HONORAT. LA FLOTTE ESPAGNOLE EST REPOUSSÉE
LES DRAPEAUX PRIS SUR l'eNNEMI SERONT DEPOSES
EN l'église NOTRE-DAME.
Le 30 mai, le Roi écrivit à son Parlement au sujet de la victoire sur les Espagnols, es îles Saint-Honorat, la lettre suivante : « Nos amés et féaux, ayant plu à Dieu bénir nos armes, dans le dessein du recouvrement de nos îles Sainte -Marguerite et de Saint-Honorat de Lérins , situées en nos mers de levant , et les Espagnols y ayant été pressés de sorte , par les forces que nous y avons employées, qu'ils en ont été chassés en peu de temps ^ et ont été contraints d'y laisser des drapeaux aux armes de l'Empire et d'Espagne , nous avons estimé devoir, pour marque de notre recognoissance envers sa protection divine d'un si glorieux succès^, faire
i. Depuis le mois de septembre de l'année 1633, les Espagnols s'étaient emparés de ces deux îles. La garnison française se défendit faiblement contre l'attaque espagnole, dirigée par le duc de Fernandines et le marquis de Sainte-Croix , ayant sous leurs ordres vingt-deux galères, cinq vaisseaux et quelques cbaloupes {Mercure français, t. XX, p. 72). Le Roi, informé de ce désastre, envoya immédiatement à Maiseille M. de Beauvau pour noiiser tous les vaisseaux qui se trouvaient dans ce port. La Provence, très-effrayée de cette invasion espagnole, fit une assemblée des conmmnes à Fréjus et offrit au Roi quatre cent mille écus pour contribuer aux frais de la guerre.
2. L'armée navale de France fut assemblée en Provence et le Roi, après en avoir donné le commandement en chef au maréchal de Vitry, lixa le rendez-vous général à Cannes. Le Mercure fran^ cois (t. XXI) contient un long récit de cette expédition, et rapporte « l'ordre général que devoit tenir l'armée et spécialement le régiment de Vitry, la lettre du Roi au maréchal , un discours
mettre ces drapeaux dans l'église Notre-Dame de notre bonne \'iile de Paris, comme en lieu où chacun pourra louer Dieu de cette victoire qu'il a donnée à nos armes , et en même temps faire cbanter le Te Deum en ladite église*, avec les solennités qu'une telle occasion mérite. De quoi nous avons bien voulu vous donner avis par cette lettre , désirant que vous ayez à vous trouver en cette cérémonie, au jour et à l'heure qu'elle devra être faite. Ce que vous apprendrez du sieur Saintot ^, maître de nos cérémonies; sur lequel nous en remettant, nous ne vous ferons celle-ci plus longue ^ Donné à Villeroi, le 30^ jour de mai 1637. >>
sur l'état des îles Lérins et leur description , qui fut envoyé au Roi, l'ordre général de l'attaque des îles, les noms des tués et blessés, et de ceux qui s'y sont signalés, les lettres du Roi et dn cardinal de Richelieu à l'archevêque de Bordeaux, la capitulation des Espagnols, l'article de la reddition des îles, et diverses poésies en l'honneur de ce fait d'armes. « Voyez aussi dans la Gazette, p. SOd, une relation de l'attaque des îles Sainte-IMarguerite et Saint-Honorat par le comte d'Harcourt , et la honteuse sortie des Espagnols hors des îles Sainte-Marguerite (p. 309). »
\. On imprima alors, dans la Gazette (p. 345) « les cérémonies du Te Deum chante à Notre-Dame et des drapeaux qui y ont été portés ensuite de la reprise des îles sur les Espagnols, avec l'avis reçu de la défaite des Croquants (p. 3i8). »
2. Il présenta en effet cetle lettre le 0 juin, et indiqua le lundi 8 comme devant être celui pendant lequel le Te Deum serait chanté à Tsotre-Dame. La Cour y assista en robes noires, accompagnée des archers de la ville.