RÉCIT DE MOLE
« Notre amé et féal , écrivant à notre cour de Parlement sur le sujet de la naissance d'ini fils, duquel la Reine, notre très-chère et très amée épouse et compagne, vient d'être heureusement délivrée \ nous vous mandons et ordonnons que vous ayez à en rendre la dépêche tout incontinent, et donner ordre que la compagnie s'assemble pour satisfaire au contenu
1. Pour nous conformer à l'intention de Mathieu Mole, nous empruntons aux journaux du temps quelques passages des articles qu'ils publièrent sur la grossesse et l'heureuse délivrance de la reine Anne d'Autriche; Mole avait même assemblé plusieurs numéros de la Gazette de Renaudot, et on les trouve à la suite de la lettre du Roi, p. 505 du t. CXXXIX :
« Depuis le mois d'août jusqu'aux couches de la Reine, furent, en sa considération, faits plusieurs vœux et prièies continuelles par toutes les églises de Paris, auxquelles le saint sacrement étoit exposé sur les autels. Et depuis le temps de cette grossesse, plusieurs se vantèrent d'avoir des révélations que la Reine accoucheroit d'un his. (Ces mêmes révélations se trouvent rapportées aussi dans les Mémoires de Richelieu^ qui paraissent les avoir empruntées au Mercure français . )
« Un religieux des Augustins déchaussés du faubourg Montmartre à Paris , dit qu'il en avoit eu révélation particulière, et en
fit avertir Leurs Majestés Les signes certains de grossesse ayant
paru en la Reine, plusieurs prières, neuvaines et pèlerinages furent faits à la sainte Vierge et à sainte Anne, auxquelles Sa Majesté aune particulière dévotion. Toute l'Eglise, dans ce royaume, s'humilia devant Dieu , pour lui demander par ses prières de quarante heures la conservation de ce fruit tant désiré. Plusieurs saintes reliques furent apportées à Saint-Germain , et enti-e autres la ceinture de la Vierge, gardée à Notre-Dame du Puy en Vellay, qu'on ceignit à la Reine, avec ])rières et cérémonie.
« Au mois de juillet, le Père général des Capucins du grand couvent de Paris, s'y rendit pour tenir le chapiire , et, avec l'assistance de vingt-quatre religieux du même ordre, fut à Saint-Ger-
d'icelle, tant pour le Te Deum que pour les autres témoignages d'allégresse convenables au sujet. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Saint- Germain en Laye, le 5^ jour de septembre 1638. »
Cette lettre étant reçue le 5 septembre, jour de dimanche, le Parlement ne s'est pu assembler; mais la joie de la naissance de M. le Dauphin a été si universelle, qu'en même temps les cloches des églises ont sonné, et en chacune Te Deum a été chanté en particulier; le canon de l'Arsenal, de la ville et de la Bastille ont tiré le reste du jour, les feux ont été faits
main pour se conjouir de la grossesse de la Reine , à laquelle il fit présent d'un vase et d'un chapelet du bois de Saint -François.
« Le samedi 4 septembre , la princesse de Condé , la comtesse de Soissons , la duchesse de Vendôme, la connétable de Montmorency, la duchesse de Bouillon la Mark , et autres dames de grande qualité , arrivèrent à Saint-Germain, pour être près de la Reine lorsqu'elle accoucheroit.
« Mais le dimanche 5 septembre , sur les deux heures du matin , Sa IMajesté fut en travail , ce qui l'obligea de commander à l'évêque de Lizieux de célébrer la messe dans sa chambre, comme il fit sur les quatre heures. Lorsque l'évêque de Meaux, premier aumônier du Roi, se disposoit à dire la sienne, les douleurs de la Reine s'augmentèrent : de sorte qu'on en avertit le Roi , qui la vint voir, et se prosterna plusieurs fois à genoux, pour demander à Dieu l'heureuse délivrance de la Reine, sa chère épouse, bien que Sa IMajesté même ne fût pas en une parfaite santé , étant travaillée d'une fièvre tierce depuis quelques semaines.
