Golleclion Colbert, t. VI, p
DE MATHIEU MOLE. (1636.) 3i7
LETTRES DE MOLE A M. DUPUY
Maladie de Mme Dupuy. — Titres de Lorraine transportés à Paris. — Te Deum. — Condoléance sur la maladie de Mme Dupuy. — Maladie de la fille de Mole. — Les ennemis ont passé la Somme.
« Monsieur, c'est avec extrême regret que j'apprends l'extrémité de la maladie de cette vertueuse dame*. Je plains ceux qui survivent à tel malheur.
(i J'avois vu la relation, mais elle est bien décrite par la lettre que je vous renvoie. C'est un merveilleux avantage pour nos affaires publiques que ce succès M Veuille Dieu qu'il en arrive autant à Dôle^ et que je sois assez heureux de vous servir, puisque je suis,, » etc.
« Monsieur, j'ai reçu ordre de mettre les titres de Lorraine au Trésor, de sorte que si on sçait le jour de l'arrivée de M. Godefroy, on les fera conduire jusques là et nous nous y trouverons, si notre santé le permet, ce que je souhaite et qu'il se présente occasion de vous témoigner, en effet, que je suis, etc. Samedi, quatre heures. »
1. Pendant Tannée 1636, une épidémie sévit encore à Paris; elle fut assez forte , et la Gazette annonça (p. 304), le 1 7 mai , que le Roi avait fait publier à son de trompe, aux villages circonvoisins de Chantilly, que S. M. ne toucherait point les malades pour le soupçon de contagion ; et parce que plusieurs Espagnols y étaient déjà arrivés, le Roi leur fit distribuer de l'argent pour s'en retourner.
2. Le duc de Weimar et le cardinal de la Valette avaient ravitaillé l'Alsace et repris la forteresse de la Sarre.
3. Le prince de Condé s'était avancé, au mois de mai 1636, dans la Franche- Comté , à la tète de l'armée du Roi, et avait mis le siège devant Dôle ; mais cette expédition ne réussit pas. Au mois d'août, le prince leva le siège, par ordre du Roi, pour retourner en Bourgogne. On peut consulter, sur ce même événement, le Journal du siège de Dôle et de son heureuse délivrance, par Jean Boivin, et une réponse de Simon de Villers la Fage à ce Journal.
«Monsieur, il vaut mieux que M. Godefroy, arrivant, fasse conduire les coffres des titres* en sa maison; qu'il rende compte après de sa commission à ceux desquels il est obligé , et attende l'ordre qui lui sera donné. Il a été envoyé, il a exécuté ce qui lui étoit prescrit : il faut qu'il soit satisfait de ses soins, de son travail et de sa dépense. Et encore que je ne doute point qu'il ne tienne ce chemin , j'ai cru néanmoins être obligé de vous l'écrire, afin qu'en communiquant avec lui, aussitôt qu'il arrivera, il y satisfasse, autrement je prévois que l'on n'auroit pas contentement ; vous souhaitant de tout mon cœur les bonnes fêtes, et vous assurant que je serai toujours votre , )) etc.
« Monsieur, j'avois sçu ce qui s'étoit passé à Saint- Germain , et me semble que le greffier qui y étoit a recueilli quelque chose d'un peu, plus avantageux pour l'absent. J'aurai au retour son procès-verbal.
« Pour les titres , il importe d'en faire faire deux copies : l'une qui nous demeurera au Trésor, et l'autre pour le seigneur qui presse. Je lui en parlerai et ferai dresser ma décharge, après quoi je sçauraide M. Godefroy s'il a fait apporter les titres en vertu de lettres patentes ou de cachet. Si j'eusse cru que vous eussiez eu pensée de venir ici , vous pouvez croire que je n'eusse point manqué de vous en conjurer. Le temps a été si changeant, que j'ai eu crainte que l'air, tel
i . Les titres de Lorraine , que Godefroy avait apportés à Paris. C'est c^ cette mission de Godefroy que la Bibliothèque impériale a dû de posséder, plus tard, les plus importants documents du Trésor des Chartes de Lorraine, qui forment aujourd'hui une collection de plus de sept cents volumes de pièces presque toutes originales.
