‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 136 sur 167 · AU MÉMOIRES · texte numérisé non relu

AU MÉMOIRES

Le Procureur Général du Roi présenta, le mardi 1 1 août, à la Cour les lettres closes du cachet du Roi, desquelles la teneur est ci-dessus, et lesdites lettres lues, il fut arrêté que Messieurs s'assemljleroient en robes rouges, en la Grand'Chambre, le dimanche suivant, trois heures de relevée, et assisteroient à la procession ; et fut ladite lettre portée aux chambres des Enquêtes par JVF Gui de Thelis , conseiller en ladite Cour, et aux Requêtes , par le commis au greffe à la charge du conseil , et avertis dudit arrêt.

Le 15 août, jour de l'Assomption, nous avons été en corps de Cour, en robes rouges , à la procession à Notre-Dame, qui s'est faite depuis l'église jusque dans la Cité , et descendant des chaires du chœur du côté droit pour passer dans la nef, s'est mû contention avec les présidents des Comptes, qui ont prétendu devoir se croiser l'un après l'autre, après le premier, second et autres présidents du Parlement; se parlant les uns aux autres, tous les Maîtres, Correcteurs et Auditeurs des Comptes, par irruption sont entrés dans la porte et ont emporté ceux qui y étoient, de sorte qu'en un instant on a vu MM. les présidents du Parlement bien avant dans la nef, séparés les uns des autres. Et s'étant ralliés, sont allés pour reprendre le côté droit, et en étant empêchés par les officiers des Comptes , il y a eu beaucoup de désordre entre les uns et les autres, et tel, que ceux des Comptes ont été contraints de se retirer au coin de la rue Neuve-Notre-Dame, du côté du petit Châtelet.

Et le Roi ayant eu avis que le Parlement se devoit assembler pour donner ordre à une telle entreprise ,

fut donné arrêt en Conseil, qui obligeoit l'une et l'autre compagnie de se retirer par devers Sa Majesté, et M. le Premier Président, n'ayant voulu assembler, s'est chargé d'en parler : il a dit depuis qu'ayant été voir le Roi , il lui avoit donné un Mémoire du droit du Parlement, et depuis j'en ai dressé un autre justificatif des avantages de la Cour^, et jusques ici cette affaire n'a été décidée.

Mais la naissance de M. le Dauphin étant survenue le 5 septembre 1638, les lettres du Roi ont été reçues pour assister au Te Deum, oii chacune des compagnies a pris sa place ordinaire; et pouvant encore survenir bruit au sortir, si ceux des Comptes eussent voulu passer en même temps , Riquetv, exempt des gardes , a eu ordre, comme il se verra ciaprès par un ordre du Roi , de faire passer le Parlement par la porte du chœur ordinaire, et les officiers des Comptes par la porte à main gauche, au côté de l'autel : ce qui a été exécuté , avec ordre de ne point aller à la procession générale le lendemain mardi *.

LETTRES DE MOLÉ A M. DCPUY

M. de Colombie. — Siège de Fontarabie. — I\I. le président des Comptes de Fourcy meurt de l'épidémie. — Le traité des libertés de l'Eglise gallicane. — Indisposition de Mole. — Assassinat commis à Rome. — Mademoiselle de Hautefort.

« Monsieur, j'avois sçu la peine que vous avez prise, ce matin par M. de Colombie, qui est venu dîner avec nous. Le lendemain, la médecine m'a

4. L'original de ce Mémoire de Mole se trouve en effet p. 174, du volume CXXXIX de la collection Colbert.

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