‹ Mémoires de Michelot Moulin sur la chouannerie normandeChapitre 28 sur 43 · I.a li^on d'Auitay a déjà ete mentionaée · texte numérisé non relu

I.a li^on d'Auitay a déjà ete mentionaée

I. (^iHisé. eiHumuite de S.iinl-Palriee du Uéirrl. Ce comlial est lien tt

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notre arrière-garde aperçoit Tavant-garde ennemie qui débouchait derrière elle dans la même bruyère, après avoir passé, sur un mauvais pont de bois, la rivière qui longe la bruyère et la sépare du bourg de Cossé. Le général fait sur-le-champ faire halte, et envoie un piquet de cavalerie reconnaître : nous n'avions d'ordinaire pas de cavalerie, mais ce jour-là nous avions 70 à 80 hommes à cheval, qui avaient été les ordonnances des différentes légions pour faire le service des correspondances lors des cantonnements. Pendant ce temps, M. de Frotté dispose sa troupe sur trois colonnes. La légion d'Ambrières reçut ordre de marcher droit à l'ennemi et de l'attaquer avant que son corps principal eût passé la rivière ; la légion de Saint-Jean fut dirigée sur la droite ; la légion de Fiers, avec les détachements de Falaise, etc., etc., marcha sur la gauche; toutes deux devaient passer la rivière, l'une un peu au-dessus, l'autre au-dessous du pont, afin de tourner le corps républicain s'avançant sur une seule colonne et de le charger sur les flancs.

Dès que l'avant-garde ennemie reconnut que M. de Frotté se disposait à l'attaquer, elle repassa précipitamment la rivière, et s'appuyant sur son principal corps d*armée, se prépara à défendre le passage du pont. Cette avant-garde avait été poursuivie de près par le petit escadron de cavalerie qui nous accompagnait momentanément, et par la compagnie des grenadiers de la légion de Saint-Paul. La fusillade s'engagea vivement aux approches du pont, gardé par presque toute l'armée républicaine; pendant qu'une partie de cette légion soutenait bravement le feu de l'ennemi au passage du pont, M. de Saint-Paul, à la tète de ses grenadiers, passa la rivière deux ou trois cents pas plus bas, ayant de l'eau jusqu'à la moitié du corps; il attaqua les Républicains sur le flanc

1^8 MJÊMOIRES DE HOUUN.

gauche avec une telle impétuosité qa*il les oUigea à prendre la fuite en désordre. Aussitôt la cavalerie de M. de Frotté, profitant du désordre de rennemi, passe la rivière et le charge vigoureusement. Tout le reste de la légion d'Ambrières passe aussi le pont et poorsuit si Tivement les Républicains qu'ils ne purent jamais se rallier et prendre position; ils se retirèrent en déroute eomplèle dans le bourg de la Ferté-Macé, à une lieae et demie de là, avec une perte de plus de fàoo hommes tués el d*ua grand nombre de blessés ^

Les grenadiers de Saint-Paul pressèrent de si près le général Bribes, qu il se vit forcé d'abandonner son cheval et de se cacher dans le clocher de Téglise de Cossé, pour échapper de leurs mains. Le général Avril, ne pouvant plus suivre les siens dans leur fuite, se jeta dans une pièce de genêts et y demeura jusqu'à la nuit, à la faveur de laquelle il se sauva auprès de son armée, retranchée dans le bourg de la Ferté-Macé.

La déroute fut si précipitée à TafTaire de Cossé, el la victoire si promptoment déterminée par Taudacieuse ma* nœuvre de M. de Saint-Paul, que la colonne du centre prit seule part à Taction. et que. malgré la marche forcée des colonnes de droite et de gauche, elles ne purent joindre rennemi.

M. do Saint-Paul i>oriiit un oflicier et trois ou quatre grenadiers; huit autres soldats furent blessés. M. d'Hasteville. commandant en second de la légion de Saiat^Panl,

I. [.*im|H>rt Alice île co combat, très {rlorîcux poar la peUte M. ilo Frv^ttc, a oto innivcnt oxa^^riH*, IV* quatre colonnes fortes »le i..\v hommes c!»aouno. colles de* frrnëraux Bribes el AtHL *eulc> cii^A^ee* et culbutée* : le* tieux autmk arrivées UrdÎTenral wmt le terrain, n'essayèrent |va* de renouveler U lutle. Mai* du côlë de* RoysIMaa» ain>i que Texplique Moulin, la lefrion dUenrj fùl a pen près la •««te à combattre.

