider au malheur d'autrui et conservé une Françoise en son devoir, et peut-être prévenir le bruit qui pourra naître de quelque autre dissension. Je suis, etc. A Paris, 16 avril. »

« Monsieur, j'ai fait sçavoir à IVP°^ de Chevreuse la volonté de la Reine à laquelle il est nécessaire qu'elle obéisse ; et ses propres actions lui doivent servir d'assurance, si elle est en esprit de changer de conduite. Je n'en ai pas encore de réponse.

(( M. le maréchal de la Mothe n'assistera plus au gouvernement, et lui dis hier mes pensées, desquelles il promit assurément de ne s'éloigner point.

(( J'ai eu l'honneur de voir Son Altesse Royale aussitôt qu'elle fut arrivée, et lui rendis compte de l'état de la ville.

« M. de Bouillon presse pour recevoir bientôt les dix mille livres promises ; j'en ai parlé avec M. d'Aligre : M. de Bouillon témoigne ressentiment des prisoimiers retenus par M. Fabert dans Sedan, qu'il sçait qu'ils sont innocents et que si on les tient coupables, que l'on les rende à la justice , comme on lui a promis. On peut mettre fin à cette affaire sans crainte. Et si j'ai réponse en peu, cela mettra son esprit en repos. Il semble que l'on les fasse souffrir pour son sujet.

a Je ne puis finir qu'en vous remerciant de tant de soins que vous avez pris pour conduire l'affaire de la trésorerie à sa fin ; je n'ai jamais douté de vos paroles, en ayant trop reçu de preuves ; mais vous sçavez assez

qu'il survient des contre-temps à la cour, dont on ne se contente pas toujours à Paris. Votre', etc.

« Monsieur, je vis, hier au soir, M. de Chevreuse et le sieur de Laulne, qui me dirent ce qui s'étoit passé et à quoi il s'étoit obligé ; pourvu qu'il soit le maître, tout ira bien , et néanmoins la dame réclame fort. Je lui en dirai encore une fois ma pensée en liberté, à laquelle il est nécessaire qu'elle souscrive. Vous aurez sçu comme la compagnie a été saluer M. le duc d'Orléans et est allée rendre ses compliments à M. le Prince : on vous dira le particulier de ce qui s'y est passé ^

« Je vous envoie la liste que M. de Vitry m'a en-

i . Voici la réponse de Le Tellier : « Monsieur, je ne doute pas que ce que vous avez dit à M°" de Chevreuse, dans l'entretien que vous eûtes hier avec elle, ne la convie plus que quoi que ce soit à se remettre dans son devoir, et si elle ne le faisoit, je vous puis dire qu'il y a des voies pour l'y obliger que la compagnie approuveroit, parce qu'elle n'y seroit point intéressée, y ayant des choses que la déclaration ne couvre point. M. de Saintot vous dira ce qui s'est passé en la visite qu'a faite M. de Chevreuse à la Reine. Les désordres que commettent les compagnies des gardes, dans les lieux où elles sont à la campagne, ont obligé à penser à les renvoyer dans les quartiers ordinaires, à Paris ; mais on n'a pas voulu le faire sans en avoir votre avis. En attendant, je demeure votre, etc. A Saint-Germain en Laye, le 16 avril 1649. »

2. Depuis quelques jours il y avoit échange de politesse entre les personnages des deux partis. Nous avons déjà parlé de l'entrevue de Chaillot. Le duc d'Orléans, après avoir fait ses dévotions à Notre-Dame, retourna à Saint-Germain, où la princesse douairière de Condé traita splendidement le prince et la princesse de Condé, le prince de Conli, le marquis de la Moussaye et quelques autres seigneurs. Le comte d'Harcourt fut à Saint-Germain faire sa cour à la Reine, et le marquis de Noirmoutier et Laigue furent présentés à Sa Majesté par le prince de Condé et très-bien accueillis. La Reine fut le 18 avril solenniser la fête de Sainte-

voy ée pour obtenir la lettre de cachet pour les recevoir au service, en exécution de la déclaration.

« Pour le régiment des gardes , j'en ai parlé avec M. le maréchal de Granmont et quelques bons bourgeois ; il semble que l'on peut les renvoyer dans les faubourgs. Cela augmentera l'espérance du retour de Leurs Majestés. Je serai, Monsieur, votre, etc. »

(( Monsieur, les marchands de salines se sont venus plaindre que Ton arrête les marchandises et qu'ainsi l'on contrevient à la déclaration. Le remède consistera, s'il vous plaît, en un ordre aux gouverneurs, afin qu'ils aient à y satisfaire à peine d'indignation : le faisant, on rendra la liberté au commerce, si nécessaire en l'état présent. Vous assurant que je suis, etc. \ Ce samedi, quatre heures, m

Geneviève à Nanterre, pour la remercier de la paix faite par son intercession.

