Collection Colbert, t. CXXXIX, p. 169, 171 et 17a
arrêté par ordre de ceux que l'on aime bien à
votre académie.
« Les nouvelles de Fontarabie sont bonnes jusques ici*; j'en ai lettre de M, Machault; à son compte cette ville doit être prise maintenant. C'est pour ajouter au bonbeur de M. notre Daupbin que nous attendons de moment en moment^ et moi l'occasion de vous témoigner par effet que les anciennes amitiés sont les meilleures, et de plus que je serai toujours, etc.
« Si vous n'avez point affaire du livre du temps du roi François, je l'aurai bientôt vu. »
« Monsieur , mon indisposition ayant continué
\. Le Roi, par lettres patentes en date du 10 mars 1638 (elles sont imprimées dans le Mercure français , t. XXII , p. 48) , avait nommé le prince de Condé son lieutenant général dans les provinces de Languedoc et Guyenne. Le prince fit marcher sou armée par trois routes différentes, dont deux aboutissaient par le Béarn à la Navarre et la troisième à la Biscaye vers Fontarabie. Le 1"" juillet, il donna l'ordre d'attaquer les ennemis , le pas de Behobie fut forcé, le bourg d'Irun pris ainsi que le fort du Figuier et le fort du Passage, et le prince vint alors mettre le siège devant Fontarabie. Le Mercure français donne aussi les détails de ce siège jour par jour (p. 68), d'où il résulte que le 20 juillet les travaux étaient fort avancés. L'armée de terre fut alors renforcée par l'arrivée de l'armée navale , conduite par M. de Bordeaux; mais un secours d'hommes et de munitions, envoyé par les Espagnols, réussit à entrer dans la ville vers le 19 août. Voy. aussi dans la Gazette (p. 369, 517) le journal du siège de Fontarabie. Les Mémoires de Richelieu, t. X , p. 273 , contiennent à peu près la même relation et dans les mêmes termes.
2. On lit dans le Mercure français (t. XXII, p. 47) : « Ce fut au mois de mars que la France conçut une espérance certaine du plus insigne bonheur qui lui soit arrivé sous ce règne auguste et plein de merveilles, savoir la naissance d'un Dauphin, que le ciel ou la providence divine réservoit^ à cette année, pour la pouvoir dire, avec raison, la plus fortunée de toutes celles dont l'his-
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cette nuit, j'ai été obligé de ne sortir point. J'espère que ce sera le dernier désordre ; je vous dois le compte du bien et du mal, et me promets que votre santé s'affermira toujours, selon mon soubait et mon ressentiment.
(c M. Saintot vint bier au soir, auquel je dis Tbistoire du lieutenant de l'aitillerie de Fontarabie, qu'il ne put croire, et aussitôt envoya à M. Bacbelier cbez M. le Prince , qui lui envoya le billet qu'il en avoit reçu. Si on pouvoit nommer celui qui l'a dit, il le verroitpour en apprendre le particulier, et serai, » etc.
« Monsieur, je vous rends grâces de votre souve-
toire précédente a exalté les événements. La nouvelle de la grossesse de la Reine commença alors à se publier, et comme chose crue pour le grand désir d'un chacun ; mais depuis le 22 avril (voy. aussi la Gazette, p. 200), le mouvement de l'enfant senti presque tous les jours par Sa Majesté donna cette assurance à tous les bons François qu'ils se dévoient dire désormais heureux jusqu'à ce point que d'avoir obtenu accomplissement de leurs vœux, et cette terreur aux ennemis de l'Etat, que d'y attendre un successeur qui seconderoit un jour les armes d'un père , lequel a déjà si souvent triomphé d'eux. » — Le comte de Brienne nous rend compte, ainsi qu'il suit de cette même nouvelle : « Le Roi vint de Saint-Germain en Laye à Paris ; la Reine l'accompagna. J'allai, le lendemain, lui faire ma cour; je la trouvai plus rêveuse qu'elle n'avoit coutume de l'être et avoit les yeux fort chargés. Cela me fit soupçonner dès lors que cette princesse étoit giosse ; je pris la liberté de dire à la Reine ces propres paroles : « Madame, une pensée que j'ai que Tousseriez enceinte seroit-elle vraie?» La Reine rougit à ma demande et changea aussitôt de discours; ceci arriva au commencement de décembre 1637. » {Mémoires de Brienne , p. 69.) La Gazette l'annonçait déjà au mois de janvier (p. 53), mais encore à mots couverts. Brienne ajoute : « Leurs Majestés en eurent tant de joie qu'ils ne la purent dissimuler : il n'en fut pas de même de ceux qui étoient attachés à Monsieur, et plusieurs s'avisèrent de faire des plaisanteries de cette grossesse. »
îiir; le rhume est diminué et ai cru que ne sortant point encore cejourd'hui, je pourrois en être plus tôt délivré.