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à la place d'Alexandre griëvement blessé avant la reprise des armes, comme on Fa vu précédemment, eut un cheval tué sous lui au passage de la rivière. Le général de Frotté donna dix louis au grenadier qui avait pris le cheval de Bribes, et fit présent de ce cheval à M. d'Hauteville. Le général Bribes, que j'ai vu depuis à Caen, m'a dit luimême que ce qu'il avait regretté le plus, c'était une paire de pistolets que le premier consul Bonaparte lui avait donnée à leur retour d'Egypte. Il aurait donné cent louis pour les ravoir.

L'armée républicaine, quoique trois fois plus nombreuse que la nôtre, fut trois jours sans oser sortir du bourg de la Ferté. Après la fusillade de Gossé, nous nous retirâmes vers Charchigné, sur la frontière du Maine, pour nous rapprocher de l'armée de M. de Bourmont. Quatre jours après, M. de Frotté reçut la nouvelle de la soumission que Georges et Bourmont avaient été obligés de faire. Alors, ne pouvant seul faire face à toutes les forces de la République, il prit enfin le parti de licencier ses troupes et de se rendre, mais il se rendit le dernier. Alors il envoya M. de Commarque, M. le baron d'Hugon, et deux autres oiEciers supérieurs à Alençon, pour traiter de la paix en son nom avec les généraux Chambarlhac et Guidai. Ceuxci, voulant se venger par une perfidie de la constance de M. de Frotté, et sans doute se faire un mérite de son assassinat auprès du gouvernement consulaire, reçurent avec une bonté feinte et mensongère ses chargés de pouvoirs, mais leur déclarèrent néanmoins qu'ils ne pouvaient stipuler avec eux pour la paix de la Normandie ; qu'il était de toute nécessité que le général parût lui-môme ; qu'il n'avait à craindre aucune réaction, et qu ils allaient lui expédier un sauf-conduit bien en règle : ce qu'ils firent.

Les envoyés de M. de Frotté revinrent lui apporter cette

iSo ' ' MÉMOIRES DK MOUUM .

nouvelle, et M. de Gommarqae chercha à M faispirar de h conâsmce dans le général Guidai, avec lequel il avait ea, disait-il, des relations prouvant sa loyauté. Ce n^était pat là mon avis ; le général de Frotté ne se fit pas mm phn .d*illusions, mais aucune considération n^étail capable da Tempêcher de marcher où l'appelait le devoir, a Je aa m'abuse pas, mon cher Michelot, me dit-il en particuliar; je sais que je vais à la mort; mais je me sacrifie de cœur pour le salut et les intérêts d'un pays el d'une qui me furent toujours chers, et pour lesquels il m^esl pté* cieux de verser mon sang. Adieu, mon ami, sois heuren et souviens-toi du malheureux Frotté. Je te recomMnMaâB nos braves et généreux compagnons d'armes, a Telles fhr rent les dernières paroles que m'adressa ce jeune héniSt dont je me ferai toujours gloire d'avoir été l'ami el d*avafr partagé les travaux. Son cœur fut bon, son ftme grandet généreuse et élevée, et ses talents au-dessus de sa fnrtnM S'il eût été placé sur un plus grand théfttre, il aurait jotté un rôle digne des plus grands noms.

Ce malheureux général s'empressa de se rendre à Aies» çon, son sauf-conduit à la main, avec le baron d'Hogon, le baron de Commarque, M. de Bostaquet du Verdun, et' autres officiers ^ La plaine de Verneuil atteste le

I. Ces trois officiers, d*aiUcurs peu connas, se Dommaieiit Saint-Pioreut, Casimir Duhomme et Pascal SechioroU. H est les autorités républicaines crurent avoir entre lears malos» sonne de ce dernier^ Bureau de Placène, dit Pascal, inteoduit de royale et un de s(*s plus habiles or^^anisateurs.

Les gt'néraux Chambarlhac et Guidai manquèrent de foi Fn>tté et ses olllciers, en les empêchant, au mépris de leur de se retirer, aprt*H une conférence qui n'avait pas ea de résultais» gt^aient qu\>u leur livrât toutes les armes, y compris des oaao^ H» Frotté, qui n'avait jam:iis pu en procurer à sa petite armée, M donner. Il est ce}HMidant vrai qu'il avait indirectement à sn ((uelques pit^ces d'artillerie, cachées dans te département de navire an^^lais les avait débarquées à la pointe de U Roqoe, demer. M. de Frotté trouvait honteux de les Urrvr, snehnal qa^

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dont il fut la victime. M. de Commarqne et les cinq autres expièrent aussi par leur mort l'excès de leur confiance dans ce scélérat de Guidai.