1. INous reproduisons les principaux passages de la réponse de Le Tellier : « Il a été donné tel ordre sur la plainte des marchands de salines, que je ne crois pas qu'ils aient dorénavant sujet d'en faire de nouvelles sur semblable nature.

« Je ne fais point de doute que M"'"' de Chevreuse ne suive vos bons conseils; mais si elle y manquoit, je dois vous réitérer qu'on a en main de quoi la mettre à la raison, sans aucun contredit.

« Son Altesse Royale arriva- hier au soir, fort satisfaite de votre visite et des autres qu'elle a reçues à Paris. Je ne puis rien vous dire encore touchant les gardes , parce que je n'ai point trouve occasion d'en parler depuis la réception de la vôtre.

« Je ne sçais avec quel front M. de Vitry ose envoyer la liste que j'ai reçue, lui n'étant point venu ici. Quand il se sera mis à son devoir, je ne crois aucune difficulté à l'exécution de son mémoire, en conséquence de la déclaration.

a Vous sçavez sans doute comme l'Archiduc est attaché au siège d'Ypres ou de Furnes; no\is n'avons encore nouvelles certaines lequel des deux il fait. Le Roi a véritablement nombre de

DISCOURS DE MOLE Al M. LE PRINCE QUAND LE PARLEMENT FUT LE SALUER *.

« Au milieu de tant d'obligations dont la France vous est redevable pour la conclusion de cette paix, si nécessaire au royaume, n'est- il pas juste que chacun en particulier vous en témoigne son ressentiment? Et surtout cette compagnie, laquelle, durant le calme bien établi, vous avez toujours honorée de votre bienveillance. Et comme elle veille continuellement au salut public et essaye , en toute rencontre ,

troupes et en bon état pour lui opposer ; mais pas un sol pour l'équipage d'artillerie, ni le pain de munition. La liberté d'emprunter ne vint jamais plus à propos, puisque sans cela il faudroit demeurer les bras croisés et voir continuer les progrès de l'Archiduc, ce qui arrivera infailliblement si l'on ne trouve occasion d'en profiter. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 18 avril 1649. »

i . Le manuscrit porte : « Pour dire à M. le Prince quand le Parlement le fut saluer. >» Le prince de Condé se rendit ensuite de Paris à Chantilly pour v recevoir le Roi et la Régente. Lorsque le Roi fut habiter Cosipiègne le 3 mai, le prince fut avec le cardinal Mazarin visiter l'armée de la frontière de Picardie. Il revint à Compiègne le 1" juin, et il prit congé du Roi pour retourner à Chantilly, et de là, par Paris, à son gouvernement de Bourgogne (Gazette, p. 343). Le prince écrivait de Paris à Le Tellier la lettre suivante : « Monsieur, le peu de séjour que je dois faire en Bourgogne me faisant perdre l'espérance de recevoir, pendant le temps que j'y serai, les expéditions nécessaires pour la décharge des tailles, j'estime qu'il est si fort important au service du Roi d'en pouvoir donner quelque assurance plus grande que de parole , que je me sens obligé de vous prier de m'expédier une lettre de cachet par laquelle le Roi me mande que son intention est telle, et que les expéditions en bonne forme en seront au plus tôt délivrées , attendant lesquelles Sa Majesté me permet et m'ordonne d'en assurer tout ce que je jugerai à propos. J'attends , s'il vous plaît, cette lettre et demeurerai toujours fort véritablement. Monsieur, votre très- affectionné à vous servir. A Paris, le 8 juin i 649. »

de satisfaire à ce qu'elle doit , elle a cru être obligée de vous venir trouver pour vous donner les assurances de sa fidélité, et qu'elle se tiendra très-heureuse de rendre en toutes occasions les obéissances dues comme étant vos très-humbles sujets. »

MOLE AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.

Les curés veulent aller complimenter la Reine. — L'arclievêque de Paris s'y oppose — Le maire d'Angers. — Nouvelles deBelléme et d'Oléron. — Désordres des gens de guerre. — Le baron d'Hortie. — Les finances de l'Etat. — Mme de Chevreuse. — Réponses de Le Tellier.

