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TROISIÈME SÉRIE

Vingtième observation. — Emploi du tannate à haute dose chez un sujet atteint d'un catarrhe pulmonaire intense et d'un rhumatisme articulaire aigu. Guérùon. — Le 5 septembre 1852, P. H..., après avoir eu chaud et froid, contracta un catharre pulmonaire avec fièvre continue, toux et oppression des plus vives, soif incessante, €éphalalgie, agitation, délire la nuit, pouls petit à cent huit pulsations, bouche mauvaise, langue sale, embarras muqueux gastro-intestinal. Cet état, combattu par les antiphlogistiques, les révulsifs aux bras et les évacuants, dura quatorze jours.

(1) Et comme on le verra ailleurs.

(2) Localité de la Vendée ou la dysenterie est souvent en règne.

(3) Cette série comprend les cas d'affections rhumatismales dans lesquels le tannate a été donné avec succès.

Les quinzième et seixième jours, il survint de la diarrhée et une petite douleur dans le genou droit ; la fièvre s'amenda durant le jour, mais elle revenait le soir avec toux, oppression et agitation ; quelquefois on remarqua un peu de sang dans les crachats, qui du reste étaient muqueux; il y avait en outre des coliques et des dévoiements bilieux. (Large révulsif sur le côté droit de la poitrine, béchiques sous toutes les formes, purgatif.)

Le dix-septième jour, même état.

Le dix-huitième on ordonne 1 gramme de tannate pris en quatre fois dans le jour.

Le dix-neuvième jour, même médication.

Le vingtième, après avoir usé de 2 grammes de tannate, la fièvre du soir ne revient pas, mais l'agitation nocturne continue , la douleur du genou droit passe au gauche ; les selles sont moins abondantes, plus consistantes; du reste, même état. (Même médication.)

Les vingt et un, vingt-deux et vingt-troisième jours, la douleur est presque passée ainsi que le dévoiement.

Les vingt-quatre et vingt-cinquième, plus de douleur, plus de fièvre, mais continuation de l'agitation nocturne et de la toux. (Suppression du tannate; on renouvelle les vésicatoires aux bras, et le malade se trouve mieux.)

Du vingt-sixième au quarantième jour, mieux encore, mais la toux, l'insomnie et l'agitation des nuits persistent, quoique à un moindre degré; la convalescence ne commença que le quarantecinquième jour, et le soixantième la guérisou était presque parfaite.

Il est bon de dire que depuis trois ans, époque où P. H. contracta une dysenterie qui faillit l'emporter, son estomac et ses intestins restèrent gravement malades. Un voyage à Vichy, en 1851,1e soulagea. En 1852, il alla de nouveau à Vichy, et en revint sans être parfaitement rétabli ; son estomac souffrait du moindre écart de régime; aussi sa surprise fut grande quand il vit avec quelle facilité les organes digestifs s'accommodaient du tanna te de quinine. Il est donc vrai que ce sel prisa haute dose, a mis fin, en quelques jours (1), auxdouleurs articulaires, à la fièvre, au dévoiement, à la douleur de l'épigastre. Nous avons été si souvent témoin de pareils cas, que nous ne pouvons considérer que comme exceptionnelle, l'observation de M. Castiglioni, qui assure avoir vu « le tannate de quinine produire des troubles vers la tête et l'estomac. » A la vérité, ces

(1) P... a souvent éprouvé les années précédentes des douleurs semblables qui ne duraient pas moins de trois à quatre semaines, tandis que sous l'influence du tannate il a été guéri en quelques jours.

troubles étaient légers et passagers (1). Nous devons faire remarquer au contraire l'avantage du tannate qui à haute dose n'a causé ni surdité, ni bourdonnement d'oreilles, ni rien de semblable.

Vingt et unième observation. — Rhumatisme articulaire ambulant guéri en huit jours par le tanmate de quinine, — M. Ch..., vétérinaire, atteint depuis longues années d'une gastro-entérite chronique, fut pris, le 11 février 1855, de rhumatisme articulaire ambulant.

Le troisième jour de la maladie, notre confrère Maudet (2) lui ordonna toutes les trois heures 25 centigrammes de tannate de quinine. Après trois jours de cette médication, M. Ch... éprouva une diminution sensible de ses douleurs, et le huitième jour il fut radicalement guéri.

Vingt-deuxième observation. — Un domestique de ferme, âgé de 14 ans, d'un tempérament sanguin, fut atteint d'une douleur très-aiguë de l'articulation coxo-fémorale avec gonflement et chaleur au pourtour, qui l'obligeait à se coucher sur le ventre sans changer de position : cet état durait depuis quatre jours : 12 sangsues sur les régionsdouloureuses ne produisen t aucun effet ; une

(1) Voyez le Bulletin de thérapeutique médicale et chirurgicale, tome 43, page 421 .

(2) M. le docteur Maudet est un praticien distingué delà ville de Chollet (Maine-et-Loire), et je dois à son obligeance la communication de cette observation et de la suivante.

deuxième application ne fut pas plus heureuse. Il entra à l'hôpital de Chollet au 10e jour de la maladie : nouvelle application de 15 sangsues, mieux après trois jours de séjour à l'hospice, douleur aiguë avec gonflement dans l'articulation du coude gauche; le lendemain, le genou est pris à son tour. (Cataplasme sur le genou et boisson délayante, tannate de quinine 6 paquets de 25 centigrammes dans les 24 heures; même médication pendant trois jours et même état dans la maladie). Le quatrième jour, diminution dans la douleur du genou et du coude; persistance de la douleur de la cuisse, cependant la chaleur à diminué. (Vésicatoire sur l'articulation, continuation du tannate de quinine, guérison de la douleur du coude et du genou, diminution de ia douleur de la cuisse, et après huit jours de l'emploi du tannate toutes douleurs ont disparu.)

La promptitude avec laquelle arriva la guérison chez ces trois sujets est fort remarquable, et l'innocuité du médicament sur des organes aussi sensibles que ceux des deux premiers ma lades ne l'est pas moins.

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