« A onze heures et demie du matin , Sa Majesté étant assise à table pour dîner, elle fut subitement avertie que la Reine accouclioit : le Roi se leva de table et vint à la chambre de la Reine, où il apprit que Dieu lui avoit donné un Dauphin, qui lui fut présenté par dame Péronne , sage-femme , laquelle avoit assisté la Reine pendant son travail : les sieurs Bouvard , premier médecin du Roi , et Honoré, chirurgien , fameux pour les accouchements, se tenant en l'antichambre , en cas de besoin. Cette voix agréable qui résonnoit le nom d'un Dauphin , passa comme un éclair par
le soir et les lanternes mises aux fenêtres de chacune maison de la ville.
Le lendemain lundi, Saintot, lieutenant des cérémonies, contre l'ordre, a entrepris d'apporter les lettres à la Cour, dont suit la copie : « Nos amés et féaux , désirant de pourvoir à ce qu'il n'arrive en la cérémonie de la naissance de notre très-cher et trèsamé fils le Dauphin, pareil désordre qu'en la dernière qui a été faite en l'église cathédrale de Paris , nous voulons et vous mandons que vous ayez à assister seulement en la manière accoutumée au Te Deum ,
tout Saint-Germain, et à peine midi fut sonné , que toute la ville de Paris en fut aussi avertie, et commença de témoigner quels étoient les premieis mouvements de sa joie. Quantité de messagers et de courriers furent dépêchés, à l'instant, pour en porter des nouvelles en divers lieux.
« Le Roi mit les genoux à terre , pour bénir Dieu d'une faveur si extraordinaire, et lui en rendre mille actions de grâces. Les églises du bourg de Saint-Germain et celles des Pères Piécollets étoient pleines, dès le matin, de seigneurs et de dames qui communioient et faisoient leurs dévotions pour cette heureuse délivrance, lorsqu'une si bonne nouvelle leur fut apportée. L'accouchement se fit en présence desdites princesses et dames , outre celles de la maison de la Reine , et en la présence aussi de Monsieur, frère unique du Roi , qui s'étoit rendu à Saint-Germain quelques semaines auparavant. Dans la même chambre, M. le Dauphin fut ondoyé jiar l'évèque de Meaux, les plus grandes solennités de son baptême ayant été remises à un autre temps : ce qui fut fait en présence du Roi , de Monsieur, du Chancelier de France , des princesses et dames , et de quelques seigneurs de qualité.
« Les feux de joie furent allumés en même temps par tous les endroits de Saint-Germain, et en la place, qui est devant l'église du bourg , fut dressé un obélisque ou fontaine , avec quatre dauphins, qui, dès le même jour du dimanche, versèrent continuellement du vin.
« Après midi, le Roi, accompagné des cent suisses de sa garde,
qui sera chanté en ladite église, pour rendre grâces à Dieu d'un si grand bénéfice, sans qu'il soit besoin que vous vous trouviez à la procession générale, dont nous vous avons dispensé pour la considération susdite, ainsi que le sieur Saintot vous fera plus particulièrement entendre de notre part. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Saint-Germain en Laye, le 5^ jour de septembre 1638. »
Nous soiumes allés au Te Deum à Notre-Dame, oii nous avons été en corps, en robes rouges, ledit jour à dix heures. Le canon de l'Arsenal, de la ville et de la Bastille ont tiré; les prières ont été continuées et le
de sondit Chancelier, des ducs de Montbazon et d'Uzès chevalier d'honneur de la Reine , de plusieurs seigneurs et de toute sa cour, lors fort grosse, vint à la chapelle du vieux château, oîi fut chanté le Te Deum , et l'évcque de Meaux y officia ponlificalement, assisté de l'ancien archevêque de Bourges, des évèques de Lizieux , de Beauvais, de Dardanie et de Châlons , ayant tous le rochet et le camail , et de toute la chapelle du Roi.