« Monsieur , je viens de recevoir la vôtre et ai vu M. le maréchal de Gramont , qui m'a dit les assurances que vous voulez donner de l'effet de cette affaire, dont je vous suis très-redevable et en témoignerai les ressentiments que je dois. Je viens d'apprendre que les curés avoient pris résolution d'aller rendre leurs devoirs à la Reine, en ce moment présent , et ce sous le bon plaisir de M. l'archevêque de Paris, et qu'il ne le leur a pas permis. Il semble, sans s'enquérir du motif de ce refus, qu'il seroit nécessaire, afin que cette bonne volonté put recevoir l'effet désiré, d'écrire au nom du Roi à M. l'Archevêque qu'il a été averti de la résolution prise entre les curés de sa bonne ville de Paris de satisfaire à ce qu'ils doivent et de le venir trouver , et qu'il contribue ce qui est de son autorité , leur permettant de venir au plus tôt , et qu'il se promet qu'il donnera à cet effet les ordres nécessaires. Cette lettre lui fera cognoître qu'il n'auroit pas dû y faire difficulté , ou , pour le moins, on aura cognoissance de ses sentiments. C'est

une proposition qui aura telle résolution qu'il vous plaira ' ; vous assurant, etc. Ce dimanche au soir. »

« Monsieur, le maire d'Angers, qui vous rendra celle-ci, vous expliquera ses justes craintes qu'après avoir souffert, l'année passée, tout ce qu'une ville a pu porter, c[u'il craint encore en ce moment que les troupes du Roi ne reçoivent ordre de loger encore une fois en la ville , en ressentiment de ce qui s'est passé. Je l'ai assuré que l'on n'aura pas cet esprit et que l'on contribuera volontiers au soulagement d'une ville qui a été assez affligée et qui a expié toutes les fautes passées. Je serai toujours votre , etc. Ce lundi au soir. »

« Monsieur , vous aurez sçu les plaintes qui viennent de tous côtés des désordres que commettent les gens de guerre , comme s'ils avoient cette liberté , en

i . Mole reçut la réponse suivante de Le Tellier : a Monsieur, je puis vous assurer que ce que vous a dit M. le maréchal de Granmont, pour l'article qui vous touche, sera effectué. Vous en aurez l'obligation entière à la Reine qui s'y porte, tant par ellemême que par les bons offices que Son Éminence vous rend continuellement près de Sa Majesté. J'ose de plus vous dire qu'il aura grande joie de le faire en toute occasion, et je n'ai contribué en celle-là que pour vous faire sçavoir la bonne disposition en laquelle on a toujours été de vous donner satisfaction, où je trouve la mienne, étant comme je suis votre serviteur.

« Pour ce qui est de la résolution prise par MM. les curés de Paris, l'on a jugé à propos que M. de Saintot aille voir M. l'Archevêque , pour lui dire que la Reine , ayant sçu cette résolution de MM. les curés de venir rendre leurs devoirs à Leurs Majestés, elle l'a eu très-agréable et l'assure qu'ils seront les bienvenus. M. de Mercœur est parti ce matin pour aller quérir M. le duc de Vendôme, à qui la Reine a permis de venir ici. »

Les curés se rendirent en effet , quelques jours après la date de cette lettre, à Saint-Germain. Ce fui le curé de Saint-Landii qui porta la parole.

ressentiment des choses passées. L'avocat du Roi de Belléme vous dira le particulier de ce qui s'est passé en cette ville. 11 semble que si on lui accordoit le changement du logement que ce seroit le remède , et que l'on oublieroit le passé en recevant cette grâce. On me vient de donner avis que Ton relient dans Oléron le lieutenant général de la Rochelle et qu'il y est très-mal traité. Je ne doute point qu'en exécution de la déclaration , on n'ait mis en ces quartiers-là les armes bas, et aussi vous pouvez croire quel jugement de ce procédé !

« Messieurs des Enquêtes ont député deux d'entre eux, afin que je fisse cognoitre les désordres extrêmes des gens de guerre , pour y apporter remède par l'autorité du Roi. Cette voie n'est qu'honnête, et veuille Dieu qu'ils la suivent toujours. Je les ai assurés d'avoir prévenu et que vous m'aviez promis d'y donner tous les ordres nécessaires , mais que je ne manqueroispas encore de satisfaire à ce qu'ils désirent. Il est vrai que l'on en use comme si les peuples étoient une proie partout. Cette plainte générale pourroit avoir d'autres effets. Je serai, etc. Ce vendredi au soir.

ce Je vous envoie le mémoire touchant la trésorerie, duquel je vous ai parlé, en sçachant que M. de Mesmac est à Saint-Germain. Je vous conjure d'y mettre fin avec lui , suivant la parole donnée et dans le temps que vous m'avez promis , dont je resterai trèsobligé; mais souvenez-vous, s'il vous plaît, que le temps peut faire naître telles difficultés que la résolution ne sera en votre puissance.

