I. Tracy, village de la commune de NeuvUle, près Vire
Io4 MÉMOIRES DE MOULIN.
Arrivé à GampagnoUes, je me trcavai chez on M. Guéret, ancien militaire, chevalier de Saint-Louis ; il eut la bonté de panser ma blessure du mieux qu*il puL Lorsqii*Q fut nuit, il me prêta un cheval ; je prends quatre de mes hommes, et je charge Saint-Louis de rejoindre M. Mandat avec le reste. Après ces dispositions, je me mets chemin pour me rendre à Saint-Jean-des-Bois ; je fus cacher au château de la Guionnière ; on me déposa dans une cachette qui était pratiquée entre deux planchers. Le peu d'espace, surtout en hauteur, rendait ce petit asile de salut très incommode pour quelqu'un ayant une blessure aussi grave que Tétait la mienne. L'ouverture de cette petite cachette était formée par deux des planches du plancher, auxquelles étaient adaptées des charnières placées par-dessous, ce qui formait une porte qu'on levait pour entrer dans ce réduit, et lorsqu'on était descendu dans ce petit trou qui n avait que deux pieds six pouces de profondeur, huit pieds de long et six pieds de large, on fermait la porte par dedans au moyen de plusieurs verrous qui y étaient fixés. Gct asile ressemblait à une étroite prison ; il était aéré et éclairé par une petite ouverture de trois pouces de large et un pied de long, qui se trouvait pratiquée dans le mur du château. Il n'y avait pas à délibérer sur le choix de la position à prendre dans cette retraite ; il fallait rester étou<lu sur un matelas tout le temps qu^on y était : pas moyen de pouvoir y être assis. J'ai passé vingt-trois jours dans cette pénible situation. Dans le cabinet où était praliipiée l'entrée de la cachette, il y avait un lit qu'on mettait sur la porte lorsque j'étais entré et qu^elle était refermée sur moi.
Une grande diiilculté était aussi de me trouver un chirurgien. J'envoyai chercher M. Sérard, de Barenton; il vint sur-le-champ, quoiqu'il fût très républicain; je n*eu8