▼ait avoir qu^ine vague notion de leur existence. Après sa mort, M. de Bruslart, qui traita de la reddition de l'armée royale, nliésita pas à les. remettre avec leurs approvisionnements. Les boulets de fonte avaient été préparés dans une forge peu éloignée de Breteuil.

Ayant déjà cité toutes les légions, actives ou en préparation, des départements de rOrne, du Calvados et de la Manche, il ne sera pas hors de propos de nommer celles qui avaient été organisées dans le département de l*Eure. Il s'en trouvait cinq, qui reconnaissaient pour général M. de Frotté, mais dont le chef immédiat était le chevalier de Margadel, dit Joubert ; cet officier, ayant le brevet de brigadier général, croyait pouvoir réunir 3,cx)o hommes sous les armes. M. de Frotté devait, avec la partie la plus active de son armée, se joindre à M. de Bourmont et à Télitede ses troujies; par une marche rapide, ils se seraient portés sur le territoire de l'Eure, en auraient déterminé le mouvement, se seraient munis de leurs petite artillerie et auraient peut-être avancé du côté de Paris, où M. de Margadel se flattait d'avoir noué des intelligences. Après la pacification, ayant continué à conspirer, il fut arrêté et fusillé à Versailles, dans l'automne de l'année 1800. Les cinq légions sous ses ordres étaient : La légion de Pont-Audemer, évaluée à 5oo hommes, dont le commandant, comte François Odoart, fut exclusivement employé à recevoir à la pointe de la Roque les convois envoyés d'Angleterre ; cet officier est mort à Rouen le 5 février 1870, dans sa centième année, dernier survivant des événements de cette époque. Le commandant en second de la légion, Charles Le Grix de Neuville, avait fait prendre les armes à un corps de aoo hommes dans les environs de CormeiUes et de Beuzevillc. La commune de Vanécrot était le centre de ses opérations. Par des marches et des contremarches incessantes, il resta jusqu'à la fin de la guerre sans avoir été entamé.

La légion de Couches ne fût jamais appelée sous les armes ; elle devait être commandée par M. d'Aché.

La légion de Vemeull avait reçu pour chef Pierre-Louis de Bretignères de Courteilles ; elle ne fût jamais réunie, et son organisation était même restée très imparfaite.

n n^en était pas de même de la légion d'Évreux, commandée par un chef audacieux et entreprenant, Ilingant de 8aint-Maur. Il fit une guerre de partisans très active, se portant sur les points les plus éloignés, et interceptant souvent les communications entre Paris et les départements de lt>iiest. Il surprit et désarma la ville de Montfort-l'Amaury, à vingt kilomètres de Versailles. A la tète de aoo hommes, il exécuta un semblable coup de main à Pacy-sur-Eure, le a4 novembre 1799, et battit le même jour à Joay une colonne républicaine. Mais peu de jours après, cerné par des forces supérieures au ch&teau de Pinçon, commune d'IUiers-l'Évéque, il ne réassit à se dégager qu'après avoir éprouvé des pertes sérieuses et reçu plusieurs blessures. Il resta sous les armes jusqu'à la pacification.

La légion de Louviers, commandée par le chevalier Charles Odoart,

l8a MÉMOIRES DE MOULIN.

Première rédaction. — Après la mort de M. le comte de Frotté, notre général, qui fnt assassiné le si février 1800, Tarmée fut dissoute ; les soldats el la majeuie partie des officiers profitèrent de Famnistie que le goovemement accordait aux Royalistes. A cette époque, je n'osai pas en profiter comme faisaient tons mes eaniftrades ; en voici la raison : M. le baron de Gommarqae, qui avait tenu le quartier général à Fiers et représenté le g^ néral de Frotté pendant Tabsence de celui-ci, alors au conférences de Pouancé, avait établi une correspondanee avec le général Guidai qui commandait pour la Répiibli([ue à Alençon. Ce dernier se rendit à DomfronI pour avoir une entrevue avec le baron de Commarque. Le général Guidai et lui se donnèrent rendez-vous à Saint-Bômer» où j'étais cantonné. Ce fut à mon état-major que leur première visite eut lieu, ainsi que plusieurs autres à la suite de celle-ci. Le baron de Commarque voulut que je fusse présent à toutes les conversations qu*il eut avec GuidaL

depuis député de l'Eure, ne prit les armes qu'iin moment, dans le iMt ée dégager UhiKAiit de Saint-Maur, entouré par les Ibrccs rèputiUcalBn. Deux fois pris, M. Odoart réussit chaque fois à s^érader, gwêfot à san(r-fri>id et a son intrépidité.