« Après le Te Deum , M. le Dauphin fut porté en son département, meublé de damas blanc, les gardes étant en haie, et mis entre les mains de la marquise douairière de Lansac , fille du défunt maréchal de Souvré (qui avoit été gouverneur du Roi), choisie quelque temps auparavant pour être sa gouvernante, et de la damoiselle de la Giraudière , femme de l'avocat du Roi au bureau des trésoriers de France d'Orléans , sa nourrice.
" La nouvelle ayant été apportée à Paris par le sieur du Perrey Bailleuil, l'un des maîtres ordinaires de l'hôtel du Roi, Messieurs de l'hôtel de ville, dès le dimanche , firent allumer un feu de joie en la place de Grève, et le lendemain, lundi , en fut fait un autre des plus beaux qu'on y ait vus ; à la fin duquel, sur les dix heures du soir, furent tirés tous les canons de la ville, avec grande quantité de boîtes. On avoit auparavant ouï les canons et les boîtes de l'Arsenal et de la Bastille en très-grand nombre.
« Le second feu fait et inventé par le sieur de Caresme , artillier du Roi et ingénieur de la ville pour les feux d'artifices, mériteroit que nous en donnions le récit et la description — »
saint sacrement a été exposé encore tout le jour, l'ayant été depuis le dimanche précédent en toutes les églises. Toutes les boutiques ont été fermées et personne n'a travaillé dans toute la ville, comme en une fête commandée. Et le mardi, lendemain, le feu de la Grève a été fait par les Prévôt des Marchands et échevins, et encore par toute la ville les lanternes allumées.
Mardi, procession générale, où les compagnies n'ont été, mais seulement au Te Deum, suivant la lettre de cachet à cet effet. Le Parlement , avec les autres compagnies, ont été trouver le roi à Saint-Germain*, où il s'est rendu sur les quatre heures. Le Roi étoit dans le Château-Neuf et nous fit conduire dans une chambre , à côté gauche en entrant , en attendant qu'il fût de retour de chez la Reine et de chez M. le Dauphin. Il avoit été au lit tout le jour et saigné, à cause d'une fièvre tierce de laquelle il avoit eu trois accès , et incontinent nous fit appeler. 11 étoit assis dans sa chambre, en une chaire posée auprès du pied du lit. M. le Premier Président lui parla si bas que l'on ne le put entendre, et après que chacun lui eut fait la révérence, il commanda de m'approcher et me dit : que le ciel lui avoit fait la grâce de lui donner un Dauphin et qu'il espé-
1 . La chambre des Enquêtes informée que le Parlement se rendait à Saint-Germain , envoya des députés en la Grand'Chambre pour prier M. le Premier Président, ou l'un de MM. les autres présidents qui allaient voir le Roi, de supplier Sa IMajestc avoir souvenance , en l'heureuse naissance de M. le Dauphin, des présidents et conseillers absents , auxquels M. le Président a dit qu'il le ferait volontiers , mais qu'il ne pouvait se charger de cela en ce temps.
roit encore tant de sa bonté qu'il donneroit en peu de temps la paix à son peuple, et que c'étoit ce qu'il souhaitoit ; et commanda en même temps à M. de la Ville aux Clercs', secrétaire d'État, de conduire le Parlement en la chambre de M. le Dauphin pour le saluer-. Et il étoit sous un grand pavillon de damas blanc à fleurs, qui étoit tout le large
i . M. de la VilIe-aux-Clercs devait déjà porter le titre de comte de Brienne , son père étant mort au mois de janvier de cette année, âgé de plus de quatre-vingts ans Gazette, p. 44).
