Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre lxix
(( Monsieur, votre soin regarde plus les autres que vous-même, encore que, si vous me croyez, vous en prendriez un peu plus de votre santé. Celle de M. de Colombie est beaucoup mieux : l'opiat y est bon^ mais l'air n'y nuit pas. Vous auriez plaisir de le voir courir le long des montées, du haut en bas, pour faire l'exercice qui lui est ordonné; ceux qui n'en sauroienl pas la cause pourroient faire quelque jugement à son désavantage, ainsi de beaucoup d'autres choses du monde.
« Nous vimes hier, après dîner, le soleil ; ce ne fut pas sans aller voir les fontaines de près et de faire notre tour des allées du jardin. On ne les voit pas aujourd'hui, tant il fait brouillard; le bon feu le dissipe aisément.
« S'il étoit universel , je l'appréhenderois pour une attaque des retranchemens de Brissac ; cet événement nous réveille d'un profond sommeil de nuit : j-'espère beaucoup au bonheur de nos armes, et que les mauvais succès de cette année se couronneront de quelque nouvelle victoire. Pour le moins, le ciel a-t-il tenu cette balance jusqu'ici de nous donner tous les avantages d'un côté. J'en aurai assez quand je vous servirai, puisque je suis', etc. Ce lundi matin.
« La dame vous salue du bon du cœur. Messieurs vos frères trouveront ici mes très-affectionnées recommandations. »