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qu'il est , n'augmentât vos incommodités , au lieu de les diminuer. J'ai assez de regrets qu'elles continuent si longtemps ; je ne vous en dis pas toujours mes sentiments , mais il me semble qu'il est temps que nous voyions tous deux le moment du passage nécessaire , afin de recevoir ce coup sans surprise. C'est une partie du repos que je prends ici, qui seroit entier si vous y étiez. Toute la compagnie vous salue et, serai toujours, etc. — Vos frères trouveront ici mes très-alfectionnées recommandations. Si mon horloge est refait, vous me l'enverrez dans une boîte emplie de papiers ou de coton. »
« Monsieur, je vous envoie le paquet que je croyois vous rendre moi-même ce matin ; mais la contention d'entre les secrétaires d'État a fait différer d'un jour le Te Deum. M. de la Ville-aux-Clercs prétendoit que c'étoit à lui de faire les lettres, comme étant un ordre qui se donnoit ici et en son département; M. de Noyers, étant un effet de ce qui se passe es pays étrangers et la suite de la nouvelle reçue par lui. L'avantage lui est demeuré, puisque j'ai reçu hier au soir lettre du Roi contre-signée Sublet. Ce ne sera donc que pour demain à diner que j'aurai le bien de vous servir et vous assurer que je serai toute ma vie^ etc. — Le retour de Messieurs vos frères est d'avant-hier au soir; toute la famille est en bonne santé. »
a Monsieur, j'ai reçu celle que vous m'avez fait le bien de m'écrire ce matin, comme je sortois des Augustins : s'il n'eût point été si tard , je n'eusse point manqué de vous aller rendre ce que je vous dois, afin de reprendre courage avec vous , en nous disposant
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de recevoir de bonne main tout ce qui arrive çà-bas par l'ordre du ciel. Je me promets que le mal présent de mademoiselle votre bonne mère passera , et néanmoins son grand âge nous oblige à regarder la fin de sa vie un peu devant qu'elle arrive, pour nous empêcher d'être surpris en cet accident.
J'ai vu M. Pelletier* et ai fait parler au trésorier des parties casuelles, qui me baillera sa quittance, mais elle doit être contrôlée par M. de Chevry, auquel , si on parle, ce sera déclarer l'affaire. Si on le trouve à propos, j'achèverai, car il n'y a rien de réservé de ce côtélà. Le reste à la première vue, que je souhaite avec passion, étant votre serviteur ^ Ce samedi, cinq heures. »
« Monsieur , j'envoyois vers vous comme votre laquais est entré : je vous rends mille grâces de l'honneur de votre souvenir. Notre malade est mieux, grâce à Dieu , et espère qu'il nous la conservera. Conservons notre tête en repos : c'est assez travailler que de se rendre fort pour le travail à l'avenir. Je verrai ce que vous m'avez envoyé et vous en remercierai à la première vue, qui ne sera sitôt que je le souhaite.
Je viens de voir lettre de Compiègne, qui porte que l'on ne croit rien de la nouvelle qui court, que les ennemis ont fait passer leur canon et leur infanterie en deçà de la Somme ^
4. Probablement Claude Le Pelletier, contrôleur général des finances, qui a écrit des Mémoires sur la vie et les actions de Mathieu MoIé, Garde des Sceaux de France. Voy. l'article de M. Cousin sur les carnets de INIazarin. [Journal des Savants, 18S4, p. 761 .)
2. Collection Dupuy, t. DCCXCIT, lettres lxiii , xliii, lxv, Lxxiv, Lxxv; et DCLXXXV, lettre xxxi.
3. Cette nouvelle était cependant fort exacte. Le duc de Chaulnes
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« L'assemblée de ville peut regarder l'aliénation du bien vendu de ci-devant à perpétuité; j'en appris hier beaucoup de particularités , et celles ci-devant dont on a parlé à Goussainville. Je suis\ » etc.
LE ROI APPELLE LE PARLEMENT AU LOUVRE POUR LUI DEMANDER UX SUBSIDE A l'occasion DE l'eNTRÉE DES ESPAGNOLS EX FRANCE.
