LE SULTAN MISAPOUF
<t II était devenu vieux, par la raison que les années ne nous rajeunissent pas ; le temps, au contraire, agit sur les anciens préjugés, comme autrefois l'eau de Jouvence sur les visages ridés. Or, le sultan avait les idées courtes : malgré sa longue barbe, c'était encore un grand enfant qui conservait des lisières, c'està-dire des ministres ; ceux-ci connaissaient leur Misapouf sur le bout de leur petit doigt ; ils le menaient à la baguette, sans être sorciers. Ces ministres-là avaient eu des prédécesseurs qui avaient succédé à d'autres : ainsi va le monde. Oïl va-t-il ? Dites-le moi, si vous le savez.
« Le Sultan, veuf depuis lamort de Grisemine, n'était pas le père de ses sujets, quoi-