‹ Memoires de messire Jean de Laval comte de Chateaubriant ecrits par luimême, en 1538, et publiés pour la première fois avec un avantproposChapitre 5 sur 10 · LE SULTAN MISAPOUF · texte numérisé non relu

LE SULTAN MISAPOUF

<t II était devenu vieux, par la raison que les années ne nous rajeunissent pas ; le temps, au contraire, agit sur les anciens préjugés, comme autrefois l'eau de Jouvence sur les visages ridés. Or, le sultan avait les idées courtes : malgré sa longue barbe, c'était encore un grand enfant qui conservait des lisières, c'està-dire des ministres ; ceux-ci connaissaient leur Misapouf sur le bout de leur petit doigt ; ils le menaient à la baguette, sans être sorciers. Ces ministres-là avaient eu des prédécesseurs qui avaient succédé à d'autres : ainsi va le monde. Oïl va-t-il ? Dites-le moi, si vous le savez.

« Le Sultan, veuf depuis lamort de Grisemine, n'était pas le père de ses sujets, quoi-

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