Le 4 août , ayant reçu une lettre du Roi , je l'ai présentée en la Cour; et, sur les deux heures, nous nous sommes assemblés en la Grand'Chambre -, et de là partis pour aller au Louvre, où le Roi s'est rendu de Madrid où il faisoit sa demeure depuis quelque temps, et l'avons été trouver en son petit cabinet. Il étoit assis, et à main droite, M. le cardinal de Richelieu, M. de Bullion et autres. A main gauche, M. le Chancelier, M. Bouthilier, secrétaire d'État, MM. les maréchaux de la Force ^, Chastillon et autres. Le Roi
et le maréchal de Brézé n'avaient pu, avec les troupes appelées de Champagne et de Picardie, arrêter les ennemis et les empêcher de s'emparer de la Capellë, de Fonsomme, de Fervaques, du Catelet, enfin de passer la Somme et d'entrer dans Roye sans coup férir. (Voy. Bazin, Histoire de Louis XIII, t. II, p. 400.) Cette dernière nouvelle terrifia la ville de Paris.
\. Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre lix.
2. Pendant cette assemblée, le Procureur Général demanda à la Cour de rendre un arrêt par lequel tout gentilhomme ou autre de quelque qualité ou condition qu'il fût, faisant profession des armes, fût tenu d'aller, dans la huitaine, servir le Roi en son armée de Picardie, s'il n'était retenu par maladie ou autres excuses légitimes qu'il fera bien et dûment apparoir aux baillis et sénéchaux , sous peine d'être déclaré déchu du privilège de noblesse et d'être procédé contre lui; car plusieurs de ces gentilshommes se montraient lents à faire leur devoir. Il y eut arrêt conforme à cette proposition.
3. Ce personnage était alors âgé de plus de quatre-vingts ans,
a dit : que l'on sçavoit l'état de ses affaires, l'entrée des Espagnols en France par la Picardie , l'effort qu'ils font pour passer la Somme, qui est la porte du royaume : que l'on juge assez les progrès qu'ils peu- \'ent faire s'il n'y est pourvu. Qu'il y emploie tous ses soins pour dresser une armée puissante pour y résister; qu'il a besoin d'hommes et d'argent et qu'il s'attend de trouver, en cette rencontre , des preuves de la fidélité toujours témoignée par cette compagnie, la première de son royaume. Qu'en cette occasion il se promet de recevoir les effets de la bonne volonté d'un chacun, et qu'il recognoîtra maintenant ceux qui aiment sa personne et l'État. Que la ville lui promet deux mille hommes', Messieursdu Conseil deux mille, et qu'il ne peut attendre moins de son Parlement ^ Qu'il veut avoir réponse bientôt et que l'on en délibère en chacune chambre des Enquêtes.
La chambre des Comptes a été aussi mandée , les prévôt des marchands, échevins, colonels, capitaines
et Richelieu dit, clans ses Mémoires, que le maréchal, affaibli par l'âge, n'avait pu déployer toute l'activité nécessaire pendant la campagne de 1635 contre le duc de Lorraine, {Mémoires, t. VIII, p. 387.)
1. Pour pouvoir réaliser cette promesse, la ville fut autorisée, par le Parlement, le 8 août, à emprunter jusqu'à la somme de cent mille livres, qui serait remise entre les mains de M. Sainlot, pour être employée à la solde, levée et armement desdits deux mille hommes de pied. Chaque habitant de la ville de Paris fut aussi obligé de fournir un homme de cheval armé, mais le Roi fit dire au Parlement que son intention n'était pas de les y contraindre par des poursuites; qu'il désirait obtenir cette contribution par l'affection que tout bon Français doit avoir au bien de l'Étal et à sa propre conservation.
2. Le Roi ajouta qu'il ne voulait la solde que pour deux mois.
et bourgeois*. Et le lendemain, chacun des Présidents ayant fait rapport en sa Chambre, tous Messieurs des Enquêtes et quelques-uns de la Grand'Chambre déclarèrent que cette résolution ne se pouvoit prendre que les Chambres assemblées, et qu'en attendant il étoit à propos de députer de chacune Chambre et de la Grand'Chambre même.
