I. En la commune de Passais
avait encore que deux jours que j*y étais cantonné, quand un domestique de M. de la Rochelle, que j^avais envoyé k Vire pour nous acheter des provisions de bouche» revint précipitamment sans avoir rien acheté, afin de m^aveitir qu'il avait rencontré, en arrivant à Vire, une colonne de Républicains qui se dirigeaient snr la Rochelle» dans le dessein sans doute de nous y attaquer. Il était revenu au grand galop par des chemins détournés, nous prévenir de leur marche. CYtaitrheure que j'avais désignée pour fiiire Vexercice : ainsi ma troupe était réunie dans un lieu très avantageux pour y attendre l'arrivée des Bleus. Je prévins tout mon monde de se tenir sur ses gardes» et plaçai de petits avant-postes sur toutes les avenues du chAteau, avec ordre de ne jK)int faire feu sur les Républicains avant de leur avoir demandé ce qu ils cherchaient, et signifié de ne pas avancer et de faire retraite.
Apres ces dispositions, je pris avec moi trois ou quatre oûiciers et dix soldats, et me rendis sur l'avenue par où je présumais qu*allait arriver le corps ennemi. J'avais bien conjectun\ car je n'étais pas k deux cents pas de ma trou}>e que j'aperçus Tavant-garde des Bleus qui débouchait au haut do ravenue. J'envoie reconnaître les Republic4iins et leur signitîor do so retirer. Au premier qui-vive, un olVioior se prôsonto, ro|M>nd : « Républicain, » et demande i\ s'abouohor avoo le chef des Rovalistes cantoniiés i^ la Roohollo. M. do Monooaux était absent pour aflaires do famillo. ainsi j\^Uis le oommandant en chef. Je dis à mou ortioior do n^Munaissanoo do faire arrêter la troupe n^publioaino ot do fairt^ a\ anoor rofiicier qui la commai^ «lait. À Vontri^xuo. Sur i^^tto pn^p^^sition. sept ou huit *>tVirioi>» >*a\ anoont do> ranijs do la oi^lonno républicaine; quoK^iu^v tMluirt*> lu'aooowj'iapiont aussi, et je maivhe à \i\ \\^iwi\\\\rc do> )>rHnuior> jusqu'à i inqnante pas en avant
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de mon petit détachement. Les officiers républicains, en nous abordant, nous saluent très respectueusement, et nous leur rendons leur salut. Après ces préliminaires, un chef de bataillon demande lequel de nous était le chef: comme nous ne portions point d'épaulettes, il ne pouvait s'y reconnaître. « C'est moi qui ai cet honneur, lui répondis-je; qu est-ce quil y a pour votre service ?» — «( Je viens par ordre du général Lebourgeois, commandant de Tarrondissement de Vire, vous signifier d'évacuer la Rochelle et tout le terrain de son commandement. Vous ne devez pas ignorer que les Royalistes n'ont droit de se cantonner que dans les départements insurgés. » — « Commandant, lui repartis-je, je ne vous conçois pas très bien. Qu'entendez-vous, je vous prie, par départements insurgés ? Si vous entendez, comme de raison, ceux qui ont fourni un corps de Royalistes armés, le département du Calvados est sans contredit dans ce cas-là, car le corps qui se trouve maintenant sous mes ordres à la Rochelle, est composé presque en totalité d'habitants du Calvados et même de l'arrondissement de Vire. D'après la convention de l'armistice, M. Lebourgeois est bien commandant de la ville de Vire ; mais c'est mon chef de légion ou moi qui commandons de fait et de droit l'arrondissement de Vire, c'est-à-dire, tous les cantons ou communes non occupées par ime garnison républicaine au moment de Tarmistice. » Le chef de bataillon Sachet me répliqua que son général ne l'entendait pas comme cela. « J'en suis, pardieu ! fâché, repris-je avec émotion; mais dites-moi. Monsieur le chef de bataillon, votre général vous a-t-il donné Tordre de nous faire évacuer la Rochelle par la force des armes en cas d'im refus de notre part, qu'il a dû présumer comme possible ?» — « Non assurément, » répondit Sachet. — « Cependant vous conviendrez, repris-je.
