‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 96 sur 167 · Collection Colbert, t. V, p. 221 bis · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. V, p. 221 bis

DE MATHIEU MOLE. (I63o.) 295

LETTRE DU CA.RDINAL DE RICHELIEU A MOLE

Nécessité de vérifier l'édit des consignations.

« Monsieur , bien qu'il ne soit pas nécessaire de vous recommander la vérification de ledit des consignations, que le Roi envoie au Parlement , et que je sois assuré que l'affection que vous avez au service de Sa Majesté est plus que suffisante pour vous convier de contribuer à cette fin tout ce qui dépend de votre charge , je ne laisse pas, néanmoins, de prendre la plume pour vous conjurer, en mon particulier, d'apporter en ladite vérification^ out le soin et la diligence qu'il vous sera possible, en sorte que Sadite Majesté reçoive , en cette occasion , le contentement qu'elle a lieu de s'en promettre.

(( Je ne vous représente point les raisons qui obligent le Roi à recourir à tels moyens pour avoir de l'argent*, puisqu'elles vous sont assez cognues, et que vous jugez bien qu'il lui est impossible de supporter les grandes dépenses qu'il est obligé de faire pour procurer une bonne, sure et honorable paix dans la chrétienté, et un repos à ses sujets (qui est son principal but), sans en être secouru'. Je me contenterai seulement, etc. De Neufchâtel, ce 14 mai 1635. »

i. La lettre du Roi nous a déjà fait connaître le premier des moyens auxquels on avait recours dans les temps de dépenses extraordinaires; l'autre, qui était aussi prompt, consistait à créer des charges en titre d'office pour lesquelles on trouvait sur-lechamp des acheteurs , et plus vite encore des traitants , qui fournissaient l'avance du fonds à lever sur l'ambition ou la vanité des bourgeois enrichis.

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