‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 49 sur 167 · Collection Colbert, t. CCXIH, p · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. CCXIH, p

2. « Cet arrêté ayant été baillé en parchemin à mon homme par I.anglois , je parlai, à dix heures, à MM. les Présidents du commandement du Roi porté par la lettre du lo, et ayant recognu leur diversité d'avis, les uns soutenant qu'il ne devoit être écrit suivant l'intention de la compagnie, et les autres au contraire qu'il avoit été ainsi résolu, je le rendis au greffier, afin que, si la compagnie en étoit d'accord, il me le rendit le lendemain. Les Chambres ayant été assemblées, il a été arrêté qu'il n'y en auroit point d'écrit et ainsi il n'avoit pas dû être expédié, et ai fait rompre

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de lui commander de l'expédier et de me le bailler, sinon que je pusse sçavoir l'intention de la Cour pour faire réponse au Roi. Et en ayant parlé à la Grand'- Chambre, ils ont remis l'affaire à dix heures. Et à cette heure, MM. les présidents ont envoyé quérir MM. les présidents des Enquêtes, auxquels ils ont fait entendre ma demande, pour recognoitre si d'un commun accord il y auroit moyen; et néanmoins il m'a été dit que le lendemain on me rendroit réponse.

Le vendredi 19, les Chambres ont été assemblées , auxquelles M. le Premier Président a fait entendre ce que j'avois proposé le jour précédent, et, l'affaire mise en délibération, le greffier m'est venu quérir, et, les Chambres étant encore assemblées , M. le Premier Président m'a dit que, pour réponse au Roi, je lui pouvois écrire que son Parlement n'avoit point fait d'arrêté par écrit, et que l'assemblée des Chambres sur ce sujet et autres affaires suivantes, ont été faites par l'ordre accoutumé. Et en outre , qu'il seroit écrit au Roi, de la part de la compagnie, pour lui rendre compte de ce qui s'étoit passé et lui donner toujours les assurances de sa fidélité* : ce que j'ai fait à l'instant , par un courrier exprès ^, et les lettres sont du 19, ainsi qu'il suit :

« Sire , je n'ai pas manqué , dès le 1 3 de ce mois ,

le parchemin. » (Note de Mole.) C'est sans doute cet incident qui a donné lieu à l'erreur commise par Orner Talon et dont nous avons parlé ci-dessus , p. 101.

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