‹ Mémoires de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 11 sur 50 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ÉTUDES RÉTROSPECTIVES CONCERNANT LES EFFETS DE LA VACCINE SUK LA VARIOLE, ET RELATIONS DES EPIDEMIES VARIOLIQUES QUI RÉGNÈRENT, EN 1850 ET 1851, A LA TESSOËLLE (MAINE-ET-LOIRE) A SAINT -LAURENT-SUR-SÈVRE3 ET A MORTAGNE (VENDEE) (l).

En rédigeant ce mémoire, je remplis un devoir envers l'Académie qui m'a fait l'honneur de me déférer le titre de correspondant et j'honore la mémoire d'un père dont je sens chaque jour davantage la perte (2).

En parcourant les manuscrits qu'il m'a laissés, j'ai rencontré quelques notes sur la vaccine qui m'ont paru dignes d'intérêt; je les tire de l'oubli auquel elles étaient destinées , moins pour compléter l'histoire de cette découverte

*\) En 1853, Y Académie impériale de médecine, à l'occasion de ce Mémoire, a décerné une médaille d'or à l'auteur.

(2) Jean-Baptiste-Louis Hullin, reçu médecin à Montpellier, en 1790, s'établit à Mortagne en 1794. Esclave de sa profession, doué d'un haut et profond jugement, mon père fut un praticien distingué et reconnu tel; il jouit, durant sa carrière médicale, de l'estime, de la confiance de toute la contrée et mourut à quatrevingt quatre ans, en 1845, après avoir été maire de Mortagne durant quarante-sept ans. Six mois avant de mourir, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.

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que pour éclairer le présent par le passé, en mettant en lumière l'action réciproque de la vaccine sur la variole, aux différentes phases de leur existence.

Dès l'avènement de la vaccine en 1801, mon père comprit l'importance de cette salutaire pratique et s'y livra avec tout le zèle dont il était capable; il ne se contentait pas de vacciner, il étudiait soigneusement l'influence de la vaccine sur la variole et réciproquement. A la vérité, cette étude lui était facile, car il avait souvent occasion de voir la petite vérole à Mortagne, où il exerçait la médecine.

« En 1801, dit-il (1), je me procurai du vaccin et je l'inoculai ; mais, à cette époque, il était fort difficile de rencontrer des sujets à opérer : imbus de faux principes, les parents devenaient colères quand nous leur parlions des avantages de cette précieuse découverte, et ils devenaient sauvages si nous leur parlions de vacciner leurs enfants. Bien que ce fût en 1802, je vaccinai mon fils (2) et trois autres sujets. Cet exemple étonna et ébranla fort la mécréance des plus récalcitrants, attendu que ces opérations réussi-

(1) Toutes ces observations sont de la pratique de mon père et c'est toujours lui qui parle.

(2) C'est l'auteur de ce Mémoire.

rent très-bien et qu'il ne survint rien de fâcheux sur nos petits malades.

« Ces faits, patents à tous les yeux, rendirent les habitants plus disposés à écouter nos conseils et voici , en outre, ce qui nous vint en aide. En 1805, une épidémie de variole grave éclata à Mortagne et ses environs; en sorte que les parents placés entre deux écueiîs également redoutés ou de se faire vacciner ou de contracter la variole, donnèrent la préférence à la vaccine, qui eut un triomphe complet. Dès lors les habitants se soumirent sans peine à l'opération, et la campagne suivit aussitôt cet exemple; au reste, on va juger des ravages cruels de la petite vérole dans nos contrées, et combien devait être grande à cette époque^ l'inquiétude de toutes les familles.

A reporter,

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