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17a MÉMOIRES DE MOUUN.
qa'un ordre porté par on bataillon de Soo hommefl n'annonce pas mal quelques velléités hostiles* Aiinurph% Commandant, vous êtes le maître d'en faire ce qa*il plaira; la carrière vous est ouverte. Quelle que JKiit détermination, vous ferez observer au général geois qu'il y avait ime manière plus franche el plus lojda d'éclaircir nos malentendus, et que je trouve singulière* ment déplacé que, sous prétexte de nous sommer de quitter la Rochelle, il fasse sortir, contre les conditioiis de Tarmistice, ime colonne de Soo hommes dans les ei^^ pagnes. » — «Je vous garantis sur mon honneur, poursuivi! le chef de bataillon, que ma colonne ne commettra enesBe espèce de délit dans les campagnes; mais je voiis en prie dans rintérôt de notre tranquillité respective de vouloir bien envoyer avec moi im officier qui expliqaera ui général les droits sur lesquels vous vous prétendes fiMidis à demeurer cantonnes à la Rochelle. » — « J'y conaen; mais que votre général se souvienne que s'il méconaiit nos droits incontestables, il nous en restera tonjours «A autre qu il respectera probablement davantage. » Apvèt cette explication, je lui proposai un petit verre d'rau-d^ vie qui fut accepté volontiers. Je fis apporter nu beiA d'eau-dc-vie; il lit approcher ses officiers, moi les mioM. et nous trinquâmes pour la première fois avec les Répi» blicains.
Ensuite je conduisis Sachet voir mes soldats qui éleiMA sous les armes dans le champ voisin. Il ftit surpris di leur bonne tenue; il m*avoua qu*il ne croyait pas les Chouans si bien équipés et si aguerris. J'avais alors plus de 600 hommes bien disciplinés et assez bien façonnés aiSK exercices militaires. €r Kh bien. Commandant, lui disjn. presque tous ces hommes sont de l'arrondissement ds Vire. Vous pouvez désormais rendre compte à votre gê»
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néral s'il n'y a pas des hommes armés pour le Roi dans le Calvados. J'ai encore un second bataillon cantonné à une lieue de Domfront, entre cette ville et Mortain. » Le commandant Sachet m'assura qu'il allait rendre un compte exact de tout ce que je lui recommandais, mais qu'il me réitérait la prière d'envoyer avec lui un officier pour s'aboucher avec le général Lebourgeois afin d'éviter toute espèce de malentendu. « C'est convenu, » lui répondis-je.
Quand les officiers eurent bu de l'eau-de-vie, je fis distribuer le reste du baril aux Bleus, qui étaient sous les armes à attendre leurs ofliciers. Ensuite, je désignai MM. Cauvin, commissaire des guerres pour la légion, et le capitaine Gallouin, dit Les-Sillons, pour aller à Vire avec le citoyen Sachet. Le général Lebourgeois les reçut très bien, et leur fit les honneurs pendant tout le temps de leur séjour à Vire ; ils couchèrent au Cheval blanc; le général mit une garde à leurs ordres, et d'après le compte que lui rendit son chef de bataillon, il se montra très disposé à entendre les représentations sur notre droit de cantonnement, comme nous l'entendions nous-mêmes. Noas demeurâmes quinze jours cantonnés à la Rochelle ; après quoi nous allâmes asseoir nos cantonnements au château de la Bérardière, commune de Saint-Bômer, à une petite lieue de Domfront. Ce qui nous y détermina, c'est que de cette dernière place, la communication nous était bien plus facile avec notre 2« bataillon, toujours établi au château de Saint-Auvicu, situé pareillement k une lieue de Domfront, et que nous étions à deux lieues de Fiers, 0(1 était cantonnée la légion de ce nom.
