Collection Colbert, t. CCXIII, p
même affaire en même Parlement. Je sçai bien que ce n'esl pas satisfaire à la volonté du Roi, qui a envoyé ses lettres pour être publiées et registrées, et cette difficulté à son égard peut avoir pareil effet qu'un refus. Auquel cas, il seroit nécessaire d'envoyer lettres de jussion, afin d'obliger la Compagnie d'y prendre résolution certaine. J'attendrai, sur ce, l'honneur de vos commandements , auxquels j'obéirai toujours avec toute sorte de fidélité, étant votre*, etc. »
Le 2 mai, j'écrivis à M. de la Ville-aux-Clercs en ces termes : « Monsieur, j'eusse plus tôt satisfait au commandement de Sa Majesté, que je reçus avant-hier, si la feuille que j'envoie m'eût pu être baillée par le greffier de la Cour. On n'est pas entré jeudi au Parlement à cause de la fête, et hier pour saint Catien. Le peu de nombre qui s'est trouvé, lorsque la déclaration a été délibérée , a été cause que Messieurs du Parlement se sont trouvés en nombre égal. Ils étoient trente-quatre de chacun avis. Seulement, si cette affaire n'avoit pas été traitée les Chambres assemblées, on la remettroit de nouveau en délibération avec d'autres juges. N'y ayant point toutes fois d'avis certain , qui est nécessaire en chose si importante , et cette égalité de voix pouvant être tenue comme pour un refus, puisque c'est le même effet, s'il plaît à Sa Majesté d'envoyer lettres en forme de jussion , cela obligera la compagnie d'y prendre résolution. Je ne manquerai jamais de fidélité en l'exécution de vos commandements , et me promets que, par la candeur et sincérité de mes actions, je serai toujours cru votre", etc. »