Le lendemain, les députés s'étanl trouvés en la salle de Saint-Louis , demandèrent instamment à M. le Premier Président , qui y étoit , l'assemblée ; ce qui fut enfin accordé. Et étant assemblés, il fut résolu, d'un commun consentement, que puisque le Roi jugeoit qu'il étoit nécessaire de le secourir, qu'il falloit lui accorder secours de deux mille hommes ; et que
1 . Richelieu dit que l'on convoqua aussi chez le Roi les sept corps des marchands et artisans de Paris , qui firent offre à Sa Majesté de leurs personnes et de leurs biens. [Mémoires, t. IX, p. 221.) L'éditeur Petitot ajoute « que ce fut le syndic des savetiers qui montra le plus de zèle , et que le Roi l'embrassa. » [Ibidem , p. 222.) INIais la Gazette de Renaudot rend compte tout autrement de la réception faite par le Roi aux corps des métiers. Voici un extrait de sa relation : « Le 5 août, le Roi se rendit au Louvre, dans la grande galerie dite des Rois, parce que tant Sa Majesté que tous ses prédécesseurs, qui ont régi cette monarchie, y sont représentés, et autour d'eux tous les hommes illustres qui ont fleuri sous leurs règnes. Le Roi se tenoit à l'un des bouts, près du balcon qui regarde la rivière. Tous les corps des métiers vinrent saluer Sa Majesté et lui faire offre de leurs personnes et biens.... Ils se présentèrent à genoux aux pieds de Sa ^Majesté, qui leur fit à tous l'honneur de les saluer et leur témoigner combien elle avoit agréable leur bonne volonté , dont ils donnèrent toutes les preuves imaginables, plusieurs d'eux baisantla terre et embrassant les pieds de Sa Majesté Les Parisiens, au partir de là, fendirent l'air de tant d'acclamations de joie et de tant de cris redoublés de Vive le Roi ! qu'il y a fort longtemps qu'il s'en est point ouï de plus grands. » (P. 474.)
l'on iroit à l'instant trouver le Roi pour lui en donner parole; ce qui a été exécuté. Le Roi témoigna être très-satisfait, et depuis a été procédé à la taxe de chacun, pour porter la somme de l'armement de deux mille hommes, comme il se voit par l'état ci-après, qui a été baillé à Saintot.
Deux ou trois jours après , Messieurs étant assemblés, on proposa de délibérer de ce qui étoit nécessahe pour la sûreté de la ville, ce que voulant empêcher, M. le Premier Président tira de long jusques à près de dix heures, et l'opinion commencée fut remise au lendemain.
Ce que le Roi ayant sçii , fut trouvé très-mauvais , puisqu'il étoit présent et qu'il donnoit les ordres nécessaires. Et je reçus commandement de dire à M. le Premier Président qu'il eût à avertir pour se trouver au Louvre à trois heures.
Nous étant assemblés en la Grand'Chambre , on partit pour se rendre près du Roi , qui , étant au lit un peu indisposé, se leva aussitôt auprès des fenêtres de sa chambre, et témoigna sa colère de ce qu'on vouloit toujours se mêler d'affaires d'Etat ; il dit aussi qu'il montreroit bien qu'il étoit le maître ; qu'il étoit satisfait de la compagnie , mais qu'il y en avoit deux ou trois qui faisoient semblant d'être ses serviteurs , mais que leur conduite étoit espagnole. Qu'il défendoit de passer outre à la déUbération commencée, et que si on le faisoit, il sçauroit bien faire cognoître sa puissance; qu'il vouloil être obéi et que l'on n'y manquât pas.
M. le président de Mesmes, qui avoit ouvert la proposition , prit la parole pour exprimer son esprit et
ses paroles , afin que si elles avoient été dites autrement, qu'il plût à Sa Majesté de n'y ajouter foi. M. le Cardinal prit ensuite la parole et témoigna que ce n'étoit assez de bien parler, mais de bien faire : que c'étoit l'effet que l'on attendoit^, etc.
Voici le rôle des taxes imposées par MM. les députés, pour satisfaire à la promesse faite au Roi de deux mille hommes pour son armée de Picardie*.
Deux cent quatre conseillers , dont les Présidents des Enquêtes et Requêtes font, chacun un. ....