Vers le i5 janvier iBoo, nous levâmes nos cantonnements, qui étaient menacés par de nombreux corps ennemis, les négociations et conférences établies à Pouaucé
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étant sur le point de se dissoudre sans aToir ré^é les bases d'une pacification. M. de Frotté nous avait prévemiB de nous tenir toujours sur nos gardes, de crainte d^èlre surpris et enveloppés par les Républicains, avant qae les hostilités eussent été déclarées. Nous fûmes quinze jours dans cet état d'inquiétude, avant l'entière rupture de Tarmistice. Pendant ce temps-là, la colonne n'avait aucun séjour fixe ; elle marchait et circulait presque sans cesse dans les arrondissements insurgés, pour éviter, par ces marches et contremarches entre les points fortifiés du pays, les colonnes républicaines qui marquaient Vinteih tion de la cerner. Nos légions déjeunaient dans un village, dînaient dans un autre, soupaient et bivouaquaient dans un troisième. Ëniîn M. de Frotté, voyant que les représentants des départements de l'Ouest insurgés ne pouvaient convenir des conditions de la paix avec les agents du gouvernement consulaire, se concerta avec les généraux de Bourmont et Georges pour mettre de l'ensemble dans les opérations du Maine, de la Bretagne et de la Normandie. Il revint se mettre à notre tète dans les dei^ niers jours de janvier iBoo ; il ordonna à tous ceux qoi connaissaient ses ordres, de reprendre leur service Il entrait dans son plan de frapper simultanément sur deux points au moins, de manière à occuper plus de tiH)iipes ennemies, et à se ménager les moyens de faire sa jonction avec les corps royalistes do la Bretagne et du Maine lorsqu'il le jugerait convenable. Pour cet effet, il divisa toutes ses légions en deux corps : l'un formé des légions dWvranches, de Saint-James, des noyaux de lé* gioiis de C40utances, Baveux, Carentan, et du reste du GcH lonlin. devait se réunir dans les environs d*AvranclieSi sous les ordiH.'s de M. le comte de Ruays, brigadier-géné* rai. Cette colonne était destinée à faire une diversion
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dans la presqu'île du département de la Manche, à inquiéter les villes qui s'y trouvent, surtout à protéger les débarquements et les correspondances qui devaient nous arriver d'Angleterre ; elle devait en outre conserver des intelligences avec les autres corps, et au besoin une retraite sur la Bretagne.
L'autre colonne, plus considérable, était immédiatement sous les ordres de M. de Frotté; elle se composait des légions de Saint-Jean-des-Bois, d'Ambrières, de Fiers et des compagnies appelées légions de Falaise, du Pays d'Auge, d'Alençon, d'Aunay, de Villers, etc. '. Ces dernières compagnies ne s'étaient guère jamais réunies à nous que dans cette occasion. La réunion devait avoir lieu aux forges de Cossé, parce que le général avait dessein de marcher incessamment sur Alençon, de concert avec M. de Bourmont. Tous ces petits détachements et les légions réunies formèrent un ensemble de 2,000 hommes.
Pendant ces dispositions et ces mouvements de notre
I. La légion de Falaise, que M. de Commarque avait d'abord dû commander, aTait alors pour chef le baron du Bac, son neveu, avec M. Le Gonidec de Penlan pour second. Elle n'était représentée que par un (aible détachement.
Moulin s^est trompé en nommant ici la légion du pays d'Auge. Il aurait dû dire la légion de Lisieux ; elle était commandée par M. du Verdun, firère de M"« de Frotté, la belle-mère du général ; il fut fusillé à Verneuil en même temps que celui-ci. Le commandant en second, M. de Puttecotte de RennevUle, brave officier, extrêmement bègue, est mort en iSa^ à Notre>I>ame de Presnay, commune dont il était maire.
