‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 79 sur 167 · MO MÉMOIRES · texte numérisé non relu

MO MÉMOIRES

moigner le refus avec le plus de respect qu'il a pu. Il est nouveau; mais aussi doit-on à notre prince beaucoup plus qu'à aucun autre. 11 y a eu deux avis : l'un de faire des remontrances, et l'autre à dire que la Cour ne peut. Cette ouverture fut faite, qui fut reçue par le plus de nombre, et même fut résolu de n'y mettre pas "que le Roi sera, mais qu'il est, afin que Sa Majesié, par l'arrêt qui lui sera envoyé, se vît suppliée très-bumblement. C'est ce que j'ai pu apprendre des intentions de la compagnie, qui ne pourroient être changées sans nouvelle délibération en assemblée des Chambres. 11 semble donc que s'il plaît au Roi que son édit soit vérifié, il peut faire sçavoir sa volonté par lettres de jussion, à laquelle on doit obéir. Les conseils, néanmoins, qui seront pris par Sa Majesté, seront toujours les meilleurs, puisque, par les événements, on recognoît que le ciel favorise visiblement ses desseins. Je vous envoie aussi l'extrait des registres de 1 572 et 1 574 : ces deux arrêts ont été donnés la Grand'Chambre assemblée, .le me tiendrai toujours très-honoré de vos ordres, que je soutiendrai avec la fidélité que doit', )) etc.

Mais, le 30 mai, je reçus du Roi la lettre suivante : (( Notre amé et féal , nous écrivons à notre cour de Parlement à ce qu'elle ait à députer aucuns de la compagnie vers nous , sçavoir huit de la Grand'- Chambre et dix des Enquêtes, et qu'ils aient à se rendre en ce lieu, vendiedi prochain précisément, pour entendre ce qui sera de notre volonté sur aucunes affaires qui regardent le bien de notre service.

Page 1