2. Nous compléterons le récit de MoIé, relatif à la naissance du Dauphin, par un second extrait des journaux, du temps, qui nous disent la joie que cette nouvelle causa à Paris et dans les provinces de France :
« Dès le 6 septembre , le Te Deum avoit été chanté solennellement en l'église Kotre-Dame , avec trois chœurs de musique excellente. Il s'y fit aussi une fort belle procession, à laquelle assistèrent l'archevêque de Paris avec tout son clergé, la cour de Parlement, la chambre des Comptes, la cour des Aides, le Chàtelec, et le Corps de la ville. Toutes les paroisses firent aussi la leur, chacune autour de son détroit,
« Les Pères Jésuites du collège de Clermont bordèrent les muis de leur maison d'une très-grande quantité de flambeaux, pendant deux jours, et, le 7 septembre, ils firent un feu d'artifice fort ingénieux , qui fut allumé par un dauphin, en la cour du collège, outre un ballet et comédie représentée par leurs écoliers, à la clarté d'une infinité de lumières allumées dans le même lieu.
« Cette naissance célébrée dans Paris, pendant trois jours que les boutiques furent fermées, avec tous les témoignages de joie publique, par la sonnerie de toutes les cloches de jNotre-Dame , de la cloche de l'horloge du Palais et autres, fut pareillement solennisée par les religieux de Sainte-Geneviève, qui bordèrent de feux les murs de l'abbaye, et firent une procession où le saint sacrement fut porté ; j)ar les Feuillants de la rue Neuve Saint- Honoré, qui firent une aumône générale, le 7 septembre, et une procession solennelle, avec le Te Deum, qui fut chanté par eux au son des trompettes ; par M. l'abbé de Saint-Germain des Prés , et par tous les ambassadeurs des États et princes étrangers, parmi
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de la chambre, avec des pare-vents des deux côtés ; un grand balustre au devant, en sorte que l'on le pouvoitvoirde douze ou quinze pieds de loin. Au côté, hors le balustre , madame la Princesse , madame de laTrémouille et plusieurs autres y étoient. Madame de Lansac, sa gouvernante, étoit assise au fond, en une
lesquels ceux de Florence, de Hollande et de Venise, surpassèrent tous les autres en dépense et magnifique appareil.
« Le cardinal duc de Richelieu étant à Saint-Quentin, reçut avis, de la part du Roi et de la Reine, par différents courriers, de la naissance de Mgr le Dauphin, et à l'instant accompagné du duc d'Angoulème , et de tous les seigneurs de l'armée, des sieurs de Noyers, secrétaire d'État, de Choisy, maître des Requêtes et intendant en l'armée, et d'autres, fut à l'église, où il fit chanter le Te Detim , donna la bénédiction au peuple, lequel y assistoit en grande affluence , fit faire des feux de joie, et tirer toute l'artillerie de la ville.
» A Mézières , à Riom , les particuliers donnèrent des témoignages extraordinaires de leur contentement , par la musique, la danse, les festins, et les tables dressées au milieu des rues, où tous les passants étoient conviés à boire.
« L'air de la ville de Lyon , travaillé de la peste peu auparavant, se trouva purifié par la grande quantité de feux qui furent allumés en cette grande et puissante ville , où abordent les marchands de diverses nations , qui prirent tous beaucoup de part à cette agréable nouvelle.
« Les habitants de la ville de Grenoble reçurent cette nouvelle, le 10 septembre, par le sieur de la Lande, maréchal des logis de la compagnie des chevau-légers de Sa Majesté, qui avoit obtenu le brevet de la course du Dauphiné , pour avoir la récompense que le pays a accoutumé de donner en cette occasion. (Voy. dans le Mercure, p. 310, les récits relatifs à la Grande Chartreuse de Grenoble, à Saint-Chamont, à Marseille, à Reims, à Nogent-sur- Seine, à Toulouse, Montpellier, Venise, Suède, Constantinople, etc.)
