Hercule de Rohan, duc de Montbazon
les gens d'affaires à bailler quelques sommes , comme je n'ai habitude quelconque avec eux , celte affaire doit être traitée par Messieurs des finances. De trouver de nouvelles compagnies, par le peu de raison que l'on fait aux premières , il n'y a point de disposition. Si on se dispose à une banqueroute générale , il ne faut point parler de comptes : sinon il faut, ce , semble, commencer par là et les arrêter tous, et leur promettre l'intérêt et prendre temps pour le payer et les obliger par ce moyen à fournir par mois tant de millions; ce que l'on pourra obtenir, comme quelques-uns m'ont dit , après ces arrêtés. Vous sçavez , bien mieux que moi , quels expédients on peut prendre. Je vous en dis mes pensées , et si vous croyez que j'y puisse servir aucunement, je m'y emploierai trèsvolontiers. Je soubaiterois que mon crédit fût assez puissant pour, en m'obligeant, faire trouver les sommes nécessaires '.
1 . Voici la réponse de Le Tellier : r Monsieur, je reçus avanthier votre lettre du même jour, à laquelle je n'ai pu plus tôt répondre, à cause que je fus obligé d'aller à Paris pour une affaire de famille, qui m'occupa, de sorte que je ne pus avoir l'honneur de vous voir.
« M. d'Horte n'étant point prisonnier de guerre, n'est point aussi retenu au bois de Vincennes au préjudice de la déclaration, et comme ses amis ont agi ici pour lui auprès de la Reine, je vois grande disposition pour lui accorder bientôt sa liberté.
<£ M"'" de Montbazon dit hier à la Reine que Monseigneur devoit venir ici pour l'affaire de M"'" de Chevreuse ; il n'est toutefois point encore ai'rivé. Je prévois que quelque indisposition l'aura retenu, ou qu'il sera ari'ivé quelque changement en leur résolution.
Œ II semble juste d'arrêter l'état de ce qui est dû aux gens d'affaires et de convenir avec eux des termes de leur payement, afin qu'ils puissent rétablir leur crédit et obtenir un traitement raisonnable de leurs créanciers ; mais comme cette discussion ne
« Vous voulez bien que je vous dise que les deux jours sont passés pour la trésorerie. Se peut-il faire que , pour l'expédition du brevet ou d'une lettre , il soit nécessaire de tant de demeure ? Je suis, etc. Ce lundi 11.»
« Monsieur, j'appris hier au soir seulement le sujet de votre déplaisir , auquel vous voulez bien que je vous témoigne le ressentiment que j'en ai ; et si j'eusse sçu votre séjour en ce lieu de solitude, où vous avez passé la journée, je vous l'eusse été dire moimême , comme je m'y tiens obligé.
« Un des échevins de la ville du Mans vient d'arriver, sur ce qui se passe en la ville par les régiments qui y sont , et le peu d'ordre que ceux qui y exercent
se peut faire qu'avec beaucoup de temps , il arrivera infailliblement qu'on ne pourra mettre les troupes en campagne ; que les ennemis feront des progrès considérables et que le séjour des gens de guerre dans les provinces y causera une ruine entière des tailles , lesquelles toutefois doivent servir au remboursement des gens d'affaires.
a Sur ce que M. de Champlâlreux représenta hier ici de votre part, il fut résolu que M. le Chancelier et Messieurs des finances s'en iroient à Paris, où ils verroient avec vous, Monsieur, ce qui se pourra faire pour le mieux.
« La Reine ayant avis, de toute part, que les ennemis font de grands préparatifs, ou pour attaquer quelques-unes des places de la frontière , ou pour entrer dans le royaume , lorsqu'ils auront achevé les sièges d'Ypre et de Saint- Venant, Sa Majesté estimant que la présence du Roi sur la frontière peut beaucoup contribuer à arrêter les progrès des ennemis , vu que les troupes de sa garde y pourront être employées , Sa Majesté a pris résolution de s'avancer de ce côté-là, et pour cet effet de partir après-demain pour aller coucher à Chantilly, où elle fait état de séjourner samedi et dimanche, et d'en partir lundi pour se rendre à Compiègne, où Sa Majesté prendra résolution de s'avancer aux lieux et selon que les affaires le désireront. Il sera, demain, envoyé des lettres du Roi
l'autorité du Roi y donnent \ Si le temps n'est pas encore venu que les troupes en doivent partir , pour le moins que le lieutenant de Roi et les officiers du siège reçoivent lettres pour faire en sorte que les troupes y vivent suivant les ordonnances , et que si quelqu'un commet crime , qu'il soit sévèrement châtié. Ce remède, qui ne sera pas difficile, s'il vous plaît, les contentera et les obligera de se tenir eu leur devoir. Votre , etc. Ce 27 avril 1 649. »