‹ Mémoires de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 29 sur 50 · CINQUIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SÉRIE

Vingt-neuvième observation. — Fièvre tierce rebelle chez un sujet de soixante-seize ans ; triomphe du tannate de quinine. — Cha... Meu..., âgé de soixante-seize ans, après avoir fait des excès de table pendant trois jours, fut pris d'un accès de fièvre qui débuta par un tremblement qui dura vingt heures. À ma visite, le 29 juin 1852 : chaleur générale de tout le corps, le malade dit qu'il brûle; mal de tête intolérable, soif vive, pouls assez fort à 120 pulsations, langue sale, bouche sèche, toux fréquente. (Petite saignée du bras, vomitif, boisson gommeuse, diète.)

Le 30, point de fièvre.

Le 1er juillet, apparition d'un nouvel accès aussi violent que le premier. (Sangsues aux pieds, laxatif.)

Le 2 juillet, apyrexie. (Tannate de quinine, 20 centigrammes dans le jour.) Le 3, récidive de la fièvre.

Le 4, continuation de l'antipêriodique.

Le 5, la fièvre reparaît, quoique moins violente.

Le 6 et le 7, même médication.

200 centigrammes ne purent triompher de cette lièvre, mais elle diminua sensiblement; les jours de pyrexie, Cha. . . conservait encore quelques légers souvenirs de son affection. Le malade fit longtemps usage de ce fébrifuge à dose tonique, et enfin la fièvre disparut au bout de trois mois.

Trentième observation. — Fièvre lier ce combattue avec succès par le tannate. — Le nommé Bad..., d'Évrenas (Vendée), tisserand, âgé de quarante ans, d'une constitution frêle, contracta des fièvres aussi violentes et aussi tenaces que les sujets des deux précédentes observations, et guérit par les mêmes moyens.

Les fièvres tierces passent pour être plus faciles à guérir que les quartes, et cela est vrai en général ; mais il est des circonstances où elles sont aussi rebelles les unes que les autres, témoins : Char., Chail., Bad.; et cependant ils n'eurent ni les yeux jaunes, ni la figure, ni la rate gonflées, etc., etc.

Trente et unième observation. — Fièvre tierce radicalement coupèeparletannate. — Eugénie Ouv. . ., âgée de douze ans, m'appela près d'elle le 50 mai 1852. Depuis quinze jours elle est prise de

fièvre tierce; l'accès débute par un frisson d'une heure; ensuite figure rouge, céphalalgie, bouche mauvaise, langue sale, soif vive, chaleur générale qui se termine par de la sueur. (Huit sangsues aux pieds, vomitif pour le lendemain, 31 mai)

Le 51, apyrexie. Tannate de quinine, 25 centigrammes.

Le 1er juin, nouvel accès, mais bien moins intense.

Le 2, apyrexie. Tannate, 25 centigrammes. Le 3, même état, même médication.

Le 4, suppression des accès, qui ne sont plus revenus.

Trente-deuxième observation. — Fièvre tierce guérie par deux grammes de tannate de quinine. — Le nommé Sor... père, âgé de cinquante ans, fut pris le 22 juin 1852 d'une fièvre ordinaire, qui commença par un tremblement d'une heure et qui en dura quatorze, avec céphalalgie, embarras gastrique. (Saignée, vomitif pour le lendemain).

Le 24, nouvel accès de douze heures. (Sangsues à l'anus, limonade.)

Les 26 et 28, les accès se soutiennent et se ressemblent.

Le 29, tannate de quinine, 25 centigrammes. 2 grammes de ce sel donnés en trois jours ont coupé les accès sans récidive.

DU TANNATE DE QUININE. 449 Trente-troisième observation. — Fièvre tierce, succès du tannate de quinine. — Sor. . fils contracta à la même époque le même genre de fièvre que son père; il fut traité et guéri par les mêmes moyens.

Trente- quatrième observation. — Fièvre tierce combattue avec avantage par le tannate de quinine. — La Sab... m'appela, le 20 mai, pour un accès de fièvre qui durait depuis quatre heures; tremblement d'une demi-heure au début, chaleur générale, céphalalgie, soif vive, douleur abdominale. (Sangsues, limonade.)

Le 21, apyrexie. (Tannate de quinine, 25 centigrammes par jour.) Un gramme 50 centigrammes suffirent pour supprimer ces accès.

Trente-cinquième observation. — Fièvre tierce, même succès. — Rem..., âgé de trente-six ans, m'appela près de lui le 20 juillet 1852. Depuis huit jours il était atteint de fièvres tierces qui duraient vingt heures; l'accès commençait par un tremblement de quatre heures et finissait par des sueurs abondantes.

Ce jeune homme était très-fort, ses accès étaient violents. Les 21 et 22 juillet, je lui pratiquai une forte saignée.

Le 25, je le purgeai, et le 24 il prit 50 centigrammes de tannate de quinine.

Le 25, l'accès fut sensiblement diminué; le 26, le tannate l'enleva complètement.

Le 27, il prit encore 50 centigrammes du même sel, et la fièvre n'a plus reparu.

Trente-sixième observation. — Fièvre tierce chez un sujet dont V estomac est très-irritable. — Victoire Git... m'appela près d'elle le 8 mai 1852 (elle était atteinte depuis cinq années d'une gastrite chronique); malade depuis huit jours, elle est à son troisième accès de fièvre tierce; après une application de sangsues aux pieds, 150 centigrammes de tannate de quinine pris en trois jours coupèrent la fièvre, et cela sans avoir excité de douleurs plus vives que celles dont l'estomac souffre habituellement.

Trente-septième observation. — Fièvre tierce compliquée de hoquet. — Après trois accès de fièvre tierce de vingt heures de durée, Mi..., âgé de soixante-quatre ans, me consulta le 10 septembre 1853. Je le saignai, je le purgeai, et les accès n'en furent que plus violents. Au cinquième jour apparut un hoquet qui provoqua de fortes douleurs à l'estomac. L'accès passé, le hoquet diminue, mais l'épigastre reste sensible. On administre 50 centigrammes de tannate, pris en trois fois, et le lendemain, avant l'accès, on donne une nouvelle dose de ce sel ; le sixième accès est moins long, mais le hoquet reste le

même. La fièvre terminée, le hoquet persiste encore et cause des angoisses telles, que cet homme est à la veille de succomber. On augmente la dose de fébrifuge, on y joint les antispasmodiques, et un large vésicatoire est placé sur l'épigastre; après dix-huit jours de traitement, Mi... fut sauvé.

L'innocuité du tannate sur des estomacs aussi malades est digne d'attention ; chez ce dernier sujet, loind'exciter le hoquet, il a contribué à l'éteindre en enrayant les accès.

Trente-huitième observation. — Fièvre tierce combattue avec avantage par le tannate de quinine. — Le 16 mai 1852, je me rendis près d'Aurélie Cout..., âgée de trois ans, depuis six jours prise d'une fièvre tierce ; chaque accès débutait par un frisson d'une heure, et se terminait par de la sueur. (75 centigrammes de tannate pris en trois jours supprimèrent ces aceès.)

Nous devons remarquer que cette année les engorgements du foie et de la rate ont été plus rares que de coutume. Pourquoi cela? Je ne puis l'attribuer qu'à la promptitude avec laquelle le tannate a agi ; il n'a pas laissé le temps à ces organes de s'affecter, et moins encore de se gonfler sensiblement.

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