‹ Mémoires de Mistriss Bellamy (volume 2)Chapitre 40 sur 58 · yS MEMOIRES · texte numérisé non relu

yS MEMOIRES

poir d'attirer sur moi son attention , et de me faire reconnaître ; mais au bout de quelques momens ^ il me dit : u Envoyez-moi Aby ; j'*ai )> besoin d'Aby; pourquoi Aby ne vient-il » pas ? » Il voulait dire Aby-Fisher. L''entendant parler ainsi avec quelque air de raison, je le priai de vouloir bien me regarder ; je dis tout ce que je pus pour réveiller sa mémoire : tout fut inutile.

Entendant toujours des mots sans suite sortir de cette bouche , dont autrefois chaque expression charmait mes oreilles, je sortis, choquée de ce hideux tableau. Cet aspect rappela à ma mémoire la fin de son grand général (leducdeMarlborough) qui, jadis, avait montré au lord Tyrawley le chemin de la gloire, et qui, comme lui, dans la vieillesse, était retombé en enfance.

En regagnant ma chaise, j'appris, d'un vieux domestique , que l'ingrat jeune homme Tjwe mylord demandait, Aby-Fisher, oubliant que, jadis , exposé dans une corbeille à la porte de lord TyraAvley, il avait été nourri par la bonté de ce seigneur, refusait de donner à son bienfaiteur le plaisir de le voir jouer du violon ; seule satisfaction que pût goûter le

malheureux vieillard : car, comme il ïi\întendait point; il ne prenait aux sons aucun intérêt.

La partialité de mylord pour le docteur Fisher était devenue telle, que peu de temps après , ayant recouvré une lueur de raison, il dit au général son fils , ou lui fit dire par miss O^Hara , de chercher un logement , parce que M. Fisher ne devait pas être délogé. Ainsi cèdent les affections de la nature et de Fancienne amitié, aux importunités de ces gens astucieux qui assiègent les derniers momens d'un vieillard, et finissent par prendre sur lui un entier empire.

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