« Les religieux de la Grande Chartreuse-lez-Grenoble prirent part à cette réjouissance publique. Le matin du dimanche 19 septembre, fut faite une procession à l'entour du grand cloître , où étoient <;ent religieux prêtres , chacun portant un flambeau de
chaire , et tenoit M. le Dauphin dormant, le visage découvert, sur un oreiller de satin blanc et le montroit, et dit qu'il ouvroit les yeux pour voir ses fidèles serviteurs. Et étant demeurés un peu de temps, on sortit et chacun remonta en son carrosse pour reprendre le chemin de Paris \
cire blanche : le révérend Père Général portoit le saint sacrement, et les religieux chantèrent le Te Deum et autres hymnes. A cette procession assista la noblesse voisine, et près de quatre cents hommes, domestiques du couvent, ou des villages prochains, chacun d'eux portant un cierge de cire jaune, qui leur fut fourni par la maison. Après la procession, le Père Général ayant célèbre la grand'niesse avec solennité , commanda qu'on dressât des tables en l'une des avenues du couvent, pour y faire dîner tous les séculiers qui avoient assisté à la procession et à la messe. Après vêpres, on bailla des mousquets et des piques à deux cents de ces séculiers, qui allèrent, en ordre, devant le Père Général suivi de tous les religieux , jusqu'à la Perrière, lieu élevé au-dessus de la maison, où fut fait le feu de joie, les i-eligieux chantant le Feni Creator et autres prières pour le Roi. Le Père Général se retirant avec les religieux , voulut que les étrangers fussent encore traités à souper.
« Le marquis de Saint-Chamond-en-Lionnois fit mettre tous les habitants de ladite ville en armes, sur les neuf heures du soir du dimanche 12 septembre. Tous les capitaines du quartier se rendirent à la place Marquise, et mirent le feu à quelques machines artificielles, pendant que sur le château, qui est très-bien bâti, paroissoient trois mille feux, qui représentoient diverses figures. »
1. Collection Colbert, t. CXXXIX, p. 209, 211, 214. — Il y eut aussi, à l'occasion de la naissance du Dauphin, création de quatre nouvelles maîtrises en chaque art par ville où il en existait déjà. Voy. les lettres du Roi à Mole, même collection , t. V, p. 244.
LETTRES DE MOLE A M. DUPUY
Nouvelles diverses. — M. Grotius. — Mort de madame d'Aligre. — Eloge de ses vertus.
(( Monsieur , les vents sont passés et vous n'êtes plus ici : on entre en votre chambre et on ne vous y trouve plus. Pour le moins, vous me donnerez part de vos nouvelles, que je chéris comme je dois. J'ai vu l'extrait de la lettre qui parle d'Aire. J'espérerai jusques à la sortie : il y a tant de moments en la guerre qui ne se peuvent prévoir, et tant de choses qui y arrivent contre l'attente, que je ne croirai point cette ville encore perdue. J'attendrai la lettre patente de Charles VI.
(( Je verrai, s'il vous plaît, l'ambassade de M. d'Abin, et, si M. Grotius* me donne un de ses livres, je le lirai à loisir et avec plaisir. Je ne trouve point de si doctes œuvres que les siennes. C'est une merveilleuse cognoissance de tout; et, en son âge, l'auteur de la vie de M. Peyresc^ mérite beaucoup de louanges par l'in-
4. Hugues Grotius, savant hollandais, qui s'était réfugié en France et avait été nommé ambassadeur de Suède à Paris. Lors du voyage du chancelier du royaume de Suède, Oxenstiern, il lui servait d'interprète pour ses conversations avec Louis XIII et Richelieu. — On lit dans la Gazette de Renaudot, sous la date du 40 mars 4635 (p. 4 32) : « Le sieur Grotius, l'un des plus doctes hommes de ce temps, ambassadeur ordinaire de Suède en cette cour, ayant fait son entrée en cette ville, le 3 de ce mois, accompagné de seize carrosses et conduit par le duc de Mercœur, qui l'alla recevoir jusques à Saint-Denis, eut, le 7, audience de Sa Majesté à Senlis, où la Reine s'en alla le 8, le conseil demeurant ici (à Paris). » — <» Le grand chancelier Oxenstiern, après avoir demeuré deux jours en la maison du sieur Grotius, partit de celte ville pour Rouen. » (42 mai, p. 247.)