« Pour l'assassinat commis à Rome, il semble que ce soit un fait particulier, quoique commis par les domestiques de M. notre ambassadeur. S'ils ont privilège et que l'usage soit de ne les poursuivre, et que par autre voie on a droit d'en tirer raison , on a tort , et en tout cas cette voie de fait ouverte est de très - dangereuse conséquence , chacun selon le droit qu'il se feindra pouvant entreprendre aussi bien contre les maîtres que contre les valets. On sçaura la résolution qui se prendra ici. Croyez que je serai toujours, etc.
« Je sçavois l'histoire de mademoiselle de Hautefort et son adieu. Cela se dira à la première vue*. »
« Monsieur, ce n'est pas pour me défier du messager, car je m'y fierois de la vie, mais pour vous écrire moi-même que, grâce à Dieu, la santé va mieux. M. le président des Comptes, Fourcy, en est mort hier au soir.
« Si nous pouvions trouver l'ordonnance du chapitre vn , 1430, 13 juin, touchant l'ordre entre le Parlement et la Chambre, j'en serois bien aise; M. du Chesne l'a vue peut-être ? Je ne vous dirai autre chose, que je suis, » etc.
(( Monsieur, vous m'avez obligé de me faire
i. Voy., sur la retraite de la cour de mademoiselle de Hautefort, un article de M. Cousin relatif aux carnets du cardinal Mazarin , dans le Journal des Savants , du mois d'avril 1855, et pour l'assassinat commis à Rome , les Mémoires d'Orner Talon^ p. 69 de notre édition.
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part de vos dernières nouvelles : c'est assez que le livre soit achevé, et Cramoisy vous en doit un entier, et à moi il me fera plaisir de m'en tenir un prêt. Si on refuse le privilège à une œuvre si digne du public, il y aura raison de se plaindre : tout est ou imprimé ou écrit en lieu permis. Je me veux promettre de l'obtenir, sinon il y sera pourvu autrement. Si les ecclésiastiques assignés se proposent de l'empêcher pour faire plaisir à Rome, ce sera la peine ; je ne vois point que l'on leur refuse ce qu'ils désirent au nom du clergé. M. l'évêque de Rennes exécute en cette compagnie ce qu'il se met en l'esprit; il a été officier du Roi, mais il préfèrebien d'autres intérêts aux siens. Vous aurez l'arrêt du Conseil qu'il a obtenu, et en enverrez la copie, s'il vous plaît. Quelle patience pour des Bretons ! Je ne m'étonne plus pourquoi les chanoines ont tant fait d'instance pour avoir ces six chaires du côté de l'autel, et que tous ceux de toutes les églises catholiques s'y soient intéressés, puisqu'elles ont été réservées pour personnes de plus haute qualité qu'eux. J'ai tant cherché que j'en ai enfin trouvé quelque lumière. Je sçaurai si le règlement du conseil est par écrite, je ne m'étonne pas que l'on en parle bien. Veuille Dieu qu'il n'y ait que cela à redire; cela regarde le Parlement; il n'est pas malaisé de voir la fin de tous ces projets. Croyez que je serai toujours, etc. — La dame se porte assez bien , qui se souvient toujours de ce qu'elle vous doit. Toute la compagnie vous salue. On s étonne bien du congé refusé pour revenir en France ; on dit la nécessité extrême. »