‹ Mémoires de Michelot Moulin sur la chouannerie normandeChapitre 4 sur 43 · AVERTISSEMENT. XI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XI

gnil pas de rentrer deux fois en France, au risque d'une mort assurée, pour y remplir des missions de confiance. Une troisième fois, vers la fin des Cent-Jours, il débarqua sur la côte normande pour appeler aux armes les Royalistes du Bocage. Le gouvernement de la Restauration, qui l'avait nommé après 1814 colonel d'infanterie en demi-solde, l'appela au service actif après i8i5 ; il fut attaché à Tétat-major de la i*"® division militaire. Mais le dévouement à la cause des Bourbons ne tarda point à devenir suspect : le colonel Moulin fut mis à la retraite. 11 passa à Caen les dernières années de sa vie ; c'est en cette ville qu'il termina ses jours, le 3o décembre 1840.

Il existe deux rédactions des Mémoires de Moulin, entre lesquelles se trouvent les différences les plus essentielles. La première date des premiers temps qui ont suivi la seconde Restauration. Elle est représentée par un manuscrit de 278 pages in-4^, tout entier de la main de la fille unique de Moulin, alors fort jeune encore : elle épousa depuis M. Gassîn, professeur distingué de l'Université. La rédaction est l'œuvre personnelle de Moulin ; sa fille parait avoir transcrit une partie du volume sur les brouillons de son père, qui, à l'exception d'une seule page, n'ont point été conservés ; le reste du texte a dû être écrit par elle sous sa dictée. Comme Moulin, fort peu lettré lui-même, n'avait aucune expérience de ce genre de travail; comme sa fille, dont l'éducation était à peine ébauchée, s'acquittait non sans peine d'une tâche bien lourde pour son âge, ce texte se présente dans un état extrêmement défectueux. Il ne s'y trouve ni divisions ni alinéas ; le commencement et la fin des phrases sont rarement indiqués. Quelques mots ont été omis ; ceux qui n'étaient pas familiers à la jeune copiste sont parfois défigurés. Les répétitions CLbondent, non seulement celles qui portent sur les mots, mais encore celles qui comprennent des membres de phrase, ou même des phrases entières. Moulin tenait à être clair et précis. Quand la concurrence fâcheuse de termes ou de pronoms relatifs mal placés avait rendu le sens équivoque ou obscur, il n'hésitait jamais à se répéter. 11 en résulte que ce premier

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