Présidents des Enquêtes et Requêtes , treize
Présidents au mortier, au nombre de sept,
chacun 675 livres, en tout 4725
MM. les gens du Roi , trois, chacun 675
MM. les honoraires, huit 1800
Greffiers en chef, compris celui des Requêtes,
quatre, chacun 900
Notaires et secrétaires de la Cour, un 225
Premier huissier et receveur des amendes, un. 225
Substituts, deux, chacun 450
Payeurs, deux, chacun 450
Huissiers de la Grand'Chambre, trois 900
Clercs des greffes du Parlement , trois 900
i. Collection Colbert, t. CCXII , p. 303. Les chiffres des premières sommes manquent dans le manuscrit.
2. Richelieu raconte dans ses Mémoires, p. 223-23, tous les ordres extraordinaires, politiques et militaires, qui furent donnés du 4 au 12 août, pour se procurer des hommes et de l'argent. Ces mesures répandirent une véritable terreur dans Paris, que l'on croyait déjà menacé d'un siège ou d'une invasion espagnole.
LETTRE DU ROI A MOLE
Le gouvernement de l'État est donné à la reine Anne pendant l'absence du Roi. — Mole est nommé du conseil de la Reine en raison de son expérience et de sa fidélité.
(( Monsieur Mole, comme je suis sur le point de m'acheminer en mon armée de Picardie, où je rassemble la plus grande partie de mes forces , pour les opposer aux desseins et entreprises des ennemis de cet État , j'ai fait expédier un pouvoir à la Reine, mon épouse, pour pourvoir, pendant mon absence', à ce qui sera du bien de mon service dans ma bonne ville de Paris, et du repos de mes sujets. Et pour ce que je désire qu'elle soit assistée en cela du conseil et avis d'aucuns de mes bons et fidèles serviteurs , et que je sçais que vous y pouvez servir aussi utilement que nul autre , dans la grande expérience que vous vous êtes acquise des plus importantes affaiies de l'État , et l'entière confiance que j'ai en votre fidélité , je vous ai bien voulu faire celle-ci pour vous dire que vous ayez à vous liouver aux conseils que ladite dame Reine fera assembler, sur les affaires qui pourront survenir, pour lui départir sur iceux vos bons avis, selon que je l'attends de votre affection à mon service. Et sur ce , je prierai Dieu qu'il vous ait , Monsieur Mole , en sa
1. Le Roi quitta en effet Paris ce même jour, 1" septembre, pour se mettre à la tète d'une armée de trente mille hommes de pied et douze mille chevaux, qu'il venait de rassembler. Tous les officiers de ses armées reçurent l'ordre de se rendre en leurs charges dans vingt-quatre heures, à peine de les perdre, et à tout soldat à peine de la vie. (Voy. Mémoires de Richelieu , t. IX, p. 23S.)
sainte garde\ Écrit à Paris, le 1" jour de septembre 1636. »
LETTRE DE MOLE AU GARDE DES SCEAUX SEGUIER
La contagion augmentant à Paris, il faut évacuer les prisonniers. — Les Espagnols se retirent à Corbie et à Roye.
« Monseigneur, je ne craindrai point d'interrompre vos emplois importants , puisque cette occasion regarde la sûreté et la vie de quelques personnes qui sont en la conciergerie. Il y a eu tant de contagion, depuis quatre ou cinq jours, que, par arrêt, on a été contraint, hier, d'ordonner que ceux qui tiendront prison pour réparation ou pour dettes seront transférés, sinon élargis. Et dans le nombre, s'étant trouvé plusieurs qui sont arrêtés par arrêts du Conseil, on a sursis de les faire sortir jusques à ce qu'il vous eût plu y donner ordre.
« Nous apprenons que le bruit seul du voyage du Roi a arrêté les progrès des ennemis de l'Etat, et dit-on qu'ils se retranchent à Corbie et à Roye. Nous espérons que les justes armes de Sa Majesté et ses forces préparées les obligeront à la retraite.
« Le pouvoir de la Reine, pour commander en cette ville, fut hier vérifié. Vous ne commanderez à personne qui vous obéisse avec plus de fidélité que , Monseigneur, votre*, etc. Ce 7 septembre 1636. »