‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 85 sur 167 · Voy. le P. Anselme, t. III, p · texte numérisé non relu

Voy. le P. Anselme, t. III, p

aux discours qui avoient été faits, reprit particulièrement les fautes de l'accusé contre le Roi et ses sujets. La principale qu'il remarqua fut qu'il s'étoit allié par sa fille , ce sont les propres termes de l'historien, avec Henri , roi d'Angleterre , et avoit traité et souffert traiter le mariage d'icelui Roi avec elle , et en ce faisant fait plusieurs promesses très -préjudiciables au Roi et à son État, « ce que lui ne aultre de ses princes ne devoit ou pouvoit faire, par les édits royaux de très-longtemps mis sus, sans le consentement du Roi et de son grand conseil. » L'avocat du Roi conclut qu'il avoit été justement procédé contre le comte d'Armagnac; que le Roi devoit être assisté, en ce fait, par tous ses vassaux; qu'il éloit obligé de faire justice, en ce cas , pour ce qui touche la majesté royale; que la confiscation de tous les biens de l'accusé étant au royaume de France et la punition corporelle s'en dévoient ensuivre.

Ceux qui traitoient pour le Comte changèrent de conseil, car ils demandèrent miséricorde, et plusieurs grands seigneurs et amis du Comte se jetèrent aux pieds du Roi pour avoir sa grâce. Le Roi s'émut de cette soumission , ordonna mainlevée de quelques biens, moyennant que le Comte baillât assurance d'entretenir ce qui seroit ordonné par le Roi et le conseil , touchant la question dont ci-dessus est fait mention.

Charles de Bourbon , connétable de France , avant commis tous les plus hauts crimes de lèse-majesté qu'il pouvoit commettre , l'empereur Charles V ne le crut pas du tout attaché à lui et à son par^i, qu'en lui faisant proposer, par le seigneur de Beaurain , un ma-

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ri.age avantageux, qui fut celui de Madame Éléonor', sœur dudit Empereur , et à défaut d'elle son autre sœur Catherine , avec trois cent mille écus et autres [grands avantages. Ce qui le précipita du tout dans la rébellion , où il finit ses jours.

Par le procès criminel fait au maréchal de Biron , l'on voit qu'un des principaux chefs d'accusation contre lui, fut d'avoir écouté les propositions qui lui furent faites, de la part du duc de Savoie, de lui donner en mariage une de ses filles : dont il fit tout ce qu'il put pour s'excuser devant ses juges et en tous les actes de son procès , sçachant bien la qualité du crime et combien il étoit grand contre l'État -.

Et quand toutes ces considérations publiques cesseroient, que Monsieur n'eût aucune obligation à l'État, qu'il ne dût rien au Roi , soit à sa personne comme Roi ou comme son père, ce prétendu mariage ne pourroit toujours subsister par l'autorité des Pères , et par les ordres civils qui servent de règle en la conduite des particuliers ^

i . Ce mariage n'eut pas lieu : Charles-Quint , après la bataille de Pavie, proposa à François I" d'épouser la princesse Éléonore, et de marier Marguerite, fille d'Éléonore, avec le Dauphin de France. (Voyez les Instructions de Charles-Quint à son arabas- .sadeur, dans le volume que nous avons publié sous le titre de Captivité de François I" . (Collection des documents inédits.)

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