11 y avait un autre corp^ royaliste dans le département delXore; il ne reconnaissait pas les ordn*s de M. de Frotté. 11 était sous llralofftlè du haron Mallet, officier {réncral suiss4\ qui avait obtenu des ordres pov lever une arnut^ en Haute-Normandie, et de forts subsides du goaTeiBCo nient anglais, dont il avait toute la faveur. Ce corps de partisans «Ynfl M fonue ]>ar deux anciens otliciers du bataillon de la Montagne paaate tBE Chouans de la Mayenne et revenus depuis en Normandie. Cétaieat Gafr lard, dit Raoul, de Rouen, et l>eville. dit Tamerian, de ThiberrUle» < rvtioutables par leur» talents, leur bravoure et l^aseendant qailt çaient. L'un blond, l'autre brun, ils offraient les types les pli quablcs de la beauté virile. Us opéraient entre Rouen et PoiiUAl la commune de Rougemontiers était leur quartier le plus avaient prefert^au commandement de M. de Frotté celui du où la >oKic était meîUcurt* et la discipline moins effecUve. Il qu'ils ne furent ivk> compris dans la pacification et durent se Aa!:Io;orr\\ SVtant e:)>u;tc engages dans l'entfvprise désespétée 4t G^ doudal, ils piTirent avec lui.

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Ce fut aa mois de décembre 1799 que la première entrevue eut lieu. Le général républicain vint à Saint-Bômer accompagné d'un aide de camp et de deux chasseurs seulement ; son abord eut im air de franchise ; il ne voulut pas que son aide de camp fût présent à la conversation qu'il venait pour avoir avec nous. Lorsque nous fûmes entrés dans une chambre, lui, M. le baron de Commarque et moi, il nous dit qu*il y avait bien longtemps qull désirait s'entendre avec des officiers royalistes jouissant d'une réputation comme la nôtre. Il nous fit beaucoup de compliments sur notre conduite, notre loyauté, notre bravoure, enfin sur notre dévouement sans bornes à notre légitime souverain ; il nous dit le porter comme nous dans son cœur, désirer le servir et être prêt à répandre jusqu'à la dernière goutte de son sang pour la défense de la noble cause que nous soutenions ; il affirma qu'il venait pour s'entendre avec nous sur la conduite qu'il devait tenir, et sur ce qu'il pouvait faire pour nous être utile, protestant que s'il avait servi la République jusqu'à ce jour, c'était bien malgré lui, et parce qu'il n'avait pu trouver les moyens de se rendre plus tôt utile à la cause du Roi. M. le baron de Commarque lui fit bien des compliments sur sa manière de penser et l'engagea à agir le plus tôt possible. Là-dessus, Guidai demanda à M. de Commarque s'il lui conseillait de passer de suite avec nous ou de dissimuler encore quelque temps. Celui-ci lui conseilla de rester encore quelque temps avec les Républicains. Nous lui demandâmes si nous pouvions compter sur une partie de la troupe qu'il commandait; il nous dit que la troupe occupant le département pouvait monter à 7,000 hommes de troupes de ligne, tant en cavalerie qu'en infanterie, et que nous pouvions com[>ter sur 3,5oo hommes qu'il répondait de nous amener. M. de Com-

l84 MÉMOIRES DB MOUUN.

marque lui dit qu'en ce cas-là il ferait bien de nous les amener le plus tôt possible. Il commença alors à faire bien des objections sur les dépenses qu'il allait être obligé de faire pour nous amener les honmies dont il disait être sûr ; il nous fît force questions sur nos moyens de soutenir notre armée, et très adroitement donna à enfeeii» dre qu'il serait très à propos que nous lui remettions une certaine somme d'argent pour faciliter, disait-il, Texéciition de son projet. M. de Commarque lui répliqua qne, n'ayant pas pour le moment beaucoup de fonds à sa disposition, il allait cependant lui donner cent louis pour faciliter son entreprise ; il m'ordonna de compter cent louis et de les remettre au général Guidai.

