Collection Colbert , t. V, p
faisoit au nommé Baiidry, imprimeur de leurs afïiches, pour la jouissance de la grâce que je lui avois fait, depuis qu'il avoit épousé la \euve de feu Calmont. Sur quoi j'ai bien voulu témoigner, par la présente, qu'appuyant par l'autorité de votre charge l'effet de cette même grâce suivant mon intention, vous fc^ez chose qui me sera bien agréable. Priant Dieu vous avoir, Monsieur Mole, en sa sainte garde. Écrit à Fontainebleau, ce Séjour de juin 1636'. »
i. Cette lettre de la collection Colbert, t. V, p. 232, entièrement de la main du Roi, n'est pas conti'e-signée par un secrétaire d'État. Nous avons déjà vu que les importantes préoccupations de Louis XIII ne l'avaient pas empêché de penser aux embellissements de Paris. Les balleLs et les comédies furent fréquents pendant les cinq premiers mois de cette année. Voici les représentations qui sont relatées dans la Gazette : La nuit du 23 au 24 janvier, Mademoiselle donna en son logement des Tuileries, le bal et la comédie à la Reine, où la bonne grâce de cette princesse, en son orient, montra ce qu'il en faut espérer en son midi (p. 60); le 27 janvier, la Reine ouït la Clorise , excellente comédie du sieur Baro, représentée parla troupe de Belle-Rose, dans l'hôtel de Richelieu, après laquelle il y eut ballet; le 31 , la duchesse de Rohan donna bal et comédie à la Reine (p. 76); le 9 février fut représentée devant le Roi et la Reine, dans l'hôtel Richelieu, une comédie dont la nouveauté du sujet (qui était une émulation, plus réelle que feinte, entre les troupes de Belle-Rose et de IMondori), l'ornement du théâtre, la gentillesse de l'invention et la bonté des vers, ouvrage du sieur Baro, mirent l'honneur de la scène en compromis entre toutes les siècles passés et le nôtre (p. 88) ; le 19 février, S. E. reçut en son palais S. A. de Parme et lui donna une fort belle comédie, avec changement de théâtre, et d'excellents concerts de luth, épinettes, violes et violons entre les actes; cette comédie fut suivie d'un ballet (p. 119); le 24 février. Monsieur donna la comédie et la collation à S. A. de Parme chez Mademoiselle, sa fille, en son appartement des Tuileries (p. 132); le 9 aviil , la Reine donna, dans le Louvre, la comédie au duc de Weimar; le 15, la Reine donna de nouveau la comédie au même personnage, en revenant de Chantilly (p. 304).
LETTRES DU CARDINAL DE RICHELIEU A MOLE
Le baron de Vitaux doit être poursuivi pour s'être battu en duel. — Recommandation en faveur d'un particulier.
«J'ai vu ce que M. le Procureur Général m'a écrit sur le sujet du combat du baron de Vitaux \ Tout ce que j'appréhende, en cette affaire, est que si on s'attend aux officiers qui sont sur les lieux , on n'en voie pas sitôt la fin , et cependant il importe extrêmement au service du Roi d'arrêter ces désordres à l'avenir, par quelque exemple notable. Je le conjure de presser les différents officiers de faire ce qui dépend de leur charge, sinon d'y mettre ordre par son autorité. Pour ce qui est de la sédition', il est de grande conséquence qu'il s'en fasse justice, grandement nécessaire pour contenir tout le monde en son devoir. De Conflans , ce 9 juin 1636. »
(( Monsieur, ayant été prié de vous écrire en faveur d'un nommé Gamin , pourvu de l'office de greffier des affirmations du Parlement de Paris, je vous fais ce mot pour vous recommander cette affaire , au cas que vous la trouviez juste. Vous assurant, cependant, de la continuation de mon affection , et que je suis*, etc. De Ruel, ce 13 juillet 1636. »
1. On connaît l'animadversion du cardinal de Richelieu à l'égard du duel. Le souvenir de la mort de son frère aîné contribua, sans doute , à ce sentiment. Il n'est donc pas étonnant que Richelieu , après avoir fait renouveler souvent la publication de l'édit contre les duels, ainsi que cela avait encore eu lieu le 27 mai 1634, ordonnât de les poursuivre très-rigoureusement.