« Le 8, Droué continue ses exactions, et avec telle IV 3

liberté, qu'il en donne quittance. S'il a reçu de nouveaux ordres du Roi , il n'y obéit guère bien. Si aux portes de Paris on commet ces crimes impunément , que ne fait-on point plus loin ^ ? Réponse, s'il vous plaît, pour Reaupuis. »

« Monsieur, les parents et amis du baron d'Horte vinrent, hier, sur ce qu'il est retenu au bois de Vincennes , au préjudice de la déclaration. Je les ai assurés de l'exécution de la déclaration, et que j'apprendrois le particulier de ce qui s'est passé à son égard

1 . Le Tellier répondit au Premier Président Mole : « Monsieur, les plaintes qui se font de la manière de vivre des gens de guerre procèdent non-seulenaent de ce qu'ils ne sont point payés, mais encore de ce que les peuples excités par les mouvements derniers souffrent , avec moins de patience qu'ils ne faisoient auparavant , l'incommodité du logement des troupes. Lorsque le calme sera tout à fait rétabli, le Roi pourra vraisemblablement faire payer ses gens de guerre, et les peuples les souffriront avec moins d'impatience. Cependant, pour y apporter tout le tempérament possible, il a été écrit, de la part du Roi, à chacun de ceux qui commandent les corps particuliers des troupes, de les faire vivre en bon ordre et discipline , de les faire contenter de l'ustensile qui leur est ordonné par le règlement de Sa Majesté, et aux habitants de leur avancer une demie-monstre, à déduire sur ce qu'ils doivent payer de la taille. Il a été donné avis de cet ordre aux gouverneurs des provinces, afin qu'ils tiennent la main à l'exacte observation d'icelui, leur étant expressément recommandé de faire châtier ceux qui y contreviendroient.

a Présentement, on fait partir des gentilshommes de la maison du Roi pour se rendre en Anjou et au Maine, avec ordre de s'employer, de la part de Sa Majesté et sous l'autorité des gouverneurs, pour contenir les gens de guerre dans leur devoir et faire réparer les contraventions. Vous jugez, je m'assure, Monsievu', que c'est tout ce qui se peut faire jusques à ce qu'il plaise à Dieu nous délivrer de la guerre , auquel temps il sera aisé de faire jouir le peuple du soulagement qui lui est nécessaire.

« Pour ce qui touche Bellème , comme ce sont des compagnies

et le sujet de le retenir , et que j'en écrirois à cet effet.

w Monseigneur ' vient de partir d'ici pour l'affaire de M"" de Chevreuse, sa fille; il ira à la cour demain pour cela. Je lui ai dit la résolution qu'elle devoit prendre de satisfaire au respect que la Reine désire d'elle d'aller à Dampierre , pour le temps qu'il plaira à Sa Majesté, que je n'ai point sçu. Il donne toute sorte d'assurance du changement de son esprit , et tel que Ton le peut désirer.

« Quant à ce qui regarde les moyens de disposer

du régiment d'infanterie de Son Altesse Royale qui y ont été envoyées en garnison, je ne manquerai de l'informer des plaintes qui se font contre elles. Cependant, je vous puis dire qu'il est assez plaisant de voir que des villes, qui ne se sont point déclarées durant les derniers mouvements , veulent faire croire qu'elles aient tenu le parti du Parlement pour obtenir décharge du logement des gens de guerre, comme s'il leur en avoit été donné sous prétexte de les châtier; celle de Bellème est de ce nombre, puisqu'elle n'a donné aucun sujet de mauvaise satisfaction de sa conduite ; aussi n'y en a-t-on nais que par la nécessité de les retirer dans les villes, pour éviter la ruine de la campagne, en attendant la saison de les envoyer dans les armées.

« Vous cognoîtrez, par la lettre que m'écrit M. de Droué, laquelle je vous envoie, comme il se disposoit à cesser toute sorte de levée, ensuite de l'ordre que je lui en avois envoyé. Vous remarquerez, s'il vous plaît, que sa lettre est postérieure aux récépissés.

« Les raisons contenues au mémoire qu'il vous a plu m'envoyer, sur lesquelles est fondé le refus fait par la Sainte- Chapelle d'admettre M. de Mesmac à la trésorerie, m'ont semblé fort plausibles et qu'ils n'ont pu moins faire. Ce que j'ai eu l'honneur de vous dire sur cette affaire sera au plus tôt exécuté, et je puis ajouter qu'il n'y sera perdu aucun temps. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 24 avril 4649. »

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