Peu de jours après cette première entrevue, le général Guidai revint et nous fit plusieurs confidences sur les projets du gouvernement et les moyens dont on voulait se servir pour nous forcer à faire la paix. Il nous dit que s'il avait des moyens pécuniaires, il serait en état de nous prévenir de tout ce que l'armée républicaine tenierail contre nous ; que nous pouvions être bien persuadés qu'il ne lui manquait que de l'argent pour pouvoir nous aver* tir de tous les mouvements qui seraient dirigés contre nous ; il nous donna le mot d'ordre des Républicains et finit par obtenir encore du baron une somme de cent louis. M*adressant ensuite la parole, il me demanda si j'avais quelques relations avec un chef de bataillon de son corps d'armée qui commandait à Domfront. Je lui dis que j'avais eu l'occasion de voir plusieurs fois ce chef de bataillon, nommé Lestienne, depuis la suspension d'armes, et surtout depuis que j'étais cantonné à une petite lieue do la place qu'il couunandait. Il me demanda ce i\\\c je pensais ilo cet ollicier. Je lui répondis que je n'avais aucune opinion de Ibrmée sur M. Lestienne, qn*il

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m^avait paru franc et loyal. Le général me dit qu*il me conseillait de ne pas me fier à l'apparence de franchise de son chef de bataillon ; que c'était un homme extrêmement dissimulé ; de plus qu il était avocat avant la Révolution, et que c'était l'enthousiasme républicain qui lui avait fait prendre du service ; en un mot, que c'était un homme fort capable de nous trahir, et qu'il fallait se beaucoup méfier de lui et même de tout son bataillon.

Je voyais Lestienne presque tous les jours. Il me disait que si nous recommencions la guerre, il passerait avec nous ainsi que tout son bataillon. Il m'engageait à avertir M. le baron de Commarque de se méfier du général Guidai comme de l'homme le plus dissimulé et le plus faux qu'il eût jamais vu; Lestienne était persuadé que Guidai ferait tout ce qu'il pourrait pour détruire le parti du Roi. Ces discours de l'un et de l'autre de ces Messieurs faisaient que je n'avais confiance ni dans l'un ni dans l'autre. M. le baron de Commarque avait, au contraire, beaucoup de confiance dans la bonne foi du général Guidai, qui revint plusieurs fois à mon état-major. Toutes les fois qu'il devait venir, le baron de Commarque s'y trouvait, et chaque fois Guidai emportait de notre argent.

Les conférences de Pouancé étant finies, M. le général Frotté revint nous commander. La guerre recommença. Georges, Bourmont et Frotté la reprirent ou plutôt se défendirent contre les attaques dirigées contre eux; Georges et Bourmont se trouvèrent forcés de faire leur paix. M. de Frotté, se voyant seul sous les armes, envoya M. le baron de Commarque et le baron d'Hugon à Alençon, où Guidai et Chambarlhac commandaient. Ces perfides dirent à MM. de Commarque et d'Hugon qu'ils ne pouvaient traiter avec eux pour la Normandie , qu'il était de toute nécessité de faire paraître le général Frotté, qui n'aurait

l8S KéMOIBKB m MODXIH.

rien k craindre; qn'ilfl allaient leur donner poor la géBê rai on sanf-coodoit bien en rè^le, oe qn'ils flfaat, «t k malheureux comte de Frotté se rendit aTOo c« a duit à la maison arec tout son état-major; font le a sait qu'ils forent Tictimes de leur confiance.

Le général Goidal fit faire de très grandes ri pour s'emparer de moi ; il employa tontes lea r ginables pour tAcher de m'attraper. Qnant an chef de bataillon Lestienne, il m'avait, depuis qae les hortiBKs étaient recommencées, demandé plusieurs fois & pMMt avec nous; je l'avais toujours empêché d'en Tenir Uu étant bien persuadé que nous ne pourrions résister à tontes les forces qui aflluaient contre nous de toolM parts. Après la mort de M. de Frotté, notre petite année fut dissoute; officiers et soldats fnrent obligés de sera» dre partiellement. A cette époqne, Lestienne était en gfrnison à Mortain ; il me fit dire de ne pai qu'il y avait ordre de me fusiller lorsque je me r Il m'envoya une lettre d'amnistie, par laquelle il dédirait que je m'étais présenté pour déposer mes armet flt faire ma soumission au gouvernement. Par nne lettre tJ^A m'écrivait et qu'il me fit passer par la même occasicm ^B mon amnistie, il m'enjoignait expressément de ne pai ae montrer jusqu'à ce que le général Guidai eût quitté b pays. Guidai voulait me faire fusiller pour laisser ignonf la trahison qu'il avait consommée envers M. le buoada Commarque, à qui il avait persuadé que M. de Frotté po» vait se rendre à Alcnçon sur la foi du sanf-conduit, iliwf par lui. Guidai, et par Chambarlhac, pour ce inelhouiOM général et ponr sa suite '.

I. Le Ktnénl Guidai était dnlloè & reeerolT longtemim ... ,

Mlalre de h perfidie. A;tDl pris part aa complot du ftetrm! Malet, Û M- J railllè avec lui le 99 octobre iiiix

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