‹ Mémoires de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 21 sur 50 · VOYAGE A PARIS EN 1832, ET MISSION OFFICIELLE DANS L'AUBE EN · texte numérisé non relu

VOYAGE A PARIS EN 1832, ET MISSION OFFICIELLE DANS L'AUBE EN

Depuis deux ans je pratiquais la médecine dans ma ville natale, quand, en 1832, apparut à Paris le choléra asiatique. Cette épidémie redoutable jeta l'épouvante partout, et Mortagne, comme les autres villes, eut sa panique à un tel degré que bon nombre de mes concitoyens vinrent me prier de me rendre sur le théâtre de l'épidémie pour me mettre en état de connaître le danger et de le conjurer (1). Une lettre pré-

(1) A l'occasion de mon voyage, laRevue de VOuest, (avril 1832, page 40), s'explique comme il suit : « Monsieur le docteur Hullin, de Mortagne, (Vendée), vient de partir pour Paris, afin d'y étudier le choléra-morbus, un tel acte de dévouement est au-dessus de tout éloge. »

fectorale dont je m'étais muni m'ouvrit les hôpitaux; mais je ne suivis avec régularité que les visites de Biet à Saint-Louis et celles de Magendie et Petit à l'Hôtel-Dieu. Grâce aux savantes leçons prises à des sources si précieuses, je fis promptement mon éducation, heureux d'en faire profiter mes concitoyens et plus tard les habitants de l'Aube :

RAPPORT SUR LES ÉPIDÉMIES DE CHOLÉRA ET DE SUETTE QUI ONT SÉVI A CHAMPIGNOL, ARCONVILLE ET BERGÈRE (AUBE), DURANT LES MOIS DE JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1854 (l), ADRESSÉ A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE DE l'aGRI- CULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS.

Monsieur le Ministre,

Après trois mois de séjour dans ces malheureuses communes, je prends la liberté respectueuse de communiquer à Votre Excellence les observations que j'y ai recueillies; mais tout d'abord, permettez-moi de vous entretenir de quelques circonstances qui se rattachent à ma mission :

(1) Observations devant servir de complément à la thérapeutique de ces maladies.

Membre correspondant de l'Académie impériale de Médecine, j'assistais à sa séance du

19 juillet 1854 (1), lorsqu'on nous apprit que plusieurs de nos départements étaient horriblement maltraités par le choléra et que les préfets demandaient des médecins de bonne volonté pour y porter les secours de l'art.

Je n'aurais pas été digne du titre que je porte si j'eusse refusé l'honneur qui m'était offert; je me mis donc à votre disposition, et j'eus le bonheur d'être agréé; en effet, ma commission pour me rendre dans l'Aube m'arrivale

20 juillet au soir, et dès le lendemain j'arrivai à Troyes.

De cette ville M. le préfet m'envoya à Barsur-Aube, et de là M. le sous-préfet me plaça à Champignol (2), en me confiant également les malades d'Arconville et de Bergère.

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