II. — Forceps multiple
Le second instrument que j'offre à la pratique est un forceps, qui est à la fois forceps ordinaire, forceps à dents et forceps céphalotribe. Les divers usages auxquels il est propre l'ont fait dénommer forceps multiple, et, pour lui mériter ce nom, il ne s'agit que d'ajouter des pièces mobiles, comme je vais le démontrer.
Description. — Cet instrument, dans son état primitif, n'est autre que le forceps dit de Levret (fig. t; pl. III); seulement le corps de l'instrument est un peu plus fort ; comme lui, il est composé de deux branches : l'une, à pivot (fig. 1, a, a, a, pl. III), Vautre à mortaise (fig. 1, b, b\ J>, pl. III).
Chaque branche présente deux extrémités : l'une antérieure, qui porte le nom de cuiller, l'autre postérieure, portant le nom de manche. L'extrémité antérieure de chaque branche est de 26 centimètres d'étendue; à partir du pivot, elle présente une cuiller de 5 centimètres de largeur, affectant la même structure et les mêmes courbures que les forceps ordinaires (fig. 1, a, a, a, 6, b> b)\ les courbures latérales ou anciennes courbures, sur chaque cuiller, sont de 28 millimètres, ce qui fait que le forceps assemblé présente des cuillers qui ont 56 millimètres d'écartement ou de concavité (fig. 1, c, d) à partir de leur moitié antérieure. Chaque cuiller est percée de cinq trous, qui ont 3 millimètres de diamètre, et qui sont taraudés (fig. 1); chacun de ces trous est destiné à recevoir une vis terminée en pointe, en forme de crochet recourbé sur lui-même (fig. 2, e, e, e, e, e). Chacun de ces crochets a 6 millimètres de longueur; et, lorsqu'il est en place, sa pointe tournée en arrière ne dépasse pas le bord des jumelles (fig. 2, e, e). Le crochet le plus antérieur est un peu plus long que les autres (fig. 5, /). Chaque crochet présente une tête, un corps et une pointe. La tête est polie, et^ lors • que les crochets sont vissés, elle ne dépasse pas la surface externe des jumelles (fig. 2, g, pl. 111).
Le corps présente quatre pans; sur un de ces pans se trouvent les numéros qui font distinguer les crochets les uns des autres (fig. 3, f), pour qu'on puisse les visser plus promptement; chaque crochet est numéroté, chaque trou l'est également, avec des chiffres différents pour reconnaître les jumelles auxquelles chaque crochet appartient. Ainsi les trous d'une jumelle, de même que les crochets qui lui correspondent, sont numérotés avec des points, tandis que les trous et crochets de l'autre jumelle sont distingués par des chiffres. Ces crochets mobiles seront vissés sur les branches du forceps quand on voudra en faire usage (pl. III, fig. 2).
Une clef spéciale, ou une pince à bec plat, servira à les placer; d;un côté, cette clef (fig. 4) présente une échancrure pour loger le corps des crochets (fig. 4, h) ; de l'autre, elle offre un tournevis (fig. 5, 1); cette clef se monte sur le même manche (fig. 4 et 5). Un peu en arrière de l'union des deux jumelles existe un trou également taraudé (fig. 2, J, J), qui est destiné à recevoir 1° une vis pour maintenir les plaques qui donnent au forceps la force nécessaire pour servir de céphalotribe;
2° Une goupille (fig. 6, K) en fer, adaptée sur les jumelles en bois qui doivent cacher les pointes des crochets, lorsqu'on voudra nppli-
quer le forceps à dents. Nous y reviendrons.
L'extrémité postérieure de chaque branche du forceps a 21 centimètres de longueur, à partir du pivot, et se termine par un crochet mousse qu'on pourrait rendre aigu. Cette extrémité postérieure est aplatie latéralement et présente une surface de 2 centimètres 8 millimètres dans sa grande largeur. Cette partie (fig. 1 /, m,) est percée d'un trou qui est différent sur l'une et l'autre branche du forceps; sur la branche à pivot, le trou est rond (fig. 1) taraudé à 5 millimètres de diamètre, et doit recevoir une vis d'une grosseur proportionnée à son ouverture, vis qui sert àla compression de la tête (fig. 7) ; la branche à mortaise est munie d'une ouverture oblongue de 17 millimètres dans un sens, et de 8 millimètres dans l'autre (fig. 1, m); elle est destinée à livrer un libre passage à la tige métallique qui doit se visser dans Fécrou pratiqué sur la branche à pivot (fig. 8, n, n)] nous reviendrons sur cette vis.
Le pivot et la mortaise du forceps multiple n'offrent rien de particulier; ils se trouvent situés à peu près au milieu de chaque branche, et servent à les assembler (fig. 1) ; pour y parvenir plus facilement, on usera de la clef ordinaire (fig. 13).
Usages. — Il semble d'abord que le forceps mult iple ne diffère en rien des forceps ordinaires,
et cependant il les remplace dans toutes les circonstances où ces instruments devront être appliqués,
Si l'accoucheur veut un forceps à dents ,il les visse dans les trous pratiqués sur les cuillers, comme il a été dit plus haut, fig. 2, e, e, e\ e, e.
Enfin, pour donner au forceps la force nécessaire pour devenir céphalotribe, il faudra visser sur chacune des cuillers une plaque en fer. (Voir fig. 9 et fig. 10.) Ces plaques auront les mêmes dimensions et les mêmes courbures que celles des cuillers (fig. 8, P, P) à la surface interne desquelles elles seront placées. Je propose deux paires de plaques destinées à diminuer l'espace des anciennes courbures du forceps, et à obtenir une plus ou moins grande réduction de la tête. Chaque paire de plaques sera distinguée par les numéros 1 et 2 : la première paire est la plus mince, (fig. 9 et 10), l'autre est plus épaisse (fig. 8, P, P).
Chaque plaque a 8 centimètres de longueur sur 3 millimètres d'épaisseur, et présente une hauteur égale à celle des cuillers; la face interne est concave et raboteuse. On remarque sur la paire n° 2 un rebord assez saillant dans sa partie médiane (fig. 8, r), qui finit par disparaître à ses extrémités. La face externe est convexe ; au milieu et non loin de ses rebords existent
deux petits cylindres en fer qui sont rapportés et qui appuient sur la face interne des cuillers (fig. 8, S, S); ilsont 3 millimètres de longueur sur les plaques n° 1 (fig. 9, fig. 10); et, sur les autres, ils ont9 millimètres (fig. 8, S, S) ; aux extrémités de chaque plaque existe un trou qui donne passage à la vis qui doit les fixer aux cuillers et qui se vissent dans les trous taraudés à cet effet (fig. 8, £, t) ; les paires de plaques ne diffèrent donc entre elles que par leur épaisseur, qui tient à la longueur des cylindres, et qui diminue d'autant l'étendue comprise entre les cuillers, ce qui fait que la tête est plus ou moins écrasée, selon que l'espace des cuillers est plus ou moins rétréci; c'est au point qu'avec les plaques n° 1 j'ai réduit une tête à n'avoir que 55 millimètres, et qu'avec les plaques n° 2 la réduction a été de o à 4 centimètres; tels ont été les résultats des expériences que nous avons faites, et dont nous parlerons incessamment.
Ces plaques augmentent la force des cuillers, et par conséquent celles du forceps, car, fixées par leurs extrémités au moyen des vis (fig. 11 et 12), les cuillers ainsi que les plaques ne peuvent fléchir qu'autant que ces vis viendraient à céder, de sorte que, si l'instrument se rompait, ce ne serait que dans le voisinage de la réunion des jumelles; chose impossible, à cause que cette