La l^ion dite du pays d'Auge, recrutée dans la partie Est de l'arrondissement d'Argentan, où elle avait commencé la guerre dès 1794 sous les ordres des deux frères Friquct-La-Morandais, avait pour chef nominal l^R^i^^'^^ général Picot ; mais il avait dû s'éloigner en présence du mé. eontentement que sa conduite irrégulière avait causé à ses officiers. La légion, restée sous les ordres de M. le Prévost de la Moissonnièrc, dit Robert, commandant en second depuis la mort de M. de Brasdefer, tué au combat de la Verrerie du Gast, sur Tanville, le i5 octobre 1799, avait été chargée de faire diversion et d'attirer les colonnes républicaines sur des points éloignés. Réunis au nombre de 400 hommes, les volontaires désar-
I^ MÉMOIRES DE KODUN.
général, les Républicains prenaient aussi leurs mesum pour nous envelopper et nous écraser avant que nons eussions pu travailler de nouveau l'opinion publique, nous recruter et multiplier nos partisans. A cet eflet, instruits de notre réunion à Cossé, les générant répQblïcaiiu Bribes, Avril, Chainbarlhac et Guidai partirent en mtaw temps de Vire, Falaise, Alençon et Domfront, poor ma^ cher sur nous et nous attaquer par les quatre pointa à la fois, chacun avec une colonne de i,5oo hommes. Leur centre de réunion était Briouze ou la Perté-Macé. M. de Frotté, informe de leur dessein, résolut de marcher à la rcnconti>c de ChambarUiac. pour le battre avant qu'il eM fait sa jonction avec les autres forces républicaines.
11 y avait à pciuc une demi-heure que notre colonne était partie de Cossé ■. lorsque t'arméc déjà réunie des quatre généraux ci-dessus se mit à sa poursuile. Noire colonne défilait dans une vaste bruyère de deux lieues de longueur; elle était déjà parvenue au milieu. Tout à coup
mtrpnli^n^ieoup Ti^rir Wirard<-s natiuiiaWili- Vimouticra, d'Emir* et de Gaci. Il y eut ilvs vivlimi-s au Sap. iiii i|urU|urs rorcrar». compromit duw If barba n- aasaiiiiinal ili- I^r»y-I)uboiii^, apK'» avoirik'iuandi-B te rendiez Hrcnt Tfu sur IK-laliayr. rapilalnc myalitlc, qui pi'rit vlctiiur de cetir p«flidie.ilonlseisolduliliri'rcut birnlôt vcngi-ancr. La li^i^loa «r dirj|rM iJon Tcr» 11- Prrcbc. iti'i vile opéra sujunctiuu arrc drtixciiloDnn de l'amée de M. (Ir lioiiriuoul. dt' '^u hiiminra cliurune : cVlaiml la li-gioQ du Percb* coiuoMiidn- par U- Chaudelior de l'icrrcTlIlr, et la léfrioD de Mamvn hms ie* unlrrs de Uaudé-La-Chaprlle. dit Chirle:!. t:c« forcrs réanlea oecop^ Tvut Uell(-Mur. Ltinicny. la Frrlé-Vldame rt Tunrnnvrp. rt llTrtreat. le aa Janvier iSuo, au SIf iilp-»u^Sarthe, aux généraux Chambarlhae el llerte, un combat a la Kulle duquel elle» M' dUloifui'n-nt. La légian du peys d'Autre se eaiiloniia iaa* la Turét d'Écouvrs, où elle ne trouvait «kom m moiuenl de la paclHcatiou.
La Itirlun dite d'Alenct>ii n'aait rriircM-iititr que par une troupe ptm nombreuse eommaudéc par Burdin. dil Pélli. (> cher eu! unp fJitatp lallueuce en lunlïtant ]Htur eDiitnthidre M. ili- Kn>lli' ,1 traiter dircctemeat av«' logéuérBiiiLenneml!!. ee qui fut la eau to de «a mort.