LE ROYAUME DE FRANCE MIS SOUS LA PROTECTION DE LA VIERGE
Ordres du Roi. — Difficultés pour la préséance, --Tumulte causé par la Cour des Comptes.
« Notre amé et féal , écrivant à notre cour de Parlement à ce que, conformément au contenu de nos lettres de déclaration, du 10 février dernier *, elle ait à assister en corps à la cérémonie qui doit se faire en l'église cathédrale de Paris, au jour et fête de l'Assomption prochaine ^, sur la protection de notre personne , sujets et royaume que nous avons remis à la bienheureuse Vierge Marie, nous voulons et vous mandons que vous ayez à lui rendre la dépêche que nous vous adressons , à tenir la main à ce qu'il soit entièrement satisfait au contenu d'icelle , comme nous l'attendons de l'afTection et bonne volonté de cette
1 . Ces lettres de déclaration furent alors imprimées et répandues en grand nombre dans le royaume. Il en existe une édition du temps dans la collection Colbert, t, IV, p. 37-4, elles sont aussi imprimées dans le Mercure français, t. XXII, p, 284. Voy. également VHist. de Louis XIII, de M. Bazin, t. IL
2. Cette institution de procession solennelle le jour de l'Assomption avait été précédée de l'établissement à Paris, par lettres patentes du Roi, de la congrégation approuvée par le Pape sous le litre de l'Exaltation delà Sainte-Croix, pour aider à la conversion des hérétiques et à la subvention des nouveaux convertis ; mais le Parlement avait déclaré, le 5 mars 1038, sur les conclusions du Procureur Général, qu'il ne pouvait ni ne devait entrer en vérification des lettres du Roi. Il y eut de nombreuses églises fondées, vers ce temps- là, et qui furent aussi placées sous l'invocation de l'Exaltation de la Sainte-Croix, entre autres l'église du Mont-Valérien. (Voy. la Gazette de l'année 1634, p. 404.)
compagnie. Si n'y faites faute , car tel est notre plaisir \ Donné à Abbeville, le 6* jour d'août 1638. »
a Nos amés et féaux , désirant que la cérémonie que nous avons ordonné être faite en l'église cathédrale de Paris, comme es autres églises de notre royaume, le jour et fête de l'Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, s'accomplisse avec tout l'éclat et l'honneur qu'il convient, nous voulons et vous mandons que , conformément au contenu de nos lettres de déclaration du 10 février dernier , par lesquelles nous mettons notre personne, nos sujets et notre royaume en sa protection , vous ayez à vous rendre en corps, en la manière accoutumée, en ladite église cathédrale de Paris, le jour et fête de l'Assomption prochaine, pour assister à ladite cérémonie, comme chose que nous avons en singulière recommandation. Et afin qu'elle se fasse avec toute la décence qui y est requise, nous voulons aussi qu'il soit par vous laissé aux ecclésiastiques six chaires de chacun côté du chœur de ladite église où ladite cérémonie se fera. Si n'y faites faute , car tel est notre plaisir. Donné à Abbeville, le 6^ jour d'août 1638. »
i . Au moment même où le Roi plaçait son royaume sous le patronage de la Vierge, la contagion commençait à sévir dans la ville de Paris , si nous nous en rapportons à l'extrait suivant des registres du Parlement : « Le 6 août 4 638, une maladie contagieuse s'étant déclarée dans les prisons du Cliâtelet, il fut décidé que les prisonniers sei-oient transférés dans d'autres prisons et ceux qui étoient retenus pour dettes élargis, à la charge de se représenter le lendemain de la Saint-Martin. Mais la maladie continuant encore le 27 du même mois , et l'un des guichetiers en étant mort récemment, on transféra de suite en un autre lieu le temple de la justice et on avança les vacances. »